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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 14:43

          

              A l’approche de Noël, la question concernant la possibilité d'installer une crèche dans un édifice public sans contrevenir à la loi 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, revient dans l’actualité. Le Conseil d’état appelé à trancher en cassation vient de répondre en date du 9 novembre. Il considère que des crèches peuvent être installées à condition que l'exposition soit temporaire, sans élément de prosélytisme et dans un cadre à caractère culturel, artistique et festif.

             Cette autorisation suppose que la crèche est devenue un élément de notre culture sans signification religieuse. Ce présupposé parait contestable. Pour qu'il soit vrai il faudrait qu'il n'ait plus de signification religieuse. Or comment cela se pourrait-il puisque la crèche est une référence forte dans la tradition et de la théologie de l’Eglise catholique. Elle témoigne de la double nature du Christ : divine et humaine. Elle justifie la piété mariale, Marie étant dite «mère de Dieu ».

              Le protestantisme s'est longtemps tenu à l'écart de la crèche. Peut-être pour se différencier du catholicisme. Plus tardivement pour avoir été convaincu que les récits de la nativité sont une construction plus qu'un événement réel. La présence de ces récits dans seulement deux Evangiles sur quatre va dans ce sens. La nativité serait plus symbole que réalité. Le protestantisme se refuse d'enfermer les symboles dans la réalité d’où son refus du crucifix par exemple.

              Aujourd'hui, l'œcuménisme aidant, la crèche est entrée dans les familles protestantes comme dans les temples où elle prend la place du sapin moins facile à manier. Quant à la théologie catholique, elle s'est largement ouverte, souvent plus qu'un certain protestantisme littéraliste, à l'approche mythologique de ces textes. Elle reste toutefois attachée à la crèche, parce qu'elle représente deux éléments sacrés du catholicisme : la divinité du  Christ et la place faite à Marie.

              Et c'est bien pourquoi, des élus, le plus souvent très à droite veulent installer des crèches dans les mairies ou autres bâtiments de la république. Il s'agit pour eux d'affirmer une identité chrétienne forte. En cela ils sont soutenus par une large partie de la population, celle là même qui voulaient mentionner l’héritage chrétien dans le préambule de la Constitution Européenne. De plus, dans le contexte actuel - c’est là que réside le danger- la crèche à pour rôle de concurrencer l’islam dans ses velléités d'imposer sa manière de vivre à notre société. Elle est utilisée pour dire à cette religion que nous ne voulons pas d’elle.

              Fort heureusement ni les catholiques ni les protestants ne réclament l'installation de ces crèches dans les lieux représentant la république. Encore une fois, à travers la crèche, c'est la religion qui est prise en otage par des politiques  qui cherchent à diviser  la population pour se maintenir au pouvoir. Aujourd'hui en France, les religions respectent dans l'ensemble  la laïcité autrement dit la séparation de l’église (des religions) et de l’Etat. Certains élus de la république ne la respectent pas. C'est un comble !

              Le sacré est fait par les humains. Il a pour rôle d'implanter la croyance officielle du moment. Toutes les religions ont leur "sacré". Il disparait lorsque la religion disparait. A ce jour ni le christianisme ni la crèche n’ont disparu. Celle-ci reste bien une chose sacrée y compris lorsqu'elle est sécularisée à des fins commerciales ou politiques. Des élus l’ont bien compris. Ils se servent d’elle. C'est pourquoi, à notre avis elle n’a pas sa place dans un Hall de mairie, d'hôtel de région, du département, à l’assemblée nationale ou au sénat. Pour sa fonction culturelle et artistique, elle peut être installée dans d’autres lieux.

             Aujourd’hui, la laïcité est implantée dans le pays. Menacée, elle doit y être enracinée. Les halls réservés à la république la symbolisent. Ce sont des espaces sacrés. Leur neutralité garantit à toutes les religions la liberté de leur expression et leur signifie leur limite.

 

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 14:08

Dans l’actualité de ce mois d’octobre se trouve la fête de la Réformation. Cette fête est justifiée étant donné l’importance de la Réforme dans toute l’Europe. Les affirmations formulées par les réformateurs un peu partout sur ce continent ont ouvert la porte à la modernité.

Le « Dieu seul » a permis à l’homme de s’émanciper de l’autorité de l’Eglise catholique Romaine et de ceux qui étaient considérés comme ses supérieurs. En s’adressant directement à Dieu, il s’affranchissait d’un système hiérarchique qui l’obligeait. Il s’autorisait à poser la question de la nature et de l’existence de Dieu ce que feront les philosophes des lumières tels, Diderot, Bayle, Rousseau arrachant ainsi la philosophie à la scolastique qui faisait de la philosophie la servante de la théologie.

Le « l’Ecriture seule » venait renforcer cette autonomie en invitant chacun à explorer le texte et son contexte. Au-delà même du texte c’est la science dans tous les domaines qui se voyait ouvrir les portes que l’Eglise s’obstinait à fermer jusqu’à bruler vifs les savants dont les découvertes contrevenaient aux vérités établies par les dogmes. L’héliocentrisme en est un exemple remarquable. L’interprétation libre des textes donnait toute sa place à la conscience qui devenait le seul guide de l’homme.

Le « la grâce seule » affirmant que l’homme n’a pas besoin des œuvres pour son salut ,le libère afin qu’il puisse se consacrer à son travail, sa famille, la gestion de la cité. La grâce étant pour tous, l’éthique, autrement dit l’attitude et le comportement de chacun est une réponse à l’amour de Dieu et en aucun cas une discipline et une exigence pour recevoir le pardon et la grâce de Dieu qui sont déjà donnés.

Dans les siècles qui ont suivi, ces affirmations ont eu des développements considérables. Avec Freud, l’être humain pour échapper à ses enfermements, qu’ils soient appelés péché ou névrose, sera orienté vers la connaissance de soi et de son histoire en lieu et place de la contrition et des mortifications. La Réforme a ouvert la porte à la psychanalyse. Avec Darwin la transcendance retrouve sa place dans la nature. Comme Luther, le spécialiste de l’évolution accepte ce que le divin fait de nous. Marx, demande à renoncer à la société capitaliste et à ses fausses lois comme Luther invitait à se méfier de l’Eglise et de ses commandements. La critique devient une nécessité pour éviter l’embrigadement par la majorité ou le repli sur soi par protection et résignation. La liberté ne consiste pas à s’émanciper des lois mais à en créer de nouvelles adaptées à la réalité.

La Réforme a forgé la société jusqu’à aujourd’hui, en France comme en Europe. Elle continue son œuvre. C’est la société toute entière qui a été transformé par elle et pas seulement l’église. Certains vont jusqu’à penser que la société s’est « protestantisée » à l’insu de tous. Quelles sont alors les raisons pour lesquelles la fête de la réformation est ignorée par l’actualité ?

Probablement à cause de l’ignorance des journalistes qui plaquent les mots de la religion catholique sur les pratiques du protestantisme et en détournent ainsi le sens et la particularité. Le culte devient la messe, la table de communion l’autel, le pain l’hostie… Plus encore, les protestants n’osent pas dire ce qu’est l’esprit de la Réforme par crainte de blesser les catholiques. Cette crainte se manifeste dans les réunions publiques et dans le courrier des lecteurs où les protestants s’emploient à minimiser les différences rappelant que l’Eglise catholique a changé et que les protestants sous d’autres formes pensent et disent la même chose. La bible de l’arrière-grand-mère serait une relique et la référence à un pasteur une « canonisation » ! L’occasion de rappeler à ces protestants que la Réforme c’est le triomphe de la raison et la certitude que Dieu ne se manifeste pas dans le sacré et le surnaturel mais dans le réel. Leur dire aussi que la recherche de l’identique rétrécit, celle de la différence élargit. Osons cultiver cette dernière.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 15:33

Les nouveaux responsables d’un restaurant social de la région lyonnaise où viennent manger tous les jours des personnes âgées ont cru bon de changer les menus afin d’améliorer leur santé et de prolonger au maximum leur vie. C’est ainsi que les repas ont été allégés, les matières grasses supprimées, le sel et le sucre réduits au minimum. Nul doute que ces nouveaux promoteurs s’attendaient à des « bravos de prendre soin de nous ». La réaction a été tout autre. Les habitués de ce restaurant ont demandé un retour aux repas auxquels ils étaient habitués arguant qu’ils avaient envie de bien manger et peu importe si cela devait leur raccourcir leur existence. Ils voulaient profiter de la vie jusqu’au bout de leur vie.

Cette réaction parait très salutaire. En effet la société actuelle s’astreint par tous les moyens à prolonger la vie coute que coute. Et cela coûte très cher. C’est ainsi que les dépenses de santé sont devenues exponentielles et les prélèvements pour y faire face insupportables. Le système actuel menace de s’effondrer sans que les vraies questions soient posées concernant les soins à prodiguer et dans quelles limites. Les recherches sont purement économiques. Tout est question d’argent. Des familles, après avoir élevé leurs enfants se voient contraintes de vendre leur maison pour payer la maison de retraite des parents. Quant aux soins à domicile ils sont devenus souvent impossibles étant donné le prolongement de la vie dans des situations de plus en plus compliquées. Il faut des structures spécialisées pour prendre en charge la personne âgée pour des pathologies de plus en plus lourdes qui durent longtemps.

De plus, et là est la réclamation des clients de ce restaurant social, est-il sage et moral de vouloir prolonger la vie au prix de privation de ce que l’on aimait et qui faisait le bonheur quotidien sans qu’il y ait des excès. Bien manger, bien boire, bien dormir, bien se détendre semble être le minimum nécessaire pour être heureux. Alors, pourquoi se priver et entrer ainsi dans un prolongement de la vie qui sera vécu comme une attente insupportable, sans espoir d’aucune amélioration, l’âge faisant tout simplement son œuvre.

C’est à se demander si l’espérance en une vie au-delà de la mort , dans un lieu où la vie terrestre pourrait indéfiniment se prolonger dans ce qu’elle a de meilleur, n’a pas, avec la déchristianisation, fait place à la tentative désespérée de prolonger le plus possible sur cette terre quelles qu’en soient les conditions. Constatons simplement que dans les deux cas nous sommes dans cette tentation qui est de nier la mort et de la vaincre par nos forces et nos moyens. Au ciel on y allait à coup de repentance et d’expiations, sur terre nous y restons à coups d’opérations et de médicaments. Pourvu que la mort ne nous atteigne pas !

Et si le message de la résurrection était d’abord une invitation à laisser venir la mort lorsque le moment est venu. Jésus lui-même ne s’est pas débattu contre la mort. Il a sué du sang à grosses gouttes tant cette mort était injuste. Il ne s’est pas révolté pour autant. De par la méchanceté des hommes et étant donné son parcours et sa filiation, le moment était venu pour lui. Il l’a accepté dans des circonstances épouvantables de souffrances et d’abandon de tous.

La résurrection a toujours été interprétée comme une porte qui s’ouvrait sur une autre vie. Elle peut être aussi vue comme un encouragement à mourir quand la mort est devenue inéluctable Elle valide le temps de la vie passée sur terre. Elle ne dit plus que tout va continuer ailleurs. Elle dit que tout est advenu sur cette terre comme c’était prévu. Le point final peut être posé sans aucun regret. Un film ou un roman ont besoin d’un tel point pour rendre la liberté au spectateur ou au lecteur. De la même façon, la vie a besoin de la mort pour acquérir toute sa dimension et toute sa force. Ne dit-on pas de la mort qu’elle est délivrance ? Les protestants appellent la cérémonie des obsèques « culte de reconnaissance ». Ce terme peut exprimer en effet qu’une page est tournée comme elle devait se tourner. C’est fini. Nous entrons tous et le monde avec nous dans la vie de celui qui vient de la terminer. Ce n’est plus la sienne. Elle est offerte à tous. Un peu comme nous entrons dans la vie de ces résistants qui ont donné la leur pour notre liberté. Nous sommes au bénéfice de la vie de tous ceux qui sont passés sur cette terre.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 14:22

Bonjour François,

C'est avec joie et reconnaissance que je salue ta déclaration au retour des JMJ de Pologne concernant la violence et les religions. En disant qu'il n'est pas possible de parler de la violence Islamique sans parler de la violence catholique , non seulement tu as donné une parole de réconciliation mais tu nous rappelles que le temps ne peut pas être seulement observé dans l'ici et maintenant. Tu as ainsi très justement défini l' Eternité qui intègre tout ce qu'il y avait avant, ce qu'il y aujourd'hui et ce qu'il y aura demain. Et si aujourd'hui la religion chrétienne semble engendrer moins de violences que l'Islam nous ne pouvons pas nous arrêter à ce seul moment de l'histoire . L'humanité est un tout qui se déploie dans le temps. C'est ce tout que nous devons prendre en compte si nous voulons éviter les erreurs de jugement.

As-tu remarqué combien ta déclaration est venue perturber non seulement l' extrême droite mais aussi une partie de la droite française. C'est d'autant plus remarquable que ces politiciens là s'abritent toujours derrière la religion catholique. Il la prenne à témoin pour justifier leurs attitudes conservatrices quand ce n' est pas leur comportement xénophobe et raciste. Ils se plaisent à montrer que l'injustice et l'inégalité sont des faits naturels donc acceptables. La justification des énormes écarts de salaires en est un exemple. Grâce à ta remarque, leur fond de commerce se révèle au grand jour, un fond basé sur le rejet de l'autre pour diviser et, bien sûr régner, car comme tu le sais, la droite réactionnaire française a beaucoup de mal à accepter l'alternance. Elle cherche à accréditer dans l'opinion, l'idée selon laquelle la gauche est illégitime lorsqu'elle est au pouvoir. Tout est bon chez elle pour reprendre et garder ce pouvoir.

Lors de séjours au Etas Unis, au Canada au Mexique ou même en Espagne et pour y avoir fréquenté les milieux catholiques, j'avais déjà remarqué combien le catholicisme y était beaucoup plus ouvert qu'en France. Les réactions à tes propos des politiciens Français de l'extrême droite et d'une partie de la droite le confirment. Ce faisant, ils ne rendent pas service au catholicisme et à la religion chrétienne en général qu'ils font apparaitre comme une religion ringarde, peu favorable au progrès , à l' intelligence et à la modernité.

De récents sondages montrent que depuis ta mandature la participation aux offices catholiques augmente. Tout cela prouve que de nombreux catholiques ne suivent pas ces politiciens et qu'ils s'ouvrent à la modernité et à l' humanité comme tu le proposes régulièrement. Ils croient à la différence, la respectent et l' encouragent. Ils croient que l'injustice et les inégalités doivent être combattues. Ils font passer les recommandations de l' Evangile avant l'idéologie politique. Cette idéologie que l'on pensait toujours à gauche mais qui depuis quelques années s'est largement glissée à droite tout en laissant croire en se réclamant pour cela du christianisme qu'elle n' existe pas.

Comme tu l'as deviné, je ne me retrouve pas dans la pratique de la religion catholique. Son monothéisme niellé par la place faite au Christ, le culte rendu à la vierge et aux Saints, sa croyance au surnaturel, sa notion du sacré, sa hiérarchisation et la place faite à l'Eglise comme intermédiaire entre Dieu et les hommes, tout cela m'éloigne de cette pratique de la foi chrétienne. Mais il me semble que dans notre pays la communion avec le catholicisme serait plus facile si la réalité de l' Eglise telle que tu la présentes au monde n'était pas travestie par des politiciens qui l'instrumentalisent pour servir leurs propres intérêts. Ils utilisent la religion pour flatter les instincts les plus bas : peur et rejet de l'autre, désir du même et de l'identique, jugement sans appel, demande de toujours plus de sécurité. Ils donnent de l' Eglise une image qui fait peur et éloignent beaucoup de "chercheurs de Dieu et d'humanité". Ils freinent aussi son évolution et son choix pour la modernité parce qu'ils la privent de nouveaux venus, plus jeunes , à l' esprit créatif et inquiet comme tu l'as rappelé. En mettant en exergue ce qu'il y a de plus contestable dans le catholicisme , ils jettent un voile sur ce qu'il a de plus beau, de plus vrai et de plus profond. Plus grave encore, ils portent atteinte à la fraternité et à l'union entre les religions, entre croyants et incroyants, ils désavouent et condamnent ceux qui ne font pas leur choix. Ils mettent notre pays en danger.

Encore merci pour tes paroles de paix qui raisonnent dans la réalité de notre vie à la française.

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 10:52

Bonjour Pape François,

Je comprendrais que mes remarques te paraissent tout à fait inconvenantes. Sachant que tu es un homme d'écoute et de compréhension je me permet de te les confier. Je pense même que rien de ce que je vais te dire ne t'a échappé. Et si mes propos ne te heurtent pas , ils peuvent en heurter beaucoup et je me garderai de porter un jugement . .

Je ne reviendrai pas sur le crime affreux perpétré dans cette Eglise de Saint Etienne du Rouvray. Nous sommes tous en émoi et nous le resterons longtemps encore avec cette crainte que de pareilles horreurs se reproduisent. Mais voilà, depuis qu'est apparu le visage de ces deux tueurs il monte en moi un esprit de compassion à leur égard. J'ai cru déceler le même sentiment dans le témoignage des deux religieuses .Je me trompe peut être .En effet j'ai toujours été émerveillé par la tendresse et la bienveillance des religieuses qui nous ont accueillis dans des circonstances très diverses en groupe comme en famille. Depuis elles m'apparaissent toutes sensibles à l'humanité qui peut se cacher derrière des monstruosités. Était-ce le cas ce matin là devant les deux tueurs? Ont-elles vu en eux ceux-là même qui ont crucifié Jésus sans raison et auxquels Jésus a pardonné? Étaient-elles préparées à mourir comme Jésus lui-même? Voyait-elles dans la mort injuste et ignoble du prêtre un accomplissement de l'amour total que risque celui qui est empli de l'esprit de Dieu? Je ne sais pas. Elles m'ont semblé être prises à la fois de la plus grande tristesse et de la pitié la plus sincère.

Quoiqu'il en soit, leur témoignage m' a conduit à porter sur ces deux hommes un regard qui ne soit pas seulement une diabolisation. Il me revient aussi cette remarque de ma mère qui me disait "n'oublie jamais que derrière le plus grand criminel, il y a toujours cette partie d'humanité que Dieu aime". Et oui! derrière ces deux personnages assassins il y a la partie que Dieu aime, ce Dieu à qui nous donnons des noms différents selon les religions et les cultures. Le penser, le dire , l' écrire, me donne des frissons. Ce qu'à dit et fait Jésus Christ m'y oblige. Il a demandé au Père de pardonner à ses bourreaux.

Ces deux jeunes avaient 19 ans. Un âge bien tendre. Si tendre que cela vous donne envie de pleurer comme c'est le cas lorsqu'à la guerre on tue de jeunes soldats. On les appelait "chair à canon". C'est l'âge où la personnalité se cherche, l'âge où elle veut s'affirmer, devenir adulte. Les médias parlent de ces deux jeunes comme deux hommes. C'étaient des hommes du point de vue du genre, mais ils étaient en formation, ils étaient stagiaires en humanité, pas encore accomplis. Que leur a-t il manqué, qu'ont-ils vécu pour que cet accomplissement ne soit pas possible autrement que d'aller chercher la mort pour eux comme pour les autres? Où la société, la famille, l'entourage, l'école ont-ils été défaillants? Il ne s'agit pas en posant ces questions de chercher des coupables mais de réfléchir et voir comment de telles situations pourraient être évitées

Selon le témoignage des religieuses, l'un de ces deux hommes est revenu sur la divinité du Christ qu'il contestait. Peu importe la réponse donnée. La religieuse n'a pas craint de maintenir sa conviction. C'était courageux dans une telle situation. Elle a osé sa vérité et cette vérité avait le mérite de ne pas tromper son interlocuteur. D'autres chrétiens ne reconnaissent pas un Dieu en Jésus Christ. Pour eux, être Dieu et être fils de Dieu n' est pas la même chose Tous les humains sont fils de Dieu sans être Dieux eux-mêmes. Une telle réponse aurait-elle pu changer quelque chose chez le jeune homme qui venait de tuer? Je ne le pense pas. Sa remarque montre seulement le désarroi spirituel dans lequel il était. Il y avait chez lui une quête de vérité qu'il n' a pas pu mener jusqu'à la fin parce qu'il ne supportait plus la différence entre ce qu'il pensait croire et ce qu'il cherchait. Il craignait de le trouver. La vie lui était devenue insupportable, la sienne et celle des autres.

Ce terrible événement me renvoie à cette parole de Jésus: "Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent". Comme c'est difficile. Mais aimer ce n'est pas approuver. Ce n'est pas vouloir changer l'autre. C'est être fils de Dieu. L'amour n'est pas conditionné.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:22

Dire qu'aujourd'hui, dans notre pays que la droite est dangereuse peut paraitre partisan voire stupide. Deux attitudes semblent aller dans cette direction .

Notons tout d'abord que depuis les attentats de Nice, la droite ne cesse de déstabiliser le gouvernement alors que la solidarité s'impose de toute évidence. Ces propos mensongers, ces contres vérités, ces discours violents ne visent qu'à discréditer l'autorité de l'Etat. Mrs Ciotti, Sarkozy, Vauquiez, Estrosi font des déclarations dont le but n'est autre que d'allumer l'incendie de la pagaille et du chaos. Cette attitude correspond d'ailleurs à ce que tout le monde a pu constater depuis l'arriver au pouvoir de la gauche, à savoir que la droite n'accepte pas l'alternance qui est pourtant la base de la démocratie. Aujourd'hui on est en droit de se demander si la tradition suffira à maintenir la république et la démocratie. Nous ne devons pas oublier que la France peut basculer à tout moment. Elle a connu le boulangisme, Napoléon III et dans une situation plus particulière Pétain. Nous ne pouvons pas oublier que ces dictateurs sont arrivés au pouvoir avec l'accord et la bénédiction du peuple.

Lorsqu'il était ministre, Luc Ferry, homme de droite, demandait qu'on laisse gouverner ceux qui ont été élus parce que tous les cinq ans il y a des élections pour approuver ou non leur gouvernance. Il avait raison. Hélas! Peu suivent ses remarques . Ceux qui n'ont pas été choisis veulent s'imposer par esprit de revanche. Leur attitude n'est pas respectueuse du suffrage universel.

Enfin, soyons attentifs aux discours de ces personnalités de droite. Ils ne peuvent pas s'empêcher d'aller, pour le moins, taquiner l'islam qui doit rentrer dans le rang Mr Fillon, candidat à la primaire, est passé expert dans ce genre de remarque ,Mme Morano n'est pas en reste. Certes nous savons tous que la religion musulmane doit apprendre à vivre dans les pays où il n' y a pas de religion d' Etat. Nous savons qu'elle s'y emploie et que ses efforts sont importants. Alors pourquoi chercher à la stigmatiser régulièrement. Il est inadmissible que cette jeune maman musulmane s'entende dire alors que son fils de quatre ans vient d'être tué par le camion, que nous ne voulons plus d'elle, qu'elle doit retourner dans son pays. Il est inadmissible que telle autre dont la mère a été tuée s'entende dire "une de moins". Ces propos prennent la suite dans la bouche de gens peu éduqués des propos plus policés tenus par des responsables politiques . Ce sont ces mêmes propos qu'entendaient les juifs après l'accession d'Hitler au pouvoir. C'est inadmissible et nous devons pleurer avec tous ceux qui sont en deuil quelle que soit leur religion, leur nationalité et leur couleur de peau.

Alors la droite prépare t-elle une nouvelle guerre de religion? Ne peut elle exister et gouverner qu'en divisant le peuple? Pour récupérer des électeurs et reprendre le pouvoir, elle instrumentalise ce qu'il y a de plus réactionnaire dans la religion catholique se promettant de le faire passer dans les lois de l'état. Autrement dit, ce qu'elle reproche à l' Islam, faire de la religion une religion d' état, elle promet de le mettre en place à partir de vieux rudiments du christianisme que la plus grande majorité de catholiques et des chrétiens récusent .

En regardant le ministre de l'intérieur, manifestement atteint par l'attitude dégoutante de certains politiciens de droite et de l' extrême droite qui avancent main dans la main, je pensais à tous ces hommes qui sont allés jusqu'au suicide tant les mensonges les avaient atteint. Il y a Roger Salengro, Bérégovoy, Jean Germain, peut-être Robert Boulin. Mais une certaine droite est sans vergogne. Elle ne craint pas de répéter ses crimes. Il serait temps que ceux qui se reconnaissent dans une droite républicaine ou qui se disent au centre se séparent de ces va-t- en guerre qui se manifestent chaque jour sur les ondes comme dans la presse pour aider chacun à trouver sa place dans notre pays et garantir la paix à tous. Quant à l' électeur qui se rend à l'urne, il devrait se demander si celui qu'il se propose d'élire, de droite comme de gauche est animé par un esprit de division ou par un esprit de liberté, d'égalité et de fraternité.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:02

Bonjour François,

Tout d'abord bravo pour tous ces évêques et autres responsables catholiques qui après ce terrible drame de Saint Etienne du Rouvray ont appelé à lutter contre la barbarie par la prière et la fraternité. Cette attitude m' a fait penser aux premiers temps du christianisme. Il est reconnu que le christianisme a pu dès le IV siècle s'étendre en Europe et dans le monde par la volonté de l'Empereur Constantin qui l'a imposé à travers conciles , synodes et forces militaires. On oublie trop facilement que de nombreux chrétiens sont morts parce qu'ils étaient avant tout des apôtres de la paix comme l'avait montré le Christ, ce Christ, qu'ils ne voulaient pas défendre mais suivre. Ils ont refusé de répondre à la violence par la violence comme Jésus lui-même l'avait fait . Ils ont opté pour l'amour contre la haine au prix de leur vie. N'en faisons ni des saints ni des martyrs, n'exaltons pas leur courage. Plus simplement faisons d'eux des disciples, autrement dit des hommes et des femmes qui ont suivi Jésus Christ et qui n'ont pas craint la mort tellement ils étaient pleins de Dieu. Ils ne criaient pas Dieu, ils ne le proclamaient pas. Ils le vivaient. Cette force qui était en eux à plus contribué à l'extension du christianisme que ne l'ont été la force et la ruse du pouvoir politique en place et du pouvoir religieux qui s'installait.

Devant une aussi belle attitude, je ne peux que regretter les propos du Cardinal André XXIII au sujet des valeurs. Je n'entrerai pas dans la polémique selon laquelle il condamne ici le mariage homosexuel. Il est contre avec toute son Eglise. C'est son droit. Mais pourquoi se rapprochement avec ce drame. Le cardinal Barbarin lors des débats sur le mariage pour tous avait lui aussi fait du mariage entre homosexuel, la porte ouverte à l'autorisation de l' inceste. Comment de tels hommes à la fois réfléchis, respectables et soucieux de l'humain peuvent-ils revenir sur ce sujet touchant à la sexualité et tenir des propos pour le moins contestables en dehors même de toute appréciation morale. N'y aurait -il pas là la conséquence d'un célibat devenu la norme pour être prêtre?

Certes les vœux de chasteté ne sont pas imposés. Ils sont choisis et demandés par celui qui aspire à la prêtrise ou par celles et ceux qui veulent vivre une vie monastique. Mais un tel choix peut-il être lié à une fonction d'une part, peut-il durer toute une vie d'autre part? Autrement dit le célibat peut -il être un état? Des hommes et des femmes peuvent choisir d' être célibataire un temps sans qu'ils puissent en déterminer la durée puis, au cours de la vie, il peut y avoir des changements importants au plus profond d'eux même qui les conduisent à rencontrer un partenaire. Ils découvrent alors qu'ils n'ont plus la liberté de suivre le courant de leur vie. Ils ne leur reste plus que deux solutions: la transgression, légale ou pas, qui engendre inévitablement de la culpabilité qu'elle soit cachée ou officielle. L’auto-justification de leur célibat qui les amène à rejeter tout ce qui ne va pas dans ce sens. Ceci aux prix de défenses rigides et hors de toute raison. C'est ce que semble illustrer les propos de ces deux prélats.

Par le passé l'Eglise a beaucoup contribué au fondement du couple et de la famille. La sexualité pouvait ainsi s'y épanouir et trouver un équilibre. Le désir d'être père ou mère devenait possible. Aujourd'hui, la sagesse serait, me semble t-il, que cette situation soit une possibilité offerte à tous, religieux y compris. L'obligation d'un célibat ne prend pas en compte la nature de l'humain. La sexualité y est niée alors qu'elle est constitutive de sa personne. Les désirs qui peuvent naitre au cours d'une vie ne sont pas reconnus. Il reste encore à l'Eglise de nombreux progrès à faire pour prendre en compte l'humanité de chacun et faire passer cette humanité avant les dogmes et les traditions que l'on voudraient immuables dans la plupart des religions. L'humain n'a pas à craindre les revendications de son corps et de son âme . Il ne peut que les reconnaitre. Les regarder en face et s'assurer que ces revendications ne portent préjudice à personne .

Encore une fois, bravo pour l'attitude de paix prise part l'Eglise au milieu de la tourmente. Je m'y associe pleinement.

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 21:18

La répétition et l'horreur des attentats en France mais aussi en Europe fait ressurgir le débat sur la peine de mort. Il en va ainsi toutes les fois que des populations innocentes et tout particulièrement des enfants sont tués avec une cruauté dépassant l'imaginable. Ce débat devient d'autant plus vif que des attentats comme celui de Nice semblent imparables.

A y regarder de près, on s'aperçoit vite que la peine de mort ne changerait rien à de telles situations. D'abord parce que ceux qui les perpètrent s'engagent à mourir. Parfois même ils se font sauter alors qu'ils sont seuls lorsqu'ils ont raté leur cible comme au stade de France. Quant à leurs complices capturés vivants, les condamner à mort serait allumer un feu de haine qui ne s'éteint plus. Les traités de paix se terminent toujours par des amnisties y compris pour ceux qui ont tués.

Le désir de vengeance qui est en chaque être s'étaie sur la pulsion de mort . Il doit être entendu si l'on ne veut pas qu'il ronge celui chez qui il s'est installé.

Dans l'ancien Israël, il y avait la loi du talion qui consistait à rendre œil pour œil et dent pour dent. Autrement dit on ne tuait que celui qui avait tué, on n'en tuait pas davantage pour éviter l'escalade. L'application de cette loi permettait de désamorcer le désir de vengeance et la victime pouvait ainsi retrouver la paix son désir de vengeance assouvi..

Revenir à cette loi, autrement dit revenir à la peine de mort serait un recul considérable de la civilisation. Jésus, né dans la société où elle était en vigueur, la condamnait avec force et détermination. Le monde a mis plusieurs siècles à le suivre y compris le monde chrétien. De nombreuses associations se réclamant du christianisme étaient réticentes pour réclamer l'abolition de la peine de mort. Aujourd'hui cette dernière est soutenue par de nombreuses Eglises protestantes et évangéliques aux USA et en Afrique. Quant à l' Eglise catholique elle l'a associée à la lute contre l'avortement au nom du respect de la vie comparant un embryon de 3 mois et une personne consciente des années de sa vie. La position est plus idéologique que réaliste.

Se pose alors la question: comment faire refluer ce désir de vengeance chez celui dont le sentiment d'injustice à son égard est insupportable? La question se pose dans le cas des victimes du terrorisme mais aussi pour des affaires de justice ordinaire et de droit commun.

Voici trois réponses, non exhaustives bien évidement, qui se veulent ouvrir des pistes de recherches.

- Tout d'abord agir au niveau de la prévention. Le discours de Daech invitant à tuer lève les inhibitions de la pulsion de mort qui se manifeste alors sans aucune barrière chez les personnes psychiquement fragiles. De tels propos doivent être éradiqués de la communication publique. Les médias eux mêmes devraient faire preuve de plus de retenue en évitant de rapporter régulièrement de tels propos qui ne sont pas forcément utile à l'information y compris dans un pays démocratique

- Vient ensuite le temps des procédures jusqu'aux décisions. Ce temps est long. L'enquête ne peut être bradée. L'état de droit doit être respecté et défendu. Les politiques, qui pour plaire et rassurer leur électorat voudraient le court-circuiter mettent la démocratie en danger. Il en est un des piliers. Mais, s'il est tout à fait compréhensible que l'instruction pour des crimes préparés longtemps à l' avance, soit longue, on comprend moins que les conditions de détention des terroristes soient plus favorables que celles des autres prisonniers. Ils n'ont pas à être traités différemment selon des régimes spéciaux. Il est tout aussi inacceptable que la prison puisse devenir le lieu du radicalisme. Ce radicalisme est la conséquence de l'oisiveté et de la paresse dans laquelle est placé le prisonnier. Se pose-t-on sérieusement la question sur le but de la prison et ce que l'on attend d'elle?

-Enfin , et ici il y a beaucoup de réflexions à mener, que fait-on des condamnés et plus particulièrement des terroristes puisque le problème est nouveau et qu'il se manifeste à grande échelle. L'inefficacité de la prison est prouvée. Le bracelet électronique devient un gadget. Le suivi (fiche S) est inapplicable tant il faudrait de moyens. La dé-radicalisation parait impossible au vu des spécialistes de la question. Bref, nous sommes sans solution, pris entre le respect des droits de l' homme et la nécessité que ces actes meurtriers cessent.

Et si on se proposait de ramener à la vie réelle tous ces meurtriers? La vie réelle, c'est travailler pour gagner sa vie. C'est payer ce que l'on a détruit. C'est voir comment on peut réparer une partie de ses erreurs sachant qu'elles restent irréparables pour une grande partie. Tuer 84 personnes avec un camion ne se répare pas y compris lorsque l'on est resté seulement complice. C'est accepter les contraintes qui empêchent de faire du mal aux autres lorsque l'on n'a ni la force ni l'intelligence de ne pas le faire par soi même. Ces contraintes peuvent être de nature très différentes. C'est accepter que le prévenu se donne la mort s'il le décide après que le jugement ait eu lieu.

Tout est à inventer mais cela ne sera possible que si on a le courage de dépasser les interdits que l'histoire nous a posés. Prenons un exemple: celui des camps de travail. Depuis la dernière guerre, le mot fait frémir. C'est compréhensible puisque sous ce mot se cachait des camps d'extermination. Le travail servait de torture. Mais soyons raisonnable. On peut dire que notre vie est aussi un camp de travail puisqu'il faut travailler pour vivre. Parfois c'est facile. Parfois c'est plus dur. Il y faut des efforts . Et puis, il y a des moments de loisirs, des moments de repos, des moments de joies et des moments de pleurs. Tous ces moments sont contenus dans un espace temps qui n'est le même pour personne. Ceci varie d'une situation à une autre, d'une classe sociale à l'autre, de la chance ou de la malchance que l'on a eue . Cet espace temps ne sera pas le même pour celui qui a commis des crimes. C'est tout cela la vie. Et cette vie transforme, elle nous change. Elle nous déradicalise parce qu'elle nous fait descendre de l'imaginaire à la réalité. Elle nous oblige à des efforts, pose des contraintes. Nous fait mettre en colère. Bouscule nos affects. Nous rend responsable. Le criminel n'a jamais connu tout cela. Il est temps de le lui faire découvrir.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 14:08

Jusqu'à aujourd'hui le parti socialiste faisait confiance à la droite républicaine lors des élections. Lorsqu'il était éliminé au premier tour ou lorsque le maintien de sa présence pouvait favoriser l' élection de l'extrême droite, il appelait à voter à droite ce que n'a jamais fait cette dernière considérant que le Parti socialiste et l'extrême droite c'était la même chose. C'est le fameux ni..ni. C'est ainsi que Jacques Chirac a été élu président de la république avec 82 % des voix et qu'aux dernières élections trois régions ont évité de tomber dans l'escarcelle du Front National. Depuis l'attentat de Nice une nouvelle donne se présente . En effet les leaders de la droite dite républicaine se sont servi de ce drame pour en rendre responsable le gouvernement contre toute évidence et toute raison. Les mensonges, les approximations, et les contre vérités mais aussi les contradictions n'ont eu pour but que de dresser le peuple contre l'autorité de l' Etat. Une telle attitude visant à briser la démocratie et la république afin de s'emparer de la totalité du pouvoir a montré qu'il n'y a peu ou pas de différence entre la droite et l'extrême droite contrairement à ce que l'opinion voudrait nous faire croire. Il est d'ailleurs à parier qu'en cas d'arrivée au pouvoir, Mme le Pen, devant le vide et le manque de compétence des siens ferait appel à la droite qui prétendrait ainsi avoir sauvé la république en acceptant une telle collaboration. Elle pourrait se laisser aller à revenir sur ce qu'elle n'a jamais accepté comme le droit à l'avortement , l'abolition de la peine de mort, le mariage pour tous, le droit des minorités ….et le justifier avec le soutien de très nombreux religieux.

Le parti socialiste serait donc bien avisé de ne pas demander à ses électeurs de voter pour la droite dite" républicaine "jusqu'à ce jour. Nous ne sommes plus au temps où Monsieur le curé demandait à ses ouailles de voter pour tel ou tel candidat. Les électeurs doivent être libres du choix de leurs candidats . Pour beaucoup , on ne choisit pas entre la peste et le choléra, entre bonnet blanc et blanc bonnet.

Bien sûr une telle attitude favorisera dans un premier temps l'extrême droite et précipitera la crise que traversera le pays . Les choses auront au moins l'avantage d'être claires. La réalité viendra invalider le discours des imposteurs et le pays prendra conscience qu'il s'est laissé berner et qu'il a été trompé. Actuellement il ne le voit pas tant la démagogie des politiques est forte. L'autorité de l' Etat ayant été trainée dans la boue par l' ensemble des droites , l'extrême gauche (y compris au sein même du parti socialiste) et certains syndicats, le peuple n' a aucun moyen pour vérifier la véracité de ce qui lui est dit.

Certes dans la droite actuelle il y a des hommes et des femmes qui respectent la république. Parmi eux, les centristes qui avides de pouvoir et pariant que la droite gagnerait largement les élections de 2017 se sont liés à elle sans conviction. Ont-ils pris la mesure de l' état du pays si 90% des élus sont dans cette mouvance populiste, xénophobe, raciste et sécuritaire qui se développe en France actuellement. Sur le plan économique, ont-ils pris conscience que leur programme qui se résume à moins d'Europe, moins d'impôt pour les plus riches comme celui sur la fortune , à la suppression du Smig, des 35 h et l' allongement du temps de travail ne laisse aucun espoir à l'amélioration de la qualité de la vie et ouvre la voie à des réactions violentes?

Dans ces conditions les électeurs socialistes privés de candidats mais aussi des permanences puisqu'elles sautent les unes après les autres de part l'alliance objective qu'il y a entre certains syndicats, l'extrême gauche et cette droite populiste préfèreront rester "orphelins des urnes". Ce statut est douloureux mais il permet de garder un certain recul , de porter un regard nouveau sur chaque situation et à plus long terme de préparer la société de demain, une société qui ne vivrait plus dans l' illusion et les croyances toujours au service des plus forts et des plus aisées. Dans ce cas, celui qui ne se rendra pas aux urnes sera un citoyen responsable et respectable. Et tant pis pour les moralistes de tous bords qui voudraient nous faire croire que de ne pas voter pour eux ou selon leur consigne c'est ne pas être un bon citoyen.

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 18:55

Salut François!

Il y a des jours, pour ne pas pester contre l'Eglise catholique, il faudrait être un saint ou un naïf! Je ne veux être ni l'un ni l' autre et tant pis si cela te fâche!. Comme tu le sais la ville de Nice a été sérieusement endeuillée . Seule consolation bien mince au regard d'une pareille tuerie mais très grande pour les valeurs humaines : la solidarité de la population avec toutes les victimes. Les gens ouvraient leur cœur et leur porte spontanément et en toute simplicité à tout le monde quelle que soit sa croyance, sa religion, son parti, sa couleur de peau…

Alors je m'interroge : était-il si urgent d'organiser une messe , présidée par l'évêque, une messe qui parce qu'elle n'était pas œcuménique divise obligatoirement la population si solidaire comme je viens de le dire. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une récupération religieuse. Elle ne serait pas immorale s'il s'agissait simplement d'évangéliser comme le prétend l'Eglise. Dans notre pays laïque c'est tout à fait possible et, heureusement pourvu que toutes les religions aient le même droit. Le problème est qu'ici elle utilise le malheur des gens. Bien sûr comme le disait des participants à cette messe il s'agit de témoigner de l' amour aux endeuillés et aux blessés de la vie. On ne témoigne pas de l' amour dans n'importe quelle condition. Témoigner de l'amour commence par le respect de la croyance de l'autre. Que peuvent penser ceux qui ne veulent pas entendre parler pour ce qui les concernent de croyance en l'au-delà ou encore d'appel à la vierge Marie? J'ai envie de leur crier: cesser de prier pour moi et pour les miens Vois-tu aujourd'hui, j'ai du mal à croire que l'Eglise catholique à vraiment renoncé à imposer sa croyance à tout le monde au nom d'une fraternité et de l'œcuménisme.

Pire encore: il y a aussi une récupération religio-politique tellement criante qu'elle fait honte à la démocratie et à la république. Tu as pu remarquer combien les caméras étaient fixées sur toute l'équipe de la droite "sarkosiste" et de l' extrême droite. Les deux se valent. Ces politiciens là ont passé la journée à récupérer ce tragique événement en critiquant le gouvernement avec des mensonges gros comme le bras sans que par ailleurs, la parole soit donnée à ceux qui auraient pu répondre. Je pensais que cette alliance du sabre et du goupillon était terminée. Je découvre stupéfait qu'il n'en est rien. L' évêque paradait auprès de ces politiciens d'opposition sous l'œil des caméras. Il se faisait ainsi le complice de leur propos dont le but n'est autre que de diviser une population qui jusque là s'était montrée unie. Que ne ferait-on pas pour gagner une présidentielle. Et quelle aubaine si l'occasion permet de s'associer l' Eglise catholique! Catholique et de Droite: voilà le binôme parfait !

Oui, cher François, hier à Nice l'Eglise catholique officielle a donné une bien triste image d'elle-même et de la Bonne Nouvelle. Je sais. Il y a dans l'Eglise catholique comme ailleurs de vrais fidèles. Ils sont de droite ou de gauche. Ils sont porteurs de paroles et de gestes d' amour. Ils ne possèdent pas la vérité mais la cherchent. Ils se font tout petits et discrets. Ils ne pavanent pas aux côtés de ceux qui cherchent le pouvoir. Ils sont, hélas! relégués par leur hiérarchie au rang des insignifiants. C'est dommage pour l’évangile.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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