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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 10:52

Bonjour Pape François,

Je comprendrais que mes remarques te paraissent tout à fait inconvenantes. Sachant que tu es un homme d'écoute et de compréhension je me permet de te les confier. Je pense même que rien de ce que je vais te dire ne t'a échappé. Et si mes propos ne te heurtent pas , ils peuvent en heurter beaucoup et je me garderai de porter un jugement . .

Je ne reviendrai pas sur le crime affreux perpétré dans cette Eglise de Saint Etienne du Rouvray. Nous sommes tous en émoi et nous le resterons longtemps encore avec cette crainte que de pareilles horreurs se reproduisent. Mais voilà, depuis qu'est apparu le visage de ces deux tueurs il monte en moi un esprit de compassion à leur égard. J'ai cru déceler le même sentiment dans le témoignage des deux religieuses .Je me trompe peut être .En effet j'ai toujours été émerveillé par la tendresse et la bienveillance des religieuses qui nous ont accueillis dans des circonstances très diverses en groupe comme en famille. Depuis elles m'apparaissent toutes sensibles à l'humanité qui peut se cacher derrière des monstruosités. Était-ce le cas ce matin là devant les deux tueurs? Ont-elles vu en eux ceux-là même qui ont crucifié Jésus sans raison et auxquels Jésus a pardonné? Étaient-elles préparées à mourir comme Jésus lui-même? Voyait-elles dans la mort injuste et ignoble du prêtre un accomplissement de l'amour total que risque celui qui est empli de l'esprit de Dieu? Je ne sais pas. Elles m'ont semblé être prises à la fois de la plus grande tristesse et de la pitié la plus sincère.

Quoiqu'il en soit, leur témoignage m' a conduit à porter sur ces deux hommes un regard qui ne soit pas seulement une diabolisation. Il me revient aussi cette remarque de ma mère qui me disait "n'oublie jamais que derrière le plus grand criminel, il y a toujours cette partie d'humanité que Dieu aime". Et oui! derrière ces deux personnages assassins il y a la partie que Dieu aime, ce Dieu à qui nous donnons des noms différents selon les religions et les cultures. Le penser, le dire , l' écrire, me donne des frissons. Ce qu'à dit et fait Jésus Christ m'y oblige. Il a demandé au Père de pardonner à ses bourreaux.

Ces deux jeunes avaient 19 ans. Un âge bien tendre. Si tendre que cela vous donne envie de pleurer comme c'est le cas lorsqu'à la guerre on tue de jeunes soldats. On les appelait "chair à canon". C'est l'âge où la personnalité se cherche, l'âge où elle veut s'affirmer, devenir adulte. Les médias parlent de ces deux jeunes comme deux hommes. C'étaient des hommes du point de vue du genre, mais ils étaient en formation, ils étaient stagiaires en humanité, pas encore accomplis. Que leur a-t il manqué, qu'ont-ils vécu pour que cet accomplissement ne soit pas possible autrement que d'aller chercher la mort pour eux comme pour les autres? Où la société, la famille, l'entourage, l'école ont-ils été défaillants? Il ne s'agit pas en posant ces questions de chercher des coupables mais de réfléchir et voir comment de telles situations pourraient être évitées

Selon le témoignage des religieuses, l'un de ces deux hommes est revenu sur la divinité du Christ qu'il contestait. Peu importe la réponse donnée. La religieuse n'a pas craint de maintenir sa conviction. C'était courageux dans une telle situation. Elle a osé sa vérité et cette vérité avait le mérite de ne pas tromper son interlocuteur. D'autres chrétiens ne reconnaissent pas un Dieu en Jésus Christ. Pour eux, être Dieu et être fils de Dieu n' est pas la même chose Tous les humains sont fils de Dieu sans être Dieux eux-mêmes. Une telle réponse aurait-elle pu changer quelque chose chez le jeune homme qui venait de tuer? Je ne le pense pas. Sa remarque montre seulement le désarroi spirituel dans lequel il était. Il y avait chez lui une quête de vérité qu'il n' a pas pu mener jusqu'à la fin parce qu'il ne supportait plus la différence entre ce qu'il pensait croire et ce qu'il cherchait. Il craignait de le trouver. La vie lui était devenue insupportable, la sienne et celle des autres.

Ce terrible événement me renvoie à cette parole de Jésus: "Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent". Comme c'est difficile. Mais aimer ce n'est pas approuver. Ce n'est pas vouloir changer l'autre. C'est être fils de Dieu. L'amour n'est pas conditionné.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:22

Dire qu'aujourd'hui, dans notre pays que la droite est dangereuse peut paraitre partisan voire stupide. Deux attitudes semblent aller dans cette direction .

Notons tout d'abord que depuis les attentats de Nice, la droite ne cesse de déstabiliser le gouvernement alors que la solidarité s'impose de toute évidence. Ces propos mensongers, ces contres vérités, ces discours violents ne visent qu'à discréditer l'autorité de l'Etat. Mrs Ciotti, Sarkozy, Vauquiez, Estrosi font des déclarations dont le but n'est autre que d'allumer l'incendie de la pagaille et du chaos. Cette attitude correspond d'ailleurs à ce que tout le monde a pu constater depuis l'arriver au pouvoir de la gauche, à savoir que la droite n'accepte pas l'alternance qui est pourtant la base de la démocratie. Aujourd'hui on est en droit de se demander si la tradition suffira à maintenir la république et la démocratie. Nous ne devons pas oublier que la France peut basculer à tout moment. Elle a connu le boulangisme, Napoléon III et dans une situation plus particulière Pétain. Nous ne pouvons pas oublier que ces dictateurs sont arrivés au pouvoir avec l'accord et la bénédiction du peuple.

Lorsqu'il était ministre, Luc Ferry, homme de droite, demandait qu'on laisse gouverner ceux qui ont été élus parce que tous les cinq ans il y a des élections pour approuver ou non leur gouvernance. Il avait raison. Hélas! Peu suivent ses remarques . Ceux qui n'ont pas été choisis veulent s'imposer par esprit de revanche. Leur attitude n'est pas respectueuse du suffrage universel.

Enfin, soyons attentifs aux discours de ces personnalités de droite. Ils ne peuvent pas s'empêcher d'aller, pour le moins, taquiner l'islam qui doit rentrer dans le rang Mr Fillon, candidat à la primaire, est passé expert dans ce genre de remarque ,Mme Morano n'est pas en reste. Certes nous savons tous que la religion musulmane doit apprendre à vivre dans les pays où il n' y a pas de religion d' Etat. Nous savons qu'elle s'y emploie et que ses efforts sont importants. Alors pourquoi chercher à la stigmatiser régulièrement. Il est inadmissible que cette jeune maman musulmane s'entende dire alors que son fils de quatre ans vient d'être tué par le camion, que nous ne voulons plus d'elle, qu'elle doit retourner dans son pays. Il est inadmissible que telle autre dont la mère a été tuée s'entende dire "une de moins". Ces propos prennent la suite dans la bouche de gens peu éduqués des propos plus policés tenus par des responsables politiques . Ce sont ces mêmes propos qu'entendaient les juifs après l'accession d'Hitler au pouvoir. C'est inadmissible et nous devons pleurer avec tous ceux qui sont en deuil quelle que soit leur religion, leur nationalité et leur couleur de peau.

Alors la droite prépare t-elle une nouvelle guerre de religion? Ne peut elle exister et gouverner qu'en divisant le peuple? Pour récupérer des électeurs et reprendre le pouvoir, elle instrumentalise ce qu'il y a de plus réactionnaire dans la religion catholique se promettant de le faire passer dans les lois de l'état. Autrement dit, ce qu'elle reproche à l' Islam, faire de la religion une religion d' état, elle promet de le mettre en place à partir de vieux rudiments du christianisme que la plus grande majorité de catholiques et des chrétiens récusent .

En regardant le ministre de l'intérieur, manifestement atteint par l'attitude dégoutante de certains politiciens de droite et de l' extrême droite qui avancent main dans la main, je pensais à tous ces hommes qui sont allés jusqu'au suicide tant les mensonges les avaient atteint. Il y a Roger Salengro, Bérégovoy, Jean Germain, peut-être Robert Boulin. Mais une certaine droite est sans vergogne. Elle ne craint pas de répéter ses crimes. Il serait temps que ceux qui se reconnaissent dans une droite républicaine ou qui se disent au centre se séparent de ces va-t- en guerre qui se manifestent chaque jour sur les ondes comme dans la presse pour aider chacun à trouver sa place dans notre pays et garantir la paix à tous. Quant à l' électeur qui se rend à l'urne, il devrait se demander si celui qu'il se propose d'élire, de droite comme de gauche est animé par un esprit de division ou par un esprit de liberté, d'égalité et de fraternité.

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:02

Bonjour François,

Tout d'abord bravo pour tous ces évêques et autres responsables catholiques qui après ce terrible drame de Saint Etienne du Rouvray ont appelé à lutter contre la barbarie par la prière et la fraternité. Cette attitude m' a fait penser aux premiers temps du christianisme. Il est reconnu que le christianisme a pu dès le IV siècle s'étendre en Europe et dans le monde par la volonté de l'Empereur Constantin qui l'a imposé à travers conciles , synodes et forces militaires. On oublie trop facilement que de nombreux chrétiens sont morts parce qu'ils étaient avant tout des apôtres de la paix comme l'avait montré le Christ, ce Christ, qu'ils ne voulaient pas défendre mais suivre. Ils ont refusé de répondre à la violence par la violence comme Jésus lui-même l'avait fait . Ils ont opté pour l'amour contre la haine au prix de leur vie. N'en faisons ni des saints ni des martyrs, n'exaltons pas leur courage. Plus simplement faisons d'eux des disciples, autrement dit des hommes et des femmes qui ont suivi Jésus Christ et qui n'ont pas craint la mort tellement ils étaient pleins de Dieu. Ils ne criaient pas Dieu, ils ne le proclamaient pas. Ils le vivaient. Cette force qui était en eux à plus contribué à l'extension du christianisme que ne l'ont été la force et la ruse du pouvoir politique en place et du pouvoir religieux qui s'installait.

Devant une aussi belle attitude, je ne peux que regretter les propos du Cardinal André XXIII au sujet des valeurs. Je n'entrerai pas dans la polémique selon laquelle il condamne ici le mariage homosexuel. Il est contre avec toute son Eglise. C'est son droit. Mais pourquoi se rapprochement avec ce drame. Le cardinal Barbarin lors des débats sur le mariage pour tous avait lui aussi fait du mariage entre homosexuel, la porte ouverte à l'autorisation de l' inceste. Comment de tels hommes à la fois réfléchis, respectables et soucieux de l'humain peuvent-ils revenir sur ce sujet touchant à la sexualité et tenir des propos pour le moins contestables en dehors même de toute appréciation morale. N'y aurait -il pas là la conséquence d'un célibat devenu la norme pour être prêtre?

Certes les vœux de chasteté ne sont pas imposés. Ils sont choisis et demandés par celui qui aspire à la prêtrise ou par celles et ceux qui veulent vivre une vie monastique. Mais un tel choix peut-il être lié à une fonction d'une part, peut-il durer toute une vie d'autre part? Autrement dit le célibat peut -il être un état? Des hommes et des femmes peuvent choisir d' être célibataire un temps sans qu'ils puissent en déterminer la durée puis, au cours de la vie, il peut y avoir des changements importants au plus profond d'eux même qui les conduisent à rencontrer un partenaire. Ils découvrent alors qu'ils n'ont plus la liberté de suivre le courant de leur vie. Ils ne leur reste plus que deux solutions: la transgression, légale ou pas, qui engendre inévitablement de la culpabilité qu'elle soit cachée ou officielle. L’auto-justification de leur célibat qui les amène à rejeter tout ce qui ne va pas dans ce sens. Ceci aux prix de défenses rigides et hors de toute raison. C'est ce que semble illustrer les propos de ces deux prélats.

Par le passé l'Eglise a beaucoup contribué au fondement du couple et de la famille. La sexualité pouvait ainsi s'y épanouir et trouver un équilibre. Le désir d'être père ou mère devenait possible. Aujourd'hui, la sagesse serait, me semble t-il, que cette situation soit une possibilité offerte à tous, religieux y compris. L'obligation d'un célibat ne prend pas en compte la nature de l'humain. La sexualité y est niée alors qu'elle est constitutive de sa personne. Les désirs qui peuvent naitre au cours d'une vie ne sont pas reconnus. Il reste encore à l'Eglise de nombreux progrès à faire pour prendre en compte l'humanité de chacun et faire passer cette humanité avant les dogmes et les traditions que l'on voudraient immuables dans la plupart des religions. L'humain n'a pas à craindre les revendications de son corps et de son âme . Il ne peut que les reconnaitre. Les regarder en face et s'assurer que ces revendications ne portent préjudice à personne .

Encore une fois, bravo pour l'attitude de paix prise part l'Eglise au milieu de la tourmente. Je m'y associe pleinement.

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 21:18

La répétition et l'horreur des attentats en France mais aussi en Europe fait ressurgir le débat sur la peine de mort. Il en va ainsi toutes les fois que des populations innocentes et tout particulièrement des enfants sont tués avec une cruauté dépassant l'imaginable. Ce débat devient d'autant plus vif que des attentats comme celui de Nice semblent imparables.

A y regarder de près, on s'aperçoit vite que la peine de mort ne changerait rien à de telles situations. D'abord parce que ceux qui les perpètrent s'engagent à mourir. Parfois même ils se font sauter alors qu'ils sont seuls lorsqu'ils ont raté leur cible comme au stade de France. Quant à leurs complices capturés vivants, les condamner à mort serait allumer un feu de haine qui ne s'éteint plus. Les traités de paix se terminent toujours par des amnisties y compris pour ceux qui ont tués.

Le désir de vengeance qui est en chaque être s'étaie sur la pulsion de mort . Il doit être entendu si l'on ne veut pas qu'il ronge celui chez qui il s'est installé.

Dans l'ancien Israël, il y avait la loi du talion qui consistait à rendre œil pour œil et dent pour dent. Autrement dit on ne tuait que celui qui avait tué, on n'en tuait pas davantage pour éviter l'escalade. L'application de cette loi permettait de désamorcer le désir de vengeance et la victime pouvait ainsi retrouver la paix son désir de vengeance assouvi..

Revenir à cette loi, autrement dit revenir à la peine de mort serait un recul considérable de la civilisation. Jésus, né dans la société où elle était en vigueur, la condamnait avec force et détermination. Le monde a mis plusieurs siècles à le suivre y compris le monde chrétien. De nombreuses associations se réclamant du christianisme étaient réticentes pour réclamer l'abolition de la peine de mort. Aujourd'hui cette dernière est soutenue par de nombreuses Eglises protestantes et évangéliques aux USA et en Afrique. Quant à l' Eglise catholique elle l'a associée à la lute contre l'avortement au nom du respect de la vie comparant un embryon de 3 mois et une personne consciente des années de sa vie. La position est plus idéologique que réaliste.

Se pose alors la question: comment faire refluer ce désir de vengeance chez celui dont le sentiment d'injustice à son égard est insupportable? La question se pose dans le cas des victimes du terrorisme mais aussi pour des affaires de justice ordinaire et de droit commun.

Voici trois réponses, non exhaustives bien évidement, qui se veulent ouvrir des pistes de recherches.

- Tout d'abord agir au niveau de la prévention. Le discours de Daech invitant à tuer lève les inhibitions de la pulsion de mort qui se manifeste alors sans aucune barrière chez les personnes psychiquement fragiles. De tels propos doivent être éradiqués de la communication publique. Les médias eux mêmes devraient faire preuve de plus de retenue en évitant de rapporter régulièrement de tels propos qui ne sont pas forcément utile à l'information y compris dans un pays démocratique

- Vient ensuite le temps des procédures jusqu'aux décisions. Ce temps est long. L'enquête ne peut être bradée. L'état de droit doit être respecté et défendu. Les politiques, qui pour plaire et rassurer leur électorat voudraient le court-circuiter mettent la démocratie en danger. Il en est un des piliers. Mais, s'il est tout à fait compréhensible que l'instruction pour des crimes préparés longtemps à l' avance, soit longue, on comprend moins que les conditions de détention des terroristes soient plus favorables que celles des autres prisonniers. Ils n'ont pas à être traités différemment selon des régimes spéciaux. Il est tout aussi inacceptable que la prison puisse devenir le lieu du radicalisme. Ce radicalisme est la conséquence de l'oisiveté et de la paresse dans laquelle est placé le prisonnier. Se pose-t-on sérieusement la question sur le but de la prison et ce que l'on attend d'elle?

-Enfin , et ici il y a beaucoup de réflexions à mener, que fait-on des condamnés et plus particulièrement des terroristes puisque le problème est nouveau et qu'il se manifeste à grande échelle. L'inefficacité de la prison est prouvée. Le bracelet électronique devient un gadget. Le suivi (fiche S) est inapplicable tant il faudrait de moyens. La dé-radicalisation parait impossible au vu des spécialistes de la question. Bref, nous sommes sans solution, pris entre le respect des droits de l' homme et la nécessité que ces actes meurtriers cessent.

Et si on se proposait de ramener à la vie réelle tous ces meurtriers? La vie réelle, c'est travailler pour gagner sa vie. C'est payer ce que l'on a détruit. C'est voir comment on peut réparer une partie de ses erreurs sachant qu'elles restent irréparables pour une grande partie. Tuer 84 personnes avec un camion ne se répare pas y compris lorsque l'on est resté seulement complice. C'est accepter les contraintes qui empêchent de faire du mal aux autres lorsque l'on n'a ni la force ni l'intelligence de ne pas le faire par soi même. Ces contraintes peuvent être de nature très différentes. C'est accepter que le prévenu se donne la mort s'il le décide après que le jugement ait eu lieu.

Tout est à inventer mais cela ne sera possible que si on a le courage de dépasser les interdits que l'histoire nous a posés. Prenons un exemple: celui des camps de travail. Depuis la dernière guerre, le mot fait frémir. C'est compréhensible puisque sous ce mot se cachait des camps d'extermination. Le travail servait de torture. Mais soyons raisonnable. On peut dire que notre vie est aussi un camp de travail puisqu'il faut travailler pour vivre. Parfois c'est facile. Parfois c'est plus dur. Il y faut des efforts . Et puis, il y a des moments de loisirs, des moments de repos, des moments de joies et des moments de pleurs. Tous ces moments sont contenus dans un espace temps qui n'est le même pour personne. Ceci varie d'une situation à une autre, d'une classe sociale à l'autre, de la chance ou de la malchance que l'on a eue . Cet espace temps ne sera pas le même pour celui qui a commis des crimes. C'est tout cela la vie. Et cette vie transforme, elle nous change. Elle nous déradicalise parce qu'elle nous fait descendre de l'imaginaire à la réalité. Elle nous oblige à des efforts, pose des contraintes. Nous fait mettre en colère. Bouscule nos affects. Nous rend responsable. Le criminel n'a jamais connu tout cela. Il est temps de le lui faire découvrir.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 14:08

Jusqu'à aujourd'hui le parti socialiste faisait confiance à la droite républicaine lors des élections. Lorsqu'il était éliminé au premier tour ou lorsque le maintien de sa présence pouvait favoriser l' élection de l'extrême droite, il appelait à voter à droite ce que n'a jamais fait cette dernière considérant que le Parti socialiste et l'extrême droite c'était la même chose. C'est le fameux ni..ni. C'est ainsi que Jacques Chirac a été élu président de la république avec 82 % des voix et qu'aux dernières élections trois régions ont évité de tomber dans l'escarcelle du Front National. Depuis l'attentat de Nice une nouvelle donne se présente . En effet les leaders de la droite dite républicaine se sont servi de ce drame pour en rendre responsable le gouvernement contre toute évidence et toute raison. Les mensonges, les approximations, et les contre vérités mais aussi les contradictions n'ont eu pour but que de dresser le peuple contre l'autorité de l' Etat. Une telle attitude visant à briser la démocratie et la république afin de s'emparer de la totalité du pouvoir a montré qu'il n'y a peu ou pas de différence entre la droite et l'extrême droite contrairement à ce que l'opinion voudrait nous faire croire. Il est d'ailleurs à parier qu'en cas d'arrivée au pouvoir, Mme le Pen, devant le vide et le manque de compétence des siens ferait appel à la droite qui prétendrait ainsi avoir sauvé la république en acceptant une telle collaboration. Elle pourrait se laisser aller à revenir sur ce qu'elle n'a jamais accepté comme le droit à l'avortement , l'abolition de la peine de mort, le mariage pour tous, le droit des minorités ….et le justifier avec le soutien de très nombreux religieux.

Le parti socialiste serait donc bien avisé de ne pas demander à ses électeurs de voter pour la droite dite" républicaine "jusqu'à ce jour. Nous ne sommes plus au temps où Monsieur le curé demandait à ses ouailles de voter pour tel ou tel candidat. Les électeurs doivent être libres du choix de leurs candidats . Pour beaucoup , on ne choisit pas entre la peste et le choléra, entre bonnet blanc et blanc bonnet.

Bien sûr une telle attitude favorisera dans un premier temps l'extrême droite et précipitera la crise que traversera le pays . Les choses auront au moins l'avantage d'être claires. La réalité viendra invalider le discours des imposteurs et le pays prendra conscience qu'il s'est laissé berner et qu'il a été trompé. Actuellement il ne le voit pas tant la démagogie des politiques est forte. L'autorité de l' Etat ayant été trainée dans la boue par l' ensemble des droites , l'extrême gauche (y compris au sein même du parti socialiste) et certains syndicats, le peuple n' a aucun moyen pour vérifier la véracité de ce qui lui est dit.

Certes dans la droite actuelle il y a des hommes et des femmes qui respectent la république. Parmi eux, les centristes qui avides de pouvoir et pariant que la droite gagnerait largement les élections de 2017 se sont liés à elle sans conviction. Ont-ils pris la mesure de l' état du pays si 90% des élus sont dans cette mouvance populiste, xénophobe, raciste et sécuritaire qui se développe en France actuellement. Sur le plan économique, ont-ils pris conscience que leur programme qui se résume à moins d'Europe, moins d'impôt pour les plus riches comme celui sur la fortune , à la suppression du Smig, des 35 h et l' allongement du temps de travail ne laisse aucun espoir à l'amélioration de la qualité de la vie et ouvre la voie à des réactions violentes?

Dans ces conditions les électeurs socialistes privés de candidats mais aussi des permanences puisqu'elles sautent les unes après les autres de part l'alliance objective qu'il y a entre certains syndicats, l'extrême gauche et cette droite populiste préfèreront rester "orphelins des urnes". Ce statut est douloureux mais il permet de garder un certain recul , de porter un regard nouveau sur chaque situation et à plus long terme de préparer la société de demain, une société qui ne vivrait plus dans l' illusion et les croyances toujours au service des plus forts et des plus aisées. Dans ce cas, celui qui ne se rendra pas aux urnes sera un citoyen responsable et respectable. Et tant pis pour les moralistes de tous bords qui voudraient nous faire croire que de ne pas voter pour eux ou selon leur consigne c'est ne pas être un bon citoyen.

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 18:55

Salut François!

Il y a des jours, pour ne pas pester contre l'Eglise catholique, il faudrait être un saint ou un naïf! Je ne veux être ni l'un ni l' autre et tant pis si cela te fâche!. Comme tu le sais la ville de Nice a été sérieusement endeuillée . Seule consolation bien mince au regard d'une pareille tuerie mais très grande pour les valeurs humaines : la solidarité de la population avec toutes les victimes. Les gens ouvraient leur cœur et leur porte spontanément et en toute simplicité à tout le monde quelle que soit sa croyance, sa religion, son parti, sa couleur de peau…

Alors je m'interroge : était-il si urgent d'organiser une messe , présidée par l'évêque, une messe qui parce qu'elle n'était pas œcuménique divise obligatoirement la population si solidaire comme je viens de le dire. Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une récupération religieuse. Elle ne serait pas immorale s'il s'agissait simplement d'évangéliser comme le prétend l'Eglise. Dans notre pays laïque c'est tout à fait possible et, heureusement pourvu que toutes les religions aient le même droit. Le problème est qu'ici elle utilise le malheur des gens. Bien sûr comme le disait des participants à cette messe il s'agit de témoigner de l' amour aux endeuillés et aux blessés de la vie. On ne témoigne pas de l' amour dans n'importe quelle condition. Témoigner de l'amour commence par le respect de la croyance de l'autre. Que peuvent penser ceux qui ne veulent pas entendre parler pour ce qui les concernent de croyance en l'au-delà ou encore d'appel à la vierge Marie? J'ai envie de leur crier: cesser de prier pour moi et pour les miens Vois-tu aujourd'hui, j'ai du mal à croire que l'Eglise catholique à vraiment renoncé à imposer sa croyance à tout le monde au nom d'une fraternité et de l'œcuménisme.

Pire encore: il y a aussi une récupération religio-politique tellement criante qu'elle fait honte à la démocratie et à la république. Tu as pu remarquer combien les caméras étaient fixées sur toute l'équipe de la droite "sarkosiste" et de l' extrême droite. Les deux se valent. Ces politiciens là ont passé la journée à récupérer ce tragique événement en critiquant le gouvernement avec des mensonges gros comme le bras sans que par ailleurs, la parole soit donnée à ceux qui auraient pu répondre. Je pensais que cette alliance du sabre et du goupillon était terminée. Je découvre stupéfait qu'il n'en est rien. L' évêque paradait auprès de ces politiciens d'opposition sous l'œil des caméras. Il se faisait ainsi le complice de leur propos dont le but n'est autre que de diviser une population qui jusque là s'était montrée unie. Que ne ferait-on pas pour gagner une présidentielle. Et quelle aubaine si l'occasion permet de s'associer l' Eglise catholique! Catholique et de Droite: voilà le binôme parfait !

Oui, cher François, hier à Nice l'Eglise catholique officielle a donné une bien triste image d'elle-même et de la Bonne Nouvelle. Je sais. Il y a dans l'Eglise catholique comme ailleurs de vrais fidèles. Ils sont de droite ou de gauche. Ils sont porteurs de paroles et de gestes d' amour. Ils ne possèdent pas la vérité mais la cherchent. Ils se font tout petits et discrets. Ils ne pavanent pas aux côtés de ceux qui cherchent le pouvoir. Ils sont, hélas! relégués par leur hiérarchie au rang des insignifiants. C'est dommage pour l’évangile.

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 18:38

Cher François,

L'actualité est souvent tragique. Elle fait mal. Lorsqu'elle est amusante, il faut saisir l'occasion. Amusante ne veut pas dire drôle et qui fait rire. Laissons aux gags cette fonction. Disons " inattendu" sans que cela soit pour autant le fait du hasard.

As-tu remarqué que les deux principaux pays d'Europe sont dirigés par deux filles de pasteurs, l'une luthérienne, en Allemagne, l'autre anglicane au Royaume Uni. Je ne tiens pas compte du "brexit" dans cette remarque. Il est trop nouveau. Par ailleurs, la position géographique me parait déterminante.

Alors, pourquoi des filles de pasteurs pour d'aussi hautes fonctions. Avec la pointe d'anti catholicisme qui la caractérisait, ma bonne grand-mère aurait dit avec ironie: "parce qu'elles ne peuvent pas être filles de curé" . Oh, elle n'était pas très méchante ma grand-mère. Elle pouvait être généreuse avec Mr le curé. Mais elle aurait cent quarante ans. Elle vivait avec son temps où l'on disait se souvenir encore des guerres de religion et où les enfants de l'école libre et ceux de l'école publique se lançaient des pierres pour" se faire mal" disaient-ils. Chez grand-mère, le plus souvent, la passion l'emportait sur la raison bien qu'elle dise le contraire avec un aplomb à faire redresser toutes les murailles de sa vieille maison.

De manière tout a fait simple, je pense tout d' abord que ces deux femmes sont au bénéfice de la place faite aux femmes dans les Églises où leurs pères exerçaient. Elles y sont pasteurs, évêques et peuvent accéder à toutes les fonctions y compris les plus hautes. Cela n'a pas été sans mal et dans l'église anglicane certains ont préféré rejoindre l'église catholique, les pasteurs devenant ainsi des prêtres mariés avec enfants le plus souvent.

Ces deux femmes ont appris à se battre . En Allemagne, contre un régime entièrement inféodé à l'empire soviétique qui privait le peuple des libertés élémentaires. En Angleterre pour une meilleure organisation de la société où les plus riches veulent l'être toujours davantage au détriment des plus pauvres comme partout, avec encore plus d'ostentation.

Ces deux femmes ont appris à vivre sinon dans l'ascèse, en tous cas avec modestie et simplicité. Ainsi va la théologie protestante, se contenter du nécessaire et de l'utile, ne pas chercher à paraitre, marcher droit au risque d'un trop de rigidité et de détermination.

Sur l'échiquier politique ces deux femmes sont membres des partis conservateurs. En France , il a été dit que les protestants étaient plutôt socialistes et de gauche. C'est une fausse réalité française. Face à une droite dure et maurassienne le protestantisme y apparait comme épris de liberté et de tolérance, laissant à chacun son choix de vie. Ils n'adhèrent pas pour autant à des "dogmes" et à un "prêt à porter", qu'ils soient religieux ou politiques. Dans son fondement le protestantisme se veut la religion de l'analyse, de la mesure, de l'équilibre et de la rigueur, celle là même qui nous manque en économie et dans la gestion du pays en général. Pas de démagogie, Il se veut porteur d'une éthique de responsabilité. Il met tout en œuvre afin que chaque talent prospère au profit de tous sans toujours y parvenir. Il fait passer l'universel avant le singulier. L'adaptation aux situations nouvelles est son souci principal. Marqué par la philosophie d' Hegel philosophe luthérien, il pense que la meilleure politique possible pour que les hommes soient heureux est un état fort politiquement mais libéral sur le plan économique et social. Le centre, de droite ou de gauche lui correspond mieux du point de vue politique. C'est bien là que se situent ces deux femmes. Ont-elles raison pour autant? L'histoire le dira.

Voilà, Cher Pape, un point de vue sans doute partial et partiel au sujet de l'accession au pouvoir de ces deux femmes. Mais peu importe. Ma lettre vise à interpeller toutes les religions, y compris les Églises, qu'elles soient catholiques ou protestantes puisqu'elles n'ont pas toutes l'ouverture des luthériens ou des anglicans, à donner aux femmes les mêmes places , les mêmes droits et les mêmes fonctions qu'aux hommes . Exclure les femmes de la prêtrise, du pastorat et autres responsabilités me semble être d'un autre siècle. Il est urgent de le dépasser très vite sans qu'il puisse y avoir la moindre tergiversation. Il faut prendre le risque de l'égalité des droits pour tous, hommes et femmes, le risque de contredire les traditions religieuses les plus ancrées. Renoncer à ce risque, c'est condamner les femmes à la servitude dans laquelle elles sont toujours dans de nombreux pays, quelles que soient les religions.

Bien à Toi. Serge

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 18:05

Cher Pape François,

Il y a bien longtemps que je ne t'ai pas écrit. T'aurais-je oublié? Non. La pensée est bien plus profonde que l'écriture. Celle-ci fige le moment présent comme une carte postale. L'autre chemine et mène toujours plus loin. Par ailleurs, tu le sais, les protestants ne se réfèrent pas au pape quelles que soient ses qualités et son intérêt pour les autres. Ils se veulent libres dans leurs appréciations et leurs décisions.

Je suis toujours surpris par mes amis catholiques engagés et pratiquants, de les entendre se référer au pape. Ils sont très attachés à ta personne. C'est incontestable, tu es bien leur chef même si parfois ils osent dire qu'ils ne partagent pas tout ce que tu entreprends. Tu es pour eux une autorité suprême. Ils sont malheureux lorsque tu ne prends pas le chemin qu'ils pensent être le bon. Pour leur paix intérieure, ils se rangent le plus souvent à tes dires. Tu sembles représenter pour eux une vérité universelle si bonne qu'elle ne peut que s'appliquer à tous.

La pensée protestante est tout autre. Elle cherche à comprendre et croit que toute idée est discutable d'où qu'elle vienne. Elle n'est pas à l' affut de tes paroles pas plus d'ailleurs qu'à l'affut de quel-qu’autres leaders. Elle est sensible à ceux qui ont une charge particulière et représentent de nombreux d'adeptes, elle ne leur accorde pas plus de crédit pour autant. Elle sait que le prophète est souvent seul comme c'est le cas dans l'ancien testament. Personne ne veut l'entendre. Et cependant il dit vrai.

Mais j'en conviens, se soumettre à l'autorité d'une personne ou d'un groupe de personne est une inclination naturelle que l'on retrouve partout et plus particulièrement dans le domaine religieux et politique. Il existe des communautés protestantes sans Eglise organisée où le pasteur est un véritable gourou. Il tient tous ses adeptes sous sa coupe sans aucune autorité au dessus de lui. Il est tout aussi navrant de voir et entendre des militants politiques reprendre les idées de leur chef sans aucun esprit critique. Penser librement s'apprend. C'est un exercice difficile.

Si je reviens à toi par ce courrier c'est parce que quelques amis et parents trouvent que je suis dur et agressif avec toi. "Pour une fois où un pape dit et fait des choses extraordinaires, tu le couvres de critiques" me disent-ils. C'est un jugement que je trouve sévère et injuste à l'égard de tes prédécesseurs ! Si mes lettres donnent cette impression, je m'en excuse. D'ailleurs, comment pourrais-je être agressif puisque comme je te l'ai dit tu ne représentes pas un "patron" pour moi. J'observe et écoute sans passion. Je me positionne sur tes dires, pas sur ton statut qui ne m'oblige pas. J'entre tout simplement en dialogue avec toi. Je crains d'ailleurs que les amis et parents protestants me faisant ce reproche aient oublié leur esprit critique pour entrer dans une obéissance servile inconsciente. Les temps ne sont pas à la réflexion mais au suivisme. Ils s'écartent de ce qu'à voulu être la réforme : une école de la pensée. Et si comme le dit le philosophe Paul Ricœur, "penser, c'est croire", il n'est pas étonnant que les églises et les temples se vident. Sans oublier qu'il ne suffit pas de s'asseoir sur les bancs d'une église pour penser! Il est toujours possible de s'y asseoir comme on s'assoit dans les tribunes d'un stade. La différence est que ces dernières ne laissent aucune place à la réflexion. Les places dans l'Eglise laissent la possibilité d'un retour sur soi.

Pour résumer, je dirai que les réformes que tu sembles vouloir dans ton Eglise avancent lentement. Freiné dans ton action tu l'es certainement. As-tu suffisamment de convictions ? Je ne sais pas. Je ne peux pas m' empêcher de penser qu'il faut savoir s'insurger contre l'obligation de célibat des prêtres, contre la mise à l'écart des femmes pour être prêtre, évêque ou pape, contre ces dogmes moyenâgeux qui condamnent sans discernement l'avortement, la PMA, la GPA, le remariage des divorcés… Il faut aussi oser remettre en question les richesses de l' Eglise. Il ne s'agit pas de tout abandonner, de démolir les cathédrales, de brader l'histoire, la culture et l'art qui la parcourt, mais de réfléchir au comment l'Eglise pourrait mettre ses immenses richesses à la disposition des peuples qui en ont tant besoin. Les encycliques et les bulles papales sont le plus souvent intelligentes, de bonne volonté, elles restent insuffisantes pour plus de liberté et de justice. Enfin, et ici je partage pleinement la démarche d'Ernest Renan qui le reprochait aussi aux protestants, comment ne pas aider le christianisme à se débarrasser des scories de la superstition et de la croyance au surnaturel.

Pour moi, cher François, te respecter ce n'est ni te reconnaitre comme une autorité me concernant, ni me taire au nom d'une telle reconnaissance fusse-t-elle voulue par une foule immense. Te respecter c'est te dire haut et fort ce que je pense, c'est appeler chacun à penser par lui-même et à s'affranchir de tout ce qui ne vient pas de lui. La religion chrétienne est à un carrefour important. Soit elle ose se mettre à l'écoute de l'humanité tout entière et de la modernité qui l'anime, prenant ainsi le risque de tourner le dos aux traditions, aux dogmes et aux croyances qui ont été les siennes jusqu'ici. Elle permettra qu'émergent de nouvelles compréhensions, de nouvelles attitudes, de nouvelles espérances pour le monde entier. Elle refondera le christianisme actuel, comme les premières communautés judéo-chrétiennes avaient refondé le judaïsme. Soit elle se laisse réduire à ne plus être qu'un mouvement parmi d' autres. Ce sera alors la fin de son universalité.

Bien à Toi

Serge

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 15:00

Aujourd'hui , tout passerait, nous dit-on, par l'économie et ses corolaires que sont le chômage,la fiscalité et la croissance. Le président de la république serait au plus bas dans les sondages parce que la croissance est basse, le taux de chômage important et les impôts élevés.

Cette analyse est-elle pertinente? Rien n'est moins sûr. En effet , le passage au vert de nombreux indicateurs économiques ne semble pas améliorer le score de popularité du chef de l'Etat. Dans les faits la courbe du chômage se stabilise, la croissance est tirée vers le haut et la balance du commerce extérieur s'améliore. Il y a bien longtemps que la France n'avait pas signé autant de contrats commerciaux avec les pays étrangers le dernier en date étant celui du consortium mené par Alstom pour le métro de Dubaï. Certes ces contrats sont souvent des armes, avions, missiles, bateaux de guerre mais peu de français remettent en question ce réarmement du monde pourvu que les usines tournent et que des emplois soient créés. Si l'ancien président de la république avait obtenu de tels contrats, nul doute que nous aurions été abreuvés de tous ces succès à l'export comme nous l'avons été pour des contrats qui sont restées imaginaires ou mensongers. Au choix. Voir par exemple les avions Rafale soi-disant vendus au Brésil.

Le président de la République actuel qui semble être entré en campagne électorale nous vend des baisses d'impôts, une croissance forte et une augmentation du pouvoir d'achat pour les classes moyennes. Pas sûr que ces promesses le réconcilient avec les sondages. En effet, contrairement à ce que laissent entendre les médias, les peuples portent peu d'attention aux questions économiques dès qu'il s'agit de glisser un bulletin dans l' urne. Les britanniques viennent de nous le montrer en votant pour le Brexit malgré une économie en bonne santé. Ses partisans n'avaient aucun plan économique bis pour donner suite à la sortie de la communauté Européenne. Ils ont tout de même été suivis. Leurs dirigeants sont bien embarrassés maintenant. Ils sont confrontés au vide de leurs propos et de leurs promesses. Ils ont du mal a assumer ce pourquoi ils ont été élus.

En France, comme en Angleterre ou ailleurs, de nombreux électeurs se tournent vers les partis proposant de quitter l'Europe alors que ces derniers, n'ont ni plan ni expérience ni compétence pour gérer le pays . Ils se comportent comme si les hautes responsabilités ne requéraient pas de solides formations sans lesquelles la politique n'est qu'improvisation et aventure.

Se posent alors les questions suivantes : que cherchent les peuples à travers leur vote ? Qu'est-ce qui les fait opter pour un candidat ou un parti proposant "la sortie"? Les questions de sécurité , le besoin identitaire à travers le nationalisme, les attitudes religieuses sont souvent mis en avant. Certes en période de crise ces données jouent un rôle important. Comment ne pas réclamer plus de police après des attentats répétés et sanglants? Notons toutefois que les gouvernements quel que soit leur bord politique savent répondre efficacement à ses situations sans inverser pour autant le désir de quitter l' Europe et de repli sur soi qui s' exprime dans les urnes après chaque élection.

Et si, pour le dire plus simplement, ce malaise présent dans la plupart des démocraties européennes venait non pas d'une crise économique grave mais du confort atteint par la vie dans de très nombreux domaines. Plus étourdissant encore, la paix que nous connaissons maintenant en Europe depuis plus de 70 ans nous fatigue-t-elle? Là est bien le problème. Nous parlons des erreurs ou des insuffisances de l' Europe. Elles sont nombreuses. Pourquoi oublions-nous qu'elle nous a apporté la paix? Elle a évité des millions de morts en un demi siècle seulement. Les peuples se lassent-ils de la paix? se lassent-ils du confort, de l'espérance de vie qui n' a cessé d'augmenter? Des conditions de travail qui se sont améliorées? Du niveau de vie en général? Certes, beaucoup de gens en Europe sont encore en souffrance. Toutefois, ces questions méritent d' être posées. Peut-être parce que l'instinct s'accommode mal de l'harmonie et cherche le conflit comme si celui-ci était indispensable au sentiment d'existence. L'humain s' ennuie dans le jardin d'Eden. Transgresser les règles établies, s'opposer à ce qui est ou essayer autre chose, lui est indispensable pour entretenir sa nature. Peut être aussi parce que nous aimons bien, les médias aidant, ressasser ce qui va mal afin d'attirer sur nous un peu de compassion y compris lorsque tout va pour le mieux. Être insatisfait, crier, râler, c'est revendiquer un amour maternel dont on a bien du mal à se détacher y compris après le sevrage. C'est chercher une mère. Ce rôle est le plus souvent dévolu à l'Etat, après que l'Eglise et les croyances l'aient assumé pendant des siècles. Aujourd'hui, l' Europe à du mal à prendre le relais. Elle est perçue comme une mauvaise mère. Elle est en procès parce qu'elle invite à plus de progrès et plus d'ouverture en demandant d'abandonner certaines habitudes au profit de nouvelles normes. Celles-ci font peur parce qu'elles nous tirent hors de la matrice dans laquelle nous avions l'habitude de nous mouvoir. La tentation est de retourner vers la nation, celle d'avant, notre première nourrice Elle aurait , croit-on, un bien meilleur lait!

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 14:46

Les anglais viennent de voter la sortie de l’Europe. Nombreux sont, semble-t-il, ceux qui regrettent un tel choix et si le référendum était à refaire les résultats en seraient inversés nous dit-on. Nous disons aux anglais, ne désespérez pas ! A cela il y a plusieurs raisons.

Tout d’abord constatons que les référendums à l’échelle Nationale ne sont que très rarement appliqués quel que soit le pays où ils ont lieu. Ils le sont plus facilement à l’échelon local. Comme nous l’avons déjà écrit, ce type de consultation est un instrument dont les hommes politiques se servent pour conquérir ou asseoir leur pouvoir et se débarrasser d’un problème lorsqu’ils se refusent à trancher ouvertement. Si le référendum ne va pas dans leur sens, ils s’arrangent pour en détourner le résultat tout en laissant croire au peuple que ses choix sont respectés. C’est ce qui va se passer pour le « brexit » et ceci d’autant plus qu’au Royaume Uni le référendum n’est que consultatif. Le premier ministre ou celui qui lui succédera (et qui sera du même parti) peut moyennant quelques tours de passe- passe et quelques aveux d’excuse s’en débarrasser. Pour l’instant, les anglais freinent des quatre fers pour retarder la sortie de l’union, demain ils négocieront comme si de rien n’était pour garder les avantages actuels et en obtenir d’autres.

Pour ce qui est des vingt-sept pays restants, on voit combien ils sont divisés. Le plus fort d’entre eux, osons le dire clairement, l’Allemagne, tient à garder les avantages qu’elle tire de la place occupée actuellement par la Grande Bretagne. Elle fera tout pour que rien ne change. Les vingt-six autres pays y compris la France, et quels que soient ceux qui les gouvernent, sont bien trop faibles pour prétendre imposer un véritable « Brexit ». Soulignons aussi qu’ils ne mesurent ni les avantages ni les inconvénients à voir sortir la grande Bretagne de l’UE et qu’ils ont bien peu d’idées sur ce que doit devenir l’Europe. Une telle incertitude ne peut que les rendre passifs et muets ! Le statut quo les rassure et plus particulièrement le rôle de « la city » en tant que place financière. Y toucher leur semble très aventureux puisqu’ils n’ont pas d’autres plans. Ils s’accommodent parfaitement de la situation actuelle.

Enfin, n’oublions pas le rôle de la grande Bretagne dans l’inconscient collectif français et peut-être aussi allemand. Elle est le pays qui a accueilli le Général De Gaulle et la résistance, le pays qui nous a libéré du nazisme et de ses horreurs. Elle n’a perdu aucune guerre y compris la guerre de cent ans. Par sa position insulaire elle représente dans l’imaginaire une position imprenable et le point de départ d’une liberté toujours possible qui peut s’étendre dans le monde entier et dans tous les pays. Sa reine de par la longévité de son règne va dans le sens de cet imaginaire. Elle est une sorte de mère protectrice toujours présente parce que sans pouvoir. Elle ne peut donc pas le perdre.

C’est ainsi que le Royaume Uni saura surmonter les obstacles qui vont se présenter à lui pour effacer le brexit, les deux plus grands étant :

  • l’acrimonie qu’il suscite de par ses revendications vis-à-vis de l’Europe pour des privilèges que d’autres pays n’ont pas. Les européens sont fatigués de céder aux anglais. Ils ont le sentiment que les anglais ne pensent qu’à tirer profit de l’Europe sans pour autant s’engager et faire corps avec elle. Leur revendication d’indépendance énerve. Ils sont souvent perçus comme hautains et méprisants.
  • En France la question des immigrés regroupés dans la région de Calais, est devenue insupportable. Il est significatif qu’au lendemain du brexit, les élus locaux demandent que la frontière ne soit plus déplacée sur le territoire français mais reste en Angleterre. La France à tort ou à raison ne veut plus servir de bouclier pour protéger l’Angleterre de tous ceux qui veulent la rejoindre. A contrario elle se sent reconnue et valorisée lorsqu’elle accueille des anglais. Elle est fière d’avoir été choisie par ceux qu’elle perçoit si importants et fiers d’eux-mêmes. A travers eux, c’est Nelson, le vainqueur de Trafalgar qu’elle accueille. Elle l’associe à Napoléon pour ne plus célébrer que des victoires !

Résumons-nous : Le brexit n’aura pas lieu. L’Europe n’y tient pas parce qu’elle ne sait pas où elle veut aller. Elle n’a ni la force ni la volonté de le faire appliquer. Le Royaume Uni n’en veut pas. Il cherche à travers le brexit des accords plus avantageux et il les obtiendra. Le brexit ne sera pas annulé. La chose serait trop visible et trop crispante. Disons simplement que les accords seront tels qu’il disparaitra tout en donnant l’illusion à ses partisans qu’il a bien eu lieu. Les anglais ont tiré les premiers. Rien en face. La guerre s’est aussitôt arrêtée. C’est peut-être bien ainsi !

Un référendum, c’est comme un coup de canon. Un grand bruit. Puis plus rien. Le bruit s’évanouît. Tout reste et continue comme avant.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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