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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 14:57

 

              Max, la cinquantaine est un homme généreux. Il  rend service sans ne rien demander en retour. Il sait accueillir à sa table et encourager ceux qui se sentent seuls ou débordés par leurs  tâches, ceux qui ne savent plus comment résoudre leurs problèmes. Il  lui arrive même d’accueillir pour quelques jours dans la chambre d’amis, celui ou celle qui ne sait plus ou reposer sa tête. Mieux encore, Max ne semble pas jouir de ses actes débonnaires comme ceux, qui aidant les autres se font d’abord plaisir à eux-mêmes. Il ne cherche pas à tirer une quelconque gloire de ses engagements qui semblent  répondre chaque fois à des situations difficiles.  Max n’agit pas par sentiment ou par compassion mais parce que la situation l’exige. Ainsi, il ne rend jamais dépendant de lui celui qu’il a pourtant aidé à des moments cruciaux.  Chacun se sent libre de ne rien lui devoir.

                Les chœurs pourraient chanter « bravo Max ! ». Seulement voilà : Pour lui rien ne va. Son discours n’est qu’une suite de négations sur tout ce qu’il traite.  L’école primaire où vont ses enfants ? Elle est mal organisée. Certains enseignants sont vraiment bizarres.  Le collège ? Il est mal géré. Les professeurs ne se font pas respecter. Le proviseur n’est pas assez sévère.  Les élèves ? Ils sont irrespectueux et n’en font qu’à leur tête. Ils ne travaillent pas. Tout leur est dû. Leurs échecs sont la faute des professeurs. La médecine ? Elle ne met pas la priorité où il faut. Il n’y a aucune logique dans l’organisation des soins. Chaque soignant fait ce qu’il veut.  La justice ? Elle n’existe pas.  C’est toujours les plus forts qui l’emportent. La science ? Elle mène le monde par le bout du nez. Elle passe son temps à transgresser les lois. Elle prépare la destruction de l’humanité car rien ne peut s’opposer au clonage, au nucléaire, aux OGM qui ne sont que négatifs. L’ordre social ? Il est inexistant. Chacun fait ce que bon lui semble. Il n’y a plus de retenue. Le progrès ? Il n’y en a pas. Les nouvelles découvertes ne peuvent qu’être dommageables pour les humains.  Les lois qui devraient encadrer la recherche n’existent pas. Elles courent après la science sans jamais la rattraper. Lorsqu’elles sont formulées et adaptées elles sont ridiculisées.  Les nouvelles dispositions sociales  comme le mariage pour tous, la PMA, la GPA ? Elles sont la porte ouverte à tous les excès et à tous les abus. Les humains en général ? Ils ne cherchent que leur intérêt. Seul l’argent compte. On ne peut faire confiance à personne. Tout le monde triche pour son profit : l’administration, les commerçants, les banques, les institutions.

                Le réquisitoire de Max est sans appel. Plus rien ne va. Tout  court vers le pire. Il parait clair que Max porte au plus profond de lui de nombreuses souffrances. Quelques séances de thérapie suffiraient probablement  à lézarder ce mur de négations derrière lequel il se protège. Il s’agit bien de fendre et non de démolir, une telle remise en question pouvant s’avérer dangereuse. Il y faut du temps pour opérer un changement.  Amener Max à voyager à travers les cinquante années de sa vie l’aiderait à reconsidérer les éléments du puzzle de son existence afin de mieux les positionner et les caler supprimant ainsi la  crainte que l’édifice s’écroule. On est en droit toutefois de se demander comment il se fait que ce chrétien convaincu, pratiquant parfaitement l’éthique de son Eglise comme nous le disons au début de cet article, engagé fidèlement dans la communauté ecclésiale à laquelle il consacre beaucoup de temps a pu se laisser enfermer dans une critique toute négative. L’Eglise devrait y réfléchir. Par expérience, je peux dire qu’elle ne donne que trop rarement à ses fidèles l’occasion de réfléchir sur eux-mêmes. Elle ne les prépare pas aux changements nécessaires qui se présentent tout au long de la vie. En langage religieux, nous dirions qu’elle ne les prépare pas à une conversion continue. Elle confond d’ailleurs conversion et adhésion.

                Enfin, et au risque de s’attirer les plus vives critiques, nous dirons qu’il  est urgent que l’Eglise sorte de la théorie du péché originel dans laquelle Saint Augustin l’a enfermée. On oublie que l’auteur des «  confessions » a cherché par ce biais à se pardonner la vie dissolue qui était la sienne avant qu’il rencontre le Christ. Les errements des uns et des autres, s’ils peuvent servir à la compréhension du fonctionnement des humains, ne peuvent à eux seuls servir à ériger des dogmes soit disant infaillibles. C’est par eux, que Max ne voit en l’humain qu’un être à qui il ne peut pas faire confiance. On lui a tellement dit que l’homme est pécheur !
               

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 12:04

 

            Je voudrais te remercier pour ton intervention dans notre groupe. Ton exposé était empreint de lucidité. C'était un parler vrai concernant la situation des Eglises du protestantisme historique. Il contrastait avec ce que nous disent habituellement les autorités de l' Eglise protestante Unie . Ceci se résume en  trois mots: Tout va bien. Il en est ainsi depuis trente ans.


            Tu as pu mesurer les réticences qu'il y avait dans l' assemblée. Les uns  te trouvaient pessimiste, les autres regrettaient que tu ne loues pas suffisamment le passé pour ce qui a été réalisé.. On peut comprendre cette attitude. En effet, quels retraités seraient prêts   à reconnaitre les échecs de la boite pour laquelle ils ont consacré leur vie? On voudrait qu'elle reste dans l' état où elle était lorsqu'on l' a quittée. Il faut bien résister au temps qui passe d'une manière ou d'une autre.


            J'ai regretté que le débat n'ait pas permis de reprendre les points que tu as soulevés. Parmi eux je retiens tout particulièrement :


            La bible ne fait plus autorité. En effet elle a perdu de sa superbe y compris dans le protestantisme. Entre de nombreux évangéliques qui la disent infaillible tel un pape,  et l'Eglise catholique où le prêtre l'élève telle une relique avant la lecture de l' Evangile,  une lecture , critique, animée par la raison,  motivée par la recherche, se fait de plus en plus rare.  La vision d'un Dieu qui conduit le monde et la vie de chacun selon son bon plaisir; un Dieu doué de volonté et de jugement  impartial   pour ce qui est de l' Ancien testament  puis d'un homme Dieu sortant du champ de l'humanité par des actes surnaturels pour le Nouveau Testament font perdre tout crédit à la bible qui n'est plus en phase aves la vision du monde actuel. On la lit comme si la compréhension du monde n'avait pas changé depuis 20 siècles.

            Evangéliser n'est pas une exception, un acte à part. C'est la nature même de l' Eglise. Ce n'est pas demander à des gens d'adhérer à nos convictions, encore moins d'entrer dans une institution, d'appliquer un règlement. C'est mettre en place tout ce qui va libérer l'homme de la maladie, des conditions sociales qui l'enferment , de l' ignorance, de ses pensées destructrices,  bref, de tout ce qui ne participe pas à son bonheur. Se soucier de l' autre qu'elles que soient les situations dans lesquelles il se trouve c'est vivre l' Evangile.  Ces situations peuvent lui être défavorables, favorables ou trop favorables parce qu' au détriment des autres, dans tous les cas il mérite d'être interpellé. Notons aussi que l' Evangile ne peut être réduit à la Parole et que celle-ci ne peut être assimilée à l' Evangile que si elle a un rôle libérateur pour l'individu.


            La bienveillance des catholiques à l' égard des protestants à éloigné ces derniers  de leurs convictions. L'œcuménisme de par son esprit de réconciliation a fait perdre au protestantisme une partie de sa spécificité qui était de se distinguer du catholicisme. Il ne faut pas oublier que l'œcuménisme a été la volonté des classes supérieures protestantes qui ne supportaient plus d'être ainsi à l' écart d'un monde qui s'unifiait. L'œcuménisme a mis du temps pour convaincre, d'une part, les classes populaires qui ont trouvé refuge dans des Eglise Evangéliques qui le refusaient  et d'autre part, les classes rurales qui ne voient plus la différence entre protestants et catholiques. Le bonheur de l' œcuménisme a été la réconciliation avec l' Eglise Romaine, son malheur est d'avoir affaibli la laïcité en laissant croire que la paix passait par l'abolition des différences. Nous en sommes aujourd'hui à privilégier l'unité plutôt que la vérité. Le journal Réforme en est l'illustration parfaite et représente bien à cet égard ce qu'il reste du protestantisme officiel. Sa devise implicite est : "Veillons à plaire à tout le monde."


            Retrouver pour les Eglises protestantes le fonctionnement d'hier est une entreprise vouée à l' échec. En effet quel sens cela a-t-il d'organiser des cultes tous les dimanches matin dans le temple du village où se retrouvent souvent moins de cinq personnes dont le plus jeune  a dépassé les quatre vingt ans. Par ailleurs quelle signification accorder au fait que pour les enterrements les temples sont pleins alors qu'il n'y a plus d'enfants et d'ados au catéchisme. Est-ce un  retour au religieux le plus trivial où l'on ne pense plus , on ritualise, ou est-ce une aspiration à vivre des rencontres à repenser entièrement bien différentes des cultes, des messes et autres célébrations. Une nouvelle organisation s'impose . Ne serait-il pas plus pertinent de mettre en place par secteurs  ou par territoires et non par villages, des centres, sortes d'Académies du Protestantisme où se retrouveraient ceux qui adhèrent à leurs recherches et à leurs actions. Ces lieux seraient des lieux de rencontres et de vie . Ils intègreraient à la fois le social, le culturel, le politique, et le cultuel dépouillé de ses habitudes instituées depuis près de 2000 ans avec ses dogmes, ses rites et ses croyances . De nouveaux rites sont à inventer. Les sacrements ne sont plus opérants. Ils ne parlent plus y compris à ceux qui les demandent. Dans notre monde, il n'est plus possible de figer ad  aeternam les gestes de l'humain. Pensons à l' Académie de Platon , au Lycée d' Aristote ,ou au jardin d' Epicure qui rayonnaient dans la société toute entière. Laissons les gens choisir et ne les embringuons plus dans des systèmes qui les enferment pour mieux les contrôler. Ne séparons plus le quotidien de nos vies d'une vie dite religieuse qui dans l' état actuel des choses apparait superflue et inutile parce qu'elle affirme (des dogmes, des rites...)  dont on ne voit ni l'intérêt ni la nécessité. A la place, privilégions la recherche, l'imagination et la création.  Qu'est-ce qui est le plus important: célébrer un mariage ou mettre en place durant toute la vie, la réflexion qui permettra à l' amour de durer? Célébrer un baptême où chercher avec l'autre ce qui nous maintien en harmonie avec l'univers, avec les autres et avec nous même? Bien sûr ces académies du protestantisme serait animées par des pasteurs formés à l'université, pas forcément à plein temps. Un travail autre maintient une ouverture au monde importante.


            En quoi croire nous rend-il différent des autres? Si les "Académies protestantes" étaient des lieux de recherche, la frontière ne passerait plus entre croyants et incroyants, entre une religion et une autre. Il n'y aurait plus ni juif ni grecs ni…mais des gens qui ont le souci de construire ensemble, quitte à trouver ailleurs ce qu'ils n'auraient pas dans ce protestantisme renouvelé.  

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 21:45

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            Depuis plusieurs mois, sa mère est en maison de retraite. Il va la voir tous les mois. A plus de cinq heures de route, ce n'est pas toujours facile pour lui de se rendre disponible. Il aurait pu installer sa mère dans une maison proche de chez lui mais il a préféré la maison de retraite du village où elle vivait . Là dit-il, elle connait quelques personnes. Elle a les mêmes références de lieu comme d'expressions y compris avec ceux qu'elle n'avait pas eu l'occasion de rencontrer dans sa vie;


            Par ailleurs , il est entièrement satisfait de l' équipe d'accompagnement depuis le directeur qui n'hésite pas à se soucier de chaque résident individuellement, à être présent pour leur anniversaire  jusqu'aux auxiliaires de vie en passant par les soignants : médecins,    infirmières et aides soignantes. Il admire leur dévouement, leur patience et les efforts pour se mettre à la portée de cette centaine de personnes âgées qui entendent mal, ne comprennent pas toujours facilement, qui parfois même sont atteintes de graves sénilités.


            Mais depuis quelque temps il est contrarié. Dans la chambre de sa mère il trouve la feuille du mois de la paroisse catholique. Jusque là rien à dire. Sa mère bien que protestante et assistant régulièrement au culte assiste  parfois à la messe  pour accompagner une amie qui le lui demande. Elle trouve le curé très gentil. Come sa mère il a toujours soutenu les rencontres œcuméniques et déplore ce que lui racontaient ses parents lorsque enfants , ils se lançaient des cailloux entre enfants de l' école laïque et de l' école libre. Heureusement dit-il, les temps ont changé, l'œcuménisme était devenu une nécessité.


            Ce qui lui déplait dans cette feuille paroissiale ce sont les éditos du prêtre fustigeant tantôt le mariage pour tous, tantôt la PMA,  la GPA , l'avortement et bien sûr  la contraception. Pour lui, on n'est plus dans le domaine de la religion et de la foi mais dans celui de la politique. Il lui parait évident que le prêtre à travers sa feuille de chou combat le gouvernement élu. Il se dit que ce n'est pas tolérable pour une maison gérée par le département et s'affichant laïque. Par ailleurs, est-ce bien raisonnable d'envahir par de tels propos la pensée d'une personne ayant plus de quatre vingt dix ans et bien loin de ces préoccupations. Aux dernières élections, elle avait refusé d'aller voter prétextant qu'elle était trop vieille et qu'elle n'était plus en mesure de faire des choix. Il a du mal a admettre qu'une telle sagesse soit perturbée par un homme qui au delà même de ses convictions se veut fidèle à des dogmes et à un système auxquels  ni lui ni sa mère n'ont jamais adhérés.  Alors il hésite. Faut-il en parler au directeur au risque de troubler les bonnes relations qui le lient à  sa mère? Faut-il qu'il prenne rendez-vous avec le prêtre qui se fait le porte parole d'une Eglise mais qui a aussi le droit de penser et d'écrire ce qu'il veut?


            Il interroge sa mère avec précaution. Elle ne sait même pas comment ces feuilles arrivent dans sa chambre. Elles sont disponibles dans l' entrée de la maison mais elle dit ne jamais prendre un document sur la table de l' entrée. Elle pense qu' une résidente   les lui fait passer. Dans ce cas comment les refuser? Il pense que ce serait une grave erreur allant à l' encontre de tout ce qui peut favoriser les bonnes relations au sein de cette communauté qu'est la maison de retraite. Alors, il a décidé de se taire.

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            Mais se taire c'est pour lui bouillir intérieurement. Il admet difficilement que la paix religieuse et la paix politique passent par l'interdit de dire ce que l'on pense. Certes, il s'agit ici d'une autocensure mais dit-il on est là aux antipodes de la laïcité qui veut garantir à chacun les droits d'expression et de réponses. C'est encore la domination du plus fort, ici l' Eglise  . Elle seule et ceux qu'elle autorise ont le droit de se faire entendre. Laisserait-on sur la table d'entrée les journaux invitant à être favorable au mariage pour tous, à la PMA, à la GPA, à l' avortement? La direction dirait, à juste titre qu'il s'agit là de positions politiques. Alors pourquoi, sous couvert de religion, le tolère t-on du prêtre aumônier de la maison? Il se dit que le combat pour la laïcité ne sera jamais terminé.

           

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 21:49

 

            Beaucoup de nos concitoyens se sont engagés pour les élections municipales. Dans certains villages près de la moitié des électeurs figuraient sur une liste. Le plus souvent les colistiers avaient construit un programme  pratique et réaliste rendu possible de par la proximité avec les électeurs  démarchés à domicile. Il est alors plus facile de connaître leurs préoccupations. Les colistiers s'étaient pris à rêver. Leur programme était le bon. Les réunions étaient devenues régulières, chacun y trouvait sa place et sa fonction.


            Bien sûr tous les prétendants n'ont pas été élus. Certaines listes n'ont qu'un ou deux représentants. Peu importe, les colistiers continuent à se retrouver.  Ils forment un groupe désormais bien institué. Leur  prétexte: soutenir leur représentant siégeant au conseil municipal. Dans le groupe, chacun garde sa fonction et les discussions vont bon train stigmatisant l'équipe gagnante unie autour de son maire.


            On pourrait se réjouir de voir les battus maintenir la pression sur les élus pour que soient prises en compte les différentes façons d'aborder les questions posées au conseil municipal. Une élection ne doit pas démobiliser ceux qui n'ont pas été entendus ou compris. Une élection ne dédouane pas le citoyen de ses responsabilités qu'il soit élu ou reste un simple électeur.


            On peut s'interroger toutefois sur ce qui maintient le groupe des colistiers à se retrouver régulièrement. Ceci est particulièrement vrai pour les villages où les enjeux municipaux sont moindres et où une opposition structurée ne se justifie pas. Ce serait oublier que des rites ont été mis en place pendant la campagne et qu'il est bien difficile de les abandonner tellement ils sécurisent. Par le passé les rites étaient de l'ordre du religieux. Les offices les cristallisaient. Ce n'est plus le cas . Mais le religieux persiste. Il renait sous d'autres formes. Les plus connues sont celles du sport. Les stades sont des lieux de grandes messes où la ferveur ne manque pas. Le culte fait aux stars du moment participe au besoin de sacré que l'on retrouve en chaque humain. D'une manière générale, les passions sacralisent un objet auquel on rend un culte. C'est bien ce qui se passe avec ces colistiers battus mais non défaits. Leur désir de victoire les a amené à inventer des rites et sacraliser les choses. Ils ne prennent plus l'Eucharistie mais se font une bouffe lors de leurs rencontres. Ils ne proclament plus des dogmes mais leur opposition aux élus majoritaires est  très formalisée. Ils n'ont plus de prêtre mais vouent un culte à leur tête de liste qui les représente au Conseil municipal. Comme l' écrivait Roger Bastide dans le Sacré sauvage, "le sacré d' aujourd'hui se veut un sacré sauvage contre le sacré domestiqué des Eglises". Le sacré qu'ils ont institué et qui devient une nouvelle institution les rassure et les crédite de modernité et d'avenir puisqu'a travers ce sacré ils manifestent qu'ils feraient les choses autrement et se tourneraient vers l'avenir. On est bien loin du sacré domestiqué des Eglises que l'on reçoit par héritage, qui appartient à d'autres, ici le clergé , et qui renvoie à un passé révolu qu'il faut définitivement abandonner. Le nouveau sacré est né de l'imagination, de l'invention et de la participation active de tous là où le sacré de l' Eglise laissait chacun dans sa passivité.  


            L'efficacité et l'utilité de ces nouveaux rites mis en place par les équipes sollicitant le suffrage de leurs concitoyens sont très contestables. Ils s'effriteront avant les prochaines élections municipales. Quand bien même ils tiendraient le coup, ils n'empêcheraient pas l'imagination de s'enliser et le programme élaboré de sombrer dans l'archaïsme des choses déjà  vues.


            On peut  toutefois s'interroger sur les raisons qui amènent des équipes à s'inventer un nouveau sacré. L'explication selon laquelle l'humain a besoin d'un sacré institué qu'il ne trouve plus dans les Eglise est insuffisante. Il nous faut regarder du côté du fonctionnement de la démocratie municipale. Celle-ci ne s'emploie pas à écouter ses propres électeurs. Elle ignore la culture du consensus. Elle ne sait pas responsabiliser les citoyens qui n'ont d'autres possibilités que de s'enfermer dans une opposition sacramentelle et peu efficace. C'est le bien être de la vie de tous les villageois qui s'en trouve affecté.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:31

 

             Il est de bon ton de souhaiter un bon anniversaire à ses parents comme à ses amis. Ses souhaits sont généralement bien reçus. Ils sont la preuve que ceux que nous aimons et apprécions pensent à nous. De quoi être flatté !

             La vie pendant laquelle il est possible de souhaiter un bon anniversaire, se divise en quatre

quarts de siècle :


  

            8355725866_40ae558da9.jpgDe 0 à 25 ans l’anniversaire est la confirmation que l’enfant grandit. Il est heureux de voir qu’il grimpe l’échelle des âges et tout le monde s’en réjouit ; « Comme tu es grand » dit-on à l’enfant qui vient de proclamer son âge. A 10 ans il voudrait en avoir 15 et à 15 il voudrait en avoir 20. Mais ici le souhait de l’écart entre l’âge réel et l’âge souhaité  commence à se réduire sérieusement. Ah si comme le dit la chanson, on pouvait avoir tous les jours 20 ans !

 

 De 26 à 50 ans l’âge est considéré comme celui de la force. Bon anniversaire est perçu comme une félicitation pour ce que l’on est. C’est le temps du bel homme et de la belle femme. Le corps  se présente dans toute sa plénitude. Les signes d’un vieillissement ne sont pas encore perceptibles. Les responsabilités sont là, les professionnelles comme les familiales. C’est aussi le temps où l’on se fait une place dans la société jusqu’à être connu et regardé pour ses compétences.

 

De 51 à 75 ans l’anniversaire commence à être perçu comme une manière de souligner le vieillissement ; Les forces diminuent. Les premiers ennuis de santé se manifestent. Les femmes laissent croire qu’elles préfèreraient que l’on ne leur souhaitât pas cet anniversaire. Par coquetterie bien sur. Quant aux hommes, une fois fêtée la cinquantaine, ils oublient la date de leur anniversaire.  « Je n’y pensais plus s’esclaffent-ils ». Il leur est insupportable de voir leur pouvoir s’amenuiser, les plus jeunes les supplanter et  la place occupée se réduire.

 

De 76 à 100ans pour ceux qui vont jusque là, le temps est venu de penser à la mort. Derrière le souhait d’anniversaire, il y a cette lancinante question : « serai-je encore là pour le prochain «  ? Alors, on n’aime pas être oublié. On s’accroche d’une manière ou d’une autre pour repousser la mort.  Il arrive même, que certains mettent fin à leurs jours afin que la mort ne vienne leur ravir la vie. Quel paradoxe !  


Dans un centre de vacances les enfants des familles «  témoins de Jehova » arrivaient avec dans leur dossier une lettre demandant de ne pas autoriser les transfusions sanguines et de ne pas fêter les anniversaires. L’équipe dirigeante ne s’attardait pas sur la première recommandation qui ne relevait pas  directement de sa responsabilité mais  elle respectait la seconde comme elle respectait l’interdiction de manger du porc pour les enfants musulmans en veillant de leur laisser le choix pour les repas où la viande de porc était au menu. Les enfants de famille «  témoins de Jehova » s’arrangeaient toujours pour faire savoir à leurs camarades que c’était leur anniversaire. Ces derniers réclamaient alors qu’il soit fêté comme les autres ce qui obligeait la direction à expliquer le pourquoi de cette « non fête ». Ceci n’empêchait pas le cuisinier de régaler toute la colonie d’un bon gâteau ajouté au menu sans pour autant chanter « bon anniversaire ».

 

Sur un plan strictement théologique, la position des témoins de Jehova peut s’entendre. Avec la résurrection de Jésus Christ, le temps est aboli. Nous sommes entrés dans l’Eternité dès aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire de fêter les anniversaires. C’est même un contre temps. Dans la réalité, il en va autrement. L’anniversaire invite  l’enfant à grandir encore.  Il encourage l’adulte et le reconnait dans ce qu’il est. Il rassure la personne âgée qui a le sentiment de ne pas être oubliée. Fêter les anniversaires ne nous empêche pas de reconnaître que nous sommes entrés dans le temps de l’Eternité. Nier  les besoins terrestres de l’enfant, de l’adulte ou du vieillard, n’est-ce pas refuser cette éternité qui nous demande de nous adapter aux circonstances du moment afin de vivre continuellement?

 

               

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:26

 

            La cour des comptes vient de dénoncer des avantages injustifiés pour les cheminots et leur famille qui bénéficient des transports gratuits dans les trains. Il y a quelques mois elle avait dénoncé les avantages accordés aux familles des employés d’EDF. Curieusement personne ne semble s’mouvoir de ces injustices. Or Au même moment vient d’être publié un sondage où il apparait que pour 72% des français, les enseignants sont suffisamment payés et ne doivent pas être augmentés. Or, on sait que, non seulement ils n’ont aucun avantage financier mais que leurs salaires sont bien en dessous de ceux des professeurs de l’union européenne.  

            Alors pourquoi cette différence de traitement de la part des français qui acceptent les abus chez les uns et qui refusent presque leur dû aux autres.  On pourrait en dire autant  des médecins qui par le biais des dépassements d’honoraires s’octroient des revenus mirobolants au détriment de la santé des plus pauvres sans que personne ne manifeste.

            Si l’on interroge les français là dessus, ils répondent que les professeurs travaillent peu et qu’ils ont beaucoup de vacances. Il est prouvé, et les français qui avancent ces arguments  le savent, que c’est un faux procès. La vraie raison est ailleurs et reste inavouable pour eux : Ils n’aiment pas les intellectuels. Ils n’aiment pas les gens qui prennent du temps pour réfléchir. Ils n’aiment pas ceux qui ont un savoir et des  connaissances. Pire encore, les professeurs transmettent à leurs enfants  ces connaissances qui un jour feront d’’eux des adultes  plus calés que les parents qui se retrouvent ainsi face aux échecs de leur scolarité passée et plus largement de leur vie. Contrairement à ce que l’on croit, beaucoup de parents ne souhaitent pas que leurs enfants avancent dans leurs études. Je l’avais remarqué lorsque j’étais enseignant. J’ai mis du temps à l’accepter. Pour moi c’était impensable. Tout parent devrait souhaiter le meilleur pour ses enfants.

            Si l’école n’était pas obligatoire, le plus grand nombre n’irait pas et n’apprendrait ni à lire ni à écrire. Ainsi on peut dire que le rejet des enseignants, parfois même la haine,   est pour les français une haine contre eux-mêmes, contre leurs propres échecs. C’est aussi une manière de lutter contre ceux qu’ils perçoivent comme supérieurs parce qu’ils ont le savoir. A travers l’enseignement, ils  leur « volent » les enfants en se les mettant  de leur côté. Les revendications actuelles de ceux qui voudraient que l’école ne soit là que pour apprendre à lire et à compter, le reste revenant à la famille exclusivement, témoignent de la peur de voir les enfants d’aujourd’hui devenir demain plus grand qu’eux, plus instruits, plus capables, plus responsables bref, différents. Penser que les enfants doivent rester enfermés et dépendants de la famille,  est néfaste pour ces enfants. C’est dangereux pour la société de demain. Quant à ceux qui s’associent à de tels comportements pour discréditer l’école et ses maîtres, ils sont porteurs d’une société totalitaire qui pourrait arriver au pouvoir et anéantir la république. Attention danger. L’éducation pour tous est le seul antidote à tous les totalitarismes et la garantie de la démocratie.

            Edmond Rostand écrivait que si l’on veut que les hommes renoncent à la guerre, il faut leur armer l’esprit.  Si l’on veut préserver et améliorer la liberté, l’égalité et la fraternité, il faut garantir à l’école la possibilité d’enseigner et d’éduquer. Les deux vont de pair. Le savoir ne peut être acquis que par une pensée libre. Cette liberté ne peut être garantie que par une éducation soucieuse de neutralité, de diversité et de curiosité.  L’école est responsable de l’ouverture d’esprit des élèves. Ce doit être une exigence.

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 10:24

 

           On apprend qu’un chef d’entreprise signe avec ses salariés une convention selon laquelle il n’y aura sur le lieu de travail ni signes ni pratiques religieuses. Le personnel est soumis à un devoir de neutralité comme dans le service public.


         Cet accord est en contradiction avec les règles observées par le Conseil économique et social comme avec l’observatoire de la laïcité qui prévoit une résolution au cas  par cas. Le chef d’entreprise ne s’attend pas à une approbation de conformité avec la loi mais une jurisprudence sur ce cas pourrait faire avancer les choses.


        Pour toute défense ce chef d’entreprise met en avant son athéisme qui doit être respecté. Ses détracteurs voient dans son attitude une atteinte à la liberté.


         Aucun des deux arguments ne parait convainquant. En effet si la religion ne doit pas s’immiscer dans l’entreprise ce n’est pas pour respecter l’athéisme qui peut être qualifié d’autre forme de religion, mais plus simplement parce qu’il y a des lieux pour l’expression de la religion et des lieux pour travailler. De la même manière, il y a un temps pour pratiquer les rites de la religion et un temps pour le travail. Quant à la liberté, on ne voit pas en quoi elle serait atteinte par la demande selon laquelle les choses doivent se faire les unes après les autres, dans des temps et des lieux différents. En arrivant sur le lieu de travail beaucoup d’employes doivent mettre des tenues professionnelles qu’ils abandonnent la journée terminée pour reprendre leurs habits. Pourquoi les religieux, hommes ou femmes ne déposeraient-ils pas dans un vestiaire leurs habits et leur insigne religieux pour une tenue neutre.


          Restent quelques points plus épineux comme le problème du porc dans les cantines ou encore le temps du ramadan. Lorsque je dirigeais une institution j’ai été confronté à la situation d’une femme qui dès deux heures de l’après midi ne pouvait plus assurer son travail malgré les aménagements que nous avions pu lui consentir et qui gênaient et les malades et ses collègues. Elle se trouvait mal sans manger et sans boire.


           Les politiques doivent réfléchir sur ces questions. Il me semble toutefois que laisser la religion envahir tous les domaines de la vie comme celui de l’entreprise, c’est dangereux pour la démocratie et la liberté. C’est aussi prendre le risque de voir monter les oppositions aux religions et voir renaitre des conflits inter religieux. Chaque religion a ses exigences souvent incompatibles avec celles des autres. Avant de s’engager dans un travail -ou dans une tout autre activité- chaque personne doit s’assurer qu’elle pourra l’assumer tel qu’il est défini. L’activité n’a pas à se soumettre à ses croyances. C’est elle qui doit s’adapter au travail proposé. J’ai passé le bac avec un cousin qui a refusé d’aller passer l’oral un samedi matin parce que sa religion le lui interdisait. Il n’a pas eu son bac et a redoublé. Il a assumé les conséquences de ses croyances. C’est respectable. Que chacun assume les conséquences des siennes.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:54

 

       Le débat actuel sur la fin de vie se concentre essentiellement autour de personnes malades pour lesquelles il n’y a plus aucun espoir de rémission ou de guérison. Le plus souvent ces personnes éprouvent de la douleur .Envisager la fin de leur vie c’est faire cesser leurs souffrances. Dans le cas de personnes grabataires après un grave accident il s’agit de mettre fin à une situation qu’ils ne veulent plus supporter tant elle est dure et ne ressemble en rien à la vie telle que chaque humain peut l’envisager.

 

        Ces situations, aussi graves et importantes soient-elle, confisquent la part du débat concernant le vieillissement. Un tel allongement de la vie était totalement inespéré il y a encore une vingtaine d’années. La société ne s’y est pas préparée. Or, n’en déplaise à la médecine, là est la grande question. En effet, trouver des solutions pour alléger les grandes douleurs est plus facile, parce que plus technique, que d’encadrer et porter le vieillissement. Celui-ci peut conduire à des solutions contraires à une éthique privilégiant la vie. Ici, l’économique prend le pas sur le médical. Dans un futur proche, il déterminera les comportements face à une mort qui tarde à venir.


        Plusieurs facteurs sont déterminants pour les attitudes de demain à l’ égard de ce vieillissement.  Il y a d’abord la place dans les maisons d’accueil pour ceux qui ne peuvent plus rester seuls. Leur nombre grandit avec l’avancée de l’âge qui lui-même ne cesse de se prolonger de par la situation sécurisante et les soins adaptés prodigués par les équipes soignantes  dans ces lieux d’accueil.  Immédiatement après se pose la question de qui va payer. De nombreuses familles sont à bout de souffle. Peuvent-elles payer pendant vingt ou trente ans la pension de leurs parents  ou grands parents. Est-il raisonnable d’asservir ainsi des  familles en charge de leurs enfants en leur demandant de payer pour des parents figés sur un fauteuil, vivant à minima et dont beaucoup se feront plus que centenaires. Pour vouloir à tout pris prolonger leur vies ne risque t-on pas de provoquer le suicide de ceux qui ne peuvent pas choisir entre abandonner leur parents et négliger l’éducation des enfants. Ne risque-ton pas de détruire l’avenir de ces enfants et petits enfants qui ne pourront pas prétendre à des études, les parents n’en n’ayant plus les moyens une fois les factures de la maison de retraite acquittées. Enfin jusqu’où ira-t-on pour maintenir la sécurité sociale à flot. Pourra-t-on encore longtemps puiser dans le revenu du travail de chacun et le revenu de l’entreprise ? Une société qui n’a en tête que l’allongement de la vie est une société qui court à sa perte.

 

Les deux acteurs principaux doivent s’interroger :


            Tout d’abord la médecine. Quel but poursuit-elle ? Vouloir repousser sans cesse les limites de la vie a-t-il un sens ? Est-il bien nécessaire de travailler à un cœur artificiel  ou  à un cerveau ?  N’y a-t-il pas là une volonté « babélique » ?  Ici la recherche devient aussi dangereuse que la recherche sur le nucléaire. A long terme elle peut détruire l’humanité au lieu de la sauver. Il ne s’agit pas bien sûr de laisser mourir les gens de faim, de soif, de souffrance. Il s’agit d’accepter que l’homme est mortel et qu’il y a de la déraison à vouloir le rendre quasi immortel.  Laisser un humain retourner à la terre dont il a été sorti selon le mythe biblique, ce n’est pas l’abandonner, ce n’est pas le laisser mourir, c’est respecter le cycle de la nature, le vieillissement, la création.


            L’autre acteur à prendre sa part de responsabilité dans le vieillissement c’est bien sûr l’état. Il lui appartient d’organiser le « bien vieillir » pour qu’il ne pèse pas  sur les équilibres sociaux à l’image de la sécurité sociale qui dévore tous les budgets et brise l’économie.  Il s’est laissé déborder. Les progrès scientifiques, dans de nombreux domaines, sont allés plus vite que la pensée politique. La société s’en trouve désorganisée. Il est temps que ces acteurs se mettent au travail pour que chaque être puisse s’assumer financièrement jusqu’à sa mort sans peser sur ses descendants. A l’état et à la médecine de définir ce qui est possible et raisonnable tout en se coordonnant pour le mettre en place.


            On le voit, il est urgent d’élargir le débat sur la fin de vie. Il doit être étendu au domaine de l’économie, à celui du sens de la vie posé par le religieux et la philosophie.

           

           

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:57

 

            L’Eglise catholique ne s’y est pas trompée. L’amendement concernant le droit à l’avortement qui remplace l’expression « détresse de la femme » par « qui ne veut pas poursuivre la grossesse » est d’une grande importance. Il modifie en profondeur les raisons qui donnent droit à l’avortement. Si jusque là la détresse justifiait un tel acte, désormais c’est le libre choix de la femme sans raison à fournir. D’une manière générale les journaux chrétiens, catholiques ou protestants s’en émeuvent et regrettent que le gouvernement ait remis sur le tapis cette affaire. Comme la droite politique de ce pays, ils soupçonnent le gouvernement de diversion voire de manipulation politicienne. Ce n’est pas impossible. Il serait toutefois regrettable que les chrétiens ne s’interrogent pas  davantage lorsqu’ils défendent bec et ongle la loi telle qu’elle a été promulguée du temps où Simone Veil était ministre.


              En cause ici, le moment à partir duquel on peut considérer qu’il y a « vie » pour un embryon. Pour la théologie catholique, la vie nait avec la rencontre de  l’ovule et du spermatozoïde.  Elle  est instantanée. Dès lors, elle doit être protégée. L’avortement est une atteinte à la vie. Un meurtre. Cohérente avec elle-même l’Eglise catholique reste opposée à l’avortement. On se demande alors  comment, depuis le temps, elle accepte cette loi sans rien dire comme si la détresse des uns justifiait le meurtre des autres, même sous la forme de l’embryon.   Quant aux protestants, favorables à l’interruption de grossesse  du temps de Simone Veil  et très actifs au planning familial,  ils se rangent aujourd’hui sous la bannière des opposants à cet amendement donnant ainsi le sentiment de s’opposer plus à un gouvernement qu’à une loi. Il est vrai que depuis la loi Veil, les positions de la Fédération protestante se sont raidies se rapprochant de l’éthique catholique pour ce qui est des mœurs  en particulier. Ses positions timides sur le mariage pour tous en témoignent.


            Ne serait-il pas plus sage de considérer que la vie est un processus qui se met en route dans le temps et qu’il ne suffit pas que deux gamètes se rencontrent pour qu’un être soit là instantanément. Certes, dans  cette manière de voir, le moment à partir duquel on peut considérer que l’embryon est un être humain est arbitraire. Peut-on faire autrement ? Le temps de 12 semaines, moment à partir duquel l’embryon   prend   la forme d’un enfant, parait raisonnable.  C’est le temps minimum adopté par plusieurs pays. Alors pourquoi ne pas considérer que toute femme a le droit de mettre un terme à sa grossesse durant ces douze semaines. C’est bien ce qui se passe actuellement malgré la mention de « détresse ». Cette mention est d’autant plus culpabilisante qu’elle oblige à poser sur cette situation un qualificatif de détresse qui n’est pas forcément vrai et reconnu. A l’acte d’avorter s’ajoute ainsi celui de mentir.


          On peut se demander si en refusant à la femme la liberté de choix d’avoir un enfant,  l’Eglise ne reste pas empêtrée dans ses dogmes et ses doctrines concernant  la sexualité qu’elle continue à subordonner à la procréation.  Le plaisir semble faire peur aux religieux lorsqu’il n’est pas caché. Là est le danger. Le combat acharné contre le mariage pour tous va dans ce sens lorsqu’on sait combien l’homosexualité est cachée y compris dans le rang des religieux.


          Il n’est pas demandé aux chrétiens et autres religions d’approuver toutes les décisions de l’Etat. Celui-ci légifère par le biais de la représentation nationale après avoir été informé des positions des uns et des autres. La loi votée, chacun se doit de l’appliquer y compris lorsqu’elle ne convient pas. Ceci dit, et sans forcément approuver toutes les lois votées par l’Etat, les chrétiens devraient se demander s’il est bon de cacher et d’interdire ce qu’ils désapprouvent.  L’Evangile ne les invite -t-ils pas à le mettre en pleine lumière sans pour autant vouloir arracher l’ivraie si ivraie il y a ! Entre les deux positions extrêmes qui consistent à arracher l’ivraie ou à l’inverse à l’entretenir, il y a la position de l’attente durant laquelle chacun peut témoigner.

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 16:04

 

             Et si les turbulences actuelles à la tête de l’état, n’étaient qu’une réminiscence des temps de la Royauté. Tous les ingrédients sont là. Ils s’articulent autour du sacré.


            Il y a l’Elysée. Ce lieu est perçu comme séparé des autres. Ce qui peut se passer ailleurs est secondaire et n’a d’importance  qu’à l’aune du pouvoir Elyséen.  Dans l’esprit des gens, ce pouvoir va bien au-delà de ce que lui attribue la constitution. On le voit avec le mythe de la mallette contenant la mise à feu de la  bombe nucléaire.  Le président  est ici doté d’un pouvoir quasi divin, celui de détruire la planète.


            Vient ensuite la personne du  président. Si les attributs royaux ne résident plus dans la tenue vestimentaire et les fastes de la régence, s’ils sont immatériels, ils occupent pleinement la fonction perçue comme s’étendant au-delà même de la gestion purement matérielle du pays. Le président préside depuis une sphère au caractère sacré et si tout lui est permis à l’intérieur de cette sphère, il ne peut pas la quitter. Son monde est celui des divinités, il reste étranger à celui des citoyens ordinaires. Lorsqu’il se déplace incognito, sur un scooter, sans service de sécurité, comme le commun des mortels, il sort de la vision sacrale. Sa sécurité est mise en danger et il pourrait périr sous les coups d’un simple humain. C’est intolérable. Ce serait tuer un roi. L’élection au suffrage universel est devenue pour lui élection divine.  Elle l’a placé sur un trône. Sa sécurité doit être totale y compris pour ceux qui voudraient qu’il dégage au plus vite. On ne tue pas un chef de droit de divin.


            La succession des femmes qu’il connait au sens biblique du terme ne lui est pas interdit.  Un roi a toujours des favorites. Elles sont les témoins de sa virilité. C’est de là qu’il tire la puissance. Pourvu que la reine garde sa place. Le problème du président actuel c’est qu’il a répudié la reine et a mis à sa place la première favorite. Celle-ci ne peut pas être aimée. Le statut de « première dame de France » est équivalent dans l’inconscient collectif à celui de reine. D’où son ambigüité souvent dénoncée et son impossible définition. Elle seule peut être la mère du dauphin. En mettre une autre à sa place c’est en quelque sorte trahir le suffrage universel qui a élu un roi et sa reine, peu importe le type de relations conjugales entre les deux.


            Actuellement le combat n’est pas équitable entre les deux favorites parce que la première tient la place de la reine. Elle a usurpé avec la complicité de son amant cette place. C’est pourquoi elle est mal aimée du peuple. Il suffirait qu’elle se désiste et tout rentrerait dans l’ordre à condition qu’il soit précisé que la place n’est pas à prendre. Elle est détenue par la mère du premier enfant, peu importe qu’elle soit en couple ou pas avec le père. Peu importe qu’elle s’assoit ou pas sur ce trône bis.  Le président pourra alors avoir toutes les favorites qu’il veut sans que la presse y trouve un quelconque intérêt. Quant à sa politique, réussira-t-elle mieux pour autant ? Bien sûr que non. Elle restera ce qu’elle est avec ou sans favorites. Quant à la morale, depuis la nuit des temps le monde sait qu’il ne faut pas regarder vers les puissants de ce monde pour l’entrevoir. Malheur à ceux qui le croiraient. Ils pourraient se brûler les yeux.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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