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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 14:02

Bonjour François,

Hier soir à l'annonce du président élu pour notre République, je nageais dans le bonheur. Les français avaient repoussé la candidate de l'extrême droite sans programme et avec un seul objectif: déconstruire l'Europe et la France pour imposer la dictature de son parti. Tu auras surement l'occasion de rencontrer Emmanuel Macron. J'espère seulement qu'il refusera d'être chanoine du Latran. En effet un président de la république se doit, dans sa fonction, de se tenir à la même distance de toutes les religions afin de sauvegarder la liberté que leur accorde la République. Croyance ou incroyance ne doivent pas déborder de sa vie privé. Le peuple n'a pas à être au courant.

J'ai été très étonné de ta remarque selon laquelle tu ne connaissais pas l'histoire de ce candidat. En effet, j'imagine que tu ne peux pas connaitre tous les candidats aux plus hautes fonctions de l' Etat de tous les pays où le catholicisme est présent. Alors pourquoi cette remarque? J'ai cru comprendre que par cette pirouette tu esquivais la possibilité de prendre position dans les élections françaises. C'est exactement ce que les évêques de France ont fait. Ils ont évité de donner des consignes de vote.

Cette position semble raisonnable. L'Eglise ne doit pas s'immiscer dans la politique. Toutefois c'est au nom de la responsabilité citoyenne que les autorités religieuses protestantes, juives et musulmanes ont appelé ,dans leur communiqué commun , à voter pour Emmanuel Macron. Dans le village où j'ai été élevé, catholiques et protestants vivaient en parfait accord. Je n'ai entendu qu'un reproche fait à l'Eglise catholique, c'est d'avoir un curé qui disait à ses paroissiens, qui d'ailleurs ne le suivaient pas toujours, pour qui ils devaient voter. Il était très à droite ce qui désespérait les protestants plutôt à gauche. C'est clair, il est préférable que les religions ne se mêlent pas de politique. C'est le principe même de la laïcité qui a posé en 1905 la séparation de l' Eglise et de l' Etat.

En même temps, dans notre pays, les religions ont tout intérêt , mais aussi l'obligation de défendre la république. Or dans le cas de l'élection française au deuxième tour, la candidate de l'extrême droite non seulement ne défendait pas la République mais la dénigrait. Elle ne se soumettait pas aux convocations des juges, elle écartait de ses meetings la presse qui ne lui était pas favorable, elle faisait naître et attisait la haine vis-à-vis de ses adversaires les faisant siffler dans les meetings, et semble t-il, elle était au courant des réseaux sociaux qui accréditaient dans le pays des mensonges sur son concurrent, le diffamant régulièrement. Je passerai sur des valeurs chrétiennes comme l'accueil de l' étranger ou le respect et l'amour du prochain qui ne peuvent pas être pris ici en considération lorsqu'elles restent valeur d'une religion seulement. L'Eglise catholique a manqué à son devoir en laissant le libre choix à ses membres. Les évêques n'ont pas été très courageux.

Si on en croit les enquêtes d'opinion, 38% des catholiques pratiquants ont voté à l'extrême droite et plus particulièrement lorsque la droite classique est éliminée au premier tour comme c'était le cas. Les évêques auraient donc eu peur de perdre des fidèles et de surcroit, les plus fidèles! Leur inquiétude peut se comprendre mais ne peut justifier une telle position, dangereuse pour la république et en contradiction avec la recherche de la vérité demandée par l'Evangile. Par cette attitude, les évêques se sont joints à ceux qui, des leaders politiques, ont eu la même position pour des intérêts personnels et partisans, peu soucieux de notre devise républicaine liberté, égalité fraternité.

Certes, me dit-on, quelques évêques courageux ont été plus explicites. Ils ont clairement invité à voter pour M. Macron. Nous ne pouvons que les soutenir. Ils ne peuvent toutefois pas servir de faire valoir à une Eglise qui pour ne pas perdre des fidèles prend le risque de nous faire perdre la République qui nous protège. La mission de l'Eglise n'est pas de se protéger elle-même, elle est de protéger les autres y compris lorsqu'elle a le sentiment qu'elle disparait. Rien ne dit qu'elle doit être éternelle. Elle ne peut pas se substituer au Royaume des cieux.

Bien à toi.

 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 15:43

 

Pour rendre mon propos plus clair, je dois au lecteur que vous êtes, une confidence importante. Il y a six mois, j’ai appris que j’étais atteint d’un cancer. Dans un premier temps je devais être opéré puis, à la suite d’examens complémentaires en vue de cette opération, il s’est avéré que le cancer s’était étendu. Plus possible de m’opérer. Seul recours possible : une chimio thérapie bien corsée. Après trois cures bien difficiles à supporter mais laissant apparaitre un léger mieux, il m’est demandé de continuer sans aucune garantie de voir disparaitre ce mal qui me ronge.

Au courant de cette mauvaise nouvelle, parents, amis et voisins se sont manifestés. Leurs visites sont toujours un grand encouragement y compris lorsqu’il m’est difficile de les recevoir longtemps. Leurs courriers, par mail ou par lettre sont les traces d’une amitié qui se grave au fond de moi, me modèle et me constitue, toujours et encore. L’humain n’arrive jamais au bout de ce qu’il peut être. Jusqu’au dernier souffle, le corps et l’âme, inséparables par nature, sont enrichis par l’expérience du moment. C’est pourquoi, il n’est pas possible de dire « c’est fini ». L’existence cesse, l’essence continue. Or, l’essence est divine. Si Dieu est en nous, s’il est cet esprit qui nous anime, comment pourrions-nous mourir sans l’entraîner avec nous? Faudrait-il qu’il nous quitte au moment du trépas ? Et s’il mourrait avec nous cela signifierait-il qu’il n’est pas Eternel ? Dieu vit en nous et nous vivons en lui. Rien ne peut défaire ces deux axiomes.

Ces mots qui me sont adressés, par oral ou par écrit, viennent de croyants, comme d’incroyants. Certains font appel à Dieu. D’autres veulent l’ignorer. Peu importe. Ces mots, je les ressens porteur de tendresse. Ils sont comme une caresse sur ce mal à la fois physique et moral. A travers eux, l’interlocuteur se donne comme un frère y compris lorsque ce terme de frère n’est pas reconnu par lui tant ce mot a été utilisé au cours de l’histoire pour tuer la fraternité et faire de l’autre un obligé voire un esclave. L’esclavage n’a pas disparu. Il s’est modernisé. La maladie bouleverse la perception des uns et des autres. Percevoir l’autre comme un esclave ou comme un maitre devient impossible. Il n’y a plus de rapport de force. La maladie est insupportable à celui qui voudrait retrouver ce rapport. Sinon, elle fait de l’autre un prochain. Quelqu’un qui aime et que l’on peut aimer.

Parmi ceux qui font intervenir Dieu dans les propos d’encouragement, certains ont des mots qui touchent. « Dans mon groupe, nous portons votre Nom devant Dieu » écrit une dame. La formule est belle. Le malade a parfois un sentiment de dépréciation. Le Nom le rétablit dans son être. Pour nier l’être de quelqu’un, il suffit de lui enlever le Nom. Les religions s’y emploient encore lorsque leur souci n’est pas la personne mais leur système. L’être n’est plus celui qui est donné par la nature mais celui qu’elles imposent. Ce n’est plus Dieu, le potier qui modèle son pot. C’est leur doctrine et leurs dogmes. Un ami me dit en me quittant : « Je te confie au Seigneur de la vie ». La vie envisagée comme une seigneurie ouvre un espace dans lequel on a envie de rester ou de s’engouffrer pour celui qui aurait le sentiment de l’avoir quittée. Et peu importe qui est le Seigneur si son royaume c’est la vie. Il sera reconnaissable par tous. Il y a aussi celui qui dit « je te bénis toi et tout ce qui t’entoure, les êtres et les choses». Une bonne manière de réhabiliter et régénérer ce que la maladie laisse voir comme enlaidi. Bref, ces formules sont un vrai bonheur. Elles ouvrent de nouveaux horizons.

Mais c’est vrai, il y a aussi ceux qui font intervenir Dieu comme s’il était le responsable, sinon de la maladie, en tout cas de la guérison. Ils laissent entendre qu’il faut prier et que plus nombreux sont eux qui prient, mieux Dieu exaucera les prières. La guérison dépendrait de la foi, celle des malades et de ceux qui l’entourent. Ils font de la foi une œuvre salvatrice. Leur propos s’inscrit dans des attitudes et des croyances religieuses reproduites et répétées. Dieu ne m’a pas donné le cancer. Il n’a pas autorisé un ennemi à me le donner. Implorer Dieu pour la guérison n’a pas de sens. C’est aller à l’encontre de ce qu’est Dieu. Bien sûr, il n’est pas interdit de crier à lui. Il n’est pas interdit de crier « Aïe!» lorsque l’on reçoit un coup de marteau sur les doigts, cela ne guérit pas pour autant. Récemment, une amie s’inquiétait. Elle craignait que je ne perde la foi et ne crois plus en Dieu au vu de la gravité de ma maladie. Mais, à quel Dieu croit-elle ? Dieu n’a pas d’intentions particulières. Il est une source à laquelle je puise sans rien demander. Comme l’air que je respire il m’est donné et me fait vivre. Il est une force mise à ma disposition sans avoir besoin de montages particuliers pour la capter. Dieu ne fait pas la pluie et le beau temps selon son gré.

Ceci dit, je ne veux imposer à personne ce que j’ai été amené à observer, expérimenter, comprendre, penser et croire au cours de ma vie. Ceux qui prient pour moi moi le font selon leur foi du moment. Leur attitude compte avant tout. Elle me fait du bien. Peu importe leurs convictions. Peu importe les miennes. Chacun de nous est amené à faire son chemin. Le bonheur nous vient lorsque nous nous intéressons aux chemins différents des nôtres. Il est plus fort que la maladie. Alors merci pour les paroles, les prières et les encouragements qui me sont adressés. Ils sont pour moi un vrai bonheur.

     

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    Published by - dans Dieu
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    1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 15:40

     

           Durant la campagne électorale, nous avons vu fleurir de nombreux drapeaux dans les meetings de tous les candidats. Le plus souvent il s’agissait du drapeau français, très rarement du drapeau européen, plus souvent des drapeaux noirs ou rouges invitant à chanter l’internationale. Le drapeau se veut être un symbole. Mais de quoi le drapeau français est-il le symbole aujourd’hui?

           Pour certains candidats le drapeau est lié à un discours nationaliste réclamant plus d’ordre, d’autorité et d’indépendance. Il cherche à s’opposer au drapeau européen tant ces candidats voudraient que l’union européenne disparaisse ou ne soit plus qu’une potiche. Dans cette ambiance, le drapeau a bien du mal à retrouver son sens premier qui est celui de l’unité d’un pays mais aussi de la paix et de la réconciliation avec les peuples voisins. Il apparait aujourd’hui comme facteur de division et lorsqu’il est placé sur un balcon d’appartement ou accroché au mur d’une maison il ressemble à une provocation. Il se veut un défi pour tous ceux qui le regardent. Il représente une certaine idéologie. Il est un instrument de propagande.

           Cette dérive de la signification du drapeau se lit à travers l’histoire. En effet si le drapeau a pu représenter à ses débuts la liberté guidant le peuple, très vite il est devenu l’emblème des patriotes luttant contre l’ennemi. Le drapeau est synonyme à la fois de guerre et de victoire. La victoire unit le peuple vainqueur. Elle humilie le vaincu qui ne peut que préparer la guerre suivante avec un esprit de revanche. Le drapeau sert alors d’incitation à la haine et à la guerre contre le peuple désigné comme ennemi. Tout le monde s’y met. Fait plus étrange encore, l’Eglise et les chrétiens qui selon les Evangiles devraient être animés d’un esprit de paix, ont enseigné qu’il faut protéger et sauver la patrie par tous les moyens, peu importe celle de l’ennemi qui doit être conquise ou détruite. Certains propos de poilus (il fallait bien se donner du courage) ou le contenu des catéchismes d’avant-guerre sont atterrants. N’oublions pas que Jean Jaurès a perdu la vie pour avoir refusé la guerre. Le chrétien converti Péguy s’est réjoui de cette mort.

            L’utilisation du drapeau lors des compétitions sportives est très équivoque. Les compétitions sportives remplacent symboliquement la guerre au même titre que les échanges commerciaux. Elles ont été un vrai progrès permettant d’éviter les conflits entre nations. Le drapeau national dressé aux jeux olympiques lors de la victoire d’un athlète représente la nation du vainqueur. Son peuple exulte. C’est une victoire pour tous ses concitoyens. Il devient important aujourd’hui de veiller à ce que ce drapeau ne soit pas pris en otage pour représenter la couleur de peau, la religion, une tribu, ou un groupe politique dissident. En effet, dans de tels cas il n’est plus facteur de paix entre les nations. Il apporte la division voire la haine.

           L’envers du décor est que ce même drapeau dressé aux jeux olympiques renforce l’idée de nation à un moment où l’histoire nous appelle à supprimer les frontières comme le voudrait l’espace « Schengen » pour l’Europe. Il est vrai qu’il faut tenir compte des résistances très fortes qui se manifestent dans la population pour mieux préparer les peuples à s’unir et ne faire qu’Un au-delà des couleurs de peau, des religions et des cultures. Il faut apprendre à vivre ensemble sans pour autant vouloir se ressembler. Là est la richesse d’un pays. Là est l’origine de créations nouvelles.

            Aujourd’hui, ceux qui dans les meetings politiques brandissent le drapeau l’utilisent à des fins partisanes. Le drapeau est devenu signe d’un repliement sur soi et d’un refus de la différence jusqu’à rejeter celui qui refuse de me ressembler. Dans une incohérence sans pareille, ils critiquent l’égalitarisme concernant la propriété et les revenus. Une manière pour eux de préserver biens et avantages possédés tout en rejetant le partage. Cette attitude ne les empêche pas de militer pour une même identité. Les français devraient avoir selon eux la même origine, la même couleur de peau, les mêmes références, les mêmes idées et la même religion. Cette plaidoirie pour l’identique n’est pas avoué clairement mais elle est bien réelle. Le refus de l’étranger en est la preuve

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    4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 20:53

     

            Dans un reportage à la télévision une jeune lycéenne de 18 ans participant à un meeting de l’extrême droite pour la présidentielle soupirait de bonheur à l’idée que sa candidate pourrait être élue. Elle pourrait alors payer en francs. Elle y ajoutait pour montrer son allégeance au mouvement la fermeture des frontières et l’aide à l’emploi des jeunes. Mais elle s’empressait d’ajouter que ses parents ne voyaient pas d’un bon œil son choix pour un tel vote. Puis continuant à répondre à l’intervieweur elle soulignait encore qu’elle serait la seule de toute sa famille à voter pour l’extrême droite.

            Une telle insistance laissait clairement apparaitre que son vote était un acte d’émancipation à ses parents d’abord, à sa famille ensuite. Son incapacité à répondre aux raisons qui la poussaient à un tel vote montrait que son choix était dicté par des considérations personnelles ayant trait aux rapports avec les siens. Rien d’étonnant, rien de condamnable dans l’attitude de cette jeune fille. Tout adolescent a besoin, et c’est heureux pour son épanouissement, de s’émanciper des tutelles qui jusque-là lui ont été utiles pour grandir. C’est ainsi qu’il devient adulte et s’exerce aux responsabilités indispensables pour mener à bien sa vie. Celle-ci, par ailleurs, n’est-elle pas un perpétuel combat pour nous détacher de ce qui nous a été nécessaire à un moment donné,

            Ce qui est condamnable, c’est la récupération par un parti politique des stades d’évolution d’un jeune à des fins purement politiciennes. Dans ce même reportage, un responsable du parti ne se privait pas d’exposer cette récupération racontant qu’il avait été dans sa jeunesse dans la même situation et que, depuis, ses parents l’avaient suivi dans ses positions politiques. Sa remarque, à son insu, discréditait ses parents non parce qu’ils avaient opté pour ce parti, c’est leur droit, mais parce qu’ils avaient renoncé aux convictions parentales en s’identifiant à leur fils. Une telle inversion cause chez tout individu, une immaturité regrettable pour lui-même et dangereuse en politique.

            Il est généralement admis que par le passé des rites de passage tels la première communion à l’Eglise, le certificat d’étude, le service militaire ou l’apprentissage de la couture pour les filles servaient à cette émancipation. Il serait bon d’y réfléchir non pour retrouver ces rites anciens mais voir comment on pourrait aider aujourd’hui les plus jeunes à signer le franchissement d’une étape qui comme ces rites servirait de quitus à un passage effectué.

            Ce besoin d’émancipation de nature personnelle pour cette jeune fille, existe sur le plan collectif. La masse -et plus particulièrement celle des jeunes- aspire à sortir de la société. Elle a besoin de croire, pour s’engager à son tour, qu’il est possible de créer du nouveau et de mieux faire. Ce besoin de rupture ne dépend pas de l’état de la société. On pourrait penser qu’il fait suite à une situation devenue impossible. Il n’en est rien. En 68 les jeunes ne voulaient plus de cette société alors qu’elle était plutôt prospère. Les trente glorieuses restent une référence de réussite et d’amélioration de vie pour le plus grand nombre. Le besoin de rupture n’était pas à rejeter pour autant comme l’auraient voulu les plus conservateurs. Il était nécessaire pour que puisse continuer ce qui existait déjà tout en l’améliorant par des voies nouvelles. Notons d’ailleurs que les chefs des contestataires de l’époque se sont parfaitement bien intégrés dans la société existante et qu’ils en sont devenus les cadres supérieurs. Ceci dit, en martelant que la société est au plus mal, les opposants aux gouvernements en place, qu’ils soient de droite comme de gauche, entretiennent et facilitent le besoin illusoire d’une rupture totale et absolue.

            Ici encore, ce qui est regrettable, c’est la récupération par certains responsables politiques du besoin d’émancipation. Ils transforment un besoin légitime de rupture et de changements des peuples en un outil pour assurer leurs propres profits et leur pouvoir. C’est ainsi que les révolutions mettent trop souvent au pouvoir, et au départ avec le consentement du peuple, des dictateurs. Si les cubains voulaient se débarrasser de Batista, ils ne voulaient pas pour autant un système à la Fidel Castro. Même chose pour les allemands qui voulaient sortir de la crise économique et qui se sont retrouvés embrigadés dans le pire régime que le XX siècle ait connu.

            Vous, les politiques de tout bord ne cherchez pas à profiter du besoin d’émancipation des citoyens et des peuples !

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    3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 15:37

    Bonjour François

    Voilà bien longtemps que je n'avais pas écrit. Ce n'est pas par négligence, encore moins par mépris. La vérité est que je m'intéresse de moins en moins au fait religieux y compris lorsqu'il vient du grand chef spirituel que tu es. En effet , contrairement à ce que l'on entend souvent, je pense que le religieux prendra de moins en moins d'importance en occident, peut être même dans certains pays d'orient. Paradoxalement, c'est parce que la religion compte de moins en moins dans la vie quotidienne que certains se crispent jusqu'à sombrer dans le radicalisme. Cette crispation dépasse les groupes terroristes qui tuent au nom de leur dieu pour toucher des croyants qui ne jurent plus que par les dogmes et les doctrines bien loin de toute raison.

    Si je crois que la religion mènera de moins en moins le monde, c'est d'une part à cause de l'importance prise par les droits de l'homme. Petit à petit même les religieux les plus réticents y prennent goût car il se rendent compte que cette déclaration les protège. Certes, il reste encore beaucoup de progrès à faire dans certains pays parce que les politiques utilisent la religion pour asseoir leur pouvoir . Notons toutefois, qu'à long terme, la mondialisation aura raison de leur turpitude. D'autre part, la science a fait de tels progrès dans tous les domaines que la superstition, vision première des religions qui attribuent une sorte de pouvoir magique à leur dieu ne peut que perdre du terrain. Par ailleurs, toutes ces découvertes amènent petit à petit à un nouvelle définition de Dieu, plus juste, plus adéquate et plus utile à l'homme.

    1. si je t'écris aujourd'hui, c'est parce que j'ai appris par la presse qu'un curé, plutôt moderne pour la célébration des messes, se marie. Quel bonheur pour lui! De quelle force a-t-il été animé pour passer outre à tous ces engagements qui l'avaient conduit à la prêtrise. Je le dis et redis, il n'y a pas de plus grand bonheur pour un homme que d'aimer toute une vie, jusqu'au dernier souffle, la même femme. La réciproque est vraie. On oublie trop souvent et, sous de faux prétextes, ce verset de la bible selon laquelle " l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair ". Il ne s'agit pas de complétude entre l'homme et la femme, il s'agit d'une identité nouvelle ainsi créée. Cette identité nouvelle est en devenir en tout homme et toute femme dès la naissance. Soit dit en passant, elle peut se créer à partir de deux êtres de même sexe. Il est bon, cher François de le rappeler à l'Eglise catholique qui bien sûr ne veut pas l'admettre.

    Si je me réjouis pour ce prêtre, ce n'est pas par provocation vis-à-vis de Toi et de ton Eglise. C'est tout simplement parce que je fais passer le bonheur des humains avant le règlement des institutions religieuses ou autre, l'Eglise y compris. De la même manière, ce bonheur passe avant la référence au Livre fut-il dit "sacré". Bien sûr, on me dira que les doctrines, les dogmes et autres règlements sont fait pour rendre l'homme heureux et qu'ainsi, il est impératif de les suivre. C'est oublier et nier que les conditions du bonheur, j'oserai dire du salut, sont différentes d'un individu à un autre, différentes aussi selon les situations. Elles ne peuvent pas être dictées. Il appartient à chacun de se glisser dans ces conditions.

    Selon la presse, tu as rencontré cet homme avec son meilleur avocat, le cardinal Barbarin. Je ne doute pas un seul instant de ta compassion à son égard. En fin connaisseur de la nature humaine, tu ne l'as pas relevé de ses fonctions par condamnation mais par fidélité à ton Eglise. J'aurais envie de dire bravo mais je ne pourrais le faire que lorsque l'Eglise catholique renoncera à ces archaïsmes et le célibat des prêtres en est un, qu'elle a inscrit tout au long de l'histoire dans son fonctionnement contre toute écoute de l'humain et contre toute logique scientifique. Une question me taraude: les religions arriveront-elles un jour à faire passer l'intérêt des humains avant leurs préceptes ou sommes nous réduits à souhaiter leur fin pour que l'humain retrouve son humanité totale, entière et libre? Je crois , peut être naïvement, que le protestantisme s'est posé parfois cette question. J'ai le sentiment qu'aujourd'hui il se la pose de moins en moins. Il ne cherche plus à sortir du religieux. Dommage! Il perd du terrain.

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    3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 15:26

     

    Lors d'une campagne électorale, il est de bonne guerre que chaque candidat remette en cause ce que son adversaire a pu dire. Le plus souvent ces contrepoints n'ont d'autres intérêts que la polémique suscitée. Ils ne s'étayent pas sur une analyse sérieuse de la réalité. Ils ne font pas avancer le débat. Ils ne traitent pas du problème de fond. On comprend pourquoi les citoyens se détournent de plus en plus de la politique. Pour eux, elle n'est qu'un jeu de dupe.

    La critique faite au candidat Emmanuel Macron accusé par les uns de continuité de ce qui se fait déjà et par les autres de vouloir une rupture est des plus pertinente. Ceux qui l'accusent de continuité voudraient un revirement à cent quatre vingt degrés comme si tout ce qui a été fait jusque là n'était que conservatisme et immobilisme, sans valeur aucune. La grisaille de la situation actuelle est très fortement exagérée pour montrer que rien n'a été bon jusqu'ici et qu'avec leur programme tout sera nouveau. Du temps du communisme on appelait cela le" grand soir". Paradoxalement se sont les deux candidats de la droite et de l' extrême droite qui sont dans cette posture. Notons au passage que tous les gens de droite n' en sont pas là . C'est la place de leur candidat officiel actuellement. Notons aussi que le candidat officiel du parti socialiste, désigné lui aussi par une primaire et représentant les frondeurs, s'inscrit dans cette ligne qui est traditionnellement une habitude de la gauche.

    Ceux qui accusent Macron de rupture voit en lui un candidat qui veut tout casser, remettre en cause les droits fondamentaux comme la sécurité sociale, la retraite, le droit du travail, le droit des sociétés. Probablement influencés par le titre du livre d' E. Macron "Révolution" qu'ils n'ont jamais pris la peine de lire semble t-il, croient qu'une révolution remet tout en cause et abolit entièrement ce qui existe. Il est vrai que telle est l'image laissée et accréditée par les manuels scolaires de la Révolution française. La vérité historique est bien moins catégorique. Le roi a certes été décapité, beaucoup de révolutionnaires aussi. La prison royale de la Bastille était quasi vide. Une révolution n'est jamais un anéantissement de ce qui existe, c'est une reprise en main pour une modernisation qui permet d'aller encore plus loin. L'année se renouvelle par une révolution. Elle est porteuse de nouvel espoir sans détruire le cycle des saisons.

    C'est ainsi qu'accuser E.Macron à la fois de continuité et de rupture ne peut être qu'un éloge . Tout détruire serait une erreur stratégique que nous avons connue par exemple avec Sarkozy qui a supprimé la police de proximité et basé l'ordre public sur la force; avec Hollande qui a supprimé le jour de carence des fonctionnaires ce qui a fait augmenter les comptes de la sécurité sociale ou encore la suppression générale d'un point et demi de TVA pour le compenser par d'autres prélèvements plus sélectifs.

    Dire que continuité et rupture doivent aller de pair ne signifie pas que le programme d' E. Macron est parfait. Il y aurait de nombreuses critiques à faire sans aucun doute comme pour tous les programmes des candidats. Affirmons seulement que vouloir assumer à la fois une continuité et une rupture est une position sage et louable. Ceci peut éviter au candidat d'agir uniquement par principe idéologique comme l'on fait les deux derniers présidents de la république et d'autres avant eux. Je me souviens avoir entendu F. Mitterrand lorsqu'il a été élu président de la république dire qu'il s'inscrivait dans une histoire qui continuait. Les candidats actuels à la Présidence de la République feraient bien de ne pas l'oublier. Tout ne va pas aussi mal dans notre pays qu'ils se plaisent à le dire. Un grand chambardement lui ferait beaucoup de mal. Certains propos entendus pendant cette campagne font froid dans le dos. S'ils venaient à être appliqués comme ils sont dits, nul doute que la situation de demain serait pire que celle d'aujourd'hui. Alors, Monsieur Macron, tenez bien les deux bouts, continuité et rupture , sagesse et rationalité, justice et compétitivité. De là naissent le progrès et les changements. Tenez bien la devise: Liberté, Egalité, Fraternité.

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    21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 11:42

     

              Il est tout à fait normal que lors d’une campagne pour les présidentielles les candidats donnés gagnants par les sondages soient vivement attaqués par les autres qui voudraient bien leur ravir la place. C’est exactement ce qui arrive à Emmanuel Macron depuis qu’il menace de se placer en deuxième position devant François Fillon. On sait aussi que les arguments utilisés volent bas afin de faire porter à l’autre les turpitudes dont on est accusé soi-même. C’est ainsi que l’extrême droite et la droite prises la main dans le sac pour mauvais usage de l’argent public-autrement dit détournement- voudraient nous faire croire que Monsieur Macron a mal utilisé l’argent réservé à ses frais de bouche. Ces reproches – qui d’ailleurs ont fait pschitt - ne sont là que parce qu’ils considèrent que Macron est de gauche. Si ces gens de droite le percevaient à leur côté, ils ne diraient rien. En effet, comme le démontre un récent sondage les deux tiers des électeurs de droite ne sont pas très regardant sur les questions d’argent. Comme ils n’en manquent pas ils n’ont pas à se soucier de l’argent détourné par d’autres. Ils n’en ont pas besoin pour vivre. Peu importe pour eux, si les enfants Fillon en troisième année de droit perçoivent 4000 euros par mois pour leur compétence quand j’ai dû emprunter 1000 euros par mois pour mon fils plus jeune qui suivaient les mêmes études afin qu’il puisse les continuer.

              Ce qui est plus étonnant c’est la critique des journalistes. Il est vrai qu’ils étaient habitués aux discours opportunistes et racoleurs de Mme Le Pen, de Mr Fillon, Mr Hamon ou encore Mélenchon. Discours construits sur des critiques négatives, des promesses mensongères, peu brillants par leur rhétorique et médiocres quant à leur qualité littéraire. Avec Macron, les journalistes de la « politicaille » sont confrontés à des discours intelligents, bien construits où la pensée ne se donne pas comme une « bouillie pour tous » distribuée à la cantonade mais comme une démarche qui doit être propre à chacun. Tout auditeur est invité à réfléchir lui-même pour découvrir ce à quoi il n’a pas encore eut accès. Son propos ne s’épuise pas en un unique sens mais ouvre une variété de possibles.

              C’est ainsi que la finesse philosophique du discours de Macron amène ces journalistes à des amalgames et des contre sens qui ne grandissent pas le journalisme et plus grave encore, trompent et mettent en danger la démocratie dans notre pays. La tromperie, c’est de faire croire que Macron dit le pour et son contraire sur des sujets importants. Est-il par exemple contradictoire de dire que la colonisation est un crime contre l’humanité et de constater que cette même colonisation a permis aux états colonisés de mettre en place des structures d’ Etat sans pour autant oublier le nombre de morts qu’il y a eu de part et d’autres. Est-il contradictoire de regretter que les participants de la manif pour tous aient le sentiment d’être humiliés et de dire qu’il faut aller plus loin en ce qui concerne la GPA et la PMA. Est-il constructif pour des commentateurs de l’actualité de parler au sujet de Macron d’attitude christique, de prêcheur évangéliste ou d’espérance messianique, tout cela repris par les présentateurs des chaines de radio et de télé.

               Enfin, imaginons qu’au premier tour, Mme Le Pen et Mr Fillon arrivent en tête. C’est la plus forte probabilité car comme dit ci-dessus, une grande partie de la droite s’accommode facilement des détournements d’argent. Dans ce cas, pour qui voteront les 50% des français restants ? Il semble difficile que les partis de gauche ou encore les électeurs de Macron demandent de se désister pour Mr Fillon. Leurs électeurs le supporteront mal. Et quand bien même ils le demanderaient comme ils l’ont fait en 2001 pour Mr Chirac, ils risquent d’être peu suivis. Pire encore, devant deux candidats perçus comme des modèles cherchant à s’en mettre plein les poches, certains extrêmes ne risquent-ils pas de perturber le vote sans avoir ni l’appui ni la désapprobation de ceux qui ne pourront pas voter puisque aucun de leur candidat n’aura passé la barre du premier tour? Une demande de boycott des partis de gauche et du centre, serait déjà bien dommageable pour la démocratie qui, ici, nous apparait bien malade. Par ailleurs, dans le cas où un de ces deux candidats, Mr Fillon ou Mme le Pen seraient élus, on voit mal comment ils pourraient être reconnus et respectés par l’ensemble des français. Comment pourraient-ils alors gouverner ?

               Aujourd’hui, rien ne dit que Macron serait meilleur président que Sarkozy ou Hollande. Il peut dans un premier temps tirer la France d’un mauvais trépas en lui évitant de se diviser en deux parties irréconciliables et d’être gouvernée aux extrêmes autrement dit sans gouvernement aucun.

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    19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:55

     

    Concernant la place Dieu dans la société, nos contemporains ont le plus souvent des positions tranchées, sans nuances et peu réfléchies.

    Pour les croyants, Dieu a trop peu de place dans la vie des humains comme dans la société en général. Pour eux Dieu reste la garantie d’une bonne morale, de bonnes mœurs et d’une meilleure protection. Lorsque leur vie tourne mal à cause de la maladie, des accidents et autres déboires en tous genre, ils s’auto-accusent convaincus qu’ils ont été infidèles à leur devoir de croyant et qu’ils méritent bien ce qui leur arrive. Dieu ne fait que les corriger. Ils s’inclinent. Si les malheurs touchent les autres, ce sont bien ces autres les responsables de leur propre situation. Il faut qu’ils s’en prennent à eux mêmes. Enfin, si les malheurs sont collectifs ils cherchent des boucs émissaires, le plus souvent parmi les incroyants, qui de par leur comportement auraient attiré les foudres de Dieu sur le pays tout entier. Pour eux tous, il n’y a pas assez de Dieu dans notre monde. Dieu n’est pas suffisamment prié, invoqué et représenté. Il ne reçoit pas suffisamment d’offrandes quelles que soient la nature de ces offrandes, matérielles ou spirituelles.

    L’incroyant est agacé par les références à Dieu. Les signes religieux lui paraissent inutiles voire néfastes. Pour lui religion est synonyme de superstition. Croire en Dieu enferme l’homme dans une fausse espérance et dans l’illusion. Moins il y aura de Dieu et plus l’humain sera libre et responsable. Dieu ne peut qu’être un obstacle au bon déroulement de la vie. Tout ce qui le représente aliène l’homme et fait son malheur. Il déplore les richesses de l’Eglise qui sont pour lui le signe de la supercherie de la religion toujours au service des riches et des puissants au détriment de la plus grande majorité des peuples.

    Enfin vient l’indifférent, appelé parfois agnostique pour qui la question de Dieu ne se pose pas. S’il ne nie pas son existence, il ne croit pas pour autant à celle-ci. Il veut tout ignorer des questions spirituelles. S’il croit à la chance, il ne l’attribue à aucune puissance. Elle est un pur hasard dû à la main des hommes ou au logiciel sollicité pour tirer le bon numéro. Il reste superstitieux sans croire au ciel. L’opinion, voire les sondages voudraient que les indifférents soient le plus nombreux dans la société actuelle. Rien n’est moins sûr tant la pensée de l’homme peut changer devant l’échec et devant la mort. L’indifférent se met alors, sinon à penser Dieu, tout au moins à lui trouver des substituts.

    Croyants, incroyants ou agnostiques ont en commun de se référer pour l’adorer, le rejeter ou l’ignorer au même Dieu. Un dieu extérieur au monde. Agissant selon son bon plaisir. Cherchant à se faire aimer et adorer. Punissant ou récompensant l’homme à sa guise. Bref, un Dieu qui ressemble en tout point au Roi le plus puissant disposant de tous les pouvoirs et n’ayant de compte à ne rendre à personne. Si ce dieu là satisfait un certain nombre de croyants, on comprend que dans la société moderne, la plupart des humains le rejettent ou l’ignorent. Faire le vide de ce Dieu c’est conquérir une liberté et une responsabilité auxquelles aspirent le plus grand nombre aux vues des moyens et des possibilités dont le monde moderne dispose. Ce Dieu « imperator » a perdu sa place avec les nouvelles découvertes, les progrès de la science et plus particulièrement de la médecine qui place l’homme devant la mort et lui rappelle sa finitude.

    La question se pose alors de savoir s’il n’y a pas une autre conception de Dieu qui serait bonne pour l’homme et la gestion du monde dans lequel il vit. Un Dieu qui ne serait pas l’objet de croyances mais une réalité, non vérifiable par nos sens, sans pour autant échapper à notre pensée parce qu’il est esprit. Nous pourrions reprendre la formule se Spinoza : « Dieu, c’est comme la nature ». Il reste alors, comme la nature, une réalité présente quelle que soit notre décision d’y croire ou de ne pas y croire. Dans ce cas la question de savoir s’il y a trop de Dieu ou pas assez ne se pose plus. Il est une présence pleine et totale, indépendante de notre croyance. Chacun en bénéficie. Celui qui le reconnait et l’accepte en jouit pleinement en toute conscience. Là est la différence avec celui qui ne fait pas la démarche de reconnaissance. Il bénéficie de la présence divine tout en l’ignorant comme il bénéficie de la nature qui l’entoure. La grâce divine n’obéit pas à un marchandage. Elle est pour tous. Pas besoin d’aller à Dieu pour en bénéficier, elle est inscrite dans la création. Le croyant comme l’incroyant ne peuvent ni maitriser ni limiter la présence de Dieu dans le monde. Dieu ne relève pas de leur décision.

     

     

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    7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 10:29

    Fillon, gaulliste et chrétien.

    Fillon, candidat de la droite à la présidentielle déclare qu'étant "gaulliste et chrétien, il ne prendra jamais une décision contraire à la dignité humaine". Elu à la primaire par la droite catholique conservatrice et réactionnaire, il s'attache à donner des gages à ses électeurs. Cette attitude devrait durer toute la campagne et nous ramener aux temps précédant Vatican II .

    Beaucoup d'hommes politiques , de droite et catholiques, ont regretté ce mélange de la politique et de la religion. Ils y voient un retour à des moments peu enviables. Dans à peu près la même ligne, les partisans d'une laïcité claire et nette dénoncent des propos dangereux ravivant des haines religieuses et favorisant le communautarisme, les chrétiens d'un côté, les autres, juifs, musulmans, athées, de l'autre.

    A l'inverse, les partisans du Candidat soulignent l'honnêteté des propos et s'appuient sur le Général de Gaulle pour qui "la république est laïque et la France est chrétienne". Ils ne se sont pas aperçu que depuis le général de Gaulle la situation religieuse de notre pays a profondément changé. De surcroit, Ils cherchent à faire croire que leur candidat est sincère. Encore une fois on est pris pour de grands naïfs.

    Il n'est pas de ma compétence d'intervenir sur la stratégie politique de Mr Fillon sachant tout de même que toute stratégie peut avoir des conséquences funestes. Une bonne stratégie arrête la guerre. Une stratégie déplorable la provoque. Je ferai trois remarques.

    En proclamant que le fait d'être chrétien garantit de bonnes décisions en ce qui concerne la dignité humaine, Mr Fillon ne rend pas service au christianisme. Il est évident parce que prouvé par l' expérience , qu'un chrétien n'est pas mieux que les autres comme le dit la vox populi. Il est sage de le constater. Bien que plein de bonne volonté et croyant bien faire, les décisions prises par un croyant, quelle que soit la religion à laquelle il appartient, peuvent être heureuses ou catastrophiques. Il en va de même pour un non croyant. Certes l'intelligence humaine se nourrit des références de chacun. Ce n'est pas pour cela que cette intelligence conduit aux bonnes décisions. Il a souvent été reproché aux chrétiens de se croire supérieurs aux autres. Hélas, Mr Fillon va dans ce sens. Ses propos peuvent conduire encore une fois à détester le christianisme. Nous sommes loin du Christ des Evangile qui ne se réclamait d'aucun mouvement ni d'aucune tendance alors qu'il y avait autour de lui de nombreux partis politiques et religieux, chacun cherchant à le récupérer. Il savait se situer au dessus de tous ces partis . Mr Fillon semble mal évaluer la place de Jésus-Christ dans la société. Par ailleurs il confond les positions les plus traditionnelles de l'Eglise catholique avec la foi au Christ.

    En second lieu, le candidat confond la charité et l'organisation sociale. Il l'a montré en allant visiter, pour relancer sa campagne, un centre Emmaüs fondé par l'abbé Pierre. Loin de nous l'idée de contester la nécessité de la charité. Elle permet à chacun de porter sur l'autre un regard positif et d'exprimer sa solidarité. Ceci dit, la charité doit nécessairement déboucher sur l'organisation d'une société avec toujours plus de justice et de liberté. C'est le rôle du politique . Il organise la société afin que chacun y trouve sa place sans dépendre du "bon cœur" de l'autre car là commence l' asservissement à des personnes ou a des institutions. C'est alors la fin de la liberté. Par le passé, on a connu cette situation lorsque l'enseignement ne dépendait que d'institutions religieuses.

    Enfin Mr Fillon par ses propos met tout les chrétiens dans le même sac. Or il est évident que tous les chrétiens catholiques ne se retrouvent pas dans les positions de Mr Fillon. Il y a enfin les chrétiens protestants qui, pour le plus grand nombre, non seulement ne se retrouvent pas mais rejettent le christianisme catholique auquel se réfère le candidat. Un président de la République n'est pas le prêtre d'un groupe bien à lui. Il est le président de tous les français quelles que soient leurs croyances. Mr Fillon n'est pas prêt pour cette tâche. Le protestant que je suis ne peut que craindre le pire.

     

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    29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 11:47

    Devenir ce que nous sommes déjà.

                Qui ne connait pas le célèbre aphorisme de Simone de Beauvoir : « on ne nait pas femme, on le devient ». La philosophe voulait montrer que la féminité n’est pas une donnée de la nature mais un produit de la culture et de la civilisation. Pour elle « l’éternel féminin est un mythe » auquel on se réfère pour enfermer les femmes dans des fonctions subalternes et des conditions sociales abêtissantes.

                Elle ne pouvait pas ignorer la déclaration d’Erasme selon laquelle on ne nait pas homme, on le devient. Le grand humaniste voulait dire que l’homme accompli est une construction. Il ne nait pas dans cette situation. JJ Rousseau, laisse penser que tout est dans la nature, la féminité comme l’accomplissement de l’homme. C’est la société qui par son formatage empêche l’éclosion de ce qui est naturellement donné. Autrement dit, là où Beauvoir voit dans la civilisation la possibilité d’améliorer les choses, Rousseau y voit le risque d’un étouffement du meilleur logé en tout humain.

                C’est du théologien carthaginois au IIIème siècle après JC, Tertullien, que vient la formule initiale « On ne nait pas chrétien, on le devient. » Il s’inspirait directement des Ecritures et de la parole de Jésus pour qui tout homme peut naître de nouveau. L’Eglise aujourd’hui en reste à cette formule. Celui qui opte pour vivre avec Christ est un être nouveau. Le « Vieil homme » n’est plus dira l’apôtre Paul qui se donne en exemple depuis qu’il a rencontré Dieu par une révélation sur le chemin de Damas.

                Qu’il s’agisse du féminisme, de l’humanisation ou du christianisme, cet aphorisme décliné sous ces trois formes renvoie à la liberté humaine qui serait capable de transcender les héritages sociaux. Nous sommes là en pleine philosophie Sartrienne. On sait l’horreur qu’éprouvait Sartre devant ce que nous appelons « déterminisme ». Ce dernier ne peut qu’entraver la liberté et aliéner sa conscience.

                On ne peut pas nier que la féminité, l’humanisation ou encore la christianisation d’un être ne soit pas le résultat d’une construction culturelle. L’humain est en formation toute sa vie et ses choix dépendent de cette formation. On voit d’ailleurs l’intérêt à diversifier celle-ci si on veut éviter que tous les humains se ressemblent comme les voitures sortant d’une même chaîne de montage. On ne peut pas parler pour autant de rupture comme le laissent entendre ces proclamations. La vie est un continuum. Il y a un capital de départ qui est naturel, non seulement par les gènes, la biologie mais aussi par l’histoire. Jésus lui-même hérite des gènes de sa mère Marie, de son père Joseph ou d’un inconnu. Il a aussi toute une généalogie qui le précède. Il est l’aboutissement de cet ensemble. Et c’est à partir de là qu’il construira sa vie en s’instruisant à la synagogue, en apprenant un métier, en s’intéressant à la politique de son pays lorsqu’il dira par exemple: rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il est fils de Dieu par continuité et non par rupture. L’élection de Dieu ne l’arrache pas à l’humanité. Il n’est né en Dieu, il meurt et réapparait en Dieu. Il a cru être abandonné dans sa souffrance. Il ne l’était pas.

                Aujourd’hui, ces aphorismes ne doivent pas nous piéger. La femme devient femme à partir de ce qu’elle est. L’homme devient homme à partir de ce qu’il est. Le chrétien le devient à partir de qu’il était. Combien de chrétiens se sont dit chrétiens pour rompre par la suite avec ce qu’ils avaient cru être. Combien d’hommes ayant atteint une stature d’homme pleinement humaine sont devenue des bourreaux, combien de femmes ont épousé la liberté pour se rendre esclave par la suite. Simone de Beauvoir elle-même dans sa correspondance avec son amant en Amérique nous dit combien il est jouisif pour elle d’être l’esclave de celui qu’elle aime. Chez tous la nature a repris ses droits. Ils avaient voulu l’attaquer de front, ils ont échoué. Les passions sont revenues avec plus de force encore. Seuls, tiennent ceux qui savent composer avec les vents contraires sans chercher la rupture. Ils s’adossent à eux pour utiliser leur force éolienne sans se laisser aller dans la direction imposée.

                Il n’est pas possible de violer la situation passée pour construire le présent. Cette situation ne peut qu’être intégrée pour être transformée, sublimée pour reprendre un terme de la psychanalyse. Vouloir une rupture c’est prétendre pouvoir couper les racines à partir desquelles nous avons grandi, c’est sortir de l’« en Dieu » dans lequel nous étions avant même la naissance. C’est aussi perdre une part de liberté puisqu’il s’agit d’échanger un mode de vie contre un autre. Il croit avoir choisi. Ce n’est qu’un leurre. Il y a liberté lorsque l’être domine la situation qu’il est appelé à vivre, lorsqu’il ne se laisse pas emprisonner par elle et qu’il arrive enfin à la dépasser. Le Born gain n’est souvent qu’une fuite, une illusion. Affranchi de cette illusion, il comprend qu’il ne peut que rester inscrit dans le déterminisme de la nature.

                Plagiant nos trois auteurs nous dirons que l’on ne nait pas femme, on ne nait pas homme, on ne nait pas chrétien, on devient ce que nous sommes déjà et qui est encore caché en naissant. La vie heureuse est la vie qui permet que se réalise le potentiel que chacun porte en lui depuis toujours. Ce potentiel se révèle au fur et à mesure que se déroule la vie.

     

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    Qui suis-je ?

         Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
    serge soulie

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