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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 15:43

Cher pape François

Dans notre pays, comme tu le sais les protestants sont très minoritaires, à peine 2%. Si on ajoute à cela d'une part que les protestants issus de la réforme ne se reconnaissent pas forcément dans le mouvement dit "évangélique", et que d'autre part ceux de tradition luthérienne sont plutôt en Alsace Lorraine alors que les fiefs calvinistes disparaissent dans le reste du pays, on peut parler d'une minorité très éparse . Cette situation peut paraitre inquiétante parce qu'elle est peut être le prélude de la disparition du protestantisme historique. Elle peut être aussi porteuse de forces nouvelles si cette minorité sait s'organiser. Ces forces nouvelles seront vitales pour le protestantisme, elles seront une dynamique pour le catholicisme si celui-ci sait les accueillir.

Soyons clairs : le fait d'être protestant n'apporte pas beaucoup d'originalité à la pensée. D'abord parce qu'avec l' œcuménisme la théologie chrétienne actuelle est le résultat d'un dialogue vrai et fraternel. Il n'y a plus d'ostracisme, tout le monde peut en profiter. La censure de l' imprimatur joue très peu. Tout le monde peut profiter de ce qui est écrit et pensé y compris ce qui ne reçoit pas l'approbation de la hiérarchie catholique. Par ailleurs, il faut noter aussi que les protestants ont cessé de répéter ce qui faisait leur particularité et qui était trop souvent entendu comme une opposition au catholicisme. La profondeur des thèmes de la réforme qu'ils défendaient a été perdu. Tout est devenu banal. Cette banalité a nui à la réflexion , à la recherche et par conséquences à l' enrichissement de la foi. Le protestant s'est contenté de l' être parce que ses parents l'étaient comme si le protestantisme était inscrit dans les gènes. Les enfants n'ont pas suivi. Pour eux, catholique ou protestant c'est la même chose. Tout est banalisé. Les rites les plus marquants et les plus pratiqués l'emportent, peu importe leur sens.

Ainsi, si le protestantisme ne fait plus la différence, qu'est-ce qui la fait et pourquoi choisir encore ce type d'approche dans la religion chrétienne ? Je répondrai par expérience que ce que n'apporte pas le protestantisme, le fait d'être dans la minorité l'apporte en partie. Certes dans une société donnée, il n'est pas confortable de ne pas être dans la majorité. Il vaut mieux parfois le taire au risque d'être sanctionné pour non-conformité à la norme générale. Notons aussi qu'une minorité si elle veut être autre chose qu'une secte repliée sur elle même, doit, pour subsister être organisée. De ses réflexions, de sa recherche et le cas échéant de son culte, doivent se dégager des options dominantes sans que celles-ci deviennent uniques ou obligatoires. Afin d'éviter toute spéculation, elle doit rester sur le terrain, proche des gens et répondre aux interrogations du moment. Ici, le protestantisme français pourrait être cité en exemple, tout particulièrement dans les moments difficiles de notre histoire. Enfin, le maintien de la minorité exige le rassemblement pour des recherches communes, parfois des prises de positions tranchées en rupture avec la vox populi.

Celui qui opte pour un choix minoritaire forge son caractère. Il apprend ,ce que demandait la réforme, à penser par lui-même et à ne suivre personne d'autre que sa conscience. Il apprend à ne pas être brebis. Il peut même devenir berger s'il conçoit sa fonction comme celui qui appelle les autres à ne pas s'enfermer dans leur statut de suiveur. Le danger serait d'opter pour un mouvement minoritaire et de suivre le chef comme on suit un gourou. C'est vrai dans les petits groupes. Ces gourous là sont souvent dénoncés. c'est vrai dans les partis politiques, les subordonnés ânonnent ce que dit le chef. C'est vrai pour de nombreux chrétiens catholiques qui ne savent pas ne pas s'en référer à ce que tu dis pour l'approuver, plus rarement pour le désapprouver, enfin cela peut être vrai pour des communautés protestantes qui hissent leur pasteur sur un trône divin imaginaire. Les humains ont beaucoup de mal à ne pas devenir groupie ou tyran. Or la liberté, comme la citoyenneté se situent ailleurs. Chacun est invité à observer, analyser, comprendre, se faire son opinion et enfin parler et agir. S' inscrire dans une minorité évite de se joindre à la foule qui altère la vérité des choses et entraine sur des chemins qui ne sont que des fausses pistes.

fraternelles pensées

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 21:15

A en croire de nombreux chrétiens, le doute serait devenu le critère d'une foi juste, intelligente et vraie. Il nous permettrait de ne pas nous laisser enfermer dans des certitudes et des pensées figées. Il serait une sorte d'agent libérateur et nous permettrait ainsi de rester ouvert aux autres, aux nouvelles idées et à la modernité. Grâce au doute, nous échapperions aux pensées et aux attitudes ringardes.

Le doute nous fait croire que nous sommes à la pointe de la modernité. Il fait de nous des non conformistes, des personnages pas comme les autres qui osent se remettre en question là où les autres suivent la pensée dominante sans autres réflexions ; des personnes qui participent au renouveau de la foi. Bref : vive le doute !

Et si le doute, loin de nous libérer, nous aliénait ! S'il nous déstabilisait pour nous rendre dépendant. Ce n'est peut être pas par hasard si les meilleurs compagnons du doute sont trop souvent les anti dépresseurs et les anxiolytiques, matières pour le moins addictives ! Le doute nous paralyse et nous fait désinvestir le monde. Il nous empêche de regarder la réalité, de la voir et de la comprendre. Il nous rend indifférent comme Pyrrhon, le fondateur du scepticisme qui un jour, passa sans sourciller près d'un marécage où était en train de s'enliser un de ses compagnons. Pris par le doute Pyrrhon ne porta pas secours à son ami qui périt dans la vase. L'apologie du doute est renforcée par ces Chrétiens renommés, tels Mère Thérésa ou l'abbé Pierre, qui l'ont publiquement exprimé. Mais leur engagement et leurs œuvres suffisent-ils à leur donner raison ? Pouvons-nous faire du doute une vertu indispensable à la foi à partir de leur témoignage ?

Et si nous doutions de Dieu parce que nous avons une mauvaise conception de Lui ? Perçu comme responsable de tout ce qui arrive, le bon comme le mauvais, Dieu ne peut que susciter le doute. Le Dieu, à la fois providence et destin, est insupportable à l' homme. Le doute commence lorsque ce que nous attendons de lui ne se réalise pas. Il apparait lorsque soudain, Dieu ne nous apparait plus raisonnable, œuvrant à l' encontre du bon sens, acquiesçant à l' injustice, favorisant le malheur.

Le doute est le fruit de la culpabilité. Est-ce que je fais ce qu'il faut pour convaincre Dieu et déclencher en lui les bonnes réactions ? Ce que je crois, est-ce bien ce qu'il faut croire ? Le doute peut aller jusqu'à mettre en cause l' existence même de Dieu sans qu'il soit possible de penser les modalités de cette existence. Il est destructeur parce qu'il enferme, développe les mécanismes obsessionnels. Il ne permet pas d'accéder à des questions d'ouverture qui faciliteraient la redéfinition des choses y compris du divin. Le doute est la conséquence d'une pensée qui s'est figée et qui ne supporte plus que la chose envisagée ne fonctionne pas. Le doute n'interroge pas le concept même de Dieu. Il l'approuve ou le met d'emblée hors jeu.

Celui qui doute a, nous semble-t-il, tout intérêt à se rapprocher du Dieu des philosophes qui ne se définit pas par des termes relevant de l'anthropologie. Dieu ne supporte aucune comparaison avec l' humain. Il est impersonnel. Sans matérialité possible y compris au niveau des représentations. Il ne peut pas être pensé comme un haut personnage parce qu'il rassemble tous les attributs possibles-ce qui est impossible à l' homme. Quelques uns seulement sont reconnus, retenus et privilégiés. Pour Spinoza Dieu est comme la nature. Tout en elle ramène à Dieu. Le doute est donc impossible. Pour Épicure Dieu a deux caractéristiques essentielles : Il est incorruptible (éternel) et bienheureux (dans la béatitude). Autrement dit, il n' a pas une volonté intentionnelle d'action. Il est exempt de colère et de jalousie et on ne peut trouver en lui qu'un véritable modèle de sagesse. Dieu est un tout. Tout est donné d'avance. Aucun doute n'est possible. Seules des suppositions fausses - celles de la foule selon Épicure- incompatibles avec sa béatitude peuvent semer le doute.

En conclusion Dieu n'agit jamais intentionnellement comme un agent moral . C'est l'idée que nous avons de lui qui peut nous être bénéfique ou dommageable. Le doute apparait lorsqu'on suppose des idées fausses à propos de Dieu. Mère Thérésa et l' abbé Pierre ont été de grands témoins de l'amour de Dieu mais leur doute reste une mauvaise visée du divin.

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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 12:11

En ce temps de Noël, circulent un certain nombre de pétitions à signer favorables à l'installation de crèches dans les mairies. Ces pétitions émanent soit de l' extrême droite ou de la droite dure, qui par ce biais veut défier de manière frontale les musulmans et leur faire admettre que la France est un pays chrétien et qu'ils n'ont rien à y faire, soit de milieux catholiques, peut être sincères mais naïfs, qui pensent aussi que la France est une terre chrétienne où les traditions de l' Église doivent se vivre y compris dans le domaine public. On peut lire dans la presse des articles où des prêtres défendent cette position sous prétexte que la crèche est devenue un fait culturel et que notre "laïcité à la Française" doit être une laïcité ouverte.

Une telle affirmation ne tient pas compte de l'histoire de notre pays. Dans la tradition calviniste, les protestants s'interdisaient - et certains se l'interdisent encore- de dresser une crèche dans leur maison. Ils n'auraient pas apprécié d'en trouver une dans l' école publique ou dans une salle municipale. Il n'en a d'ailleurs jamais été question dans la plupart des villages du midi. Affirmer que la crèche fait partie de la tradition chrétienne n'est vrai que si on élimine une partie de la chrétienté.

Il faut noter par ailleurs que faire glisser des traditions religieuses et cultuelles vers le culturel pour justifier qu'elles soient imposées à tout un pays n'est pas très honnête et ne profite à personne. On peut comprendre que dans notre pays, l' Église catholique - comme d'ailleurs toutes les Églises chrétiennes - en perte de vitesse soit tentée de sauvegarder des traditions marquantes. Cela va-t-il pour autant faire rayonner le catholicisme et fortifier la foi? On peut en douter si on regarde ce que sont devenues les religions de la Grèce antique représentées encore par quelques temples dédiés à leur divinités. Un tel glissement ne peut qu'irriter ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette tradition de la crèche parce qu'ils confessent une autre religion, parce qu'ils ne partagent pas la même vision de la foi chrétienne ou encore parce qu'ils n'appartiennent à aucune confession et ne sont attachés ni à des rites ni a des représentations religieuses.

Les mairies comme les écoles, les préfectures et autres bâtiments publics représentent l' Etat et doivent rester neutres. Ils n'ont pas à hiérarchiser les religions sous prétexte que l'une est plus ancienne et plus nombreuse que les autres. Il y a quelques années, la question de la présence d'un crucifix dans la salle de mariage d'une mairie s'était posé. Les défenseurs de cet insigne mettaient déjà en avant le fait culturel. Pourquoi ne pas mettre alors des statues de la vierge sous prétexte que c'est notre culture puisqu'il y en a sur de nombreuses collines dominant les villages et ceci depuis des siècles ?

Interdire les signes religieux, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent, dans les lieux représentant la république est une garantie pour la liberté de toutes les religions qui peuvent s'exprimer dans les lieux qui leur sont consacrés. C'est aussi une garantie pour ceux qui ne se réclament d'aucune confession. La laïcité vise à donner à chacun sa place dans notre société sans subir la pression organisée de celui qui ne pense pas de la même manière et qui ne fait pas les mêmes choix. Notre république n'est ni catholique, ni musulmane, ni protestante, ni juive elle est laïque. On peut d'ailleurs se réjouir que l' association des maires de France où sont regroupés les édiles de droite comme de gauche demandent aux maires d'éviter de dresser des crèches dans les mairies. Les évêques devraient la soutenir officiellement et sans hésitations.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 12:17

Afin d'empêcher le Front National d'accéder à la présidence de trois régions, et devant le refus de la droite Républicaine ( qui avec Sarkozy n' est peut être pas aussi républicaine qu'on ne le dit) de faire des listes d'union, le parti socialiste a décidé de se retirer et appelle à voter pour le candidat républicain. Elle réitère ce qu'elle avait déjà fait en 1981 en appelant à voter Jacques Chirac après l' élimination de Lionel Jospin.

Il est surprenant que le parti n'ait pas tiré de cette expérience deux leçons fondamentales

- d'une part, le manque de prise en compte de ce désistement par la droite afin de présenter aux français des propositions de gouvernement communes.

- d'autre part l'installation quasi définitive de cette même droite qui une fois au pouvoir peut aller jusqu'à détourner des moyens légaux pour s'y maintenir . Il a fallu l' arrogance et les grandes maladresses de Sarkozy pour qu'elle perde le pouvoir en 2012. Un homme sensé et respectueux de son peuple aurait été réélu comme ce fut le cas pour la démocratie Chrétienne en Italie.

Cette position du PS pourrait se comprendre à la lumière de données historiques. En effet si en 1930 les partis allemands s'étaient entendus, ils auraient peut-être empêché l'accession d' Hitler au pouvoir. Même chose pour les pays représentés à Munich qui n'ont pas résisté au Führer. Toutefois, ces comparaisons ne sont pas raison. Le contexte n'est pas le même et plus que le fascisme, l'extrême droite nous fait craindre le chaos pour la France ce qui effectivement pourrait conduire à un régime totalitaire à moins qu'un coup d' état ne mette fin à une telle situation. La France, même en ce début de 21 ème siècle n'en est pas à l' abri.

La montée du Front National, qui se trouve en position d'éligibilité pour tous les scrutins (et contrairement à ce qui est dit, les récents attentats ont peu changé la donne) vient de ce que ce parti n' a pas pu, de par nos institutions être représenté dans les différentes instances politiques du pays alors qu'il faisait plus de 20% des suffrages. Les deux députés actuellement à l' assemblée Nationale ou les quelques maires se réclamant de lui ne représentent qu'un ratio bien maigre en rapport des voix recueillies lors des scrutins concernés.

Or laisser le Front National gagner deux ou trois régions ne représente pas un grand danger pour la République. Ceci aurait permis aux français de découvrir que ce parti ne faisait pas mieux que les autres et probablement pire tant ils sont inexpérimentés et démagogues. Au lieu de cela les" socialistes" comme" les républicains" n'ont de cesse que de diaboliser ce parti. Cette manière de faire fait gagner des voix au Front National parce que les électeurs "veulent essayer" en les mettant au pouvoir. Pour l' élection à la présidence de la république, on peut comprendre la crainte que cela inspire. Pour des régionales, c'était une bonne occasion de découvrir leur visage masqué. Le parti socialiste passe à côté comme d'ailleurs en 1981 car pour être élu, Chirac n'avait pas besoin des voix socialistes . Se retirer aurait suffit et les français auraient apprécié que l'on puisse les laisser libres devant le choix de leur vote de la même manière qu'ils apprécieraient d' être libres dimanche prochain et de pouvoir voter socialiste si leur candidat s'était maintenu. Quelle erreur de confisquer ainsi leur vote sous prétexte qu'il y a péril dans la demeure et feu au lac.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 18:56

Depuis les attentats de janvier et la grande manifestation où des milliers de français ont exprimé l' horreur devant tant d'exécutions, le milieu associatif, les Églises ou les universités populaires tentent d'organiser des rencontres avec les musulmans afin que de pareilles horreurs ne se reproduisent. Leurs initiatives sont louables car comment ne pas croire aux vertus du dialogue pour faire avancer le vivre ensemble dans notre pays.

Malheureusement , il faut se rendre à l' évidence, toutes ces tentatives échouent quels qu'en soit les organisateurs et on voit mal quels fruits elles pourraient porter.

Tout d'abord, il faut bien constater qu'à part l' imam de service dans le meilleur des cas ou le président de la mosquée, aucun musulman n'est présent à ces rencontres. On pourrait même aller jusqu'à dire que ne s'y retrouvent que ceux qui les ont organisées. Plusieurs réunions ont dues êtres annulées. Le moins que l'on puisse dire, est qu'il n'y a pas de demande du côté musulman.

Lorsque ces rencontres ont lieu, le représentant musulman insiste sur le désir de sa communauté d'entrer dans les lois et les valeurs de la république. Les propos sont lénifiants soporifiques et peu en accord avec la réalité vécue ou fantasmée. Les incidents sont souvent minimisés pour ne pas dire ignorés. Le foulard, les mariages forcés, les questions de mixité à l' école, le refus des programmes scolaires, tout cela n'est qu'épiphénomène ne méritant aucune attention. On pourrait résumer ainsi: Tout va très bien Madame la marquise! Nous sommes le monde des bisounours! Quant aux interlocuteurs, ils se taisent. Les religieux par charité, les gardiens du temple laïque par idéologie. D'autres peut-être encore par crainte. En conclusion les vrais problèmes ne sont pas débattus puisqu'ils sont niés même si c'est à cause d'eux qu'a eut lieu la rencontre.

Pendant ce temps, que se passe t-il dans la réalité? Deux choses:

Les gens ont peur lorsqu'ils prennent l' avion (il y en a encore un qui vient de tomber) ou autre transport, lorsqu'il se retrouvent dans des salles fermées . Artistes et écrivains se censurent ce qui est peut être la plus grosse atteinte à la démocratie . Les écoles privées religieuses se créent. Les espaces à visiter dans le monde se rétrécissent sérieusement. Et bien sûr toute l' économie de la planète est en souffrance. Il a été clairement démontré depuis longtemps que les échanges se substituent à la guerre. Lorsque ceux-ci ne sont plus possibles les conflits sont exacerbés.

Les courants politiques extrêmes prospèrent. Le droitisme dont les frontières ne sont plus celles des partis politiques montent. Islamophobie et xénophobie gagnent du terrain. Le communautarisme s'impose et l'injustice s'accroit.

On a envie de crier quel gâchis! En effet quel bonheur de lire des textes de grands penseurs musulmans. Ils sont de vrais enrichissements pour la foi mais plus simplement encore pour l'humanité tout entière. Ils témoignent que l' islam n'est pas un bloc qui s'oppose a tout le reste mais au contraire une pensée nuancée, diverse et souvent puissante. L'art y est très représenté et très suggestif. Il suffit de voir certaines mosquées qui n'ont rien à envier à nos cathédrales. Je passe sur l' apport au niveau des sciences qui été souvent bien en avance sur le reste du monde.

Mais il est vrai que des peuples qui ont souvent été soumis , colonisés, dévalorisés dans des régions peu hospitalières, où le désert occupait les plus grands espaces a besoin de temps pour s'adapter au mode de vie occidental et pour dépasser certaines coutumes qui nous paraissent aujourd'hui aliénantes. Il se sent culturellement bien faible pour ce qui est de la culture. La tentation est alors forte de vouloir s'imposer par la religion. Mais peut-on oublier que notre pays à lui aussi eut bien du mal à s' arracher à l' enfermement du religieux pour retrouver un esprit libérateur, de tolérance et de recherche. Il a fallu la réforme, le siècle des lumières et cela continue encore aujourd'hui. Et ce n'est pas encore tout à fait gagné. Il y a encore des zones d'ombre.

Devant ces difficultés, il me semble que notre pays doit rester ferme sur les lois de la république. Elles doivent passer avant les coutumes. Nos valeurs et nos codes actuels doivent êtres respectés. Comme il n'est pas possible de faire des lois générales pour tout, les entreprises, les institutions doivent pouvoir élaborer la charte qui garantit leur fonctionnement et la liberté quitte à ce que cette charte , comme le règlement intérieur d'une entreprise soit soumis à un organisme qui en vérifie la légitime possibilité. La charte scolaire et celle de l' entreprise Paprec en sont un bon exemple.

Quant aux conférenciers de tous bords, s'ils ne veulent pas que leurs paroles aient des effets contraires à ceux espérés, qu'ils n'hésitent pas à aborder la réalité telle qu'elle se présente et telle qu'elle est ressentie à tord ou à raison par le plus grand nombre.

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 11:04

Il était cadre. Il vient de racheter une entreprise. La quarantaine, très actif. Il doit se tenir au courant de l'activité économique du pays . Les nouvelles lois l' intéressent au premier chef. Malgré cela, il a décidé de ne plus écouter les informations ni à la télé ni à la radio. Depuis trois mois il se contente de vérifier celles qu'il entend.

Lorsqu'on lui demande si les informations quotidiennes ne lui manquent pas, sa réponse est catégorique: " Je ne m' étais jamais porté aussi bien; Je me rends compte aujourd'hui , combien ces informations pesaient sur moi y compris lorsque je les écoutais d'une oreille distraite. Mon inconscient devait être travaillé. Je me sentais lourd et fatigué, portant un fardeau non identifié dont je ne pouvais me débarrasser. Il m'était difficile de me concentrer sur mon travail comme si quelque chose confisquait mon énergie. Je ne captais aucune information précise . Toutes m' écrasaient . Je ne pouvais pas les sélectionner. Aujourd'hui, je me sens léger, plein d' énergie. Je peux me consacrer à l' activité. Ce ne sont pas des arrières pensées qui freinaient mon entrain. C'était la difficulté de ne plus pouvoir penser. J'évoluais dans une sorte de brouillard. Je manquais d' air.

Si aujourd'hui je ne regarde plus les informations, ce n'est pas par manque de temps ou parce que j' ai d'autres priorités. C'est vrai, j' ai beaucoup de travail. Ma décision est thérapeutique. Je laisse de côté ce qui me rend malade et tant pis si cela me dessert un peu , l'information venant parfois un peu tard. Je me retrouve en tant que personne. C'est comme si soudain je pouvais exister, penser. Etre, tout simplement. " Il se met à rire et ajoute "je pense donc je suis".

Ce chef d'entreprise n'est pas le seul à être incommodé par les informations reçues chaque jour. Quelle que soit leur profession ou leur place dans la société, ils sont nombreux ceux qui dé- noncent la manière dont nous sommes informés. Les raisons sont diverses. Pour les uns il y a un réel manque d'objectivité. Leur critique est politique. D'autres regrettent l'insistance sur des faits divers ou des actes et des paroles politiques sans lendemain. "Les médias devraient avoir honte de nous faire entendre les pets de notre personnel politique, pets sans lendemain mais sentant souvent si mauvais qu'ils font perdre la raison" disait cet enseignant.

Un autre ajoutait: "les informations sont si partiales et si partielles qu'elles nous font oublier que le monde est un tout, que les choses sont liées entre elles, qu'il n'est pas possible de les présenter sans tenir compte de ce tout. Les infos sont une trahison de l' info".

La question est bien qu'est-ce qui ne va pas dans la communication de nos médias. Est-ce la méthode? Le contenu? Le trop plein? Bien sûr il y a l' audimat. Le but n'est pas d'informer mais de plaire. Il y a le scoop. Il faut être le premier à sortir la nouvelle et tant pis si l'info manque de rigueur ou de vérité. Les élus sont des habitués . Que de postures ! Leur souci: capter des voix aux élections prochaines. Le discours politique en est totalement discrédité. Le peuple n' y perçoit pas plus de véracité que de vérité. Il y a aussi les intérêts financiers: l'info doit payer!

Il serait maladroit, voire dangereux de porter une critique radicale sur nos moyens de communications et sur le contenu des informations. Il faut savoir apprécier ce qui est porté au grand jour et qui par le passé était tu par manque de moyens et de liberté. Il n'est pas vrai que la liberté "fou le camp". Celle -ci, élargissant le champ des possibles, demande toujours plus d' analyse, de pertinence et de rigueur.

Notre cadre entrepreneur a sans doute le mieux souligné ce qu'il manque à l'information. On ne sait plus ce qui relève d'elle et ce qui relève de la publicité et de la séduction. Tout est mélangé. Il faudrait séparer et bien identifier ces plages là . Les infos manquent de prudence . Quand le reportage se mêle à l' opinion, quand le détail occulte l' essentiel, quand l' analyse est soumise à l' idéologie, quand des intérêts divers suintent sans s'afficher, alors l'homme se sent dépassé , écrasé, voire méprisé. Il ne lui reste plus qu'à fuir.

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 12:00

L'HUMANISME

Au 15eme siècle est apparu en Italie puis en France un mouvement intellectuel et littéraire appelé humanisme. Au cours des siècles qui ont suivi jusqu’à aujourd’hui, ce mouvement s’est considérablement enrichi avec les évolutions de la société. Tout au début il s’opposa au contrôle exercé par l’Eglise dans le domaine intellectuel et culturel. Il aida la philosophie à s’affranchir de la tutelle de la théologie en développant l’esprit critique. Puis, avec Erasme, Rabelais, Montaigne et d’autres, il défend la valeur et la dignité de l’homme plaçant ce dernier au centre de l’univers afin qu’il puisse développer librement ses facultés par l’éducation et accéder à une sagesse purement humaine. La Réforme protestante prônant le retour pour tous aux textes bibliques et à la libre conscience participera fortement à cet humanisme.

La philosophie des lumières malgré quelques hésitations, se rangera du côté de cet idéal humaniste en s’insurgeant contre toute sorte d’asservissement qu’il soit religieux, politique ou économique. Des penseurs comme Marx, Freud ou encore Sartre continueront ce combat- chacun dans leur domaine- contre tout assujettissement.

Aujourd’hui, l’humanisme est porteur de valeurs universelles. Les droits de l’homme formulés en 1948 sont son principal outil. Il cherche à améliorer ses droits et à les faire valoir dans tous les pays en insistant sur la non discrimination, la solidarité, la non violence, l’épanouissement de l’être. L’humanisme touche aussi bien la vie en collectivité que le développement de la personne.

LE TRANSHUMANISME

Depuis une vingtaine d’année est apparu dans les pays anglo-saxons et plus particulièrement aux USA le transhumanisme appelé parfois post humanisme. Il se dit faire suite à l’humanisme actuel et semble vouloir en poursuivre les mêmes buts à savoir améliorer la condition de l’homme. Pour cela il se propose d’exploiter au maximum et dans tous les domaines les dernières découvertes des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales de l’homme. Le transhumanisme vise à empêcher le vieillissement tout en maintenant le jeunisme. Il cherche à prolonger la vie en transformant le corps et l’esprit de l’être. Il s’agit d’une augmentation de l’être.

Cette augmentation de l’être peut se faire de l’extérieur comme de l’intérieur.

Du point de vue extérieur cette augmentation consistera à fournir à l’humain des outils allant jusqu’au remplacement d’un organe manquant. La jambe de bois existe depuis longtemps. Disons que la bionique est plus perfectionnée et plus efficace. La greffe d’un cœur artificiel parait très spectaculaire mais est-elle de par sa fonction bien différente de celle d’un membre ? Ces prothèses remplaçant un organe défaillant semblent rendre à l’individu une partie de l’humanité perdue. Elles restituent à l’humain une partie manquante lui permettant de retrouver la plénitude de son humanité. Ainsi, on ne saurait trop être critique vis-à-vis de ces possibilités dues aux progrès. Tout au plus, on peut être réservé sur les coûts. Seuls quelques personnes aisées pourront en profiter. Par ailleurs est-il-bien raisonnable de greffer un cœur à une personne dont l’espérance de vie reste réduite de par son âge ? C’est une question d' économie et de prise en charge par la collectivité..

Parmi ces interventions extérieures mentionnons les robots. Ils sont clairement appelés à remplacer l’humain. Ils peuvent servir d’hôtesse d’accueil et donner des renseignements rigoureux. Ils sont plus précis que les mains du chirurgien en micro chirurgie. Ils peuvent tenir lieu de dame de compagnie pour personnes âgées. Ils sont interactifs, serviables. Jamais de mauvaise humeur, toujours disponibles. Ils contrôlent parfaitement leurs émotions tout en percevant celles de leurs interlocuteurs et en agissant de manière adéquate. Imagiez un robot qui perçoit votre déprime. Il s’approche de vous, pose sa main sur votre épaule en disant « allez, c’est un mauvais moment à passer. Ça ira mieux demain ! ». Si vous tombez il vient vous relever.

On peut aussi imaginer le robot fabriqué selon vos désirs et à votre convenance. Il devient le partenaire idéal (e). Il est votre réplique, l’identique. Vous lui mettez un utérus artificiel (ou un pénis) et le tour est joué. Le robot vous fait jouir avec le partenaire idéal, celui que vous n’avez jamais pu rencontrer jusqu’ici. Ne riez pas ! Ne pleurez pas ! Il faut savoir que tout cela est possible aujourd’hui. Il faut oser le voir et le dire. Se taire ou le nier c’est déjà se soumettre à cet " homme ou cette femme machine " qui sera proposé à tous avec insistance. L’aliénation sera alors telle qu’il ne viendra à l’idée de personne de s’y opposer.

Du point de vue intérieur, il y a « l’augmentation » de la personne en intervenant directement sur le corps mortel, corps voué à disparaitre au profit d’un « corps autre », de nature différente, garant de l’immortalité. Ces interventions peuvent être diverses.

Notons d’abord celles visant à cacher le vieillissement comme les crèmes antirides ou à modifier l’aspect apparent du corps. Cacher le vieillissement est devenu chose banale. Il y a peu de risques sinon celui de rendre l e corps illisible. Il ne dit plus son âge. Il ne porte plus son histoire. Il y a un décalage entre la réalité et l’apparence.

Viennent ensuite les traitements sensés modifier les tissus par prise de pilules ou d’injections afin de prolonger la vie. La chirurgie, esthétique ou pas, modifie définitivement et par petites touches les parties du corps et leur fonctionnement naturel. Sans être invasive. N'oublions pas la cryogénisation des morts dans l' attente que soit trouvée la solution à l’immortalité.

-Enfin il y a la création d’un « trans humain » par intervention sur les gènes ou par le clonage qui fait l’économie de la démarche naturelle. Toutes ces interventions sont sensées permettre à la nouvelle créature de s’adapter aux changements à venir tel le réchauffement climatique ou encore la disparition d’espèces jusque là indispensables à la vie ou aux voyages interstellaires.

POUR UN TRANSHUMANISME POSSIBLE

Le transhumanisme déchaine les passions parmi ceux qui l’approuvent comme parmi ceux qui le rejettent. En considérant chaque chose l’une après l’autre il ne semble pas impossible de trouver les solutions permettant chaque fois de rejeter ce qui fait mal pour garder ce qui apporte plus d’humanité. Pour cela trois conditions doivent être prises en compte :

- d’une part la finitude de l’homme. Celui-ci ne peut que s’accepter comme mortel au risque de mettre en péril toute la création par une lutte acharnée afin d’obtenir l’immortalité. La résurrection telle qu’elle est présentée dans la bible encourage et facilite l’entrée dans la finitude. Comme le grain de blé, il faut mourir avant de donner une nouvelle plante.

-d’autre part l’idée selon laquelle l’homme à la possibilité de détruire la planète toute entière. Il est « presque fait comme un Dieu » (psaume 82). Il possède suffisamment de puissance pour anéantir la création. Il peut aussi éliminer l’homme de chair et de sang en créant un homme machine qui sera son double. Quelle place alors pour l’homme naturel ?

-Enfin l’humain ne doit pas perdre de vue qu’il fait partie d’un Tout et qu’il est en permanence en inter-relation avec les éléments de ce Tout. Sa vie dépend de la qualité des relations établies avec l’ensemble de ces éléments. Un transhumanisme qui aurait pour origine l’égoïsme de l’homme et qui replierait ce dernier sur lui-même ne peut qu’être dangereux et destructeur. Un transhumanisme visant à rendre à l’homme la part de son humanité perdue ou à améliorer son confort ne peut qu’être encouragé. Dans ce cas, le mot humanisme est-il approprié.

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 14:26

Cher François,

Voilà bien longtemps que je ne t'avais pas écrit. Je suis comme la plupart des français "un paresseux de l' été". Il faut bien oublier un peu et se désintéresser de ce qui se passe. N'est-ce pas le meilleurs repos que nous puissions prendre? Je sais bien que tout cela est très critiquable et que nous ne devrions pas baisser la garde sur ce qui se passe en France et dans le monde. Les pires choses peuvent arriver sous le soleil y compris lorsqu'il est agréable. On dit que les politiques profitent de l'été pour faire passer leurs lois et qu'à la rentrée, lorsque tout le monde se réveille, il est trop tard pour modifier les décisions prises., il ne reste plus qu'à subir. Mais peut-on être un veilleur permanent? A veiller toujours ne risque- t-on pas d'en oublier sa mission? Il faut savoir différencier le temps.

Et puis suivre en permanence un Grand Personnage, puisque tu en es un, c'est fatiguant, pire encore, c'est aliénant. A moins d'être un fan, de faire de toi une idole, et de renoncer à sa liberté il est nécessaire pour rester inventif de rompre avec les préoccupations habituelles. Je reste perplexe et parfois agacé par tous ces amis qui ne cessent de répéter qu'avec toi l' Eglise et le monde vont pouvoir changer. Ils s'enferment dans un suivisme démobilisateur qui les empêche d' être inventifs et qui ne peut que te nuire. En bon protestant , je reste persuadé que chaque être humain est pape autrement dit que chacun doit préparer sa conscience à agir et à transformer le monde. La réforme dont je suis l' héritier ne peut qu'être continue .

Ce qui m' amène à reprendre ma correspondance , ce sont tes propos sur l' avortement. Je pensais naïvement que cette affaire depuis la loi Veil était réglée. Si j'ai bien compris l'avortement est impardonnable pour celle qui se fait avorter comme pour ceux qui se font complices de cet avortement comme le médecin par exemple. Jusqu'ici, seul l' évêque pouvait pardonner. Désormais dans le cadre du sacrement de la réconciliation le prêtre pourra pardonner.

Devant cet état de chose ma première réaction est de dire qu'heureusement nous ne sommes pas sous le régime de l' Eglise. Sa vision des choses contient en germe tout ce qu'il y a de pire dans les états où la religion est au pouvoir. Je dis vive l' Etat laïque. Nous ne devons pas l' oublier. Ne soyons pas naïfs. Quant au fonctionnement interne de l' Eglise, il est difficile de comprendre et d'accepter ce pouvoir qu'elle s'arroge sur les individus. Le pardon, présenté comme une grâce faite au coupable n'est en fait que la conséquence d'un jugement et d'une exclusion. L' Eglise invente et crée une faute, elle désigne un coupable auquel elle dit :" nous sommes gentils nous vous pardonnons". Cet ascendant sur les autres, rendu possible de par l'interdit posé par elle ici " il est interdit d'avorter", crée de la culpabilité (tu es coupable), de la dépendance (tu dois me demander pardon et je te pardonnerai) et enfin va à l' encontre de l' Evangile qui invite chacun à aller vers Dieu et non vers les hommes. Aller vers Dieu c'est fuir toutes dépendances aux choses de ce monde y compris l' Eglise et ceux qui la compose. L'homme est un affranchi par Dieu et nom par une institution quelle qu'elle soit. Dieu n'ayant pas de représentant possible ne peut être chosifié ni en matière ni en pensée. Sous cette condition il n'est pas possible de devenir dépendant de lui. On ne peut être dépendant que des représentations que l'on s' en fait (et l' Eglise en est une et prétend représenter Dieu) et des pratiques que l'on institue. Dieu renvoie toujours à nous même. Jamais à un autre. En Dieu il n'y a pas d'autre. Il est Tout.

C'est parce que les religions ,( Eglise comprise) , s'accaparent Dieu que le monde dit ne plus croire en lui. Le Dieu des religions n'est pas le Dieu de la bible. Ce dernier échappe à toute pensée.

Tu comprendras , bien cher François combien je suis éloigné de tes conceptions qui ne sont peut être que celles de l' Eglise dont tu es le chef. Dans ce cas, je ne peux que respecter la déférence que tu as à l' égard de celle-ci . Mais je ne peux qu' être affligé par cette attitude. Avoir la foi ce n' est pas obéir à une Eglise ou a une figue d' autorité c'est se libérer de toute forme de soumission et faire confiance à l' humanité pour qu'elle s'améliore. Alors pourquoi l' église se substitue t-elle à cette humanité jugeant ceux qui ne pensent pas comme elle? Se prendrait-elle pour l' humanité en son entier? La foi n'est pas une adhésion à un objet, à un être ou encore à une doctrine ou à des convictions. Elle est construction de nos vies. Elaboration de nos pensées. Croire c'est produire ce que l' on croit. Ce n'est pas faire allégeance à ce que d'autres croient et encore moins à obéir à l' Eglise. Bien au contraire, la foi c'est lui désobéir pour retrouver le chemin de la liberté.

Tu le vois, nos différences sont grandes . Qu' elles ne nous empêchent pas d' être frère en humanité mais osons affirmer ces différences et que le monde sache qu'elles existent et que chacun ose s'aventurer à être pape là où il se trouve.

Bien à Toi.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 21:21

Bien cher François,

Oui, je dis encore! En effet une semaine ne s'est pas encore écoulée depuis que les protestants français ont opté pour la bénédiction du mariage pour les couples de même sexe que l' Irlande vote à plus de 60% pour le mariage pour les couples homosexuels. Si vu de Rome le protestantisme français ne peut qu'être quantité négligeable, il n'en va pas de même pour ce pays très catholique qui, il y a encore vingt ans persécutait les homosexuels et les emprisonnait. L' Eglise catholique aurait- elle perdu tout pouvoir sur ces deux pays alors que l'un était reconnu comme la fille ainée de l' Eglise et l' autre le plus grand opposant aux protestants?

Loin de moi l' idée de me réjouir d'une telle situation même si comme tu le sais , je pense qu'aucune religion ne devrait être en mesure d' obliger le pouvoir politique. Il en va de la liberté et de la fraternité. Tu connais mon attachement à la laïcité, condition indispensable à ces deux vertus. Je voudrais simplement attirer ton attention sur les lames de fond qui, engendrées par les sociétés elles mêmes, les transforment par la suite. Rien ne peut arrêter ces lames. La violence peut certes les retarder. C'est ce qui s'est passé au moyen âge avec l'inquisition et autres massacres de l' Eglise . Mais est venu ensuite la réforme . Rien n' a pas pu l' arrêter. Les progrès scientifiques ont remis en cause ce qui n' était vérité que pour l' Eglise, plus pour le monde. Et cela continue. Aujourd'hui rien ne peut arrêter la reconnaissance de l' homosexualité parce qu'elle est inscrite au cœur même de l' évolution sociale.

C'est pourquoi la seule réponse est une adaptation intelligente permettant que l' amour dont est porteur Jésus-Christ puisse continuer à se répandre. C'est ce à quoi aspirent tous les humains. Alors attachons nous à voir comment on peut en témoigner plutôt que de vouloir conserver une manière de voir et de comprendre le monde comme s'il n'était pas en mouvement. On n'arrête pas les aspirations humaines et lorsqu'un pays est solide politiquement, plutôt bien organisé, ces aspirations se réalisent et s'imposent un jour où l' autre. Si elles n' arrivent pas à s'imposer , alors le pays sombre dans le chaos le plus total. Les printemps arabes témoignent de cette alternative obligatoire même si les choses sont longues à se mettre en place.

Si les religions ne faisaient pas obstacle, si l' Eglise catholique qui a encore beaucoup de pouvoir ne trainait pas les pieds pour freiner toutes les évolutions, ne penses-tu pas que de nombreux pays auraient connu plus de bonheur depuis plus longtemps! Pourquoi l' Eglise a-t-elle soutenu si longtemps les dictateurs comme Franco en Espagne, Vidella en Argentine et j'en passe, pourquoi s'est- elle tue devant la peine de mort? Pourquoi est-elle si réticente devant l' avortement , l'homosexualité? Ne se rend elle pas compte qu'elle ampute la part de bonheur auquel tout le monde à droit et qu'elle met en péril toutes les règles qui devraient accompagner toute évolution.

Je prends un exemple. Est-il bon de s'opposer à la PMA et GPA ? Cela crée de nombreux problèmes de toutes sortes et pendant ce temps on néglige à penser et élaborer les lois, "garde fou" nécessaire pour encadrer ces moyens permettant d'avoir un enfant. Leurs pratiques se déroulent dans des conditions scandaleuses mais au lieu de regarder au bons sens et à ce qui rendraient les gens plus heureux, l' église veille à ce que ses dogmes soient respectés. Quelle bêtise! Elle doit apprendre à accompagner les humains dans leur désir avant que déçus, ils ne se laissent berner et entrainer par des fous dangereux ne rêvant que d'exterminer ceux qui ne pensent pas comme eux.

Allez courage! Le vote des Irlandais est une bonne nouvelle et préoccupons nous maintenant d'apprendre à accompagner tous les couples qu'ils soient de même sexe ou pas. Réfléchissons aux conditions les meilleures pour que puissent s'appliquer la PMA et la GPA. Et si pour une fois, l' Eglise devançait dans sa modernité le monde politique! N'est-ce pas ce qu'à fait le Christ par rapport à la religion et à la société dans laquelle il vivait?

Fraternellement.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 21:01

Bien cher François,

Je ne doute pas que tu sois au courant des dernières décisions votées par le synode de l' Église Protestante Unie de France . Dans notre pays cette information a fait les choux gras de la presse. Les pasteurs et autres laïcs défilaient sur les plateaux de télévision et à la radio. Les protestants habitués à ce qu'on les ignore, ou mieux encore à ce qu'on les assimile purement et simplement aux catholiques n'en revenaient pas. De quoi te rendre jaloux mon cher François.

De plus ce synode à eut lieu à Sète. La ville de Paul Valéry et de Georges Brassens. Là se croisent la poésie et le non conformisme. On ne pouvait pas faire mieux. Sans oublier bien sûr le mont Saint Clair qui invite chacun à prendre de la hauteur pour mieux regarder et la terre et le ciel tout en scrutant l' horizon marin. Sète, la ville de la liberté. Tout un symbole.

Dans un premier temps j' ai pensé que tu devais fulminer dans ton coin regrettant toutes les gentillesses faites aux protestants au nom de l' œcuménisme. Peut être même pensais-tu que ces protestants dits "historiques" avaient presque totalement disparus et qu'il ne restait plus que les évangéliques beaucoup moins dangereux parce qu'ils partagent avec l' Église catholique de nombreux points de vues. Si on s'en tient au nombre, tu ne te trompes pas vraiment. Le protestantisme historique se réduit d'année en année. Pour ce qui est de la pensée c'est tout autre chose. Ceux qui sont encore là sont bien verts et présents dans l' actualité. Le choix d'une bénédiction pour un mariage des couples de même sexe en est la preuve.

Puis, connaissant ta sagesse et aussi ta compassion je me suis dit que tu priais pour nous. En effet , on a pris l' habitude de te voir souriant et avenant. Débarrassé de l' accoutrement dont s'affublaient tes prédécesseurs dont on voyait vite qu'ils n' étaient pas des anges sans percevoir pour autant et tout de suite qu'ils étaient des hommes, tu invites à la sympathie. Tu donnes envie à engager un dialogue. Ma question est devenue alors: mais à qui s'adresse t-il pour prier pour nous. Pas à la vierge Marie puisqu'elle est "persona non grata" chez les protestants, pas aux saints puisqu'ils n'y croient pas. Heureusement il nous reste Dieu le père et son fils Jésus- Christ. Ce n'est quand même pas rien. L'ennui est que cela fait de toi un protestant!! C'est toujours comme cela dans les réunions œcuméniques. On élague, on élague, comme si le protestantisme était la forme simplifiée du Christianisme. L'administration française si compliquée devrait s'en inspirer.

Enfin, je me suis ravisé. Je me suis dit que tu nous enviais peut- être. Je suis même allé jusqu'à penser que tu souffrais au fond de toi de ne pas pouvoir t' exprimer sur des sujets qui te tiennent à cœur semble t-il . C'est ainsi que tu sembles parfois en contradiction avec toi-même. Tu déclares par exemple ne pas avoir le droit de juger les homosexuels. Leur refuser de s'aimer ou refuser qu'un homosexuel soit l' ambassadeur du Vatican, n'est-ce pas les juger indirectement? Un ami avançait que tu étais hypocrite. Je ne le pense pas mais ta position peut le paraitre. Il y a trop de contradictions entre ce que semble te dire la conscience et les exigences de ta fonction. Laisse toi conduire où ton cœur te mène. Je le sais, c'est très dur et nous en sommes tous là. N'oublie pas que le meilleur témoignage que tu puisses rendre au monde c'est de réduire cette contradiction. Alors je ne te dis pas que je prie pour toi car je ne crois pas à ce type de prière comme si un Dieu pouvait ouvrir les écluses du ciel. Je crois seulement que Dieu a tout donné pour que Toi et les tiens puissiez changer les choses afin que l' amour de Jésus- Christ soit visible aux yeux du monde., ceux que notre morale aime comme ceux qu'elle se plait à condamner.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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