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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 15:25

 

      Après le succès, bien que relatif, du front National aux dernières élections législatives beaucoup s'interrogent sur les raisons qui, d'élections en élections font monter ce parti politique d'extrême droite. Les causes avancées sont les difficultés rencontrées par un certains nombre de citoyens en proie au chômage, aux bas salaires ou aux conditions de travail. Cette analyse reste vraie en partie. Les régions les plus touchées par ce phénomène sont les régions désindustrialisées du nord et de l'est de France ou de nombreux sites pourvoyeurs d'emplois ont dû fermer. L'autre cause le plus souvent citée serait l'insécurité dans le pays à la suite des attentats terroristes perpétrés sur le territoire ces dernières années.

     Ce serait une erreur de réduire la montée de ce parti à ces deux causes. Notons tout d'abord que l'extrême droite a toujours était présente dans notre pays comme dans beaucoup d'autres, en Europe en tout cas. Certes son succés varie selon les époques mais ces thèmes sont toujours les mêmes . Il semble qu'elle cherche moins la contestation juste et la prise de pouvoir qu'à répondre au besoin qui est le sien de semer la division et la haine parmi la population. Là est sa finalité pourrait-on dire, la raison de son existence. Elle sait qu'elle n'est pas en capacité de gouverner y compris lorsque le pouvoir lui est offert. Au moment où celui-ci se présente à elle, des forces contradictoires la submerge. Tout se déroule de telle façon qu'il n'est plus possible au pouvoir d'advenir. C'est ce qui s'est passé à cette élection pour la présidentielle. Le débat entre sa candidate et son adversaire illustre parfaitement le chaos dans lequel se retrouve le parti au porte du pouvoir. Là est la cause de ce fameux plafond de verre dont tout le monde parle sans jamais le définir.

     Remarquons aussi en se penchant sur la carte des régions, que le Front National ne s'implante pas seulement dans les régions déshéritées. Le sud est de la France où il est très présent est une région riche. Il suffit de regarder les meetings de la présidentielle pour constater que les participants ne viennent pas tous des milieux populaires et ouvriers, loin s'en faut. Nombreux sont ceux qui vivent dans l'aisance, muni d'un bon bagage intellectuel et culturel et à qui la vie a souri et sourit encore.

     Enfin n'ignorons pas l'évidence. C'est dans la ruralité que ce parti a fait les meilleurs scores. Or, les ruraux ne sont pas en majorité des paysans bien ou mal lotis. Ce sont des français travaillant dans les services, les petites entreprises, artisanales ou de commerce, et dans ce qui reste des services publics. Ils ne sont pas particulièrement exposés à l'insécurité le terrorisme choisissant des cibles plus médiatiques. Ils ne sont pas soumis à la pression des étrangers puisqu'il n'y en a pratiquement pas.

     Les causes qui conduisent à voter Front National sont certes diverses et peuvent varier selon les endroits et les situations. J'en retiendrai deux qui me paraissent essentielles.

     La première est la disparition des services publics dans de nombreux territoires: plus de poste, plus d'école, plus de transports. C'est aussi la disparition des centres des villages, des gros ou moyens bourgs. Plus de commerces, d'artisans , de médecins. Le désert fait peur à ceux qui ne l'ont pas choisi comme lieu de vie. Ils ont un sentiment profond d'abandon, de vide alors qu'ils ont un emploi, un logement et un voiture pour les déplacements. Il leur semble que plus rien ne va.

    Enfin et c'est le plus important. Les partis politiques traditionnels sont les principaux responsables de la montée de l'extrême droite. Ils passent leur temps, par leurs discours, les images qu'ils donnent à se critiquer et à vouloir détruire ce que l'autre fait. Ils entrainent le pays dans la dépression, le nihilisme. La gauche comme la droite , depuis cinq ans ne cessent de tirer sur le gouvernement et le président de la république comme si tout allait mal. Ils parlent de quinquennat désastreux, catastrophique. Seuls, eux, peuvent redresser le pays. A peine un nouveau président élu et ils sont déjà, avant même qu'il n'ait posé le premier acte, dans une opposition radicale et absolue. Ils sont dans la revanche comme si le choix des électeurs étaient illégitime. Comme si les minorités devaient l'emporter sur les majorités.

     Tous ces abus de langage et de positions sont dangereux parce que loin de la réalité. Ils ne s'intéressent pas aux faits, aux situations présentes. Ils sont purement et absolument idéologiques. L'alternance qui pourrait être l'occasion d'une amélioration et d'un changement est devenu un outil de destruction de ce qui a précédé. Tout pouvoir a besoin de critiques parce que tout peut être amélioré. Le progrès est une marche en avant. Confondre critique et destruction ne peut que conduire au désastre et au chaos. Le parti d'extrême droite en était là lors de ces élections. Le peuple a dit non pour cette fois. Sera-t-il entendu ?

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 20:53

 

        Dans un reportage à la télévision une jeune lycéenne de 18 ans participant à un meeting de l’extrême droite pour la présidentielle soupirait de bonheur à l’idée que sa candidate pourrait être élue. Elle pourrait alors payer en francs. Elle y ajoutait pour montrer son allégeance au mouvement la fermeture des frontières et l’aide à l’emploi des jeunes. Mais elle s’empressait d’ajouter que ses parents ne voyaient pas d’un bon œil son choix pour un tel vote. Puis continuant à répondre à l’intervieweur elle soulignait encore qu’elle serait la seule de toute sa famille à voter pour l’extrême droite.

        Une telle insistance laissait clairement apparaitre que son vote était un acte d’émancipation à ses parents d’abord, à sa famille ensuite. Son incapacité à répondre aux raisons qui la poussaient à un tel vote montrait que son choix était dicté par des considérations personnelles ayant trait aux rapports avec les siens. Rien d’étonnant, rien de condamnable dans l’attitude de cette jeune fille. Tout adolescent a besoin, et c’est heureux pour son épanouissement, de s’émanciper des tutelles qui jusque-là lui ont été utiles pour grandir. C’est ainsi qu’il devient adulte et s’exerce aux responsabilités indispensables pour mener à bien sa vie. Celle-ci, par ailleurs, n’est-elle pas un perpétuel combat pour nous détacher de ce qui nous a été nécessaire à un moment donné,

        Ce qui est condamnable, c’est la récupération par un parti politique des stades d’évolution d’un jeune à des fins purement politiciennes. Dans ce même reportage, un responsable du parti ne se privait pas d’exposer cette récupération racontant qu’il avait été dans sa jeunesse dans la même situation et que, depuis, ses parents l’avaient suivi dans ses positions politiques. Sa remarque, à son insu, discréditait ses parents non parce qu’ils avaient opté pour ce parti, c’est leur droit, mais parce qu’ils avaient renoncé aux convictions parentales en s’identifiant à leur fils. Une telle inversion cause chez tout individu, une immaturité regrettable pour lui-même et dangereuse en politique.

        Il est généralement admis que par le passé des rites de passage tels la première communion à l’Eglise, le certificat d’étude, le service militaire ou l’apprentissage de la couture pour les filles servaient à cette émancipation. Il serait bon d’y réfléchir non pour retrouver ces rites anciens mais voir comment on pourrait aider aujourd’hui les plus jeunes à signer le franchissement d’une étape qui comme ces rites servirait de quitus à un passage effectué.

        Ce besoin d’émancipation de nature personnelle pour cette jeune fille, existe sur le plan collectif. La masse -et plus particulièrement celle des jeunes- aspire à sortir de la société. Elle a besoin de croire, pour s’engager à son tour, qu’il est possible de créer du nouveau et de mieux faire. Ce besoin de rupture ne dépend pas de l’état de la société. On pourrait penser qu’il fait suite à une situation devenue impossible. Il n’en est rien. En 68 les jeunes ne voulaient plus de cette société alors qu’elle était plutôt prospère. Les trente glorieuses restent une référence de réussite et d’amélioration de vie pour le plus grand nombre. Le besoin de rupture n’était pas à rejeter pour autant comme l’auraient voulu les plus conservateurs. Il était nécessaire pour que puisse continuer ce qui existait déjà tout en l’améliorant par des voies nouvelles. Notons d’ailleurs que les chefs des contestataires de l’époque se sont parfaitement bien intégrés dans la société existante et qu’ils en sont devenus les cadres supérieurs. Ceci dit, en martelant que la société est au plus mal, les opposants aux gouvernements en place, qu’ils soient de droite comme de gauche, entretiennent et facilitent le besoin illusoire d’une rupture totale et absolue.

        Ici encore, ce qui est regrettable, c’est la récupération par certains responsables politiques du besoin d’émancipation. Ils transforment un besoin légitime de rupture et de changements des peuples en un outil pour assurer leurs propres profits et leur pouvoir. C’est ainsi que les révolutions mettent trop souvent au pouvoir, et au départ avec le consentement du peuple, des dictateurs. Si les cubains voulaient se débarrasser de Batista, ils ne voulaient pas pour autant un système à la Fidel Castro. Même chose pour les allemands qui voulaient sortir de la crise économique et qui se sont retrouvés embrigadés dans le pire régime que le XX siècle ait connu.

        Vous, les politiques de tout bord ne cherchez pas à profiter du besoin d’émancipation des citoyens et des peuples !

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 15:26

 

Lors d'une campagne électorale, il est de bonne guerre que chaque candidat remette en cause ce que son adversaire a pu dire. Le plus souvent ces contrepoints n'ont d'autres intérêts que la polémique suscitée. Ils ne s'étayent pas sur une analyse sérieuse de la réalité. Ils ne font pas avancer le débat. Ils ne traitent pas du problème de fond. On comprend pourquoi les citoyens se détournent de plus en plus de la politique. Pour eux, elle n'est qu'un jeu de dupe.

La critique faite au candidat Emmanuel Macron accusé par les uns de continuité de ce qui se fait déjà et par les autres de vouloir une rupture est des plus pertinente. Ceux qui l'accusent de continuité voudraient un revirement à cent quatre vingt degrés comme si tout ce qui a été fait jusque là n'était que conservatisme et immobilisme, sans valeur aucune. La grisaille de la situation actuelle est très fortement exagérée pour montrer que rien n'a été bon jusqu'ici et qu'avec leur programme tout sera nouveau. Du temps du communisme on appelait cela le" grand soir". Paradoxalement se sont les deux candidats de la droite et de l' extrême droite qui sont dans cette posture. Notons au passage que tous les gens de droite n' en sont pas là . C'est la place de leur candidat officiel actuellement. Notons aussi que le candidat officiel du parti socialiste, désigné lui aussi par une primaire et représentant les frondeurs, s'inscrit dans cette ligne qui est traditionnellement une habitude de la gauche.

Ceux qui accusent Macron de rupture voit en lui un candidat qui veut tout casser, remettre en cause les droits fondamentaux comme la sécurité sociale, la retraite, le droit du travail, le droit des sociétés. Probablement influencés par le titre du livre d' E. Macron "Révolution" qu'ils n'ont jamais pris la peine de lire semble t-il, croient qu'une révolution remet tout en cause et abolit entièrement ce qui existe. Il est vrai que telle est l'image laissée et accréditée par les manuels scolaires de la Révolution française. La vérité historique est bien moins catégorique. Le roi a certes été décapité, beaucoup de révolutionnaires aussi. La prison royale de la Bastille était quasi vide. Une révolution n'est jamais un anéantissement de ce qui existe, c'est une reprise en main pour une modernisation qui permet d'aller encore plus loin. L'année se renouvelle par une révolution. Elle est porteuse de nouvel espoir sans détruire le cycle des saisons.

C'est ainsi qu'accuser E.Macron à la fois de continuité et de rupture ne peut être qu'un éloge . Tout détruire serait une erreur stratégique que nous avons connue par exemple avec Sarkozy qui a supprimé la police de proximité et basé l'ordre public sur la force; avec Hollande qui a supprimé le jour de carence des fonctionnaires ce qui a fait augmenter les comptes de la sécurité sociale ou encore la suppression générale d'un point et demi de TVA pour le compenser par d'autres prélèvements plus sélectifs.

Dire que continuité et rupture doivent aller de pair ne signifie pas que le programme d' E. Macron est parfait. Il y aurait de nombreuses critiques à faire sans aucun doute comme pour tous les programmes des candidats. Affirmons seulement que vouloir assumer à la fois une continuité et une rupture est une position sage et louable. Ceci peut éviter au candidat d'agir uniquement par principe idéologique comme l'on fait les deux derniers présidents de la république et d'autres avant eux. Je me souviens avoir entendu F. Mitterrand lorsqu'il a été élu président de la république dire qu'il s'inscrivait dans une histoire qui continuait. Les candidats actuels à la Présidence de la République feraient bien de ne pas l'oublier. Tout ne va pas aussi mal dans notre pays qu'ils se plaisent à le dire. Un grand chambardement lui ferait beaucoup de mal. Certains propos entendus pendant cette campagne font froid dans le dos. S'ils venaient à être appliqués comme ils sont dits, nul doute que la situation de demain serait pire que celle d'aujourd'hui. Alors, Monsieur Macron, tenez bien les deux bouts, continuité et rupture , sagesse et rationalité, justice et compétitivité. De là naissent le progrès et les changements. Tenez bien la devise: Liberté, Egalité, Fraternité.

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 11:42

 

          Il est tout à fait normal que lors d’une campagne pour les présidentielles les candidats donnés gagnants par les sondages soient vivement attaqués par les autres qui voudraient bien leur ravir la place. C’est exactement ce qui arrive à Emmanuel Macron depuis qu’il menace de se placer en deuxième position devant François Fillon. On sait aussi que les arguments utilisés volent bas afin de faire porter à l’autre les turpitudes dont on est accusé soi-même. C’est ainsi que l’extrême droite et la droite prises la main dans le sac pour mauvais usage de l’argent public-autrement dit détournement- voudraient nous faire croire que Monsieur Macron a mal utilisé l’argent réservé à ses frais de bouche. Ces reproches – qui d’ailleurs ont fait pschitt - ne sont là que parce qu’ils considèrent que Macron est de gauche. Si ces gens de droite le percevaient à leur côté, ils ne diraient rien. En effet, comme le démontre un récent sondage les deux tiers des électeurs de droite ne sont pas très regardant sur les questions d’argent. Comme ils n’en manquent pas ils n’ont pas à se soucier de l’argent détourné par d’autres. Ils n’en ont pas besoin pour vivre. Peu importe pour eux, si les enfants Fillon en troisième année de droit perçoivent 4000 euros par mois pour leur compétence quand j’ai dû emprunter 1000 euros par mois pour mon fils plus jeune qui suivaient les mêmes études afin qu’il puisse les continuer.

          Ce qui est plus étonnant c’est la critique des journalistes. Il est vrai qu’ils étaient habitués aux discours opportunistes et racoleurs de Mme Le Pen, de Mr Fillon, Mr Hamon ou encore Mélenchon. Discours construits sur des critiques négatives, des promesses mensongères, peu brillants par leur rhétorique et médiocres quant à leur qualité littéraire. Avec Macron, les journalistes de la « politicaille » sont confrontés à des discours intelligents, bien construits où la pensée ne se donne pas comme une « bouillie pour tous » distribuée à la cantonade mais comme une démarche qui doit être propre à chacun. Tout auditeur est invité à réfléchir lui-même pour découvrir ce à quoi il n’a pas encore eut accès. Son propos ne s’épuise pas en un unique sens mais ouvre une variété de possibles.

          C’est ainsi que la finesse philosophique du discours de Macron amène ces journalistes à des amalgames et des contre sens qui ne grandissent pas le journalisme et plus grave encore, trompent et mettent en danger la démocratie dans notre pays. La tromperie, c’est de faire croire que Macron dit le pour et son contraire sur des sujets importants. Est-il par exemple contradictoire de dire que la colonisation est un crime contre l’humanité et de constater que cette même colonisation a permis aux états colonisés de mettre en place des structures d’ Etat sans pour autant oublier le nombre de morts qu’il y a eu de part et d’autres. Est-il contradictoire de regretter que les participants de la manif pour tous aient le sentiment d’être humiliés et de dire qu’il faut aller plus loin en ce qui concerne la GPA et la PMA. Est-il constructif pour des commentateurs de l’actualité de parler au sujet de Macron d’attitude christique, de prêcheur évangéliste ou d’espérance messianique, tout cela repris par les présentateurs des chaines de radio et de télé.

           Enfin, imaginons qu’au premier tour, Mme Le Pen et Mr Fillon arrivent en tête. C’est la plus forte probabilité car comme dit ci-dessus, une grande partie de la droite s’accommode facilement des détournements d’argent. Dans ce cas, pour qui voteront les 50% des français restants ? Il semble difficile que les partis de gauche ou encore les électeurs de Macron demandent de se désister pour Mr Fillon. Leurs électeurs le supporteront mal. Et quand bien même ils le demanderaient comme ils l’ont fait en 2001 pour Mr Chirac, ils risquent d’être peu suivis. Pire encore, devant deux candidats perçus comme des modèles cherchant à s’en mettre plein les poches, certains extrêmes ne risquent-ils pas de perturber le vote sans avoir ni l’appui ni la désapprobation de ceux qui ne pourront pas voter puisque aucun de leur candidat n’aura passé la barre du premier tour? Une demande de boycott des partis de gauche et du centre, serait déjà bien dommageable pour la démocratie qui, ici, nous apparait bien malade. Par ailleurs, dans le cas où un de ces deux candidats, Mr Fillon ou Mme le Pen seraient élus, on voit mal comment ils pourraient être reconnus et respectés par l’ensemble des français. Comment pourraient-ils alors gouverner ?

           Aujourd’hui, rien ne dit que Macron serait meilleur président que Sarkozy ou Hollande. Il peut dans un premier temps tirer la France d’un mauvais trépas en lui évitant de se diviser en deux parties irréconciliables et d’être gouvernée aux extrêmes autrement dit sans gouvernement aucun.

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 10:29

Fillon, gaulliste et chrétien.

Fillon, candidat de la droite à la présidentielle déclare qu'étant "gaulliste et chrétien, il ne prendra jamais une décision contraire à la dignité humaine". Elu à la primaire par la droite catholique conservatrice et réactionnaire, il s'attache à donner des gages à ses électeurs. Cette attitude devrait durer toute la campagne et nous ramener aux temps précédant Vatican II .

Beaucoup d'hommes politiques , de droite et catholiques, ont regretté ce mélange de la politique et de la religion. Ils y voient un retour à des moments peu enviables. Dans à peu près la même ligne, les partisans d'une laïcité claire et nette dénoncent des propos dangereux ravivant des haines religieuses et favorisant le communautarisme, les chrétiens d'un côté, les autres, juifs, musulmans, athées, de l'autre.

A l'inverse, les partisans du Candidat soulignent l'honnêteté des propos et s'appuient sur le Général de Gaulle pour qui "la république est laïque et la France est chrétienne". Ils ne se sont pas aperçu que depuis le général de Gaulle la situation religieuse de notre pays a profondément changé. De surcroit, Ils cherchent à faire croire que leur candidat est sincère. Encore une fois on est pris pour de grands naïfs.

Il n'est pas de ma compétence d'intervenir sur la stratégie politique de Mr Fillon sachant tout de même que toute stratégie peut avoir des conséquences funestes. Une bonne stratégie arrête la guerre. Une stratégie déplorable la provoque. Je ferai trois remarques.

En proclamant que le fait d'être chrétien garantit de bonnes décisions en ce qui concerne la dignité humaine, Mr Fillon ne rend pas service au christianisme. Il est évident parce que prouvé par l' expérience , qu'un chrétien n'est pas mieux que les autres comme le dit la vox populi. Il est sage de le constater. Bien que plein de bonne volonté et croyant bien faire, les décisions prises par un croyant, quelle que soit la religion à laquelle il appartient, peuvent être heureuses ou catastrophiques. Il en va de même pour un non croyant. Certes l'intelligence humaine se nourrit des références de chacun. Ce n'est pas pour cela que cette intelligence conduit aux bonnes décisions. Il a souvent été reproché aux chrétiens de se croire supérieurs aux autres. Hélas, Mr Fillon va dans ce sens. Ses propos peuvent conduire encore une fois à détester le christianisme. Nous sommes loin du Christ des Evangile qui ne se réclamait d'aucun mouvement ni d'aucune tendance alors qu'il y avait autour de lui de nombreux partis politiques et religieux, chacun cherchant à le récupérer. Il savait se situer au dessus de tous ces partis . Mr Fillon semble mal évaluer la place de Jésus-Christ dans la société. Par ailleurs il confond les positions les plus traditionnelles de l'Eglise catholique avec la foi au Christ.

En second lieu, le candidat confond la charité et l'organisation sociale. Il l'a montré en allant visiter, pour relancer sa campagne, un centre Emmaüs fondé par l'abbé Pierre. Loin de nous l'idée de contester la nécessité de la charité. Elle permet à chacun de porter sur l'autre un regard positif et d'exprimer sa solidarité. Ceci dit, la charité doit nécessairement déboucher sur l'organisation d'une société avec toujours plus de justice et de liberté. C'est le rôle du politique . Il organise la société afin que chacun y trouve sa place sans dépendre du "bon cœur" de l'autre car là commence l' asservissement à des personnes ou a des institutions. C'est alors la fin de la liberté. Par le passé, on a connu cette situation lorsque l'enseignement ne dépendait que d'institutions religieuses.

Enfin Mr Fillon par ses propos met tout les chrétiens dans le même sac. Or il est évident que tous les chrétiens catholiques ne se retrouvent pas dans les positions de Mr Fillon. Il y a enfin les chrétiens protestants qui, pour le plus grand nombre, non seulement ne se retrouvent pas mais rejettent le christianisme catholique auquel se réfère le candidat. Un président de la République n'est pas le prêtre d'un groupe bien à lui. Il est le président de tous les français quelles que soient leurs croyances. Mr Fillon n'est pas prêt pour cette tâche. Le protestant que je suis ne peut que craindre le pire.

 

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:22

Dire qu'aujourd'hui, dans notre pays que la droite est dangereuse peut paraitre partisan voire stupide. Deux attitudes semblent aller dans cette direction .

Notons tout d'abord que depuis les attentats de Nice, la droite ne cesse de déstabiliser le gouvernement alors que la solidarité s'impose de toute évidence. Ces propos mensongers, ces contres vérités, ces discours violents ne visent qu'à discréditer l'autorité de l'Etat. Mrs Ciotti, Sarkozy, Vauquiez, Estrosi font des déclarations dont le but n'est autre que d'allumer l'incendie de la pagaille et du chaos. Cette attitude correspond d'ailleurs à ce que tout le monde a pu constater depuis l'arriver au pouvoir de la gauche, à savoir que la droite n'accepte pas l'alternance qui est pourtant la base de la démocratie. Aujourd'hui on est en droit de se demander si la tradition suffira à maintenir la république et la démocratie. Nous ne devons pas oublier que la France peut basculer à tout moment. Elle a connu le boulangisme, Napoléon III et dans une situation plus particulière Pétain. Nous ne pouvons pas oublier que ces dictateurs sont arrivés au pouvoir avec l'accord et la bénédiction du peuple.

Lorsqu'il était ministre, Luc Ferry, homme de droite, demandait qu'on laisse gouverner ceux qui ont été élus parce que tous les cinq ans il y a des élections pour approuver ou non leur gouvernance. Il avait raison. Hélas! Peu suivent ses remarques . Ceux qui n'ont pas été choisis veulent s'imposer par esprit de revanche. Leur attitude n'est pas respectueuse du suffrage universel.

Enfin, soyons attentifs aux discours de ces personnalités de droite. Ils ne peuvent pas s'empêcher d'aller, pour le moins, taquiner l'islam qui doit rentrer dans le rang Mr Fillon, candidat à la primaire, est passé expert dans ce genre de remarque ,Mme Morano n'est pas en reste. Certes nous savons tous que la religion musulmane doit apprendre à vivre dans les pays où il n' y a pas de religion d' Etat. Nous savons qu'elle s'y emploie et que ses efforts sont importants. Alors pourquoi chercher à la stigmatiser régulièrement. Il est inadmissible que cette jeune maman musulmane s'entende dire alors que son fils de quatre ans vient d'être tué par le camion, que nous ne voulons plus d'elle, qu'elle doit retourner dans son pays. Il est inadmissible que telle autre dont la mère a été tuée s'entende dire "une de moins". Ces propos prennent la suite dans la bouche de gens peu éduqués des propos plus policés tenus par des responsables politiques . Ce sont ces mêmes propos qu'entendaient les juifs après l'accession d'Hitler au pouvoir. C'est inadmissible et nous devons pleurer avec tous ceux qui sont en deuil quelle que soit leur religion, leur nationalité et leur couleur de peau.

Alors la droite prépare t-elle une nouvelle guerre de religion? Ne peut elle exister et gouverner qu'en divisant le peuple? Pour récupérer des électeurs et reprendre le pouvoir, elle instrumentalise ce qu'il y a de plus réactionnaire dans la religion catholique se promettant de le faire passer dans les lois de l'état. Autrement dit, ce qu'elle reproche à l' Islam, faire de la religion une religion d' état, elle promet de le mettre en place à partir de vieux rudiments du christianisme que la plus grande majorité de catholiques et des chrétiens récusent .

En regardant le ministre de l'intérieur, manifestement atteint par l'attitude dégoutante de certains politiciens de droite et de l' extrême droite qui avancent main dans la main, je pensais à tous ces hommes qui sont allés jusqu'au suicide tant les mensonges les avaient atteint. Il y a Roger Salengro, Bérégovoy, Jean Germain, peut-être Robert Boulin. Mais une certaine droite est sans vergogne. Elle ne craint pas de répéter ses crimes. Il serait temps que ceux qui se reconnaissent dans une droite républicaine ou qui se disent au centre se séparent de ces va-t- en guerre qui se manifestent chaque jour sur les ondes comme dans la presse pour aider chacun à trouver sa place dans notre pays et garantir la paix à tous. Quant à l' électeur qui se rend à l'urne, il devrait se demander si celui qu'il se propose d'élire, de droite comme de gauche est animé par un esprit de division ou par un esprit de liberté, d'égalité et de fraternité.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 14:08

Jusqu'à aujourd'hui le parti socialiste faisait confiance à la droite républicaine lors des élections. Lorsqu'il était éliminé au premier tour ou lorsque le maintien de sa présence pouvait favoriser l' élection de l'extrême droite, il appelait à voter à droite ce que n'a jamais fait cette dernière considérant que le Parti socialiste et l'extrême droite c'était la même chose. C'est le fameux ni..ni. C'est ainsi que Jacques Chirac a été élu président de la république avec 82 % des voix et qu'aux dernières élections trois régions ont évité de tomber dans l'escarcelle du Front National. Depuis l'attentat de Nice une nouvelle donne se présente . En effet les leaders de la droite dite républicaine se sont servi de ce drame pour en rendre responsable le gouvernement contre toute évidence et toute raison. Les mensonges, les approximations, et les contre vérités mais aussi les contradictions n'ont eu pour but que de dresser le peuple contre l'autorité de l' Etat. Une telle attitude visant à briser la démocratie et la république afin de s'emparer de la totalité du pouvoir a montré qu'il n'y a peu ou pas de différence entre la droite et l'extrême droite contrairement à ce que l'opinion voudrait nous faire croire. Il est d'ailleurs à parier qu'en cas d'arrivée au pouvoir, Mme le Pen, devant le vide et le manque de compétence des siens ferait appel à la droite qui prétendrait ainsi avoir sauvé la république en acceptant une telle collaboration. Elle pourrait se laisser aller à revenir sur ce qu'elle n'a jamais accepté comme le droit à l'avortement , l'abolition de la peine de mort, le mariage pour tous, le droit des minorités ….et le justifier avec le soutien de très nombreux religieux.

Le parti socialiste serait donc bien avisé de ne pas demander à ses électeurs de voter pour la droite dite" républicaine "jusqu'à ce jour. Nous ne sommes plus au temps où Monsieur le curé demandait à ses ouailles de voter pour tel ou tel candidat. Les électeurs doivent être libres du choix de leurs candidats . Pour beaucoup , on ne choisit pas entre la peste et le choléra, entre bonnet blanc et blanc bonnet.

Bien sûr une telle attitude favorisera dans un premier temps l'extrême droite et précipitera la crise que traversera le pays . Les choses auront au moins l'avantage d'être claires. La réalité viendra invalider le discours des imposteurs et le pays prendra conscience qu'il s'est laissé berner et qu'il a été trompé. Actuellement il ne le voit pas tant la démagogie des politiques est forte. L'autorité de l' Etat ayant été trainée dans la boue par l' ensemble des droites , l'extrême gauche (y compris au sein même du parti socialiste) et certains syndicats, le peuple n' a aucun moyen pour vérifier la véracité de ce qui lui est dit.

Certes dans la droite actuelle il y a des hommes et des femmes qui respectent la république. Parmi eux, les centristes qui avides de pouvoir et pariant que la droite gagnerait largement les élections de 2017 se sont liés à elle sans conviction. Ont-ils pris la mesure de l' état du pays si 90% des élus sont dans cette mouvance populiste, xénophobe, raciste et sécuritaire qui se développe en France actuellement. Sur le plan économique, ont-ils pris conscience que leur programme qui se résume à moins d'Europe, moins d'impôt pour les plus riches comme celui sur la fortune , à la suppression du Smig, des 35 h et l' allongement du temps de travail ne laisse aucun espoir à l'amélioration de la qualité de la vie et ouvre la voie à des réactions violentes?

Dans ces conditions les électeurs socialistes privés de candidats mais aussi des permanences puisqu'elles sautent les unes après les autres de part l'alliance objective qu'il y a entre certains syndicats, l'extrême gauche et cette droite populiste préfèreront rester "orphelins des urnes". Ce statut est douloureux mais il permet de garder un certain recul , de porter un regard nouveau sur chaque situation et à plus long terme de préparer la société de demain, une société qui ne vivrait plus dans l' illusion et les croyances toujours au service des plus forts et des plus aisées. Dans ce cas, celui qui ne se rendra pas aux urnes sera un citoyen responsable et respectable. Et tant pis pour les moralistes de tous bords qui voudraient nous faire croire que de ne pas voter pour eux ou selon leur consigne c'est ne pas être un bon citoyen.

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 15:00

Aujourd'hui , tout passerait, nous dit-on, par l'économie et ses corolaires que sont le chômage,la fiscalité et la croissance. Le président de la république serait au plus bas dans les sondages parce que la croissance est basse, le taux de chômage important et les impôts élevés.

Cette analyse est-elle pertinente? Rien n'est moins sûr. En effet , le passage au vert de nombreux indicateurs économiques ne semble pas améliorer le score de popularité du chef de l'Etat. Dans les faits la courbe du chômage se stabilise, la croissance est tirée vers le haut et la balance du commerce extérieur s'améliore. Il y a bien longtemps que la France n'avait pas signé autant de contrats commerciaux avec les pays étrangers le dernier en date étant celui du consortium mené par Alstom pour le métro de Dubaï. Certes ces contrats sont souvent des armes, avions, missiles, bateaux de guerre mais peu de français remettent en question ce réarmement du monde pourvu que les usines tournent et que des emplois soient créés. Si l'ancien président de la république avait obtenu de tels contrats, nul doute que nous aurions été abreuvés de tous ces succès à l'export comme nous l'avons été pour des contrats qui sont restées imaginaires ou mensongers. Au choix. Voir par exemple les avions Rafale soi-disant vendus au Brésil.

Le président de la République actuel qui semble être entré en campagne électorale nous vend des baisses d'impôts, une croissance forte et une augmentation du pouvoir d'achat pour les classes moyennes. Pas sûr que ces promesses le réconcilient avec les sondages. En effet, contrairement à ce que laissent entendre les médias, les peuples portent peu d'attention aux questions économiques dès qu'il s'agit de glisser un bulletin dans l' urne. Les britanniques viennent de nous le montrer en votant pour le Brexit malgré une économie en bonne santé. Ses partisans n'avaient aucun plan économique bis pour donner suite à la sortie de la communauté Européenne. Ils ont tout de même été suivis. Leurs dirigeants sont bien embarrassés maintenant. Ils sont confrontés au vide de leurs propos et de leurs promesses. Ils ont du mal a assumer ce pourquoi ils ont été élus.

En France, comme en Angleterre ou ailleurs, de nombreux électeurs se tournent vers les partis proposant de quitter l'Europe alors que ces derniers, n'ont ni plan ni expérience ni compétence pour gérer le pays . Ils se comportent comme si les hautes responsabilités ne requéraient pas de solides formations sans lesquelles la politique n'est qu'improvisation et aventure.

Se posent alors les questions suivantes : que cherchent les peuples à travers leur vote ? Qu'est-ce qui les fait opter pour un candidat ou un parti proposant "la sortie"? Les questions de sécurité , le besoin identitaire à travers le nationalisme, les attitudes religieuses sont souvent mis en avant. Certes en période de crise ces données jouent un rôle important. Comment ne pas réclamer plus de police après des attentats répétés et sanglants? Notons toutefois que les gouvernements quel que soit leur bord politique savent répondre efficacement à ses situations sans inverser pour autant le désir de quitter l' Europe et de repli sur soi qui s' exprime dans les urnes après chaque élection.

Et si, pour le dire plus simplement, ce malaise présent dans la plupart des démocraties européennes venait non pas d'une crise économique grave mais du confort atteint par la vie dans de très nombreux domaines. Plus étourdissant encore, la paix que nous connaissons maintenant en Europe depuis plus de 70 ans nous fatigue-t-elle? Là est bien le problème. Nous parlons des erreurs ou des insuffisances de l' Europe. Elles sont nombreuses. Pourquoi oublions-nous qu'elle nous a apporté la paix? Elle a évité des millions de morts en un demi siècle seulement. Les peuples se lassent-ils de la paix? se lassent-ils du confort, de l'espérance de vie qui n' a cessé d'augmenter? Des conditions de travail qui se sont améliorées? Du niveau de vie en général? Certes, beaucoup de gens en Europe sont encore en souffrance. Toutefois, ces questions méritent d' être posées. Peut-être parce que l'instinct s'accommode mal de l'harmonie et cherche le conflit comme si celui-ci était indispensable au sentiment d'existence. L'humain s' ennuie dans le jardin d'Eden. Transgresser les règles établies, s'opposer à ce qui est ou essayer autre chose, lui est indispensable pour entretenir sa nature. Peut être aussi parce que nous aimons bien, les médias aidant, ressasser ce qui va mal afin d'attirer sur nous un peu de compassion y compris lorsque tout va pour le mieux. Être insatisfait, crier, râler, c'est revendiquer un amour maternel dont on a bien du mal à se détacher y compris après le sevrage. C'est chercher une mère. Ce rôle est le plus souvent dévolu à l'Etat, après que l'Eglise et les croyances l'aient assumé pendant des siècles. Aujourd'hui, l' Europe à du mal à prendre le relais. Elle est perçue comme une mauvaise mère. Elle est en procès parce qu'elle invite à plus de progrès et plus d'ouverture en demandant d'abandonner certaines habitudes au profit de nouvelles normes. Celles-ci font peur parce qu'elles nous tirent hors de la matrice dans laquelle nous avions l'habitude de nous mouvoir. La tentation est de retourner vers la nation, celle d'avant, notre première nourrice Elle aurait , croit-on, un bien meilleur lait!

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 14:46

Les anglais viennent de voter la sortie de l’Europe. Nombreux sont, semble-t-il, ceux qui regrettent un tel choix et si le référendum était à refaire les résultats en seraient inversés nous dit-on. Nous disons aux anglais, ne désespérez pas ! A cela il y a plusieurs raisons.

Tout d’abord constatons que les référendums à l’échelle Nationale ne sont que très rarement appliqués quel que soit le pays où ils ont lieu. Ils le sont plus facilement à l’échelon local. Comme nous l’avons déjà écrit, ce type de consultation est un instrument dont les hommes politiques se servent pour conquérir ou asseoir leur pouvoir et se débarrasser d’un problème lorsqu’ils se refusent à trancher ouvertement. Si le référendum ne va pas dans leur sens, ils s’arrangent pour en détourner le résultat tout en laissant croire au peuple que ses choix sont respectés. C’est ce qui va se passer pour le « brexit » et ceci d’autant plus qu’au Royaume Uni le référendum n’est que consultatif. Le premier ministre ou celui qui lui succédera (et qui sera du même parti) peut moyennant quelques tours de passe- passe et quelques aveux d’excuse s’en débarrasser. Pour l’instant, les anglais freinent des quatre fers pour retarder la sortie de l’union, demain ils négocieront comme si de rien n’était pour garder les avantages actuels et en obtenir d’autres.

Pour ce qui est des vingt-sept pays restants, on voit combien ils sont divisés. Le plus fort d’entre eux, osons le dire clairement, l’Allemagne, tient à garder les avantages qu’elle tire de la place occupée actuellement par la Grande Bretagne. Elle fera tout pour que rien ne change. Les vingt-six autres pays y compris la France, et quels que soient ceux qui les gouvernent, sont bien trop faibles pour prétendre imposer un véritable « Brexit ». Soulignons aussi qu’ils ne mesurent ni les avantages ni les inconvénients à voir sortir la grande Bretagne de l’UE et qu’ils ont bien peu d’idées sur ce que doit devenir l’Europe. Une telle incertitude ne peut que les rendre passifs et muets ! Le statut quo les rassure et plus particulièrement le rôle de « la city » en tant que place financière. Y toucher leur semble très aventureux puisqu’ils n’ont pas d’autres plans. Ils s’accommodent parfaitement de la situation actuelle.

Enfin, n’oublions pas le rôle de la grande Bretagne dans l’inconscient collectif français et peut-être aussi allemand. Elle est le pays qui a accueilli le Général De Gaulle et la résistance, le pays qui nous a libéré du nazisme et de ses horreurs. Elle n’a perdu aucune guerre y compris la guerre de cent ans. Par sa position insulaire elle représente dans l’imaginaire une position imprenable et le point de départ d’une liberté toujours possible qui peut s’étendre dans le monde entier et dans tous les pays. Sa reine de par la longévité de son règne va dans le sens de cet imaginaire. Elle est une sorte de mère protectrice toujours présente parce que sans pouvoir. Elle ne peut donc pas le perdre.

C’est ainsi que le Royaume Uni saura surmonter les obstacles qui vont se présenter à lui pour effacer le brexit, les deux plus grands étant :

  • l’acrimonie qu’il suscite de par ses revendications vis-à-vis de l’Europe pour des privilèges que d’autres pays n’ont pas. Les européens sont fatigués de céder aux anglais. Ils ont le sentiment que les anglais ne pensent qu’à tirer profit de l’Europe sans pour autant s’engager et faire corps avec elle. Leur revendication d’indépendance énerve. Ils sont souvent perçus comme hautains et méprisants.
  • En France la question des immigrés regroupés dans la région de Calais, est devenue insupportable. Il est significatif qu’au lendemain du brexit, les élus locaux demandent que la frontière ne soit plus déplacée sur le territoire français mais reste en Angleterre. La France à tort ou à raison ne veut plus servir de bouclier pour protéger l’Angleterre de tous ceux qui veulent la rejoindre. A contrario elle se sent reconnue et valorisée lorsqu’elle accueille des anglais. Elle est fière d’avoir été choisie par ceux qu’elle perçoit si importants et fiers d’eux-mêmes. A travers eux, c’est Nelson, le vainqueur de Trafalgar qu’elle accueille. Elle l’associe à Napoléon pour ne plus célébrer que des victoires !

Résumons-nous : Le brexit n’aura pas lieu. L’Europe n’y tient pas parce qu’elle ne sait pas où elle veut aller. Elle n’a ni la force ni la volonté de le faire appliquer. Le Royaume Uni n’en veut pas. Il cherche à travers le brexit des accords plus avantageux et il les obtiendra. Le brexit ne sera pas annulé. La chose serait trop visible et trop crispante. Disons simplement que les accords seront tels qu’il disparaitra tout en donnant l’illusion à ses partisans qu’il a bien eu lieu. Les anglais ont tiré les premiers. Rien en face. La guerre s’est aussitôt arrêtée. C’est peut-être bien ainsi !

Un référendum, c’est comme un coup de canon. Un grand bruit. Puis plus rien. Le bruit s’évanouît. Tout reste et continue comme avant.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 11:17

          

         Ce n'est pas le parti socialiste qui a perdu les élections départementales mais bien  François Hollande. Prisonnier de ses promesses, devant l'impossibilité de les appliquer et plus précisément d'inverser la courbe du chômage le président de la république a voulu cacher ses erreurs d'appréciation de la situation en mettant en scène une opposition à son prédécesseur. Il était important de montrer qu'il était différent. C'est ainsi qu'il a, par exemple supprimé l'augmentation de la TVA . Mal lui en a pris. Il a été obligé de mettre en place un nombre de taxes tel, que le ras le bol s'est généralisé dans tout le pays. Par ailleurs ces nouvelles taxes s'abattaient souvent sur les mêmes. C'est ainsi que des retraités de familles de trois enfants et plus, dont une partie de la retraite n'était pas imposable, ont vu leurs impôts augmenter de près de 25 % si on ajoute l'ensemble de toutes ces taxes. Cette augmentation est devenue intolérable puisqu'elle s'est accompagnée d'un gel des retraites.  Ces dispositions ont touché en priorité les classes moyennes au sein desquelles se trouvaient les électeurs du Président. Quant aux classes populaires  qu'il a voulu épargner, elles ont voté front national en masse. Quelle erreur. Son prédécesseur avait tout mis en place à travers cette augmentation de la TVA pour faire entrer l' argent dans les caisses de l' état. Il n'a pas su en profiter. Manuel Vals avait raison, il voulait garder cette TVA dite TVA sociale qui ne concernait pas les produits de première nécessité. La droite revenue au pouvoir, ne commettra pas  l' erreur d'enlever les nouvelles taxes de François Hollande. Elle l' accusera et se déchargera sur lui sans ne rien toucher.  Elle se contentera d'en ajouter d'autres.


            Un socialiste ne vote pas pour une personne, il vote pour les idées et les convictions représentées par le socialisme. Il  croit qu'il est possible de gouverner en cherchant  toujours plus de justice. Il croit au partage des richesses . Il écoute les souffrance du peuple et se donne pour tâche d'organiser la société de façon à les apaiser. Si un élu ne va pas dans ce sens, il est renvoyé mais les convictions restent. C'est ce qui se passe pour Monsieur Hollande. Il n'a pas été fidèle à ses convictions socialistes. S'il a tenu bon pour le mariage pour tous, il a capitulé lamentablement sur la GPA (gestation pour autrui) et la PMA ( procréation médicalement assistée)laissant ainsi de nombreux couples hétéro ou homo dans une attente dont le seul espoir est de se tourner vers les pays étrangers. S'il a eu le souci du dialogue entre partenaires sociaux pour remettre en route l' économie il n' a pas hésité à multiplier les taxes dans différents domaines sans se soucier de ce que c'étaient toujours les mêmes qui étaient chaque fois mis à contribution.  Il vante la famille mais s'emploie à ruiner ceux qui y ont cru en élevant consciencieusement leurs enfants. C'est à eux qu'il est demandé de payer la plus grosse partie de la dette.


            Aujourd'hui, par tactique politique, il demande de voter à droite pour éviter le Front National. Mais un socialiste peut-il voter pour Monsieur Sarkozy quand celui-ci n' a qu'un projet: enrichir les riches. Il vient de le dire clairement en voulant supprimer l' impôt sur la fortune,  supprimant les trente cinq heures etc… Difficile de choisir dans ce cas entre la peste et le choléra. Certes il y a une droite modérée. L'ennui est que pour l'instant elle est soumise à son chef qu'elle a délibérément choisi et elle penche sérieusement du côté du Front National comme le montre le ni-ni de Monsieur Sarkozy. Il n'y a pas  des intégristes que dans les religions. Il y en a aussi dans les partis politiques. Ces derniers sont crédibles, comme pour les religions, lorsqu'ils  ont à cœur de lutter contre ces intégrismes. Ce n'est pas le cas actuellement de la droite.


            Devant une telle situation, l'acte républicain pour un socialiste n'est-il pas  de glisser dans l'urne un bulletin blanc?   

           

           

             

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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