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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 17:23

Quelles que soient les positions des uns et des autres, on ne peut pas être insensible au courage des délégués synodaux réunis à Sète, pasteurs et laïcs , de l' Église Protestante unie d'avoir voté la possibilité de bénir les mariages homosexuels.

Tout d'abord parce que, revenant dans leur Église locale ils devront faire face, même s'ils sont minoritaires, à ceux qui pensaient que l' Église n'oserait pas aller jusque là et qui brandissaient la menace de quitter l' Église si une telle décision devait être prise. Certains le feront probablement d'où la témérité de ce synode qui devant une Église déjà bien affaiblie , n' a pas hésité à prendre le risque de voir certains de ses membres la quitter . Les convictions ont été prioritaire. Bravo!

Courage aussi au regard de l' Église catholique qui aurait bien aimé être la représentante de la seule attitude chrétienne possible, largement suivie par la mouvance évangélique. Dire que l'on peut être chrétien et voir son mariage homosexuel béni dans une Église historique est un cailloux dans sa chaussure. Le christianisme présente maintenant une alternative dans ce domaine comme dans bien d'autres minimisés et passés sous silence comme le droit au divorce ou à l' avortement. Peut être entendrons-nous un peu moins souvent la phrase voulant évoquer un consensus: " catholique ou protestant c'est la même chose'. Enfin voilà une différence! Et il y en a bien d'autres. Acceptons les. Respectons les. Ne les nions pas. Que chacun fasse ses choix.

Courage aussi vis-à-vis des autres religions dont la position officielle est le rejet de l'union homosexuelle et bien sûr sa bénédiction. Ceux qui voient dans les religions, et bien souvent très justement, les conservatismes les plus durs auront l' agréable surprise de constater que la religion n'est pas toujours figée dans un système et qu'elle peut être à l' écoute de l'homme du 21 ème siècle. Pour la France, l' Église Protestante Unie à ouvert une brèche importante dans l'idée que la société se fait de la religion. Les médias ne s'y sont pas trompés. Cette information n'est pas passée sous silence alors que les protestants sont le plus souvent ignorés ou assimilés au catholicisme.

Courage aussi vis-à-vis de la société qui, manipulée par les intégrismes religieux et les partis politiques de droite soucieux de revanche électorale, est entrainée sinon vers une homophobie affichée, tout au moins vers une hypocrisie masquée qui veut bien aimer les homosexuels à condition qu'ils n'aient aucun droit.

Enfin courage théologique dans la mesure où l' Église a montré qu'elle ne s'attachait pas à structurer la manière de vivre à partir de la morale et des doctrines mais à partir des demandes d'amour et de reconnaissance des humains. Ce ne sont plus des traditions et leur dogmes ou des écrits sacrés et les doctrines qui en découlent qui font loi. La référence à l'humain est prioritaire et devient essentielle. A partir d'elle s'élabore la manière de vivre à l'échelon individuel comme à l' échelon collectif. du moment.

Si l' Église Protestante Unie savait adapter son enseignement, sa "pratique religieuse" tel son culte, sa liturgie, et autres rencontres, comme elle a su adapter son éthique sur le mariage pour tous, sa présence au monde deviendrait une réalité pour tous. Elle verrait venir vers elle un grand nombre de ceux qui veulent vivre la modernité avec intelligence et enthousiasme. Mais que d'hésitations, de craintes, de conservatismes vécus de surcroît comme des actes ou des positions prophétiques. C'est un comble! Ces obstacles nuisent non seulement à la croissance de l' Église mais à son maintien. Celle-ci devrait s'autoriser à prendre des risques quitte à corriger ou revoir certaines décisions plutôt que de freiner des quatre fers pour que rien ne se passe. La foi ne peut que conduire à reconsidérer tout ce qui fait la vie. Or dans l' Église, nos chants, nos formules, nos liturgies se ressemblent depuis des siècles et paraissent anachroniques pour tous ceux de l' extérieur. Osons nous adapter au monde actuel, avec toutes ses découvertes, tous ses moyens, toute sa technique. Osons penser différemment. Revisitons nos croyances et cessons de vouloir que tout ce que nous faisons soit conforme à une vérité qui n'est que celle que nous imaginons.

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 13:39

 

          Lorsque la retraite arrive, on ne peut pas s'empêcher de penser avec ou sans nostalgie selon le cas, au vécu qui est derrière nous , au travail bien sûr mais aussi aux différents lieux, pays, régions et villes où nous a conduit ce travail .  Il y a bien sûr le logement, appartement ou maison. Il dépend de la condition sociale de chacun. Plus le salaire est élevé,  plus il sera confortable et situé dans un quartier tranquille, bien exposé avec des voisins raisonnables !


            C'est de la ville et de la façon dont elle est gérée dont je voudrais parler ici. Sans hésiter je dirai que ce sont les villes administrées par des communistes qui nous ont offert le plus de possibilités et plus particulièrement pour les enfants. Les équipements sportifs nombreux, bien équipés permettaient à chacun de choisir son sport. Au centre culturel, les activités diverses et variées ne manquaient pas d'intérêt. On pouvait y applaudir les grandes vedettes du moment: Nougaro , les frères Jacques, Brassens pour n' en citer que quelques uns, des pièces de théâtre de tous horizons. La bibliothèque était bien fournie. On y trouvait tous les journaux, de toutes les opinions. Comme l'école de musique  et de nombreuses autres activités elle était gratuite. Le centre Social offrait de nombreux services et la collaboration avec les associations était bonne. L'école publique était privilégiée. Les sommes attribuées à chaque élève importantes au regard d' autres communes. Les classes vertes ou de neige étaient nombreuses et très largement subventionnées par la mairie  qui possédait des centres de vacances dans les Alpes ou au bord de la mer. De nombreux enfants pouvaient ainsi partir en vacances avec seulement les bons vacances  des allocations familiales.


            A ce moment là, l' équipe municipale était élue avec plus de 70% des voix. Les commerçants, les artisans, plutôt classés à droite n'hésitaient pas à voter pour la liste communiste. Pour eux les communistes savaient gérer et s'efforçaient d' être justes. Ils appréciaient les efforts fait pour la culture, l' école et les services sociaux.


            Aujourd'hui, la plupart des ces mairies ont changé de bord politique et celles qui restent ont du mal à offrir les avantages d'il y a  vingt ou trente ans. Il y a de quoi s'interroger sur les raisons qui ont conduit à la disparition des communistes. Elles sont nombreuses. Je citerai celles qui m'ont paru venir le plus souvent sur le devant de la scène.


            Il y a d'abord l'urbanisation. Persuadés que tout le monde à droit à un logement et soucieuse de voir disparaître les bidonvilles de la ceinture parisienne, les mairies communistes ont laissé se développer sur leur territoire des cités dont le contrôle leur a progressivement échappé. L'arrivée massive d'étrangers, très mal contrôlée par les gouvernements successifs y a fortement contribué. La vie y devenait de plus en plus difficile. Les premières familles installées, plus stables, ont déménagé laissant place à des populations mal intégrées et sans travail.


         Viennent ensuite les positions officielles du parti communiste français et tout particulièrement son inféodation totale à l' URSS. C'est ainsi qu'il a approuvé plus ou moins implicitement le mur de Berlin, les chars en Tchécoslovaquie. Il n' a pas vu que l'économie soviétique était malade , que le régime était rejeté par le peuple. et que le système allait s'écrouler.


            Tout aussi grave, est l' exclusion des intellectuels dès qu'ils se montraient critiques à l' égard des positions du parti. Il fallait adhérer, se taire. ou partir Cette attitude dont le secrétaire général, Georges Marchais s'était fait le champion à l' époque a été d'autant plus regrettable qu'à la fin de la guerre le parti communiste jouissait d'une grande reconnaissance de par ses positions contre le nazisme. Les plus grands intellectuels y étaient encartés ou étaient sympathisants.


            Enfin, il faut considérer "l'union de la gauche". Elle a permis à la gauche d'accéder au gouvernement ce qui était indispensable pour l'alternance nécessaire au maintient de la démocratie dans notre pays. Mais, elle a laminé complètement le parti communiste qui se retrouve à 1 ou 2 % des voix là où il y a trente ans il représentait près du quart de l' électorat. De plus, le système de l' URSS s'effondrant, il a perdu sa capacité à proposer une nouvelle organisation de la société. On pourrait comparer cela à l' œcuménisme, indispensable lui aussi pour la réconciliation entre protestants et catholiques mais ayant eu pour conséquence d'éliminer les protestants issus de la réforme. Ces derniers sont passés d'un statut d'opposants aux traditions du catholicisme à celui d'assimilés. Ils n'ont plus grand-chose qui les distingue ,aux yeux du peuple, des positions de Rome. Ainsi leur nombre se réduit d' année en année sans grand espoir de retournement, les jeunes étant absents des temples.


            Des raisons plus générales peuvent s'ajouter à ce tableau comme la fin des trente glorieuses autrement dit la fin d'une période de prospérité pour notre pays ou encore les changements géopolitiques et les nouvelles découvertes et les progrès de la science. Mais ces raisons affectent l' ensemble des partis et pas seulement le parti communiste.


            Le problème aujourd'hui est que, sur l' échiquier politique, le Front National est le parti qui aux yeux de la population représente une autre politique possible même si au vu de la réalité elle ne tient pas la route et mettrait la France dans une position catastrophique sur le plan économique comme sur le plan de son fonctionnement démocratique. Avec le parti communiste il y avait peu d'espoir que la France devienne un satellite de l' URSS et s'engage dans un système communiste. Avec le Front National on n'est pas assuré que le pays ne puisse pas basculer dans  un chaos dont il serait difficile de sortir. L'histoire de France est pleine d'exemples (Napoléon III, Pétain…) où ce chaos redouté est devenu possible. Le pays l'a payé très cher.


            Les choses vues ainsi il n'est pas sot de souhaiter au parti communiste de redevenir une force politique importante dans notre pays où se retrouveraient ceux qui ne croient plus aux politiques  de la droite comme de la gauche.  Dans une démocratie, il est normal que des citoyens ne se retrouvant  dans aucune des politiques qui disent-ils "se ressemblent" se retrouvent dans un parti. Il est indispensable qu'ils puissent s'organiser, réfléchir, s'exprimer et se présenter aux élections. Ils ont beaucoup à apporter à la république. Ils peuvent aussi lui éviter le pire.

             

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 21:42

 

         Dans les années soixante, soixante dix; le protestantisme me faisait rêver. Les protestants étaient le fer de lance de l'opposition aux tortures en Algérie, ils demandaient l'accélération du processus de décolonisation. Ils s'opposaient aussi à la guerre au Vietnam et demandaient à la France de revoir sa politique de fabrication et d'exportation d'armes. Ils luttaient pour l' abolition des différences ethniques et se sentaient meurtris lorsque Martin Luther King fut assassiné.


            Sur le plan éthique, ils militaient pour l' abolition de la peine de mort, pour le droit à l' avortement. Il furent à l'origine de nombreux centres de planning familial à travers tout le pays. Bien sûr ils n'étaient  pas les seuls . Ils étaient  en première ligne et soutenaient toute avancée dans ces domaines. Bien sûr certains s'opposaient à tout changement mais ils restaient minoritaires.


            Sur le plan intellectuel, Jacques ELLUL et Paul RICOEUR éclairaient de leur lumière la société tout entière. Ils ne manquaient pas de colorer leurs spécialités avec les convictions et   la foi qui étaient les leur, inspirées des pensées de la Réforme..


            Dans le village où j' ai grandi, les protestants réformés  ont été les premiers à suivre des études. C'est ainsi que les deux médecins et  les deux pharmaciens étaient protestants ainsi que le notaire et le maire du village.  Et Félicie aussi . C'était une des institutrices. Elle même fille d'un hussard  noir de la république. A cette époque, à l'école publique, il n'y avait que les fils et filles de protestants, de communistes ou d' anarchiste. Quant aux rares familles catholiques qui osaient y inscrire leurs enfants, elles ne manquaient pas de courage. Elles s'attiraient plus particulièrement ,parait-il, les foudres de Mr le curé.


            Cinquante ans plus tard, que reste-t-il de tout cela? Où sont les protestants, jadis aux avant postes de ce qui a fait la société ,ces dernières années telle la laïcité par exemple.? Il est bien difficile de le dire. Mais auraient-ils tourné la veste pour que l'on ne les voit plus qu' à ce qui s'oppose à tout progrès; On les a vu aux avant postes de la manif contre le mariage pour tous. On les entend hurler contre la PMA, la GPA. Ils signent pour s'opposer aux dispositions de fin de vie. Ils ne pensent plus. Ils suivent. Ils haïssent la gauche. Ils se satisfont des injustices et des inégalités  prônées par les conservatismes les  plus obscurs. Arrivant à la fin de leur vie, les protestants d'hier disparaissent. Leurs enfants ne prennent pas la relève. Seuls subsistent les plus religieux et les plus intégristes d'entre eux. Les Ecritures auxquelles ils se réfèrent ne sont plus interprétées à la lumière des besoins des humains.


             Un espoir tout de même : Un reste. Ce reste qui toutes les fois où le peuple d'Israël était dispersé, déporté, restait fidèle pour continuer et commencer  du nouveau.  Un reste qui a permis que la vie continue à la recherche de toujours plus de paix, plus de liberté, plus de justice.  Un reste qui a conduit et conduit encore à  Jésus- Christ.  Un reste pour ne pas désespérer de l' esprit protestant tel que le définissaient les réformateurs, pour qui tout dans la vie est toujours à réformer.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 11:17

          

         Ce n'est pas le parti socialiste qui a perdu les élections départementales mais bien  François Hollande. Prisonnier de ses promesses, devant l'impossibilité de les appliquer et plus précisément d'inverser la courbe du chômage le président de la république a voulu cacher ses erreurs d'appréciation de la situation en mettant en scène une opposition à son prédécesseur. Il était important de montrer qu'il était différent. C'est ainsi qu'il a, par exemple supprimé l'augmentation de la TVA . Mal lui en a pris. Il a été obligé de mettre en place un nombre de taxes tel, que le ras le bol s'est généralisé dans tout le pays. Par ailleurs ces nouvelles taxes s'abattaient souvent sur les mêmes. C'est ainsi que des retraités de familles de trois enfants et plus, dont une partie de la retraite n'était pas imposable, ont vu leurs impôts augmenter de près de 25 % si on ajoute l'ensemble de toutes ces taxes. Cette augmentation est devenue intolérable puisqu'elle s'est accompagnée d'un gel des retraites.  Ces dispositions ont touché en priorité les classes moyennes au sein desquelles se trouvaient les électeurs du Président. Quant aux classes populaires  qu'il a voulu épargner, elles ont voté front national en masse. Quelle erreur. Son prédécesseur avait tout mis en place à travers cette augmentation de la TVA pour faire entrer l' argent dans les caisses de l' état. Il n'a pas su en profiter. Manuel Vals avait raison, il voulait garder cette TVA dite TVA sociale qui ne concernait pas les produits de première nécessité. La droite revenue au pouvoir, ne commettra pas  l' erreur d'enlever les nouvelles taxes de François Hollande. Elle l' accusera et se déchargera sur lui sans ne rien toucher.  Elle se contentera d'en ajouter d'autres.


            Un socialiste ne vote pas pour une personne, il vote pour les idées et les convictions représentées par le socialisme. Il  croit qu'il est possible de gouverner en cherchant  toujours plus de justice. Il croit au partage des richesses . Il écoute les souffrance du peuple et se donne pour tâche d'organiser la société de façon à les apaiser. Si un élu ne va pas dans ce sens, il est renvoyé mais les convictions restent. C'est ce qui se passe pour Monsieur Hollande. Il n'a pas été fidèle à ses convictions socialistes. S'il a tenu bon pour le mariage pour tous, il a capitulé lamentablement sur la GPA (gestation pour autrui) et la PMA ( procréation médicalement assistée)laissant ainsi de nombreux couples hétéro ou homo dans une attente dont le seul espoir est de se tourner vers les pays étrangers. S'il a eu le souci du dialogue entre partenaires sociaux pour remettre en route l' économie il n' a pas hésité à multiplier les taxes dans différents domaines sans se soucier de ce que c'étaient toujours les mêmes qui étaient chaque fois mis à contribution.  Il vante la famille mais s'emploie à ruiner ceux qui y ont cru en élevant consciencieusement leurs enfants. C'est à eux qu'il est demandé de payer la plus grosse partie de la dette.


            Aujourd'hui, par tactique politique, il demande de voter à droite pour éviter le Front National. Mais un socialiste peut-il voter pour Monsieur Sarkozy quand celui-ci n' a qu'un projet: enrichir les riches. Il vient de le dire clairement en voulant supprimer l' impôt sur la fortune,  supprimant les trente cinq heures etc… Difficile de choisir dans ce cas entre la peste et le choléra. Certes il y a une droite modérée. L'ennui est que pour l'instant elle est soumise à son chef qu'elle a délibérément choisi et elle penche sérieusement du côté du Front National comme le montre le ni-ni de Monsieur Sarkozy. Il n'y a pas  des intégristes que dans les religions. Il y en a aussi dans les partis politiques. Ces derniers sont crédibles, comme pour les religions, lorsqu'ils  ont à cœur de lutter contre ces intégrismes. Ce n'est pas le cas actuellement de la droite.


            Devant une telle situation, l'acte républicain pour un socialiste n'est-il pas  de glisser dans l'urne un bulletin blanc?   

           

           

             

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 09:51


Cher Pape François,


            L'autre soir je t'ai aperçu au journal de 20h. Le présentateur t'a introduit en rappelant combien  tu n'avais pas mâché tes mots au sujet de la mafia. Tu as employé le terme "puer" qui n'est vraiment pas gentil pour tous ces mafiosi qui maintiennent dans la pauvreté la plus extrême les populations obligées de vivre sous leur coupe.  On ne pouvait que t'approuver y compris pour le vocabulaire utilisé parce que de nos jours il faut des mots qui tranchent pour qu'ils ne passent pas inaperçus ou soient oubliés presque aussitôt. Rappelle-toi le premier ministre de la France qui a parlé d'apartheid au sujet des cités où s'entassent des gens rejetés et en grande difficulté. Bien sûr ses opposants  politiques n'ont pas aimé car pour eux, peu leur importe la situation de ces personnes, l'important était de discréditer le premier ministre. Tu es heureusement protégé de telles attaques.


            Quel dommage que ta prise de position ait été, au cours du reportage introduite par cette relique que tu tiens entre tes mains. Elle contiendrait le sang du Saint  fondateur de la ville de Naples. Ce sang se serait liquéfié lorsque tu as tenu la fameuse relique. Tu as alors déclaré que cela devrait conduire à la conversion. Outre que je n' ai pas compris la relation entre ce sang et la conversion, j'ai eu tout de suite le sentiment que nous étions revenus quatre ou cinq siècles en arrière. Peut-on , au 21 ème siècle croire une chose pareille lorsque l'on réfléchit un peu et que l'on s'intéresse à la science. Peut-être as-tu voulu parler d'un symbole sans que rien ne  se soit passé avec cette relique. Ton sourire presque ironique le laisserait penser. Dans ce cas pourquoi laisser croire une chose pareille en la présentant comme une réalité ? D'une part elle maintient le crédule dans son incapacité à penser, d'autre part, elle dénature le message de l' Evangile qui est tout autre. Je comprends mal que tu puisses te laisser aller à une telle démonstration alors que le courant auquel tu appartiens, les Jésuites ou compagnie de Jésus, me semble très pertinent dans la compréhension de l' Evangile et ses propositions pour le vivre. Ignace de Loyola  est aussi pour moi un maître à penser pour ce qui est de la foi chrétienne.


            Il était aussi comique de voir toutes ces religieuses se précipiter autour de toi et de la relique. L' évêque présent a dû les chasser craignant qu'elles ne mangent le pape a-t-il dit.  Pour connaître et apprécier des religieuses, il me semble qu'elles méritaient mieux au journal de 20 heures que d'être présentées comme des vierges folles. Les reliques çà perturbe.  Jean Calvin,  le réformateur adulé des protestants, grand pourfendeur des reliques, l' avait dit. Dans sa tombe il doit bien se marrer.

   

           

             

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 11:08

Cher François,


            Vu toutes tes occupations, tu vas trouver que deux lettres en deux jours c'est beaucoup. Il est des choses qui agacent tellement qu'elles raccourcissent le temps. Le mariage pour tous , la PMA et la GPA en font partie. Alors je me précipite pour te dire cet agacement au sujet de ces évêques qui s'adressent à la communauté Européenne pour encore une fois condamner la GPA. J'ai lu çà dans le journal La Vie. Je m'interroge: comment au nom de l' amour, peut-on balayer d'un revers de main la douleur et l' attente de ceux qui pour des raisons diverses ne peuvent pas avoir d'enfants et espèrent que viendra le jour où un ou plusieurs enfants leur seront confiés?


            Tes évêques mettent en garde l'instrumentalisation du corps. Ne penses tu pas que le travail peut être le premier risque d'instrumentalisation du corps. D'ailleurs, c'est bien ce qui se passe encore dans différents coins du monde et tout particulièrement pour des enfants. La seule manière d'empêcher cette instrumentalisation n'est ce pas de poser des lois précises et de les faire appliquer avec rigueur partout où le corps est mis à contribution. Le corps ne tient pas seulement un rôle essentiel lors des grossesses. Il doit être protégé pour tous les moments de la vie.


                        Il n'y a pas atteinte à la dignité  humaine lorsque une femme porte en son ventre un enfant, quels que soient les modes de conception de cet enfant. Il y a atteinte à la dignité lorsque les conditions du "portage "ne sont pas respectées et lorsque il n'y a pas un mécanisme compensatoire à toutes les contraintes induites par la grossesse.


            Quelles sont ces valeurs fondamentales de l' Europe qui s'opposeraient à ce que des êtres humains puissent s'entraider. Ne donne-t-on pas son sang voire un de ses organes pour qu'un autre puisse vivre. Si nous avons deux reins qui fonctionnent pourquoi ne pas en donner un si on se sent appelé à le faire?


            Et s'il est vrai que la majorité des femmes porteuses qui se présentent viennent d'un  milieu plutôt pauvre n'est-ce pas l'occasion de leur donner et une formation et une éducation nouvelle qui leur permettra d'envisager la vie autrement après avoir porté pour les autres un ou deux enfants selon ce qu'autorisera la loi.


            En refusant la GPA, tes évêques mon cher François, se font complices de la misère qui poussera les femmes  des pays les plus pauvres à être des mères porteuses sans garanties aucunes avec des risques très grands pour elles, pour le couple adoptant et pour l'enfant mis au monde. Et le pire de tout ce serait de refuser les certificats de naissance et la nationalité pour ces enfants. Y sont-ils pour quelque chose, eux qui n'ont demandé qu'à naitre et être élevé par deux personnes qui les aiment. Quelle proposition inhumaine!  


            Les religions et l' Eglise devraient s'interroger davantage sur ce qui définit leur éthique: est-ce les textes dits sacrés, les traditions qui perdurent ou l'intérêt, le bien être et le bonheur des humains? Je n'ai aucun scrupule à poser cette question car je suis convaincu que les textes des religion du livre , étudiés dans toute leur profondeur conduisent à l' intérêt de l' humain.

            Enfin une dernière question: quand l' Église cessera-t-elle de penser que l' avenir et le progrès ne passent que par des interdits. Quand cessera-t-elle  de refuser   la modernité et les nouvelles découvertes pour être fidèle au dieu qu'elle se fabrique?  

             

           

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 11:35

            Salut François,

 


            Les bras m' en tombent comme aurait dit ma grand-mère. Comment des évêques chargés de témoigner de l' amour du prochain dans le monde entier, peuvent-ils s'opposer à céder un jour férié catholique à d'autres religions présentes sur les territoires concernés?


        Examinons tranquillement la situation. Dans notre pays il y a 11 jours fériés. Six sont liés aux fêtes chrétiennes dont deux exclusivement aux catholiques, le 15 août, fête de  l' assomption de la vierge et le 1er novembre fête de tous les saints. Pâques, Jeudi saint, Pentecôte et Noël concernent tous les chrétiens.  Cinq jours sont liés à la république. Deux pour fêter la fin des deux dernières guerres mondiales le 8 mai et le 11 novembre. La fête du travail le 1er mai. Le 14 juillet, anniversaire mythique des fondement de la république et le 1er janvier afin de commencer l' année dans la bonne humeur.


            Avec 6 fêtes sur 11, autrement dit plus de la moitié, comment se fait-il que l' Eglise catholique ne puisse pas céder un jour? La question est d'autant plus pertinente que les lundis de Pâques et de Pentecôte ne concernent pas la fête en elle même qui à lieu le dimanche. Je note d'ailleurs que pour des raisons économiques, la suppression du lundi de Pentecôte n'avait pas posé problème en 2003. Au Portugal, toujours pour des raisons économiques, l' Eglise a accepté ou même proposé la suppression de deux jours fériés. Alors, ne pourrait -on pas échanger un jour pour les autres , ceux que l' Eglise appelle "nos frères" à moins de vouloir limiter la fraternité à ceux qui pensent comme nous et ont la même religion que nous. Je ne pense pas me tromper en te rappelant que le Christ , lorsqu'il parlait de ses frères parlait des frères en humanité d'abord. Il a d'ailleurs été plutôt sévère avec ses frères en religion." Race de vipères" leur disait t-il.


            Les juifs installés dans notre pays depuis des siècles et les musulmans représentant plus de 6 millions d'habitants n'auraient-ils pas droit à un jour férié où toute la population serait associée comme c'est le cas actuellement pour Noël ou Pâques?  Si Noël est la fête de la lumière pour tous, Pâques celle de l' espérance, le grand pardon  ( Yom kippour) fête juive et l' Aïd (Aïd al Kebîr) fête musulmane ne pourraient-ils pas être la fête, de la tolérance, du partage et de la fraternité retrouvée comme ce fut le cas le 11 janvier après les attentats meurtriers de Charlie Hebdo et du super marché casher?


            Je  le sais, la France a une très longue tradition catholique. Je le sais, il y a la possibilité de réduire les fêtes de la république en fusionnant par exemple le 8 mai et le 11 novembre en une grande fête pour la paix. Je le sais, on peut toujours ajouter des jours férié mais au moment où l' économie est si mal en point est-ce bien raisonnable? Je le sais , on peut se contenter de dire à chaque religion "faites votre fête dans votre coin, nous on fera les nôtres"  c'est d'ailleurs la situation actuelle, mais alors où est l'union nationale et la reconnaissance de l' autre, celui qui ne pense pas comme moi, qui n'a pas la même religion que moi ou qui ne se réclame d'aucune religion.


          Ces dernières remarques et ces propositions manquent de sérieux, de réalisme et de fraternité. Par ailleurs, et même si cela a été longtemps le cas, il faut se rappeler que la religion catholique n'est pas la religion d' Etat. Elle mérite la même considération, les mêmes égards  que toutes les autres religions.


         Il est vrai que nous les protestants, nous n' avons jamais été très exigeants.  Heureusement nous partageons avec vous les fêtes chrétiennes à l' exception du 15 août et de la toussaint. Mais aucune fête nous concernant n' a été instituée. On aurait pu penser à la fête de la Reforme. Nous la fêtons dans notre coin , sans tambour ni trompette. Et pourtant la réforme! la réforme! combien de fois ces temps ci entendons-nous ce mot.


           Juifs et musulmans n'ont rien demandé. Ils ne revendiquent pas un jour férié ce qui   semble t-il serait tout à fait compatible avec la république. Ceci dit, aimer ses frères après les avoir reconnus comme tels en parole, c'est aussi savoir aller au devant d' eux et leur offrir en cadeau ce qu'ils n'ont pas, ne demandent pas et leur tient à cœur . Or, chacun le sait, le cadeau a de la valeur lorsqu'il  coûte à celui qui l'offre.


           Alors, cher François, si un jour férié a beaucoup de valeur pour l' Eglise, encourage-là à l' offrir en cadeau.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 10:31

             Cher François

 

             Comme d' habitude permets moi d'abord de te dire bravo pour avoir encore enfoncé le clou au sujet du besoin de réforme dans l' Eglise. Il y a tant de catholiques qui attendent. Mais, tu as pu voir la réaction des cardinaux conservateurs. Ils sont prêts à tout pour que tu te taises et  t'arrêtes dans ta volonté de changement . Mon conseil serait: "mets toi à l' abri, ne quitte pas ta Papamobile". Ils veulent ta peau et pas n'importe laquelle. Ils veulent la peau du tanneur. Tu vois ce que je veux dire .


            Je crains que le coup de la fessée ne suffise pas à les calmer. Il est vrai qu' ils ne sont pas concernés. Point de paternité officielle chez eux. Par ailleurs qu'est-ce qu'une fessée pour de tels esprits? C'est moins qu'une caresse! Tous les enfants en voudraient.


            Franchement François, ton histoire de fessée est une grosse maladresse. C'est encore une réaction de vieux garçon. Sur le fond, ce n'est pas une bêtise. Je te l' avoue franchement, il m' est arrivé de donner un bonne claque à mes enfants. Ceci dit, je ne suis pas persuadé que c'était la meilleure solution. D'ailleurs le plus jeune en a reçu  bien moins que l' ainé.  Il n' est pas plus délinquant pour autant contrairement à ce qu'écrivent ceux qui t' approuvent. Ils voudraient que la fessée soit le rempart contre toute forme de déviance. Quelle stupidité!


            Note  bien que j' ai  dit "une claque ou une gifle" . Pas une fessée. Les fesses comme dirait le docteur Freud sont une zone érogène. Elles donnent du plaisir lorsqu'on les touche. Or tu le sais ,le plaisir c'est ce que chacun cherche et redoute à la fois. Il arrive que des enfants fassent des bêtises pour avoir une fessée. Il en jouissent sur le mode "sado masochiste". Celui qui la donne aussi. C'est un peu comme si l'enfant disait  je vais faire une bêtise, je recevrai une fessée et j' aurai du plaisir. Quant à celui qui la donne, il pense : qu'il fasse une bêtise, que je puisse lui donner une fessée et j' aurai du plaisir. L'un jouis de la douleur qu'il subit, l' autre de celle qu'il inflige. Toucher les fesses c'est une forme de viol. C'est à proscrire absolument. De plus, lorsque tu les proposes, par père interposé,  en lieu et place du visage  pour ne pas humilier l'enfant et pour que ne se remarquent pas les traces des coups donnés, tu frôles, probablement de manière tout à fait inconsciente, la perversité.


            Comprends -tu alors  le pourquoi d'une telle levée de bouclier? Tu aurais parlé d'autorité parentale  à retrouver ou encore de la place du père dans l' éducation de l' enfant, tu aurais été  considéré comme un sage.  Là tu fais plaisir  aux conservateurs et aux réactionnaires de tous poils. Regarde un peu ceux qui t'approuvent: il y a ceux qui n'ont pas digéré mai 68, qui adulaient Franco et exécraient la république, qui préféraient  Pinochet à Salvador Allende. Il y a ceux qui regrettent la peine de mort et prônent son retour, qui ferment les yeux sur l'économie souterraine de la drogue et de tous ses morts mais refusent une mise au grand jour des réseaux de distribution et leur régularisation.  Ils réclament toujours plus de répression sans voir que celle-ci ne fait qu'aggraver le problème.


            Les réactions spontanées et qui se voudraient sensées ne sont généralement pas bonnes parce que toujours empreintes de violence. C'est la nature même de tout ce qui est réactionnel.  Donner une gifle à son enfant n'est pas catastrophique. Ce n'est pas nécessairement utile. L'autorité sans la violence est un signe de civilisation. Les réactions avec violences ,spontanées ou calculées, font la part belle à tous les conservatismes et laissent croire à leur partisans qu'ils sont forts et ont de l' autorité. 


            Pour terminer, merci tout de même de ne pas avoir justifié la fessée par des paroles tirées de la bible comme s'aventurent à le faire certains .Il n'y a pas de fessée divine.

A bientôt.

              

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:51

 

           La place des religions dans la société Française  se pose avec beaucoup d'acuité  actuellement. Les attentats de Charlie Hebdo et de la superette de Vincennes n'ont fait que rendre plus urgent le débat sur cette question à laquelle il faudra répondre au fur et à mesure des événements.


            On pensait il y a encore à peine  une vingtaine d'année que les questions religieuses étaient définitivement réglées dans notre pays. L' œcuménisme entre catholiques et protestants avait définitivement mis  fin à toutes sortes de conflits. Les conflits larvés qu'avait connu la génération des 80 - 100 ans où dans de nombreux villages les filles catholiques allaient systématiquement  chez "les sœurs" pour que ne se retrouvent à l' école publique que des communistes et des protestants sont bien terminés. Fini aussi ces sorties d' école où les enfants se jetaient des pierres traduisant ainsi le discours de leur parents. Fini ce temps où le paysan catholique traitait ses vaches désobéissantes d'huguenotes et le protestant les siennes de catholicaille.  


            L'arrivée  importante jusqu'aux années 50-60 d'immigrés italiens,  espagnols et portugais a pu laisser craindre l'installation d'un catholicisme plus  réactionnaire. Il n'en a rien été beaucoup étant chassés de leur pays par des régimes politiques soutenus par Rome.  Ces populations se sont fondues entièrement et très vite  dans la société du moment sans que les politiques aient à prendre des décisions particulières favorisant l'intégration. La valise en carton s'est tout naturellement transformée en valise de cuir.


            Il en va tout autrement de l'intégration de l' islam dans la société française. C'est tout à fait compréhensible. Cette immigration est plus récente d'une quarantaine d'année environ. Toute comparaison serait donc prématurée pour évaluer son intégration. Par ailleurs la religion musulmane s'est développée dans des  pays au climat et au relief très différents des nôtres qui demandaient une autre manière de vivre et de s'organiser. Montesquieu avait raison. Par ailleurs, cette religion est porteuse d'une culture tout aussi riche que la culture occidentale mais très différente. Les moments les plus en pointe de cette culture n'ont pas été les mêmes. Il y a eut enfin de la part des pays à dominante musulmane le sentiment d'être asservis aux occidentaux qui n'ont pas hésité à se servir de leurs inventions et de leur techniques pour conquérir le monde.


             D'une certaine manière, aujourd'hui encore, lorsqu'on va en guerre au sein de ces régions où règne l' islam à 90 %  avec des armes surpuissantes, on est en droit de se demander si ce n' est pas encore une supériorité de l'occident  qui cherche à s'affirmer. Certes cette supériorité se donne de bonnes raisons à savoir éviter le massacre d'innocents et l' extension des conflits. Y réussit-on. L'invasion de l' Irak par les américains a apporté plus de morts et de difficultés qu'en a apporté Saddam Hussein lui-même ou encore Kadhafi dont la tyrannie n'est pas à démontrer.  Derrière eux ils ont laissé le chaos que l' occident a provoqué. L'aboutissement d'une histoire harmonieuse ne serait -elle pas arrivé plus vite à travers ces deux tyrans si on les avait laissés en place. L'intervention de l' occident semble avoir fait reculer encore plus tout espoir de paix dans ces régions. Ne faut-il pas laisser les peuples  de même religion et de même culture se débrouiller eux-mêmes?  Aurait-il était imaginable que des forces des Etats musulmans viennent séparer les catholiques et les protestants? Alors notre rôle est-il de séparer les sunnites des chiites pour faire court? L'extension des conflits est-il à craindre quand on sait que ces mêmes conflits affaiblissent les protagonistes au point qu'ils en perdent leurs forces?


            Cette supériorité de l' occident affirmée par des faits de guerre, n'aide pas l'islam à s'intégrer dans la société française existante car celui-ci se sent toujours désigné comme inférieur même si la très grande majorité des musulmans partagent les options de la France contre le terrorisme. Cette religion a le sentiment que toute la place ne lui est pas donnée y compris la place promise par la laïcité. Ce sentiment de frustration est d' autant plus grand que la société sans l' affirmer clairement - et c'est un vrai problème- tient à des traditions que l'on pourrait appeler Judéo- chrétiennes et ne veut en aucun cas que des traditions religieuses musulmanes viennent s'y ajouter ou les supplanter. Les affaires du voile, des salles de prières dans les entreprises ou les lieux publics autre que les mosquées, de la liberté de la presse , du blasphème non reconnu dans notre pays, montrent les limites de ce que l' Etat autorise de la religion.


            Tout ceci doit être dit explicitement et les limites posées avec clarté. Quant aux autres religions, elles ne doivent pas faire de la surenchère. Il est par exemple regrettable que les protestants évangéliques défendent cette femme fonctionnaire dans une mairie et qui distribue à ses collègues des calendriers illustrés d'un verset biblique. Il est regrettable qu'ils confondent liberté de conscience et  prosélytisme.  Il est regrettable que des élus ou des associations installent des crèches dans les lieux publics où toutes les religions doivent se reconnaître. Aucun lieu public ne peut et ne doit être utilisé pour la propagande religieuse. Il n'y a rien de plus désagréable d'aller faire ses courses dans un grand magasin et de se faire  interpeller par une association religieuse, syndicale ou politique. Les lieux  où la propagande est possible doivent être définis et identifiés.


            Pour ce qui est du christianisme il faut tout de même rappeler, que l' évangile ne cherche pas à faire des adhérents. Il ne cherche pas à convaincre. Il ne cherche pas à ramener à lui. Il est une invitation à se soucier de l' autre, de ses maladies, de sa condition sociale.  Là où l'humain retrouve sa liberté, l' Evangile est prêché. Celui qui retrouve sa liberté, va ensuite où il veut. Il se dit croyant ou incroyant.

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 15:50

         

   Deux lettres en trois jours tu vas peut être trouvé ça un peu agaçant.  Mais figures toi que celle-ci, je l' avais écrite avant la première. Puis constatant qu'elle n'était pas très gentille j'avais renoncé à te l' envoyer. La première regrettait que tu condamnes sans les citer, les contraceptifs tels la pilule et le stérilet parce qu'ils sont chimiques et invasifs. Ce qui d'ailleurs, étant donné le peu de fiabilité des méthodes naturelles conduisait directement à  l' avortement ce que l' Eglise a toujours du mal à tolérer. Cette lettre-ci est tout aussi mordante d'où  la raison de mon hésitation à te l' envoyer. Hélas ma décision de bonne conduite à ton égard m' empêche de dormir.  Tu comprendras qu'afin de retrouver le sommeil je puisse te l' envoyer.


            Te dire tout d'abord qu'à mes yeux il est tout à fait possible que tes propos relèvent  de simples maladresses et plus sûrement encore de  la difficulté pour toi d'aller à l' encontre de la tradition et de la curie. Le dogme de l'infaillibilité pontificale ne te facilite pas les choses. Tu es  tenu à un discours type qui n'ouvre qu'en partie seulement l' avenir et les changements pour l' Eglise bien que je ne doute pas  de ton souci de  renouveler la foi chrétienne afin qu'elle  redevienne porteuse d'espérance et de libération pour tous. Voici  mon profond regret:


             Au sujet des caricatures de Mahomet et de la critique des religions, pourquoi cette accusation contre l' esprit des lumières: " C'est un héritage des lumières. Il y a tant de gens qui parlent mal des autres religions, les tournent en dérision" as-tu dit . Disant  cela, tu es dans la ligne des fondamentalistes protestants américains qui ne se gênent pas lorsqu'ils prennent la parole dans les conférences à Paris devant des milliers d' évangéliques pour porter les mêmes anathèmes sur Montesquieu, Voltaire, d' Alembert , Diderot , Rousseau et les autres. Mais les connaissent-ils seulement? Comment peut-on croire que ces philosophes ont décrédibilisé la religion. Bien au contraire, ils ont remis la religion catholique sur les rails en l' engageant dans l' ère de la modernité. Ils ont permis qu'un dialogue entre foi et raison s'installe. Ils sont les pères de la laïcité et la base même de la démocratie qui garantit aux religions le droit d'exister les unes aux côtés des autres tout en faisant la place à ceux qui ne veulent pas de religion. Sans laïcité, les religions se bouffent entre elles. Il n' y a qu'à voir le nombre de conflits religieux dans le monde. Tribus et religions monothéistes pour la plus part sont les principales instigatrices des conflits actuels dans le monde.


            Je comprends tout à fait que Voltaire t'agace lorsqu'il fait remarquer que chez les grecs et les romains, du temps du polythéisme, toutes les croyances, quelqu'en soit le Dieu soient permises et pratiquées librement par ses adeptes. Je comprends parfaitement qu'il te soit difficile d'accepter que les trois religions monothéistes : juive, chrétienne et musulmane aient été très intolérantes, chacune essayant d' écraser l' autre et d'imposer ses convictions à tous. Je comprends qu'il est difficile d'accepter que Voltaire démonte toutes ces légendes qui font des chrétiens des martyrs dus à la barbarie Romaine. Tu devrais cependant être rassuré. D'abord parce que de très grands progrès ont été fait au sein de ces trois religions se réclamant du monothéisme. Rien à voir par exemple avec ce que mes ancêtres cathares ou protestants ont dû subir comme cruauté venant des hommes d' Eglise  qui usaient du   pouvoir politique de l’époque pour mieux arriver à leurs fins cruelles. . Merci à  Voltaire pour son combat dans l' affaire Callas. Certes des progrès sont encore à faire. Croyons à ces progrès et travaillons y. J'ajoute encore, en tout cas pour ce qui est du christianisme, que Celui auquel nous nous référons toi et moi, a été le premier à dénoncer la cruauté du monothéisme en s'opposant à sa propre religion monothéiste. Il en est mort et l' Eglise a eut bien du mal à le comprendre au cours des siècles.  Il y a encore des chrétiens enfermés dans ces positions hégémoniques et intolérantes.


            Les caricatures du journal Charlie Hebdo sont une critique des travers du religieux comme du politique lorsqu'ils ne respectent pas les lois élémentaires de la liberté de penser et d'écrire. A leur manière, ils se battent pour la liberté de conscience et la liberté de la presse. On peut ne pas aimer la manière, comment ne pas partager le projet. Il est peut être dangereux, comme tu le fais, de ramener un combat visant le fonctionnement d'une société à des querelles de personnes. Certes une mère, un prophète ou encore tout autre être humain  doivent être défendus.  Mais ne confondons pas cela avec l'organisation d'une société. Par ailleurs  si toute défense se justifie , les moyens qu'elle utilise ne le sont pas. La violence et ce qui en découle à savoir le meurtre sont condamnables et ne peuvent qu'être très sévèrement punis. Tout doit être fait pour éviter la violence et arrêter ceux qui la pratiquent. Tout doit être fait pour que celui qui voit sa mère insultée par un ami ne donne pas un coup de poing mais "tende l' autre joue" avec bien sûr des modalités à préciser. Ne soyons pas naïfs.


            La question est simple: Voulons-nous que se soit la religion qui modèle la société ou  tenons-nous à ce que ce soit l' Etat à travers ses représentants élus qui décide des règles du vivre ensemble? Les millions de français qui ont défilé dans les rues ont, sans équivoque aucune, confirmé la deuxième option en application dans notre pays depuis la révolution et ce, malgré les oppositions de l' Eglise officielle instrumentalisée par les pouvoirs politiques réactionnaires en place et plus particulièrement la royauté qui voyait dans la théocratie le moyen de perdurer.  


            Enfin François, je te rappelle que chez les protestants bien élevés, le blasphème n' existe pas. Ils n'ont à défendre ni Dieu ni le Christ. C'est Christ qui les défend. Ils n'ont pas à mourir pour le Christ, c'est le Christ qui est mort pour eux. La plupart des catholiques pensent, semble t- il la même chose. Alors pourquoi un discours aussi imprudent qui pourrait donner des ailes à eux qui préparent d'aussi funestes actions que celles que nous avons connues.

 

 

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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