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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 14:26

Cher François,

Voilà bien longtemps que je ne t'avais pas écrit. Je suis comme la plupart des français "un paresseux de l' été". Il faut bien oublier un peu et se désintéresser de ce qui se passe. N'est-ce pas le meilleurs repos que nous puissions prendre? Je sais bien que tout cela est très critiquable et que nous ne devrions pas baisser la garde sur ce qui se passe en France et dans le monde. Les pires choses peuvent arriver sous le soleil y compris lorsqu'il est agréable. On dit que les politiques profitent de l'été pour faire passer leurs lois et qu'à la rentrée, lorsque tout le monde se réveille, il est trop tard pour modifier les décisions prises., il ne reste plus qu'à subir. Mais peut-on être un veilleur permanent? A veiller toujours ne risque- t-on pas d'en oublier sa mission? Il faut savoir différencier le temps.

Et puis suivre en permanence un Grand Personnage, puisque tu en es un, c'est fatiguant, pire encore, c'est aliénant. A moins d'être un fan, de faire de toi une idole, et de renoncer à sa liberté il est nécessaire pour rester inventif de rompre avec les préoccupations habituelles. Je reste perplexe et parfois agacé par tous ces amis qui ne cessent de répéter qu'avec toi l' Eglise et le monde vont pouvoir changer. Ils s'enferment dans un suivisme démobilisateur qui les empêche d' être inventifs et qui ne peut que te nuire. En bon protestant , je reste persuadé que chaque être humain est pape autrement dit que chacun doit préparer sa conscience à agir et à transformer le monde. La réforme dont je suis l' héritier ne peut qu'être continue .

Ce qui m' amène à reprendre ma correspondance , ce sont tes propos sur l' avortement. Je pensais naïvement que cette affaire depuis la loi Veil était réglée. Si j'ai bien compris l'avortement est impardonnable pour celle qui se fait avorter comme pour ceux qui se font complices de cet avortement comme le médecin par exemple. Jusqu'ici, seul l' évêque pouvait pardonner. Désormais dans le cadre du sacrement de la réconciliation le prêtre pourra pardonner.

Devant cet état de chose ma première réaction est de dire qu'heureusement nous ne sommes pas sous le régime de l' Eglise. Sa vision des choses contient en germe tout ce qu'il y a de pire dans les états où la religion est au pouvoir. Je dis vive l' Etat laïque. Nous ne devons pas l' oublier. Ne soyons pas naïfs. Quant au fonctionnement interne de l' Eglise, il est difficile de comprendre et d'accepter ce pouvoir qu'elle s'arroge sur les individus. Le pardon, présenté comme une grâce faite au coupable n'est en fait que la conséquence d'un jugement et d'une exclusion. L' Eglise invente et crée une faute, elle désigne un coupable auquel elle dit :" nous sommes gentils nous vous pardonnons". Cet ascendant sur les autres, rendu possible de par l'interdit posé par elle ici " il est interdit d'avorter", crée de la culpabilité (tu es coupable), de la dépendance (tu dois me demander pardon et je te pardonnerai) et enfin va à l' encontre de l' Evangile qui invite chacun à aller vers Dieu et non vers les hommes. Aller vers Dieu c'est fuir toutes dépendances aux choses de ce monde y compris l' Eglise et ceux qui la compose. L'homme est un affranchi par Dieu et nom par une institution quelle qu'elle soit. Dieu n'ayant pas de représentant possible ne peut être chosifié ni en matière ni en pensée. Sous cette condition il n'est pas possible de devenir dépendant de lui. On ne peut être dépendant que des représentations que l'on s' en fait (et l' Eglise en est une et prétend représenter Dieu) et des pratiques que l'on institue. Dieu renvoie toujours à nous même. Jamais à un autre. En Dieu il n'y a pas d'autre. Il est Tout.

C'est parce que les religions ,( Eglise comprise) , s'accaparent Dieu que le monde dit ne plus croire en lui. Le Dieu des religions n'est pas le Dieu de la bible. Ce dernier échappe à toute pensée.

Tu comprendras , bien cher François combien je suis éloigné de tes conceptions qui ne sont peut être que celles de l' Eglise dont tu es le chef. Dans ce cas, je ne peux que respecter la déférence que tu as à l' égard de celle-ci . Mais je ne peux qu' être affligé par cette attitude. Avoir la foi ce n' est pas obéir à une Eglise ou a une figue d' autorité c'est se libérer de toute forme de soumission et faire confiance à l' humanité pour qu'elle s'améliore. Alors pourquoi l' église se substitue t-elle à cette humanité jugeant ceux qui ne pensent pas comme elle? Se prendrait-elle pour l' humanité en son entier? La foi n'est pas une adhésion à un objet, à un être ou encore à une doctrine ou à des convictions. Elle est construction de nos vies. Elaboration de nos pensées. Croire c'est produire ce que l' on croit. Ce n'est pas faire allégeance à ce que d'autres croient et encore moins à obéir à l' Eglise. Bien au contraire, la foi c'est lui désobéir pour retrouver le chemin de la liberté.

Tu le vois, nos différences sont grandes . Qu' elles ne nous empêchent pas d' être frère en humanité mais osons affirmer ces différences et que le monde sache qu'elles existent et que chacun ose s'aventurer à être pape là où il se trouve.

Bien à Toi.

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 21:21

Bien cher François,

Oui, je dis encore! En effet une semaine ne s'est pas encore écoulée depuis que les protestants français ont opté pour la bénédiction du mariage pour les couples de même sexe que l' Irlande vote à plus de 60% pour le mariage pour les couples homosexuels. Si vu de Rome le protestantisme français ne peut qu'être quantité négligeable, il n'en va pas de même pour ce pays très catholique qui, il y a encore vingt ans persécutait les homosexuels et les emprisonnait. L' Eglise catholique aurait- elle perdu tout pouvoir sur ces deux pays alors que l'un était reconnu comme la fille ainée de l' Eglise et l' autre le plus grand opposant aux protestants?

Loin de moi l' idée de me réjouir d'une telle situation même si comme tu le sais , je pense qu'aucune religion ne devrait être en mesure d' obliger le pouvoir politique. Il en va de la liberté et de la fraternité. Tu connais mon attachement à la laïcité, condition indispensable à ces deux vertus. Je voudrais simplement attirer ton attention sur les lames de fond qui, engendrées par les sociétés elles mêmes, les transforment par la suite. Rien ne peut arrêter ces lames. La violence peut certes les retarder. C'est ce qui s'est passé au moyen âge avec l'inquisition et autres massacres de l' Eglise . Mais est venu ensuite la réforme . Rien n' a pas pu l' arrêter. Les progrès scientifiques ont remis en cause ce qui n' était vérité que pour l' Eglise, plus pour le monde. Et cela continue. Aujourd'hui rien ne peut arrêter la reconnaissance de l' homosexualité parce qu'elle est inscrite au cœur même de l' évolution sociale.

C'est pourquoi la seule réponse est une adaptation intelligente permettant que l' amour dont est porteur Jésus-Christ puisse continuer à se répandre. C'est ce à quoi aspirent tous les humains. Alors attachons nous à voir comment on peut en témoigner plutôt que de vouloir conserver une manière de voir et de comprendre le monde comme s'il n'était pas en mouvement. On n'arrête pas les aspirations humaines et lorsqu'un pays est solide politiquement, plutôt bien organisé, ces aspirations se réalisent et s'imposent un jour où l' autre. Si elles n' arrivent pas à s'imposer , alors le pays sombre dans le chaos le plus total. Les printemps arabes témoignent de cette alternative obligatoire même si les choses sont longues à se mettre en place.

Si les religions ne faisaient pas obstacle, si l' Eglise catholique qui a encore beaucoup de pouvoir ne trainait pas les pieds pour freiner toutes les évolutions, ne penses-tu pas que de nombreux pays auraient connu plus de bonheur depuis plus longtemps! Pourquoi l' Eglise a-t-elle soutenu si longtemps les dictateurs comme Franco en Espagne, Vidella en Argentine et j'en passe, pourquoi s'est- elle tue devant la peine de mort? Pourquoi est-elle si réticente devant l' avortement , l'homosexualité? Ne se rend elle pas compte qu'elle ampute la part de bonheur auquel tout le monde à droit et qu'elle met en péril toutes les règles qui devraient accompagner toute évolution.

Je prends un exemple. Est-il bon de s'opposer à la PMA et GPA ? Cela crée de nombreux problèmes de toutes sortes et pendant ce temps on néglige à penser et élaborer les lois, "garde fou" nécessaire pour encadrer ces moyens permettant d'avoir un enfant. Leurs pratiques se déroulent dans des conditions scandaleuses mais au lieu de regarder au bons sens et à ce qui rendraient les gens plus heureux, l' église veille à ce que ses dogmes soient respectés. Quelle bêtise! Elle doit apprendre à accompagner les humains dans leur désir avant que déçus, ils ne se laissent berner et entrainer par des fous dangereux ne rêvant que d'exterminer ceux qui ne pensent pas comme eux.

Allez courage! Le vote des Irlandais est une bonne nouvelle et préoccupons nous maintenant d'apprendre à accompagner tous les couples qu'ils soient de même sexe ou pas. Réfléchissons aux conditions les meilleures pour que puissent s'appliquer la PMA et la GPA. Et si pour une fois, l' Eglise devançait dans sa modernité le monde politique! N'est-ce pas ce qu'à fait le Christ par rapport à la religion et à la société dans laquelle il vivait?

Fraternellement.

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 21:01

Bien cher François,

Je ne doute pas que tu sois au courant des dernières décisions votées par le synode de l' Église Protestante Unie de France . Dans notre pays cette information a fait les choux gras de la presse. Les pasteurs et autres laïcs défilaient sur les plateaux de télévision et à la radio. Les protestants habitués à ce qu'on les ignore, ou mieux encore à ce qu'on les assimile purement et simplement aux catholiques n'en revenaient pas. De quoi te rendre jaloux mon cher François.

De plus ce synode à eut lieu à Sète. La ville de Paul Valéry et de Georges Brassens. Là se croisent la poésie et le non conformisme. On ne pouvait pas faire mieux. Sans oublier bien sûr le mont Saint Clair qui invite chacun à prendre de la hauteur pour mieux regarder et la terre et le ciel tout en scrutant l' horizon marin. Sète, la ville de la liberté. Tout un symbole.

Dans un premier temps j' ai pensé que tu devais fulminer dans ton coin regrettant toutes les gentillesses faites aux protestants au nom de l' œcuménisme. Peut être même pensais-tu que ces protestants dits "historiques" avaient presque totalement disparus et qu'il ne restait plus que les évangéliques beaucoup moins dangereux parce qu'ils partagent avec l' Église catholique de nombreux points de vues. Si on s'en tient au nombre, tu ne te trompes pas vraiment. Le protestantisme historique se réduit d'année en année. Pour ce qui est de la pensée c'est tout autre chose. Ceux qui sont encore là sont bien verts et présents dans l' actualité. Le choix d'une bénédiction pour un mariage des couples de même sexe en est la preuve.

Puis, connaissant ta sagesse et aussi ta compassion je me suis dit que tu priais pour nous. En effet , on a pris l' habitude de te voir souriant et avenant. Débarrassé de l' accoutrement dont s'affublaient tes prédécesseurs dont on voyait vite qu'ils n' étaient pas des anges sans percevoir pour autant et tout de suite qu'ils étaient des hommes, tu invites à la sympathie. Tu donnes envie à engager un dialogue. Ma question est devenue alors: mais à qui s'adresse t-il pour prier pour nous. Pas à la vierge Marie puisqu'elle est "persona non grata" chez les protestants, pas aux saints puisqu'ils n'y croient pas. Heureusement il nous reste Dieu le père et son fils Jésus- Christ. Ce n'est quand même pas rien. L'ennui est que cela fait de toi un protestant!! C'est toujours comme cela dans les réunions œcuméniques. On élague, on élague, comme si le protestantisme était la forme simplifiée du Christianisme. L'administration française si compliquée devrait s'en inspirer.

Enfin, je me suis ravisé. Je me suis dit que tu nous enviais peut- être. Je suis même allé jusqu'à penser que tu souffrais au fond de toi de ne pas pouvoir t' exprimer sur des sujets qui te tiennent à cœur semble t-il . C'est ainsi que tu sembles parfois en contradiction avec toi-même. Tu déclares par exemple ne pas avoir le droit de juger les homosexuels. Leur refuser de s'aimer ou refuser qu'un homosexuel soit l' ambassadeur du Vatican, n'est-ce pas les juger indirectement? Un ami avançait que tu étais hypocrite. Je ne le pense pas mais ta position peut le paraitre. Il y a trop de contradictions entre ce que semble te dire la conscience et les exigences de ta fonction. Laisse toi conduire où ton cœur te mène. Je le sais, c'est très dur et nous en sommes tous là. N'oublie pas que le meilleur témoignage que tu puisses rendre au monde c'est de réduire cette contradiction. Alors je ne te dis pas que je prie pour toi car je ne crois pas à ce type de prière comme si un Dieu pouvait ouvrir les écluses du ciel. Je crois seulement que Dieu a tout donné pour que Toi et les tiens puissiez changer les choses afin que l' amour de Jésus- Christ soit visible aux yeux du monde., ceux que notre morale aime comme ceux qu'elle se plait à condamner.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 17:23

Quelles que soient les positions des uns et des autres, on ne peut pas être insensible au courage des délégués synodaux réunis à Sète, pasteurs et laïcs , de l' Église Protestante unie d'avoir voté la possibilité de bénir les mariages homosexuels.

Tout d'abord parce que, revenant dans leur Église locale ils devront faire face, même s'ils sont minoritaires, à ceux qui pensaient que l' Église n'oserait pas aller jusque là et qui brandissaient la menace de quitter l' Église si une telle décision devait être prise. Certains le feront probablement d'où la témérité de ce synode qui devant une Église déjà bien affaiblie , n' a pas hésité à prendre le risque de voir certains de ses membres la quitter . Les convictions ont été prioritaire. Bravo!

Courage aussi au regard de l' Église catholique qui aurait bien aimé être la représentante de la seule attitude chrétienne possible, largement suivie par la mouvance évangélique. Dire que l'on peut être chrétien et voir son mariage homosexuel béni dans une Église historique est un cailloux dans sa chaussure. Le christianisme présente maintenant une alternative dans ce domaine comme dans bien d'autres minimisés et passés sous silence comme le droit au divorce ou à l' avortement. Peut être entendrons-nous un peu moins souvent la phrase voulant évoquer un consensus: " catholique ou protestant c'est la même chose'. Enfin voilà une différence! Et il y en a bien d'autres. Acceptons les. Respectons les. Ne les nions pas. Que chacun fasse ses choix.

Courage aussi vis-à-vis des autres religions dont la position officielle est le rejet de l'union homosexuelle et bien sûr sa bénédiction. Ceux qui voient dans les religions, et bien souvent très justement, les conservatismes les plus durs auront l' agréable surprise de constater que la religion n'est pas toujours figée dans un système et qu'elle peut être à l' écoute de l'homme du 21 ème siècle. Pour la France, l' Église Protestante Unie à ouvert une brèche importante dans l'idée que la société se fait de la religion. Les médias ne s'y sont pas trompés. Cette information n'est pas passée sous silence alors que les protestants sont le plus souvent ignorés ou assimilés au catholicisme.

Courage aussi vis-à-vis de la société qui, manipulée par les intégrismes religieux et les partis politiques de droite soucieux de revanche électorale, est entrainée sinon vers une homophobie affichée, tout au moins vers une hypocrisie masquée qui veut bien aimer les homosexuels à condition qu'ils n'aient aucun droit.

Enfin courage théologique dans la mesure où l' Église a montré qu'elle ne s'attachait pas à structurer la manière de vivre à partir de la morale et des doctrines mais à partir des demandes d'amour et de reconnaissance des humains. Ce ne sont plus des traditions et leur dogmes ou des écrits sacrés et les doctrines qui en découlent qui font loi. La référence à l'humain est prioritaire et devient essentielle. A partir d'elle s'élabore la manière de vivre à l'échelon individuel comme à l' échelon collectif. du moment.

Si l' Église Protestante Unie savait adapter son enseignement, sa "pratique religieuse" tel son culte, sa liturgie, et autres rencontres, comme elle a su adapter son éthique sur le mariage pour tous, sa présence au monde deviendrait une réalité pour tous. Elle verrait venir vers elle un grand nombre de ceux qui veulent vivre la modernité avec intelligence et enthousiasme. Mais que d'hésitations, de craintes, de conservatismes vécus de surcroît comme des actes ou des positions prophétiques. C'est un comble! Ces obstacles nuisent non seulement à la croissance de l' Église mais à son maintien. Celle-ci devrait s'autoriser à prendre des risques quitte à corriger ou revoir certaines décisions plutôt que de freiner des quatre fers pour que rien ne se passe. La foi ne peut que conduire à reconsidérer tout ce qui fait la vie. Or dans l' Église, nos chants, nos formules, nos liturgies se ressemblent depuis des siècles et paraissent anachroniques pour tous ceux de l' extérieur. Osons nous adapter au monde actuel, avec toutes ses découvertes, tous ses moyens, toute sa technique. Osons penser différemment. Revisitons nos croyances et cessons de vouloir que tout ce que nous faisons soit conforme à une vérité qui n'est que celle que nous imaginons.

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 13:39

 

          Lorsque la retraite arrive, on ne peut pas s'empêcher de penser avec ou sans nostalgie selon le cas, au vécu qui est derrière nous , au travail bien sûr mais aussi aux différents lieux, pays, régions et villes où nous a conduit ce travail .  Il y a bien sûr le logement, appartement ou maison. Il dépend de la condition sociale de chacun. Plus le salaire est élevé,  plus il sera confortable et situé dans un quartier tranquille, bien exposé avec des voisins raisonnables !


            C'est de la ville et de la façon dont elle est gérée dont je voudrais parler ici. Sans hésiter je dirai que ce sont les villes administrées par des communistes qui nous ont offert le plus de possibilités et plus particulièrement pour les enfants. Les équipements sportifs nombreux, bien équipés permettaient à chacun de choisir son sport. Au centre culturel, les activités diverses et variées ne manquaient pas d'intérêt. On pouvait y applaudir les grandes vedettes du moment: Nougaro , les frères Jacques, Brassens pour n' en citer que quelques uns, des pièces de théâtre de tous horizons. La bibliothèque était bien fournie. On y trouvait tous les journaux, de toutes les opinions. Comme l'école de musique  et de nombreuses autres activités elle était gratuite. Le centre Social offrait de nombreux services et la collaboration avec les associations était bonne. L'école publique était privilégiée. Les sommes attribuées à chaque élève importantes au regard d' autres communes. Les classes vertes ou de neige étaient nombreuses et très largement subventionnées par la mairie  qui possédait des centres de vacances dans les Alpes ou au bord de la mer. De nombreux enfants pouvaient ainsi partir en vacances avec seulement les bons vacances  des allocations familiales.


            A ce moment là, l' équipe municipale était élue avec plus de 70% des voix. Les commerçants, les artisans, plutôt classés à droite n'hésitaient pas à voter pour la liste communiste. Pour eux les communistes savaient gérer et s'efforçaient d' être justes. Ils appréciaient les efforts fait pour la culture, l' école et les services sociaux.


            Aujourd'hui, la plupart des ces mairies ont changé de bord politique et celles qui restent ont du mal à offrir les avantages d'il y a  vingt ou trente ans. Il y a de quoi s'interroger sur les raisons qui ont conduit à la disparition des communistes. Elles sont nombreuses. Je citerai celles qui m'ont paru venir le plus souvent sur le devant de la scène.


            Il y a d'abord l'urbanisation. Persuadés que tout le monde à droit à un logement et soucieuse de voir disparaître les bidonvilles de la ceinture parisienne, les mairies communistes ont laissé se développer sur leur territoire des cités dont le contrôle leur a progressivement échappé. L'arrivée massive d'étrangers, très mal contrôlée par les gouvernements successifs y a fortement contribué. La vie y devenait de plus en plus difficile. Les premières familles installées, plus stables, ont déménagé laissant place à des populations mal intégrées et sans travail.


         Viennent ensuite les positions officielles du parti communiste français et tout particulièrement son inféodation totale à l' URSS. C'est ainsi qu'il a approuvé plus ou moins implicitement le mur de Berlin, les chars en Tchécoslovaquie. Il n' a pas vu que l'économie soviétique était malade , que le régime était rejeté par le peuple. et que le système allait s'écrouler.


            Tout aussi grave, est l' exclusion des intellectuels dès qu'ils se montraient critiques à l' égard des positions du parti. Il fallait adhérer, se taire. ou partir Cette attitude dont le secrétaire général, Georges Marchais s'était fait le champion à l' époque a été d'autant plus regrettable qu'à la fin de la guerre le parti communiste jouissait d'une grande reconnaissance de par ses positions contre le nazisme. Les plus grands intellectuels y étaient encartés ou étaient sympathisants.


            Enfin, il faut considérer "l'union de la gauche". Elle a permis à la gauche d'accéder au gouvernement ce qui était indispensable pour l'alternance nécessaire au maintient de la démocratie dans notre pays. Mais, elle a laminé complètement le parti communiste qui se retrouve à 1 ou 2 % des voix là où il y a trente ans il représentait près du quart de l' électorat. De plus, le système de l' URSS s'effondrant, il a perdu sa capacité à proposer une nouvelle organisation de la société. On pourrait comparer cela à l' œcuménisme, indispensable lui aussi pour la réconciliation entre protestants et catholiques mais ayant eu pour conséquence d'éliminer les protestants issus de la réforme. Ces derniers sont passés d'un statut d'opposants aux traditions du catholicisme à celui d'assimilés. Ils n'ont plus grand-chose qui les distingue ,aux yeux du peuple, des positions de Rome. Ainsi leur nombre se réduit d' année en année sans grand espoir de retournement, les jeunes étant absents des temples.


            Des raisons plus générales peuvent s'ajouter à ce tableau comme la fin des trente glorieuses autrement dit la fin d'une période de prospérité pour notre pays ou encore les changements géopolitiques et les nouvelles découvertes et les progrès de la science. Mais ces raisons affectent l' ensemble des partis et pas seulement le parti communiste.


            Le problème aujourd'hui est que, sur l' échiquier politique, le Front National est le parti qui aux yeux de la population représente une autre politique possible même si au vu de la réalité elle ne tient pas la route et mettrait la France dans une position catastrophique sur le plan économique comme sur le plan de son fonctionnement démocratique. Avec le parti communiste il y avait peu d'espoir que la France devienne un satellite de l' URSS et s'engage dans un système communiste. Avec le Front National on n'est pas assuré que le pays ne puisse pas basculer dans  un chaos dont il serait difficile de sortir. L'histoire de France est pleine d'exemples (Napoléon III, Pétain…) où ce chaos redouté est devenu possible. Le pays l'a payé très cher.


            Les choses vues ainsi il n'est pas sot de souhaiter au parti communiste de redevenir une force politique importante dans notre pays où se retrouveraient ceux qui ne croient plus aux politiques  de la droite comme de la gauche.  Dans une démocratie, il est normal que des citoyens ne se retrouvant  dans aucune des politiques qui disent-ils "se ressemblent" se retrouvent dans un parti. Il est indispensable qu'ils puissent s'organiser, réfléchir, s'exprimer et se présenter aux élections. Ils ont beaucoup à apporter à la république. Ils peuvent aussi lui éviter le pire.

             

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 21:42

 

         Dans les années soixante, soixante dix; le protestantisme me faisait rêver. Les protestants étaient le fer de lance de l'opposition aux tortures en Algérie, ils demandaient l'accélération du processus de décolonisation. Ils s'opposaient aussi à la guerre au Vietnam et demandaient à la France de revoir sa politique de fabrication et d'exportation d'armes. Ils luttaient pour l' abolition des différences ethniques et se sentaient meurtris lorsque Martin Luther King fut assassiné.


            Sur le plan éthique, ils militaient pour l' abolition de la peine de mort, pour le droit à l' avortement. Il furent à l'origine de nombreux centres de planning familial à travers tout le pays. Bien sûr ils n'étaient  pas les seuls . Ils étaient  en première ligne et soutenaient toute avancée dans ces domaines. Bien sûr certains s'opposaient à tout changement mais ils restaient minoritaires.


            Sur le plan intellectuel, Jacques ELLUL et Paul RICOEUR éclairaient de leur lumière la société tout entière. Ils ne manquaient pas de colorer leurs spécialités avec les convictions et   la foi qui étaient les leur, inspirées des pensées de la Réforme..


            Dans le village où j' ai grandi, les protestants réformés  ont été les premiers à suivre des études. C'est ainsi que les deux médecins et  les deux pharmaciens étaient protestants ainsi que le notaire et le maire du village.  Et Félicie aussi . C'était une des institutrices. Elle même fille d'un hussard  noir de la république. A cette époque, à l'école publique, il n'y avait que les fils et filles de protestants, de communistes ou d' anarchiste. Quant aux rares familles catholiques qui osaient y inscrire leurs enfants, elles ne manquaient pas de courage. Elles s'attiraient plus particulièrement ,parait-il, les foudres de Mr le curé.


            Cinquante ans plus tard, que reste-t-il de tout cela? Où sont les protestants, jadis aux avant postes de ce qui a fait la société ,ces dernières années telle la laïcité par exemple.? Il est bien difficile de le dire. Mais auraient-ils tourné la veste pour que l'on ne les voit plus qu' à ce qui s'oppose à tout progrès; On les a vu aux avant postes de la manif contre le mariage pour tous. On les entend hurler contre la PMA, la GPA. Ils signent pour s'opposer aux dispositions de fin de vie. Ils ne pensent plus. Ils suivent. Ils haïssent la gauche. Ils se satisfont des injustices et des inégalités  prônées par les conservatismes les  plus obscurs. Arrivant à la fin de leur vie, les protestants d'hier disparaissent. Leurs enfants ne prennent pas la relève. Seuls subsistent les plus religieux et les plus intégristes d'entre eux. Les Ecritures auxquelles ils se réfèrent ne sont plus interprétées à la lumière des besoins des humains.


             Un espoir tout de même : Un reste. Ce reste qui toutes les fois où le peuple d'Israël était dispersé, déporté, restait fidèle pour continuer et commencer  du nouveau.  Un reste qui a permis que la vie continue à la recherche de toujours plus de paix, plus de liberté, plus de justice.  Un reste qui a conduit et conduit encore à  Jésus- Christ.  Un reste pour ne pas désespérer de l' esprit protestant tel que le définissaient les réformateurs, pour qui tout dans la vie est toujours à réformer.

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 11:17

          

         Ce n'est pas le parti socialiste qui a perdu les élections départementales mais bien  François Hollande. Prisonnier de ses promesses, devant l'impossibilité de les appliquer et plus précisément d'inverser la courbe du chômage le président de la république a voulu cacher ses erreurs d'appréciation de la situation en mettant en scène une opposition à son prédécesseur. Il était important de montrer qu'il était différent. C'est ainsi qu'il a, par exemple supprimé l'augmentation de la TVA . Mal lui en a pris. Il a été obligé de mettre en place un nombre de taxes tel, que le ras le bol s'est généralisé dans tout le pays. Par ailleurs ces nouvelles taxes s'abattaient souvent sur les mêmes. C'est ainsi que des retraités de familles de trois enfants et plus, dont une partie de la retraite n'était pas imposable, ont vu leurs impôts augmenter de près de 25 % si on ajoute l'ensemble de toutes ces taxes. Cette augmentation est devenue intolérable puisqu'elle s'est accompagnée d'un gel des retraites.  Ces dispositions ont touché en priorité les classes moyennes au sein desquelles se trouvaient les électeurs du Président. Quant aux classes populaires  qu'il a voulu épargner, elles ont voté front national en masse. Quelle erreur. Son prédécesseur avait tout mis en place à travers cette augmentation de la TVA pour faire entrer l' argent dans les caisses de l' état. Il n'a pas su en profiter. Manuel Vals avait raison, il voulait garder cette TVA dite TVA sociale qui ne concernait pas les produits de première nécessité. La droite revenue au pouvoir, ne commettra pas  l' erreur d'enlever les nouvelles taxes de François Hollande. Elle l' accusera et se déchargera sur lui sans ne rien toucher.  Elle se contentera d'en ajouter d'autres.


            Un socialiste ne vote pas pour une personne, il vote pour les idées et les convictions représentées par le socialisme. Il  croit qu'il est possible de gouverner en cherchant  toujours plus de justice. Il croit au partage des richesses . Il écoute les souffrance du peuple et se donne pour tâche d'organiser la société de façon à les apaiser. Si un élu ne va pas dans ce sens, il est renvoyé mais les convictions restent. C'est ce qui se passe pour Monsieur Hollande. Il n'a pas été fidèle à ses convictions socialistes. S'il a tenu bon pour le mariage pour tous, il a capitulé lamentablement sur la GPA (gestation pour autrui) et la PMA ( procréation médicalement assistée)laissant ainsi de nombreux couples hétéro ou homo dans une attente dont le seul espoir est de se tourner vers les pays étrangers. S'il a eu le souci du dialogue entre partenaires sociaux pour remettre en route l' économie il n' a pas hésité à multiplier les taxes dans différents domaines sans se soucier de ce que c'étaient toujours les mêmes qui étaient chaque fois mis à contribution.  Il vante la famille mais s'emploie à ruiner ceux qui y ont cru en élevant consciencieusement leurs enfants. C'est à eux qu'il est demandé de payer la plus grosse partie de la dette.


            Aujourd'hui, par tactique politique, il demande de voter à droite pour éviter le Front National. Mais un socialiste peut-il voter pour Monsieur Sarkozy quand celui-ci n' a qu'un projet: enrichir les riches. Il vient de le dire clairement en voulant supprimer l' impôt sur la fortune,  supprimant les trente cinq heures etc… Difficile de choisir dans ce cas entre la peste et le choléra. Certes il y a une droite modérée. L'ennui est que pour l'instant elle est soumise à son chef qu'elle a délibérément choisi et elle penche sérieusement du côté du Front National comme le montre le ni-ni de Monsieur Sarkozy. Il n'y a pas  des intégristes que dans les religions. Il y en a aussi dans les partis politiques. Ces derniers sont crédibles, comme pour les religions, lorsqu'ils  ont à cœur de lutter contre ces intégrismes. Ce n'est pas le cas actuellement de la droite.


            Devant une telle situation, l'acte républicain pour un socialiste n'est-il pas  de glisser dans l'urne un bulletin blanc?   

           

           

             

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 09:51


Cher Pape François,


            L'autre soir je t'ai aperçu au journal de 20h. Le présentateur t'a introduit en rappelant combien  tu n'avais pas mâché tes mots au sujet de la mafia. Tu as employé le terme "puer" qui n'est vraiment pas gentil pour tous ces mafiosi qui maintiennent dans la pauvreté la plus extrême les populations obligées de vivre sous leur coupe.  On ne pouvait que t'approuver y compris pour le vocabulaire utilisé parce que de nos jours il faut des mots qui tranchent pour qu'ils ne passent pas inaperçus ou soient oubliés presque aussitôt. Rappelle-toi le premier ministre de la France qui a parlé d'apartheid au sujet des cités où s'entassent des gens rejetés et en grande difficulté. Bien sûr ses opposants  politiques n'ont pas aimé car pour eux, peu leur importe la situation de ces personnes, l'important était de discréditer le premier ministre. Tu es heureusement protégé de telles attaques.


            Quel dommage que ta prise de position ait été, au cours du reportage introduite par cette relique que tu tiens entre tes mains. Elle contiendrait le sang du Saint  fondateur de la ville de Naples. Ce sang se serait liquéfié lorsque tu as tenu la fameuse relique. Tu as alors déclaré que cela devrait conduire à la conversion. Outre que je n' ai pas compris la relation entre ce sang et la conversion, j'ai eu tout de suite le sentiment que nous étions revenus quatre ou cinq siècles en arrière. Peut-on , au 21 ème siècle croire une chose pareille lorsque l'on réfléchit un peu et que l'on s'intéresse à la science. Peut-être as-tu voulu parler d'un symbole sans que rien ne  se soit passé avec cette relique. Ton sourire presque ironique le laisserait penser. Dans ce cas pourquoi laisser croire une chose pareille en la présentant comme une réalité ? D'une part elle maintient le crédule dans son incapacité à penser, d'autre part, elle dénature le message de l' Evangile qui est tout autre. Je comprends mal que tu puisses te laisser aller à une telle démonstration alors que le courant auquel tu appartiens, les Jésuites ou compagnie de Jésus, me semble très pertinent dans la compréhension de l' Evangile et ses propositions pour le vivre. Ignace de Loyola  est aussi pour moi un maître à penser pour ce qui est de la foi chrétienne.


            Il était aussi comique de voir toutes ces religieuses se précipiter autour de toi et de la relique. L' évêque présent a dû les chasser craignant qu'elles ne mangent le pape a-t-il dit.  Pour connaître et apprécier des religieuses, il me semble qu'elles méritaient mieux au journal de 20 heures que d'être présentées comme des vierges folles. Les reliques çà perturbe.  Jean Calvin,  le réformateur adulé des protestants, grand pourfendeur des reliques, l' avait dit. Dans sa tombe il doit bien se marrer.

   

           

             

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 11:08

Cher François,


            Vu toutes tes occupations, tu vas trouver que deux lettres en deux jours c'est beaucoup. Il est des choses qui agacent tellement qu'elles raccourcissent le temps. Le mariage pour tous , la PMA et la GPA en font partie. Alors je me précipite pour te dire cet agacement au sujet de ces évêques qui s'adressent à la communauté Européenne pour encore une fois condamner la GPA. J'ai lu çà dans le journal La Vie. Je m'interroge: comment au nom de l' amour, peut-on balayer d'un revers de main la douleur et l' attente de ceux qui pour des raisons diverses ne peuvent pas avoir d'enfants et espèrent que viendra le jour où un ou plusieurs enfants leur seront confiés?


            Tes évêques mettent en garde l'instrumentalisation du corps. Ne penses tu pas que le travail peut être le premier risque d'instrumentalisation du corps. D'ailleurs, c'est bien ce qui se passe encore dans différents coins du monde et tout particulièrement pour des enfants. La seule manière d'empêcher cette instrumentalisation n'est ce pas de poser des lois précises et de les faire appliquer avec rigueur partout où le corps est mis à contribution. Le corps ne tient pas seulement un rôle essentiel lors des grossesses. Il doit être protégé pour tous les moments de la vie.


                        Il n'y a pas atteinte à la dignité  humaine lorsque une femme porte en son ventre un enfant, quels que soient les modes de conception de cet enfant. Il y a atteinte à la dignité lorsque les conditions du "portage "ne sont pas respectées et lorsque il n'y a pas un mécanisme compensatoire à toutes les contraintes induites par la grossesse.


            Quelles sont ces valeurs fondamentales de l' Europe qui s'opposeraient à ce que des êtres humains puissent s'entraider. Ne donne-t-on pas son sang voire un de ses organes pour qu'un autre puisse vivre. Si nous avons deux reins qui fonctionnent pourquoi ne pas en donner un si on se sent appelé à le faire?


            Et s'il est vrai que la majorité des femmes porteuses qui se présentent viennent d'un  milieu plutôt pauvre n'est-ce pas l'occasion de leur donner et une formation et une éducation nouvelle qui leur permettra d'envisager la vie autrement après avoir porté pour les autres un ou deux enfants selon ce qu'autorisera la loi.


            En refusant la GPA, tes évêques mon cher François, se font complices de la misère qui poussera les femmes  des pays les plus pauvres à être des mères porteuses sans garanties aucunes avec des risques très grands pour elles, pour le couple adoptant et pour l'enfant mis au monde. Et le pire de tout ce serait de refuser les certificats de naissance et la nationalité pour ces enfants. Y sont-ils pour quelque chose, eux qui n'ont demandé qu'à naitre et être élevé par deux personnes qui les aiment. Quelle proposition inhumaine!  


            Les religions et l' Eglise devraient s'interroger davantage sur ce qui définit leur éthique: est-ce les textes dits sacrés, les traditions qui perdurent ou l'intérêt, le bien être et le bonheur des humains? Je n'ai aucun scrupule à poser cette question car je suis convaincu que les textes des religion du livre , étudiés dans toute leur profondeur conduisent à l' intérêt de l' humain.

            Enfin une dernière question: quand l' Église cessera-t-elle de penser que l' avenir et le progrès ne passent que par des interdits. Quand cessera-t-elle  de refuser   la modernité et les nouvelles découvertes pour être fidèle au dieu qu'elle se fabrique?  

             

           

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 11:35

            Salut François,

 


            Les bras m' en tombent comme aurait dit ma grand-mère. Comment des évêques chargés de témoigner de l' amour du prochain dans le monde entier, peuvent-ils s'opposer à céder un jour férié catholique à d'autres religions présentes sur les territoires concernés?


        Examinons tranquillement la situation. Dans notre pays il y a 11 jours fériés. Six sont liés aux fêtes chrétiennes dont deux exclusivement aux catholiques, le 15 août, fête de  l' assomption de la vierge et le 1er novembre fête de tous les saints. Pâques, Jeudi saint, Pentecôte et Noël concernent tous les chrétiens.  Cinq jours sont liés à la république. Deux pour fêter la fin des deux dernières guerres mondiales le 8 mai et le 11 novembre. La fête du travail le 1er mai. Le 14 juillet, anniversaire mythique des fondement de la république et le 1er janvier afin de commencer l' année dans la bonne humeur.


            Avec 6 fêtes sur 11, autrement dit plus de la moitié, comment se fait-il que l' Eglise catholique ne puisse pas céder un jour? La question est d'autant plus pertinente que les lundis de Pâques et de Pentecôte ne concernent pas la fête en elle même qui à lieu le dimanche. Je note d'ailleurs que pour des raisons économiques, la suppression du lundi de Pentecôte n'avait pas posé problème en 2003. Au Portugal, toujours pour des raisons économiques, l' Eglise a accepté ou même proposé la suppression de deux jours fériés. Alors, ne pourrait -on pas échanger un jour pour les autres , ceux que l' Eglise appelle "nos frères" à moins de vouloir limiter la fraternité à ceux qui pensent comme nous et ont la même religion que nous. Je ne pense pas me tromper en te rappelant que le Christ , lorsqu'il parlait de ses frères parlait des frères en humanité d'abord. Il a d'ailleurs été plutôt sévère avec ses frères en religion." Race de vipères" leur disait t-il.


            Les juifs installés dans notre pays depuis des siècles et les musulmans représentant plus de 6 millions d'habitants n'auraient-ils pas droit à un jour férié où toute la population serait associée comme c'est le cas actuellement pour Noël ou Pâques?  Si Noël est la fête de la lumière pour tous, Pâques celle de l' espérance, le grand pardon  ( Yom kippour) fête juive et l' Aïd (Aïd al Kebîr) fête musulmane ne pourraient-ils pas être la fête, de la tolérance, du partage et de la fraternité retrouvée comme ce fut le cas le 11 janvier après les attentats meurtriers de Charlie Hebdo et du super marché casher?


            Je  le sais, la France a une très longue tradition catholique. Je le sais, il y a la possibilité de réduire les fêtes de la république en fusionnant par exemple le 8 mai et le 11 novembre en une grande fête pour la paix. Je le sais, on peut toujours ajouter des jours férié mais au moment où l' économie est si mal en point est-ce bien raisonnable? Je le sais , on peut se contenter de dire à chaque religion "faites votre fête dans votre coin, nous on fera les nôtres"  c'est d'ailleurs la situation actuelle, mais alors où est l'union nationale et la reconnaissance de l' autre, celui qui ne pense pas comme moi, qui n'a pas la même religion que moi ou qui ne se réclame d'aucune religion.


          Ces dernières remarques et ces propositions manquent de sérieux, de réalisme et de fraternité. Par ailleurs, et même si cela a été longtemps le cas, il faut se rappeler que la religion catholique n'est pas la religion d' Etat. Elle mérite la même considération, les mêmes égards  que toutes les autres religions.


         Il est vrai que nous les protestants, nous n' avons jamais été très exigeants.  Heureusement nous partageons avec vous les fêtes chrétiennes à l' exception du 15 août et de la toussaint. Mais aucune fête nous concernant n' a été instituée. On aurait pu penser à la fête de la Reforme. Nous la fêtons dans notre coin , sans tambour ni trompette. Et pourtant la réforme! la réforme! combien de fois ces temps ci entendons-nous ce mot.


           Juifs et musulmans n'ont rien demandé. Ils ne revendiquent pas un jour férié ce qui   semble t-il serait tout à fait compatible avec la république. Ceci dit, aimer ses frères après les avoir reconnus comme tels en parole, c'est aussi savoir aller au devant d' eux et leur offrir en cadeau ce qu'ils n'ont pas, ne demandent pas et leur tient à cœur . Or, chacun le sait, le cadeau a de la valeur lorsqu'il  coûte à celui qui l'offre.


           Alors, cher François, si un jour férié a beaucoup de valeur pour l' Eglise, encourage-là à l' offrir en cadeau.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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