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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 21:37

 

           Réclamer un débat est devenu une habitude de tous ceux qui n'acceptent pas les décisions prises par ceux qui sont en situation de  responsabilité en politique comme en religion.  L'affaire a commencé avec le mariage pour tous. Ces opposants n'avaient de cesse que d'accuser l' Etat de ne pas avoir organisé de débats sur le sujet afin de mieux prendre en compte les avis des citoyens.  Depuis la revendication d'un débat apparait dès que le gouvernement propose une réforme quel qu'en soit le domaine. Les associations familiales regrettent de ne pas avoir été consultées sur la réforme des allocations familiales.  Les syndicats trépignent lorsqu'il est question de revoir le mode d'indemnisation des chômeurs. Le patronat s'égosille parce qu'il veut imposer sa réforme , celle souhaitée selon lui  par tous les français.  Tout récemment les catholiques attachés à la tradition et craignant le synode sur la famille, regrettaient que le débat ne soit pas plus étendu au peuple de l' Eglise. Le synode ayant accouché d'une souris, les voilà rassurés quant à l'aggiornamento des positions cléricales. Elles n'auront pas lieu.  


            Le plus souvent, les partis politiques d'opposition reprennent et amplifient cette demande de débat à quoi ils ajoutent des demandes de démissions de ministres ou un référendum. Peu importe si celui-ci est le contraire même d'un débat puisqu'il suffit de répondre par oui ou par non. Ils montrent ainsi qu'ils confondent débat et barrage. Peu importe le contenu de la réforme. Ils ne visent pas à l' améliorer mais à l'empêcher au nom de leur propre vérité.


            Cette manière de procéder en réclamant un débat alors même qu'il a souvent eu lieu, discrédite totalement une telle demande. En effet,  un débat doit informer, amener à réfléchir et à partager des points de vues. Il ne peut qu' être suivi d'une synthèse. Son but n'est pas de détruire l' adversaire mais de construire une réforme.


            Enfin, Il arrive que le débat conduise à des positions qui ne sont pas majoritaires dans le pays ou qui ne conviennent pas à telle ou telle institution de la société. C'était le cas pour la peine de mort qui n'est d'ailleurs toujours pas majoritaire dans le pays. Le débat avait eu lieu à tous les niveaux de la société. Il a fallu le courage d'un président ne craignant pas l'impopularité pour qu'elle soit supprimée. Il en est de même pour le droit à l' avortement où l' Eglise, institution la plus puissante du pays, s'y opposait et s'y oppose encore .


            Il est clair que lorsque des opposants s'emparent du débat, ce n'est pas pour débattre. C'est pour retrouver et assurer un pouvoir qu'ils n'ont pas afin d'imposer leur point de vue. Dans ce cas le débat s'oppose à l' attitude démocratique qui veut que ce soient les  élus qui gouvernent jusqu'aux prochaines élections.

 

 

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 21:45

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            Depuis plusieurs mois, sa mère est en maison de retraite. Il va la voir tous les mois. A plus de cinq heures de route, ce n'est pas toujours facile pour lui de se rendre disponible. Il aurait pu installer sa mère dans une maison proche de chez lui mais il a préféré la maison de retraite du village où elle vivait . Là dit-il, elle connait quelques personnes. Elle a les mêmes références de lieu comme d'expressions y compris avec ceux qu'elle n'avait pas eu l'occasion de rencontrer dans sa vie;


            Par ailleurs , il est entièrement satisfait de l' équipe d'accompagnement depuis le directeur qui n'hésite pas à se soucier de chaque résident individuellement, à être présent pour leur anniversaire  jusqu'aux auxiliaires de vie en passant par les soignants : médecins,    infirmières et aides soignantes. Il admire leur dévouement, leur patience et les efforts pour se mettre à la portée de cette centaine de personnes âgées qui entendent mal, ne comprennent pas toujours facilement, qui parfois même sont atteintes de graves sénilités.


            Mais depuis quelque temps il est contrarié. Dans la chambre de sa mère il trouve la feuille du mois de la paroisse catholique. Jusque là rien à dire. Sa mère bien que protestante et assistant régulièrement au culte assiste  parfois à la messe  pour accompagner une amie qui le lui demande. Elle trouve le curé très gentil. Come sa mère il a toujours soutenu les rencontres œcuméniques et déplore ce que lui racontaient ses parents lorsque enfants , ils se lançaient des cailloux entre enfants de l' école laïque et de l' école libre. Heureusement dit-il, les temps ont changé, l'œcuménisme était devenu une nécessité.


            Ce qui lui déplait dans cette feuille paroissiale ce sont les éditos du prêtre fustigeant tantôt le mariage pour tous, tantôt la PMA,  la GPA , l'avortement et bien sûr  la contraception. Pour lui, on n'est plus dans le domaine de la religion et de la foi mais dans celui de la politique. Il lui parait évident que le prêtre à travers sa feuille de chou combat le gouvernement élu. Il se dit que ce n'est pas tolérable pour une maison gérée par le département et s'affichant laïque. Par ailleurs, est-ce bien raisonnable d'envahir par de tels propos la pensée d'une personne ayant plus de quatre vingt dix ans et bien loin de ces préoccupations. Aux dernières élections, elle avait refusé d'aller voter prétextant qu'elle était trop vieille et qu'elle n'était plus en mesure de faire des choix. Il a du mal a admettre qu'une telle sagesse soit perturbée par un homme qui au delà même de ses convictions se veut fidèle à des dogmes et à un système auxquels  ni lui ni sa mère n'ont jamais adhérés.  Alors il hésite. Faut-il en parler au directeur au risque de troubler les bonnes relations qui le lient à  sa mère? Faut-il qu'il prenne rendez-vous avec le prêtre qui se fait le porte parole d'une Eglise mais qui a aussi le droit de penser et d'écrire ce qu'il veut?


            Il interroge sa mère avec précaution. Elle ne sait même pas comment ces feuilles arrivent dans sa chambre. Elles sont disponibles dans l' entrée de la maison mais elle dit ne jamais prendre un document sur la table de l' entrée. Elle pense qu' une résidente   les lui fait passer. Dans ce cas comment les refuser? Il pense que ce serait une grave erreur allant à l' encontre de tout ce qui peut favoriser les bonnes relations au sein de cette communauté qu'est la maison de retraite. Alors, il a décidé de se taire.

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            Mais se taire c'est pour lui bouillir intérieurement. Il admet difficilement que la paix religieuse et la paix politique passent par l'interdit de dire ce que l'on pense. Certes, il s'agit ici d'une autocensure mais dit-il on est là aux antipodes de la laïcité qui veut garantir à chacun les droits d'expression et de réponses. C'est encore la domination du plus fort, ici l' Eglise  . Elle seule et ceux qu'elle autorise ont le droit de se faire entendre. Laisserait-on sur la table d'entrée les journaux invitant à être favorable au mariage pour tous, à la PMA, à la GPA, à l' avortement? La direction dirait, à juste titre qu'il s'agit là de positions politiques. Alors pourquoi, sous couvert de religion, le tolère t-on du prêtre aumônier de la maison? Il se dit que le combat pour la laïcité ne sera jamais terminé.

           

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 16:04

 

             Et si les turbulences actuelles à la tête de l’état, n’étaient qu’une réminiscence des temps de la Royauté. Tous les ingrédients sont là. Ils s’articulent autour du sacré.


            Il y a l’Elysée. Ce lieu est perçu comme séparé des autres. Ce qui peut se passer ailleurs est secondaire et n’a d’importance  qu’à l’aune du pouvoir Elyséen.  Dans l’esprit des gens, ce pouvoir va bien au-delà de ce que lui attribue la constitution. On le voit avec le mythe de la mallette contenant la mise à feu de la  bombe nucléaire.  Le président  est ici doté d’un pouvoir quasi divin, celui de détruire la planète.


            Vient ensuite la personne du  président. Si les attributs royaux ne résident plus dans la tenue vestimentaire et les fastes de la régence, s’ils sont immatériels, ils occupent pleinement la fonction perçue comme s’étendant au-delà même de la gestion purement matérielle du pays. Le président préside depuis une sphère au caractère sacré et si tout lui est permis à l’intérieur de cette sphère, il ne peut pas la quitter. Son monde est celui des divinités, il reste étranger à celui des citoyens ordinaires. Lorsqu’il se déplace incognito, sur un scooter, sans service de sécurité, comme le commun des mortels, il sort de la vision sacrale. Sa sécurité est mise en danger et il pourrait périr sous les coups d’un simple humain. C’est intolérable. Ce serait tuer un roi. L’élection au suffrage universel est devenue pour lui élection divine.  Elle l’a placé sur un trône. Sa sécurité doit être totale y compris pour ceux qui voudraient qu’il dégage au plus vite. On ne tue pas un chef de droit de divin.


            La succession des femmes qu’il connait au sens biblique du terme ne lui est pas interdit.  Un roi a toujours des favorites. Elles sont les témoins de sa virilité. C’est de là qu’il tire la puissance. Pourvu que la reine garde sa place. Le problème du président actuel c’est qu’il a répudié la reine et a mis à sa place la première favorite. Celle-ci ne peut pas être aimée. Le statut de « première dame de France » est équivalent dans l’inconscient collectif à celui de reine. D’où son ambigüité souvent dénoncée et son impossible définition. Elle seule peut être la mère du dauphin. En mettre une autre à sa place c’est en quelque sorte trahir le suffrage universel qui a élu un roi et sa reine, peu importe le type de relations conjugales entre les deux.


            Actuellement le combat n’est pas équitable entre les deux favorites parce que la première tient la place de la reine. Elle a usurpé avec la complicité de son amant cette place. C’est pourquoi elle est mal aimée du peuple. Il suffirait qu’elle se désiste et tout rentrerait dans l’ordre à condition qu’il soit précisé que la place n’est pas à prendre. Elle est détenue par la mère du premier enfant, peu importe qu’elle soit en couple ou pas avec le père. Peu importe qu’elle s’assoit ou pas sur ce trône bis.  Le président pourra alors avoir toutes les favorites qu’il veut sans que la presse y trouve un quelconque intérêt. Quant à sa politique, réussira-t-elle mieux pour autant ? Bien sûr que non. Elle restera ce qu’elle est avec ou sans favorites. Quant à la morale, depuis la nuit des temps le monde sait qu’il ne faut pas regarder vers les puissants de ce monde pour l’entrevoir. Malheur à ceux qui le croiraient. Ils pourraient se brûler les yeux.

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 17:28

 

          Lors du déplacement du pape au Brésil, les journalistes ont interrogé des hommes et des femmes ayant quitté l’Eglise catholique pour se joindre aux Nouvelles Eglises Evangéliques. La plupart répondait qu’ayant participé régulièrement aux offices et à la messe, il ne se passait jamais rien dans leur l’Eglise alors que dans les assemblés évangéliques ils assistaient à des miracles et à des guérisons du cancer, du sida et autres  maladies.

            Ecoutant ces réponses, je me disais que l’on pourrait en dire autant des cultes et de ce qui se passe au temple. Et si cela est vrai, on ne peut qu’approuver ces personnes. Un lieu où il ne se passe rien ne peut qu’être déserté. Les fidèles ont vraiment le sentiment de perdre leur temps. Toutefois pour avoir participé de nombreuses fois et durant plusieurs années à des assemblées où il se passait quelque chose de l’ordre des guérisons, des révélations, des prophéties et autres miracles, il est bon mais aussi indispensable de porter des précisions sur ce qui se passe. Je précise que les réunions auxquelles j’ai assisté pouvaient être animés par un prêtre, un pasteur, un évangéliste dans la mouvance du renouveau charismatique.

            Soyons clair dès le départ. Je ne veux pas remettre en cause l’intervention divine.  Je n’ai aucun moyen pour vérifier si cela venait de Dieu ou disons pour simplifier des hommes. Je dirai avec humour que cela ne venait pas du diable car l’intention tout au moins était bonne. Ce sont souvent les résultats qui me laissaient  fortement sceptique. Non seulement ils étaient peu assurés mais la réunion terminée et l’illusion de la guérison dissipée, le mal revenait. Si le paraplégique se relevait de son fauteuil et risquait un pas soutenu des deux côtés, il retombait aussitôt dans son fauteuil malgré une assemblée déchainée qui louait Dieu pour un tel miracle.  La venue de ces « miracles » me semble contraire à ce que nous constatons dans l’Evangile où le malade est radicalement et définitivement guéri. Par ailleurs convaincre un malade que Dieu est en train de le guérir tout en suppliant ce Dieu d’intervenir ressemble beaucoup  aux cultes païens où les dieux étaient fortement sollicités par des paroles et des offrandes de toutes sortes. Le Dieu de Jésus- Christ, tel un dieu grec, romain ou autre, a-t-il besoin qu’on le supplie pour qu’il prenne pitié du souffrant ? La révolution de l’Evangile au sujet de Dieu n’est-ce pas de nous dire qu’en Jésus Christ tout a été donné à l’humain. Il n’est plus besoin de l’implorer. Il nous connait mieux que ce que nous nous connaissons. En réintroduisant un dieu que l’on doit supplier, les meneurs de ces assemblées introduisent des éléments de paganisme contre lesquels les premiers chrétiens luttaient au prix de leur vie. Le Dieu vers lequel les chrétiens sont invités à se tourner est-il un Dieu des miracles, des prodiges ou inversement des sanctions et des rétributions? Cette question, pour les catholiques, peut-être étendue aux Saints ou à la Vierge Marie censés pouvoir être à l’origine d’actions miraculeuses.

            Une fois éliminés ces miracles de guérisons ou de souhaits réalisés, peut-on dire qu’il ne se passe rien au cours d’une messe ou d’un culte ? Clairement non.  Les paroles entendues, échangées, les moments de méditation, de silence sont porteurs de changements pour les participants. Ces changements peuvent d’ailleurs être tout à fait inconscients. Dans ce cas, ils sont souvent perçus comme des miracles, comme des interventions divines. Peu importe. Ils sont  là. Certes l’illusion du miracle demeure mais le changement a  lieu bien qu’échappant à la conscience. Ce changement prend sa source dans l’office suivi quelque soit le nom de celui-ci. Il n’est pas spectaculaire. Il n’est pas illusion ! Il s’inscrit dans la vie de tous les jours, il en est un prolongement. Il est bien réel.

            Reste alors cette question : pourquoi autant de chrétiens pensent qu’en dehors des manifestions spectaculaires sans cesse recherchées, il ne se passe rien dans les rencontres spirituelles ? La réponse est à chercher d’abord dans la conception qu’ils ont de Dieu. Celui-ci est perçu tout puissant, pouvant agir à sa guise dans le monde et auprès des êtres. Ils ont besoin de se persuader que Dieu peut intervenir ou pas dans telle ou telle situation. Ils s’en persuadent alors et se réfugient dans l’illusion. Leur foi s’étaye sur cette illusion. Ils se déresponsabilisent attribuant à une puissance extérieure leur destin tout en donnant libre cours à leurs pulsions et à leurs instincts. Ils déshumanisent leur vie croyant la diviniser. Ils attribuent au diable ce qui va mal y compris lorsqu’ils en sont les auteurs directs. Vient ensuite la place donnée à Dieu. Les religions s’accaparent Dieu. C’est le leur. Chacune à le sien. Hors d’elles il n’y a pas de Dieu. L’engouement pour le pape au Brésil s’apparente à la présence de Dieu au Brésil. Certains croient pouvoir en profiter. Il est temps de penser Dieu sans penser religion. Il est le monde tout entier. Les religions disparaîtraient que Dieu serait encore là ; les églises le prêchent, disent le croire mais elles sont en contradiction avec ce qu’elles font et ce dont elles ont besoin. Elles veulent ramener les  personnes à Dieu alors que l’humanité tout entière est déjà en Dieu. L’urgence est de respecter cela.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 22:29

            Il y a une trentaine d'années, nous avions eu l'occasion dans le cadre de notre travail d'aller à Londres pour chercher des informations sur la prise en charge des repris de justice. C'est ainsi que nous avions visité une prison, assisté à un procès ,rencontré des juges et des éducateurs chargés de la réinsertion. Au regard de la situation dans notre pays, nous avions pu apprécier  les conditions faites aux prisonniers  ainsi que les efforts  consentis pour faciliter la réinsertion. Tout cela pouvait expliquer que le taux de récidive soit bien inférieur à celui de la France.  Mais, reconnaissons le, nous n'avions pas eu l'occasion de découvrir l' Angleterre et nous n'avons aucun élément de comparaison pour apprécier ce que nous avons vu lors d'un séjour d'une dizaine de jours sous la conduite d'un couple parlant  anglais et ayant vécu un an là bas. Depuis le thatchérisme est passé par là.

            Ce qui frappe tout d'abord ,c'est la dévotion pour la reine. Un culte sans limite même si, nous a -t-on  assuré, les anglais savent badiner au sujet de la royauté. Que de temps,  de personnes et d'argent pour entretenir ce culte. On est bien loin de notre garde Républicaine ou de nos cérémonies d'investiture quelqu'en soit le niveau. On ne regrette pas d'avoir liquidé sinon le roi, du moins la royauté. Quelle économie ! Vive la république !

            Vient ensuite l'attitude de la religion officielle qui s'exprime dans les différentes cathédrales ou autres chapelles. On y trouve là les archaïsmes religieux habituels comme déposer des prières auprès de l'autel, allumer des cierges ou faire des dons de réhabilitation. A noter aussi la place de l' évêque qui représente le peuple auprès de dieu, qui est un intermédiaire entre l'homme et la divinité. On est bien loin de l' esprit de la réforme pour qui la relation homme-dieu est directe.  Cette religiosité se retrouve d'ailleurs dans ce coin de Hyde Parc ou les prédicateurs de toutes sortes de religions défendent leur dieu contre celui des autres. Notons ici au passage une  liberté d'expression  qui ne serait pas facilement acceptée en France. Dans le sous sol des Eglises, on ne peut qu'être impressionné par le faste des tombeaux avec  chaque fois leurs gisants laissant deviner un culte des morts exacerbé.  

            Soulignons enfin ce sentiment de suffisance qui émane de la plupart des anglais: aucun effort pour que vous puissiez comprendre leur langue. S'ils répètent c'est toujours avec la même rapidité et le même ton. Dans les lieux dits touristiques et ouverts aux étrangers, rien n'est traduit en une langue  autre que l' anglais. La promenade en bateau sur la Tamise n'est commentée qu'en anglais Quant aux audio guides, ils disent bien peu de choses et n'oublient jamais de vous rappeler  qu'à la sortie, le magasin est ouvert pour que vous puissiez acheter.

            Pour terminer mentionnons qu'au château de Windsor pour l'un et à la gare de l'Eurostar pour l'autre lors du retour, deux d'entre nous se sont vu confisquer leur couteau, un laguiole et un opinel soit disant interdits pour les étrangers sur le territoire anglais et pouvant initier des poursuites judiciaires si on ne signe pas le document mentionnant  être en flagrant délit et exigeant l'abandon de l'objet saisi. Dans chaque cas le couteau est glissé dans un tronc transparent, à la vue de tous, où s'entassent des centaines de couteaux dérobés à tous ces "français terroristes". Notons que ces couteaux n'avaient pas été saisi lors de notre entrée sur le territoire anglais.  Je ne pouvais pas m'empêcher de penser: "Messieurs les anglais, cesser de confondre les couteaux sanglants de vos ressortissants avec les canifs que beaucoup de français ont, par habitude, dans leur poche".

            Vous l'aurez compris, un séjour en Angleterre pour connaître le monde et pour se cultiver c'est possible, pour le plaisir et la recherche de modernité,  c'est à éviter.

           

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 10:12

 

          Nous avons pu constater avec l’élection du pape ou encore le mariage pour tous combien les protestants sont totalement ignorés par les média et les politiques. Pas un seul ne débat à la télé ou à la radio avec une présence protestante, pas un seul endroit où la différence protestante est mentionnée ; il faut la mansuétude des catholiques ou des orthodoxes pour qu’ils soient cités.

            Plusieurs causes à cet état de choses ; Tout d’abord l’œcuménisme. Celui-ci était indispensable et notre remarque n’est pas une critique. Il était temps de mettre fin à la guerre des religions qui a opposé protestants et catholiques et de corriger les idées caricaturales que les uns avaient des autres. L’œcuménisme a permis de découvrir que ces deux fraternités chrétiennes n’étaient pas si éloignées qu’elles le pensaient ; On peut même dire qu’en dehors de la place du magistère dans l’Eglise les points de ressemblance se superposent quasi parfaitement comme par exemple l’interprétation des Ecritures. Cette proximité  laisse penser que comme le disent souvent les protestants pour s’excuser qu’un de leurs enfants se joigne par son partenaire à l’Eglise catholique : « de toute façon catholique ou protestant c’est la même chose ».

            Vient ensuite l’appauvrissement du protestantisme issu des Eglises de tradition Luthérienne ou Calviniste. Là où il y a un demi siècle il y avait quatre ou cinq temples dans la même ville, il n’y en a plus qu’un voire deux. Les bastions du protestantisme comme les Cévennes, la Montagne du Tarn ou encore la Drôme ont à peu près disparu. Parallèlement à cet amenuisement, les églises protestantes dites évangéliques se sont fortement développées et représentent la plus grande partie du protestantisme ; mais elles sont très différentes et certaines récusent même le terme de protestants. Dans leur vécu, elles mettent l’accent sur une vision et une éthique très différentes de celles des Eglises de la Réforme et reprennent souvent les positions des catholiques les plus intégristes. C’est ainsi que les protestants traditionnels se sentent plus près d’un catholicisme moderne que de ces églises évangéliques aussi bien sur le plan théologique que sur le plan éthique. La lecture fondamentaliste de la bible ou encore les positions sur le mariage pour tous en témoignent même s’il faut nuancer ces prises de positions de part et d’autres aussi bien dans le protestantisme que dans le catholicisme. 

            Enfin on comprend que les médias comme les politiques s’intéressent peu au protestantisme. Cette question n’enrichit plus l’audimat et n’apporte pas beaucoup de voix à nos élus. Les uns et les autres n’ont d’intérêt que pour ce qui tranche, oppose et pas sur ce qui apporte des nuances, propose de  réfléchir et de faire marcher dans la même direction.

            Il n’en faut pas davantage pour que les protestants issus des Eglises de la tradition se sentent mis à l’écart de la société française et considérés comme quantité négligeable et à négliger. A beaucoup de ces protestants qui ont dépassé la soixantaine Il ne leur reste plus qu’à rêver de l’époque où sous la troisième république ils enrichissaient la France du concept de laïcité, de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la place de l’école républicaine et j’en passe. Il ne leur restera alors plus que le sentiment de frustration ou d’orgueil à mourir en France autrement dit : en terre étrangère.  

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 16:37

 

     3617927934_11ff31ce78.jpg La campagne électorale nous avait habitué  à voir des foules agiter leur drapeaux: la droite s'était emparé du drapeau national , l'extrême gauche du drapeau rouge. Quant au parti socialiste, il n'osait pas brandir les roses. Ces fleurs fragiles ne supportent pas la brandouille. Et puis, il faut le dire, les roses se regardent , se sentent mais ne se secouent pas . Il faut les laisser vivre, "l'espace d'un matin" comme dit le poète.

            Mais voilà que le soir de l' élection, dans l' euphorie de la victoire, les partisans du candidat élu se sont lâchés comme on le dit aujourd'hui. Chacun y est allé du drapeau de son pays d'origine tout en y associant notre hymne national, la marseillaise. Et bien que ce soir là les drapeaux soient de toutes les couleurs les gens de la droite y ont vu rouge, eux qui depuis trois mois secouaient le bleu blanc rouge ne voyaient plus qu'une seule couleur. Ils se sont insurgés dans les médias. Selon eux, la France n'est pas respectée si lors d'une victoire la bannière nationale n'est pas brandie par chaque participant!.  Ils ont seulement oublié que le drapeau est un signe de ralliement, il n'est ni un outil de propagande ni un serpentin, encore moins une sarbacane. Il est collectif, pas individuel. Un drapeau pour chacun, ce n'est plus un drapeau, c'est une amulette. Ce soir là l'amulette n'avait pas porté bonheur. Ils étaient déçus. Ah les "gri gri" ! çà ne marche pas à tous les coups.

           

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 16:26

 

            Une enquête récente laisse entendre que plus de 60% des retraités ont voté à la présidentielle pour le candidat de droite alors que le même pourcentage des actifs votait pour le candidat de gauche. Pauvre Monsieur Sarkozy! Lui qui a tout fait pour retarder le temps de la retraite, le voilà victime de ses propres décisions. Ah, comme il aurait mieux fait d'écouter les syndicats! S'il avait mis la retraite à 55 ans il aurait été réélu avec au moins 70% des voix.  Quel succès! Par ailleurs, n'est-il pas plus facile d'être le président d'un peuple de retraités, paisibles et prenant leur temps plutôt que d'actifs grincheux, fatigués, jamais contents?

            Il ne reste plus  au nouveau président élu qu'à tirer les leçons de cette élection: pour faire échouer la droite il lui faut raccourcir au maximum le temps de la retraite afin qu'il y ait moins de retraités et toujours plus d'actifs. Une telle politique va, sans nul doute, bousculer les socialistes  mais Mr Hollande aura ainsi deux quinquennats assurés . Après tout, la politique n'est-ce pas l'art de rester à la même place le plus longtemps possible?

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 12:12

 

         Impossible d’échapper à la campagne  présidentielle ! Après avoir été presque obligé de prendre un tract  tendu par des militants UMP puis la semaine suivante par des militants du front de gauche - disons pour rire que le contenu du tract était différent - voilà que les soixante propositions du candidat Hollande atterrissent dans ma boite aux lettres.

        

         Dans la mesure où il est préférable et plus intelligent de s’informer avant de voter, on ne peut que se réjouir de la possibilité de prendre connaissance du programme des candidats ; hélas ! La lecture de ces tracts laisse apparaître un souci de propagande plus que d’information ; comme si les citoyens que nous sommes n’étaient pas suffisamment intelligents pour faire eux-mêmes leur choix à partir des informations reçues. Les maintenir dans l’ignorance de la réalité actuelle et de celle à venir semble être une tactique des politiques pour mieux les séduire. Par ailleurs, vu leur situation, les citoyens ne savent-ils pas à quoi s’en tenir ? Sont-ils aussi influençables que semblent le dire les sondages pour changer d’opinion aussi vite au rythme du bruit du rôt du dernier politique qui a parlé ? Si oui, il ne faut pas s’étonner que les candidats s’adonnent au stratagème de la séduction en multipliant les promesses sans se soucier de savoir si elles sont réalisables.

        Les 60 propositions du candidat Hollande voudraient échapper à cet effet de propagande. L’entreprise est louable mais est-elle tout à fait crédible lorsque le candidat commence chaque proposition par « je » ; « je ferai, je proposerai, je lancerai, j’encouragerai, je défendrai, j’imposerai, je lutterai, je créerai, je mettrai, je garantirai, je réformerai, je préserverai, j’ouvrirai… ». Que de « Je » et que de verbes sans compter les deux ou trois qui sont contenus au sein même de chaque paragraphe. Un homme seul peut-il faire tout cela seul avec seulement de la volonté ? Ne serait-il pas plus raisonnable de nous associer dès le départ à la conduite du pays en disant « nous ». Ce quinquennat écoulé nous a pris pour des cruches en mettant en place ce type de fonctionnement ou le président se croit seul à gérer le pays.

         Alors de grâce, et bien que notre système présidentiel favorise ce type de gouvernement, ne reproduisez pas ce fonctionnement où les citoyens se sentent méprisés, manipulés et rabaissés. Et n’oubliez pas que pour rendre un peuple heureux il ne suffit pas d’égrener des verbes d’action. Les Français aiment le travail. Préoccupez-vous de leur en fournir ; associez-les à vos décisions par les institutions existantes, et souciez-vous de leur repos, de leur sérénité et de leur culture.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 18:06

            Le Front National est habitué aux provocations  toujours aussi dangereuses . La sortie de sa candidate à la présidence de la république sur la viande Halal  en Région Parisienne en est une .

            Certes je n'ai aucune difficulté à manger "Halal" et pour tout dire il m'arrive même d'en acheter non pour des motifs religieux mais parce que c'est sur les étalages et que le produit correspond à ce que je cherche. Par ailleurs, il est bon me semble-t-il d'être curieux et de goûter à tout sans être prisonniers de dogmes ou d' apriori. La liberté passe aussi par des comportements et des attitudes choisies sans contrainte.

            Rien ne me permet de vérifier si  tous les animaux abattus en région parisienne le sont selon le rite musulman. J'aimerai faire confiance à ceux qui sont censé savoir. Je dirai seulement que si les abattoirs, pour satisfaire un rite religieux, se sont soumis à ce rite, par commodité, pour tous les abattages alors c'est la laïcité qui est sérieusement menacée dans notre pays et cela n'a rien à voir encore une fois avec les théories du front National.  Les religions cherchent à soumettre les populations à leurs  règles. Nos ancêtres protestants sous les fourches caudines du catholicisme en ont fait l'amère expérience.  Actuellement cela se vérifie dans les pays où a eu lieu la révolution arabe et où la charia (loi islamique) reste une référence pour les nouvelles constitutions. C'est contraire  aux principes de la laïcité telle que nous l'avons voulue en France . La laïcité garantit le choix et la liberté de religion. Elle interdit qu'une religion impose ses pratiques à toute une population. C'est à l'Assemblée Nationale de définir ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas.

Toute la question est de savoir si nos politiciens sont clairs sur les droits des religions    et sur les limites de leur champ   d' intervention.  Mettre tout le monde au régime halal ou casher pour une question de commodité par exemple, serait violer les lois de la laïcité. Il est important de veiller à ce que des attitudes dictées par des convictions religieuses, en apparence anodines et sans conséquence, s'installent progressivement dans notre pays pour en devenir un jour la norme.

            Ceux qui mangent casher ou halal doivent pouvoir le faire mais cette attitude doit rester strictement  privée. Il n'y a pas de religion d'Etat.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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