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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 15:37

Bonjour François

Voilà bien longtemps que je n'avais pas écrit. Ce n'est pas par négligence, encore moins par mépris. La vérité est que je m'intéresse de moins en moins au fait religieux y compris lorsqu'il vient du grand chef spirituel que tu es. En effet , contrairement à ce que l'on entend souvent, je pense que le religieux prendra de moins en moins d'importance en occident, peut être même dans certains pays d'orient. Paradoxalement, c'est parce que la religion compte de moins en moins dans la vie quotidienne que certains se crispent jusqu'à sombrer dans le radicalisme. Cette crispation dépasse les groupes terroristes qui tuent au nom de leur dieu pour toucher des croyants qui ne jurent plus que par les dogmes et les doctrines bien loin de toute raison.

Si je crois que la religion mènera de moins en moins le monde, c'est d'une part à cause de l'importance prise par les droits de l'homme. Petit à petit même les religieux les plus réticents y prennent goût car il se rendent compte que cette déclaration les protège. Certes, il reste encore beaucoup de progrès à faire dans certains pays parce que les politiques utilisent la religion pour asseoir leur pouvoir . Notons toutefois, qu'à long terme, la mondialisation aura raison de leur turpitude. D'autre part, la science a fait de tels progrès dans tous les domaines que la superstition, vision première des religions qui attribuent une sorte de pouvoir magique à leur dieu ne peut que perdre du terrain. Par ailleurs, toutes ces découvertes amènent petit à petit à un nouvelle définition de Dieu, plus juste, plus adéquate et plus utile à l'homme.

  1. si je t'écris aujourd'hui, c'est parce que j'ai appris par la presse qu'un curé, plutôt moderne pour la célébration des messes, se marie. Quel bonheur pour lui! De quelle force a-t-il été animé pour passer outre à tous ces engagements qui l'avaient conduit à la prêtrise. Je le dis et redis, il n'y a pas de plus grand bonheur pour un homme que d'aimer toute une vie, jusqu'au dernier souffle, la même femme. La réciproque est vraie. On oublie trop souvent et, sous de faux prétextes, ce verset de la bible selon laquelle " l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair ". Il ne s'agit pas de complétude entre l'homme et la femme, il s'agit d'une identité nouvelle ainsi créée. Cette identité nouvelle est en devenir en tout homme et toute femme dès la naissance. Soit dit en passant, elle peut se créer à partir de deux êtres de même sexe. Il est bon, cher François de le rappeler à l'Eglise catholique qui bien sûr ne veut pas l'admettre.

Si je me réjouis pour ce prêtre, ce n'est pas par provocation vis-à-vis de Toi et de ton Eglise. C'est tout simplement parce que je fais passer le bonheur des humains avant le règlement des institutions religieuses ou autre, l'Eglise y compris. De la même manière, ce bonheur passe avant la référence au Livre fut-il dit "sacré". Bien sûr, on me dira que les doctrines, les dogmes et autres règlements sont fait pour rendre l'homme heureux et qu'ainsi, il est impératif de les suivre. C'est oublier et nier que les conditions du bonheur, j'oserai dire du salut, sont différentes d'un individu à un autre, différentes aussi selon les situations. Elles ne peuvent pas être dictées. Il appartient à chacun de se glisser dans ces conditions.

Selon la presse, tu as rencontré cet homme avec son meilleur avocat, le cardinal Barbarin. Je ne doute pas un seul instant de ta compassion à son égard. En fin connaisseur de la nature humaine, tu ne l'as pas relevé de ses fonctions par condamnation mais par fidélité à ton Eglise. J'aurais envie de dire bravo mais je ne pourrais le faire que lorsque l'Eglise catholique renoncera à ces archaïsmes et le célibat des prêtres en est un, qu'elle a inscrit tout au long de l'histoire dans son fonctionnement contre toute écoute de l'humain et contre toute logique scientifique. Une question me taraude: les religions arriveront-elles un jour à faire passer l'intérêt des humains avant leurs préceptes ou sommes nous réduits à souhaiter leur fin pour que l'humain retrouve son humanité totale, entière et libre? Je crois , peut être naïvement, que le protestantisme s'est posé parfois cette question. J'ai le sentiment qu'aujourd'hui il se la pose de moins en moins. Il ne cherche plus à sortir du religieux. Dommage! Il perd du terrain.

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 15:26

 

Lors d'une campagne électorale, il est de bonne guerre que chaque candidat remette en cause ce que son adversaire a pu dire. Le plus souvent ces contrepoints n'ont d'autres intérêts que la polémique suscitée. Ils ne s'étayent pas sur une analyse sérieuse de la réalité. Ils ne font pas avancer le débat. Ils ne traitent pas du problème de fond. On comprend pourquoi les citoyens se détournent de plus en plus de la politique. Pour eux, elle n'est qu'un jeu de dupe.

La critique faite au candidat Emmanuel Macron accusé par les uns de continuité de ce qui se fait déjà et par les autres de vouloir une rupture est des plus pertinente. Ceux qui l'accusent de continuité voudraient un revirement à cent quatre vingt degrés comme si tout ce qui a été fait jusque là n'était que conservatisme et immobilisme, sans valeur aucune. La grisaille de la situation actuelle est très fortement exagérée pour montrer que rien n'a été bon jusqu'ici et qu'avec leur programme tout sera nouveau. Du temps du communisme on appelait cela le" grand soir". Paradoxalement se sont les deux candidats de la droite et de l' extrême droite qui sont dans cette posture. Notons au passage que tous les gens de droite n' en sont pas là . C'est la place de leur candidat officiel actuellement. Notons aussi que le candidat officiel du parti socialiste, désigné lui aussi par une primaire et représentant les frondeurs, s'inscrit dans cette ligne qui est traditionnellement une habitude de la gauche.

Ceux qui accusent Macron de rupture voit en lui un candidat qui veut tout casser, remettre en cause les droits fondamentaux comme la sécurité sociale, la retraite, le droit du travail, le droit des sociétés. Probablement influencés par le titre du livre d' E. Macron "Révolution" qu'ils n'ont jamais pris la peine de lire semble t-il, croient qu'une révolution remet tout en cause et abolit entièrement ce qui existe. Il est vrai que telle est l'image laissée et accréditée par les manuels scolaires de la Révolution française. La vérité historique est bien moins catégorique. Le roi a certes été décapité, beaucoup de révolutionnaires aussi. La prison royale de la Bastille était quasi vide. Une révolution n'est jamais un anéantissement de ce qui existe, c'est une reprise en main pour une modernisation qui permet d'aller encore plus loin. L'année se renouvelle par une révolution. Elle est porteuse de nouvel espoir sans détruire le cycle des saisons.

C'est ainsi qu'accuser E.Macron à la fois de continuité et de rupture ne peut être qu'un éloge . Tout détruire serait une erreur stratégique que nous avons connue par exemple avec Sarkozy qui a supprimé la police de proximité et basé l'ordre public sur la force; avec Hollande qui a supprimé le jour de carence des fonctionnaires ce qui a fait augmenter les comptes de la sécurité sociale ou encore la suppression générale d'un point et demi de TVA pour le compenser par d'autres prélèvements plus sélectifs.

Dire que continuité et rupture doivent aller de pair ne signifie pas que le programme d' E. Macron est parfait. Il y aurait de nombreuses critiques à faire sans aucun doute comme pour tous les programmes des candidats. Affirmons seulement que vouloir assumer à la fois une continuité et une rupture est une position sage et louable. Ceci peut éviter au candidat d'agir uniquement par principe idéologique comme l'on fait les deux derniers présidents de la république et d'autres avant eux. Je me souviens avoir entendu F. Mitterrand lorsqu'il a été élu président de la république dire qu'il s'inscrivait dans une histoire qui continuait. Les candidats actuels à la Présidence de la République feraient bien de ne pas l'oublier. Tout ne va pas aussi mal dans notre pays qu'ils se plaisent à le dire. Un grand chambardement lui ferait beaucoup de mal. Certains propos entendus pendant cette campagne font froid dans le dos. S'ils venaient à être appliqués comme ils sont dits, nul doute que la situation de demain serait pire que celle d'aujourd'hui. Alors, Monsieur Macron, tenez bien les deux bouts, continuité et rupture , sagesse et rationalité, justice et compétitivité. De là naissent le progrès et les changements. Tenez bien la devise: Liberté, Egalité, Fraternité.

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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 11:42

 

          Il est tout à fait normal que lors d’une campagne pour les présidentielles les candidats donnés gagnants par les sondages soient vivement attaqués par les autres qui voudraient bien leur ravir la place. C’est exactement ce qui arrive à Emmanuel Macron depuis qu’il menace de se placer en deuxième position devant François Fillon. On sait aussi que les arguments utilisés volent bas afin de faire porter à l’autre les turpitudes dont on est accusé soi-même. C’est ainsi que l’extrême droite et la droite prises la main dans le sac pour mauvais usage de l’argent public-autrement dit détournement- voudraient nous faire croire que Monsieur Macron a mal utilisé l’argent réservé à ses frais de bouche. Ces reproches – qui d’ailleurs ont fait pschitt - ne sont là que parce qu’ils considèrent que Macron est de gauche. Si ces gens de droite le percevaient à leur côté, ils ne diraient rien. En effet, comme le démontre un récent sondage les deux tiers des électeurs de droite ne sont pas très regardant sur les questions d’argent. Comme ils n’en manquent pas ils n’ont pas à se soucier de l’argent détourné par d’autres. Ils n’en ont pas besoin pour vivre. Peu importe pour eux, si les enfants Fillon en troisième année de droit perçoivent 4000 euros par mois pour leur compétence quand j’ai dû emprunter 1000 euros par mois pour mon fils plus jeune qui suivaient les mêmes études afin qu’il puisse les continuer.

          Ce qui est plus étonnant c’est la critique des journalistes. Il est vrai qu’ils étaient habitués aux discours opportunistes et racoleurs de Mme Le Pen, de Mr Fillon, Mr Hamon ou encore Mélenchon. Discours construits sur des critiques négatives, des promesses mensongères, peu brillants par leur rhétorique et médiocres quant à leur qualité littéraire. Avec Macron, les journalistes de la « politicaille » sont confrontés à des discours intelligents, bien construits où la pensée ne se donne pas comme une « bouillie pour tous » distribuée à la cantonade mais comme une démarche qui doit être propre à chacun. Tout auditeur est invité à réfléchir lui-même pour découvrir ce à quoi il n’a pas encore eut accès. Son propos ne s’épuise pas en un unique sens mais ouvre une variété de possibles.

          C’est ainsi que la finesse philosophique du discours de Macron amène ces journalistes à des amalgames et des contre sens qui ne grandissent pas le journalisme et plus grave encore, trompent et mettent en danger la démocratie dans notre pays. La tromperie, c’est de faire croire que Macron dit le pour et son contraire sur des sujets importants. Est-il par exemple contradictoire de dire que la colonisation est un crime contre l’humanité et de constater que cette même colonisation a permis aux états colonisés de mettre en place des structures d’ Etat sans pour autant oublier le nombre de morts qu’il y a eu de part et d’autres. Est-il contradictoire de regretter que les participants de la manif pour tous aient le sentiment d’être humiliés et de dire qu’il faut aller plus loin en ce qui concerne la GPA et la PMA. Est-il constructif pour des commentateurs de l’actualité de parler au sujet de Macron d’attitude christique, de prêcheur évangéliste ou d’espérance messianique, tout cela repris par les présentateurs des chaines de radio et de télé.

           Enfin, imaginons qu’au premier tour, Mme Le Pen et Mr Fillon arrivent en tête. C’est la plus forte probabilité car comme dit ci-dessus, une grande partie de la droite s’accommode facilement des détournements d’argent. Dans ce cas, pour qui voteront les 50% des français restants ? Il semble difficile que les partis de gauche ou encore les électeurs de Macron demandent de se désister pour Mr Fillon. Leurs électeurs le supporteront mal. Et quand bien même ils le demanderaient comme ils l’ont fait en 2001 pour Mr Chirac, ils risquent d’être peu suivis. Pire encore, devant deux candidats perçus comme des modèles cherchant à s’en mettre plein les poches, certains extrêmes ne risquent-ils pas de perturber le vote sans avoir ni l’appui ni la désapprobation de ceux qui ne pourront pas voter puisque aucun de leur candidat n’aura passé la barre du premier tour? Une demande de boycott des partis de gauche et du centre, serait déjà bien dommageable pour la démocratie qui, ici, nous apparait bien malade. Par ailleurs, dans le cas où un de ces deux candidats, Mr Fillon ou Mme le Pen seraient élus, on voit mal comment ils pourraient être reconnus et respectés par l’ensemble des français. Comment pourraient-ils alors gouverner ?

           Aujourd’hui, rien ne dit que Macron serait meilleur président que Sarkozy ou Hollande. Il peut dans un premier temps tirer la France d’un mauvais trépas en lui évitant de se diviser en deux parties irréconciliables et d’être gouvernée aux extrêmes autrement dit sans gouvernement aucun.

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:55

 

Concernant la place Dieu dans la société, nos contemporains ont le plus souvent des positions tranchées, sans nuances et peu réfléchies.

Pour les croyants, Dieu a trop peu de place dans la vie des humains comme dans la société en général. Pour eux Dieu reste la garantie d’une bonne morale, de bonnes mœurs et d’une meilleure protection. Lorsque leur vie tourne mal à cause de la maladie, des accidents et autres déboires en tous genre, ils s’auto-accusent convaincus qu’ils ont été infidèles à leur devoir de croyant et qu’ils méritent bien ce qui leur arrive. Dieu ne fait que les corriger. Ils s’inclinent. Si les malheurs touchent les autres, ce sont bien ces autres les responsables de leur propre situation. Il faut qu’ils s’en prennent à eux mêmes. Enfin, si les malheurs sont collectifs ils cherchent des boucs émissaires, le plus souvent parmi les incroyants, qui de par leur comportement auraient attiré les foudres de Dieu sur le pays tout entier. Pour eux tous, il n’y a pas assez de Dieu dans notre monde. Dieu n’est pas suffisamment prié, invoqué et représenté. Il ne reçoit pas suffisamment d’offrandes quelles que soient la nature de ces offrandes, matérielles ou spirituelles.

L’incroyant est agacé par les références à Dieu. Les signes religieux lui paraissent inutiles voire néfastes. Pour lui religion est synonyme de superstition. Croire en Dieu enferme l’homme dans une fausse espérance et dans l’illusion. Moins il y aura de Dieu et plus l’humain sera libre et responsable. Dieu ne peut qu’être un obstacle au bon déroulement de la vie. Tout ce qui le représente aliène l’homme et fait son malheur. Il déplore les richesses de l’Eglise qui sont pour lui le signe de la supercherie de la religion toujours au service des riches et des puissants au détriment de la plus grande majorité des peuples.

Enfin vient l’indifférent, appelé parfois agnostique pour qui la question de Dieu ne se pose pas. S’il ne nie pas son existence, il ne croit pas pour autant à celle-ci. Il veut tout ignorer des questions spirituelles. S’il croit à la chance, il ne l’attribue à aucune puissance. Elle est un pur hasard dû à la main des hommes ou au logiciel sollicité pour tirer le bon numéro. Il reste superstitieux sans croire au ciel. L’opinion, voire les sondages voudraient que les indifférents soient le plus nombreux dans la société actuelle. Rien n’est moins sûr tant la pensée de l’homme peut changer devant l’échec et devant la mort. L’indifférent se met alors, sinon à penser Dieu, tout au moins à lui trouver des substituts.

Croyants, incroyants ou agnostiques ont en commun de se référer pour l’adorer, le rejeter ou l’ignorer au même Dieu. Un dieu extérieur au monde. Agissant selon son bon plaisir. Cherchant à se faire aimer et adorer. Punissant ou récompensant l’homme à sa guise. Bref, un Dieu qui ressemble en tout point au Roi le plus puissant disposant de tous les pouvoirs et n’ayant de compte à ne rendre à personne. Si ce dieu là satisfait un certain nombre de croyants, on comprend que dans la société moderne, la plupart des humains le rejettent ou l’ignorent. Faire le vide de ce Dieu c’est conquérir une liberté et une responsabilité auxquelles aspirent le plus grand nombre aux vues des moyens et des possibilités dont le monde moderne dispose. Ce Dieu « imperator » a perdu sa place avec les nouvelles découvertes, les progrès de la science et plus particulièrement de la médecine qui place l’homme devant la mort et lui rappelle sa finitude.

La question se pose alors de savoir s’il n’y a pas une autre conception de Dieu qui serait bonne pour l’homme et la gestion du monde dans lequel il vit. Un Dieu qui ne serait pas l’objet de croyances mais une réalité, non vérifiable par nos sens, sans pour autant échapper à notre pensée parce qu’il est esprit. Nous pourrions reprendre la formule se Spinoza : « Dieu, c’est comme la nature ». Il reste alors, comme la nature, une réalité présente quelle que soit notre décision d’y croire ou de ne pas y croire. Dans ce cas la question de savoir s’il y a trop de Dieu ou pas assez ne se pose plus. Il est une présence pleine et totale, indépendante de notre croyance. Chacun en bénéficie. Celui qui le reconnait et l’accepte en jouit pleinement en toute conscience. Là est la différence avec celui qui ne fait pas la démarche de reconnaissance. Il bénéficie de la présence divine tout en l’ignorant comme il bénéficie de la nature qui l’entoure. La grâce divine n’obéit pas à un marchandage. Elle est pour tous. Pas besoin d’aller à Dieu pour en bénéficier, elle est inscrite dans la création. Le croyant comme l’incroyant ne peuvent ni maitriser ni limiter la présence de Dieu dans le monde. Dieu ne relève pas de leur décision.

 

 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 10:29

Fillon, gaulliste et chrétien.

Fillon, candidat de la droite à la présidentielle déclare qu'étant "gaulliste et chrétien, il ne prendra jamais une décision contraire à la dignité humaine". Elu à la primaire par la droite catholique conservatrice et réactionnaire, il s'attache à donner des gages à ses électeurs. Cette attitude devrait durer toute la campagne et nous ramener aux temps précédant Vatican II .

Beaucoup d'hommes politiques , de droite et catholiques, ont regretté ce mélange de la politique et de la religion. Ils y voient un retour à des moments peu enviables. Dans à peu près la même ligne, les partisans d'une laïcité claire et nette dénoncent des propos dangereux ravivant des haines religieuses et favorisant le communautarisme, les chrétiens d'un côté, les autres, juifs, musulmans, athées, de l'autre.

A l'inverse, les partisans du Candidat soulignent l'honnêteté des propos et s'appuient sur le Général de Gaulle pour qui "la république est laïque et la France est chrétienne". Ils ne se sont pas aperçu que depuis le général de Gaulle la situation religieuse de notre pays a profondément changé. De surcroit, Ils cherchent à faire croire que leur candidat est sincère. Encore une fois on est pris pour de grands naïfs.

Il n'est pas de ma compétence d'intervenir sur la stratégie politique de Mr Fillon sachant tout de même que toute stratégie peut avoir des conséquences funestes. Une bonne stratégie arrête la guerre. Une stratégie déplorable la provoque. Je ferai trois remarques.

En proclamant que le fait d'être chrétien garantit de bonnes décisions en ce qui concerne la dignité humaine, Mr Fillon ne rend pas service au christianisme. Il est évident parce que prouvé par l' expérience , qu'un chrétien n'est pas mieux que les autres comme le dit la vox populi. Il est sage de le constater. Bien que plein de bonne volonté et croyant bien faire, les décisions prises par un croyant, quelle que soit la religion à laquelle il appartient, peuvent être heureuses ou catastrophiques. Il en va de même pour un non croyant. Certes l'intelligence humaine se nourrit des références de chacun. Ce n'est pas pour cela que cette intelligence conduit aux bonnes décisions. Il a souvent été reproché aux chrétiens de se croire supérieurs aux autres. Hélas, Mr Fillon va dans ce sens. Ses propos peuvent conduire encore une fois à détester le christianisme. Nous sommes loin du Christ des Evangile qui ne se réclamait d'aucun mouvement ni d'aucune tendance alors qu'il y avait autour de lui de nombreux partis politiques et religieux, chacun cherchant à le récupérer. Il savait se situer au dessus de tous ces partis . Mr Fillon semble mal évaluer la place de Jésus-Christ dans la société. Par ailleurs il confond les positions les plus traditionnelles de l'Eglise catholique avec la foi au Christ.

En second lieu, le candidat confond la charité et l'organisation sociale. Il l'a montré en allant visiter, pour relancer sa campagne, un centre Emmaüs fondé par l'abbé Pierre. Loin de nous l'idée de contester la nécessité de la charité. Elle permet à chacun de porter sur l'autre un regard positif et d'exprimer sa solidarité. Ceci dit, la charité doit nécessairement déboucher sur l'organisation d'une société avec toujours plus de justice et de liberté. C'est le rôle du politique . Il organise la société afin que chacun y trouve sa place sans dépendre du "bon cœur" de l'autre car là commence l' asservissement à des personnes ou a des institutions. C'est alors la fin de la liberté. Par le passé, on a connu cette situation lorsque l'enseignement ne dépendait que d'institutions religieuses.

Enfin Mr Fillon par ses propos met tout les chrétiens dans le même sac. Or il est évident que tous les chrétiens catholiques ne se retrouvent pas dans les positions de Mr Fillon. Il y a enfin les chrétiens protestants qui, pour le plus grand nombre, non seulement ne se retrouvent pas mais rejettent le christianisme catholique auquel se réfère le candidat. Un président de la République n'est pas le prêtre d'un groupe bien à lui. Il est le président de tous les français quelles que soient leurs croyances. Mr Fillon n'est pas prêt pour cette tâche. Le protestant que je suis ne peut que craindre le pire.

 

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 11:47

Devenir ce que nous sommes déjà.

            Qui ne connait pas le célèbre aphorisme de Simone de Beauvoir : « on ne nait pas femme, on le devient ». La philosophe voulait montrer que la féminité n’est pas une donnée de la nature mais un produit de la culture et de la civilisation. Pour elle « l’éternel féminin est un mythe » auquel on se réfère pour enfermer les femmes dans des fonctions subalternes et des conditions sociales abêtissantes.

            Elle ne pouvait pas ignorer la déclaration d’Erasme selon laquelle on ne nait pas homme, on le devient. Le grand humaniste voulait dire que l’homme accompli est une construction. Il ne nait pas dans cette situation. JJ Rousseau, laisse penser que tout est dans la nature, la féminité comme l’accomplissement de l’homme. C’est la société qui par son formatage empêche l’éclosion de ce qui est naturellement donné. Autrement dit, là où Beauvoir voit dans la civilisation la possibilité d’améliorer les choses, Rousseau y voit le risque d’un étouffement du meilleur logé en tout humain.

            C’est du théologien carthaginois au IIIème siècle après JC, Tertullien, que vient la formule initiale « On ne nait pas chrétien, on le devient. » Il s’inspirait directement des Ecritures et de la parole de Jésus pour qui tout homme peut naître de nouveau. L’Eglise aujourd’hui en reste à cette formule. Celui qui opte pour vivre avec Christ est un être nouveau. Le « Vieil homme » n’est plus dira l’apôtre Paul qui se donne en exemple depuis qu’il a rencontré Dieu par une révélation sur le chemin de Damas.

            Qu’il s’agisse du féminisme, de l’humanisation ou du christianisme, cet aphorisme décliné sous ces trois formes renvoie à la liberté humaine qui serait capable de transcender les héritages sociaux. Nous sommes là en pleine philosophie Sartrienne. On sait l’horreur qu’éprouvait Sartre devant ce que nous appelons « déterminisme ». Ce dernier ne peut qu’entraver la liberté et aliéner sa conscience.

            On ne peut pas nier que la féminité, l’humanisation ou encore la christianisation d’un être ne soit pas le résultat d’une construction culturelle. L’humain est en formation toute sa vie et ses choix dépendent de cette formation. On voit d’ailleurs l’intérêt à diversifier celle-ci si on veut éviter que tous les humains se ressemblent comme les voitures sortant d’une même chaîne de montage. On ne peut pas parler pour autant de rupture comme le laissent entendre ces proclamations. La vie est un continuum. Il y a un capital de départ qui est naturel, non seulement par les gènes, la biologie mais aussi par l’histoire. Jésus lui-même hérite des gènes de sa mère Marie, de son père Joseph ou d’un inconnu. Il a aussi toute une généalogie qui le précède. Il est l’aboutissement de cet ensemble. Et c’est à partir de là qu’il construira sa vie en s’instruisant à la synagogue, en apprenant un métier, en s’intéressant à la politique de son pays lorsqu’il dira par exemple: rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Il est fils de Dieu par continuité et non par rupture. L’élection de Dieu ne l’arrache pas à l’humanité. Il n’est né en Dieu, il meurt et réapparait en Dieu. Il a cru être abandonné dans sa souffrance. Il ne l’était pas.

            Aujourd’hui, ces aphorismes ne doivent pas nous piéger. La femme devient femme à partir de ce qu’elle est. L’homme devient homme à partir de ce qu’il est. Le chrétien le devient à partir de qu’il était. Combien de chrétiens se sont dit chrétiens pour rompre par la suite avec ce qu’ils avaient cru être. Combien d’hommes ayant atteint une stature d’homme pleinement humaine sont devenue des bourreaux, combien de femmes ont épousé la liberté pour se rendre esclave par la suite. Simone de Beauvoir elle-même dans sa correspondance avec son amant en Amérique nous dit combien il est jouisif pour elle d’être l’esclave de celui qu’elle aime. Chez tous la nature a repris ses droits. Ils avaient voulu l’attaquer de front, ils ont échoué. Les passions sont revenues avec plus de force encore. Seuls, tiennent ceux qui savent composer avec les vents contraires sans chercher la rupture. Ils s’adossent à eux pour utiliser leur force éolienne sans se laisser aller dans la direction imposée.

            Il n’est pas possible de violer la situation passée pour construire le présent. Cette situation ne peut qu’être intégrée pour être transformée, sublimée pour reprendre un terme de la psychanalyse. Vouloir une rupture c’est prétendre pouvoir couper les racines à partir desquelles nous avons grandi, c’est sortir de l’« en Dieu » dans lequel nous étions avant même la naissance. C’est aussi perdre une part de liberté puisqu’il s’agit d’échanger un mode de vie contre un autre. Il croit avoir choisi. Ce n’est qu’un leurre. Il y a liberté lorsque l’être domine la situation qu’il est appelé à vivre, lorsqu’il ne se laisse pas emprisonner par elle et qu’il arrive enfin à la dépasser. Le Born gain n’est souvent qu’une fuite, une illusion. Affranchi de cette illusion, il comprend qu’il ne peut que rester inscrit dans le déterminisme de la nature.

            Plagiant nos trois auteurs nous dirons que l’on ne nait pas femme, on ne nait pas homme, on ne nait pas chrétien, on devient ce que nous sommes déjà et qui est encore caché en naissant. La vie heureuse est la vie qui permet que se réalise le potentiel que chacun porte en lui depuis toujours. Ce potentiel se révèle au fur et à mesure que se déroule la vie.

 

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 14:43

          

              A l’approche de Noël, la question concernant la possibilité d'installer une crèche dans un édifice public sans contrevenir à la loi 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, revient dans l’actualité. Le Conseil d’état appelé à trancher en cassation vient de répondre en date du 9 novembre. Il considère que des crèches peuvent être installées à condition que l'exposition soit temporaire, sans élément de prosélytisme et dans un cadre à caractère culturel, artistique et festif.

             Cette autorisation suppose que la crèche est devenue un élément de notre culture sans signification religieuse. Ce présupposé parait contestable. Pour qu'il soit vrai il faudrait qu'il n'ait plus de signification religieuse. Or comment cela se pourrait-il puisque la crèche est une référence forte dans la tradition et de la théologie de l’Eglise catholique. Elle témoigne de la double nature du Christ : divine et humaine. Elle justifie la piété mariale, Marie étant dite «mère de Dieu ».

              Le protestantisme s'est longtemps tenu à l'écart de la crèche. Peut-être pour se différencier du catholicisme. Plus tardivement pour avoir été convaincu que les récits de la nativité sont une construction plus qu'un événement réel. La présence de ces récits dans seulement deux Evangiles sur quatre va dans ce sens. La nativité serait plus symbole que réalité. Le protestantisme se refuse d'enfermer les symboles dans la réalité d’où son refus du crucifix par exemple.

              Aujourd'hui, l'œcuménisme aidant, la crèche est entrée dans les familles protestantes comme dans les temples où elle prend la place du sapin moins facile à manier. Quant à la théologie catholique, elle s'est largement ouverte, souvent plus qu'un certain protestantisme littéraliste, à l'approche mythologique de ces textes. Elle reste toutefois attachée à la crèche, parce qu'elle représente deux éléments sacrés du catholicisme : la divinité du  Christ et la place faite à Marie.

              Et c'est bien pourquoi, des élus, le plus souvent très à droite veulent installer des crèches dans les mairies ou autres bâtiments de la république. Il s'agit pour eux d'affirmer une identité chrétienne forte. En cela ils sont soutenus par une large partie de la population, celle là même qui voulaient mentionner l’héritage chrétien dans le préambule de la Constitution Européenne. De plus, dans le contexte actuel - c’est là que réside le danger- la crèche à pour rôle de concurrencer l’islam dans ses velléités d'imposer sa manière de vivre à notre société. Elle est utilisée pour dire à cette religion que nous ne voulons pas d’elle.

              Fort heureusement ni les catholiques ni les protestants ne réclament l'installation de ces crèches dans les lieux représentant la république. Encore une fois, à travers la crèche, c'est la religion qui est prise en otage par des politiques  qui cherchent à diviser  la population pour se maintenir au pouvoir. Aujourd'hui en France, les religions respectent dans l'ensemble  la laïcité autrement dit la séparation de l’église (des religions) et de l’Etat. Certains élus de la république ne la respectent pas. C'est un comble !

              Le sacré est fait par les humains. Il a pour rôle d'implanter la croyance officielle du moment. Toutes les religions ont leur "sacré". Il disparait lorsque la religion disparait. A ce jour ni le christianisme ni la crèche n’ont disparu. Celle-ci reste bien une chose sacrée y compris lorsqu'elle est sécularisée à des fins commerciales ou politiques. Des élus l’ont bien compris. Ils se servent d’elle. C'est pourquoi, à notre avis elle n’a pas sa place dans un Hall de mairie, d'hôtel de région, du département, à l’assemblée nationale ou au sénat. Pour sa fonction culturelle et artistique, elle peut être installée dans d’autres lieux.

             Aujourd’hui, la laïcité est implantée dans le pays. Menacée, elle doit y être enracinée. Les halls réservés à la république la symbolisent. Ce sont des espaces sacrés. Leur neutralité garantit à toutes les religions la liberté de leur expression et leur signifie leur limite.

 

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 14:08

Dans l’actualité de ce mois d’octobre se trouve la fête de la Réformation. Cette fête est justifiée étant donné l’importance de la Réforme dans toute l’Europe. Les affirmations formulées par les réformateurs un peu partout sur ce continent ont ouvert la porte à la modernité.

Le « Dieu seul » a permis à l’homme de s’émanciper de l’autorité de l’Eglise catholique Romaine et de ceux qui étaient considérés comme ses supérieurs. En s’adressant directement à Dieu, il s’affranchissait d’un système hiérarchique qui l’obligeait. Il s’autorisait à poser la question de la nature et de l’existence de Dieu ce que feront les philosophes des lumières tels, Diderot, Bayle, Rousseau arrachant ainsi la philosophie à la scolastique qui faisait de la philosophie la servante de la théologie.

Le « l’Ecriture seule » venait renforcer cette autonomie en invitant chacun à explorer le texte et son contexte. Au-delà même du texte c’est la science dans tous les domaines qui se voyait ouvrir les portes que l’Eglise s’obstinait à fermer jusqu’à bruler vifs les savants dont les découvertes contrevenaient aux vérités établies par les dogmes. L’héliocentrisme en est un exemple remarquable. L’interprétation libre des textes donnait toute sa place à la conscience qui devenait le seul guide de l’homme.

Le « la grâce seule » affirmant que l’homme n’a pas besoin des œuvres pour son salut ,le libère afin qu’il puisse se consacrer à son travail, sa famille, la gestion de la cité. La grâce étant pour tous, l’éthique, autrement dit l’attitude et le comportement de chacun est une réponse à l’amour de Dieu et en aucun cas une discipline et une exigence pour recevoir le pardon et la grâce de Dieu qui sont déjà donnés.

Dans les siècles qui ont suivi, ces affirmations ont eu des développements considérables. Avec Freud, l’être humain pour échapper à ses enfermements, qu’ils soient appelés péché ou névrose, sera orienté vers la connaissance de soi et de son histoire en lieu et place de la contrition et des mortifications. La Réforme a ouvert la porte à la psychanalyse. Avec Darwin la transcendance retrouve sa place dans la nature. Comme Luther, le spécialiste de l’évolution accepte ce que le divin fait de nous. Marx, demande à renoncer à la société capitaliste et à ses fausses lois comme Luther invitait à se méfier de l’Eglise et de ses commandements. La critique devient une nécessité pour éviter l’embrigadement par la majorité ou le repli sur soi par protection et résignation. La liberté ne consiste pas à s’émanciper des lois mais à en créer de nouvelles adaptées à la réalité.

La Réforme a forgé la société jusqu’à aujourd’hui, en France comme en Europe. Elle continue son œuvre. C’est la société toute entière qui a été transformé par elle et pas seulement l’église. Certains vont jusqu’à penser que la société s’est « protestantisée » à l’insu de tous. Quelles sont alors les raisons pour lesquelles la fête de la réformation est ignorée par l’actualité ?

Probablement à cause de l’ignorance des journalistes qui plaquent les mots de la religion catholique sur les pratiques du protestantisme et en détournent ainsi le sens et la particularité. Le culte devient la messe, la table de communion l’autel, le pain l’hostie… Plus encore, les protestants n’osent pas dire ce qu’est l’esprit de la Réforme par crainte de blesser les catholiques. Cette crainte se manifeste dans les réunions publiques et dans le courrier des lecteurs où les protestants s’emploient à minimiser les différences rappelant que l’Eglise catholique a changé et que les protestants sous d’autres formes pensent et disent la même chose. La bible de l’arrière-grand-mère serait une relique et la référence à un pasteur une « canonisation » ! L’occasion de rappeler à ces protestants que la Réforme c’est le triomphe de la raison et la certitude que Dieu ne se manifeste pas dans le sacré et le surnaturel mais dans le réel. Leur dire aussi que la recherche de l’identique rétrécit, celle de la différence élargit. Osons cultiver cette dernière.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 15:33

Les nouveaux responsables d’un restaurant social de la région lyonnaise où viennent manger tous les jours des personnes âgées ont cru bon de changer les menus afin d’améliorer leur santé et de prolonger au maximum leur vie. C’est ainsi que les repas ont été allégés, les matières grasses supprimées, le sel et le sucre réduits au minimum. Nul doute que ces nouveaux promoteurs s’attendaient à des « bravos de prendre soin de nous ». La réaction a été tout autre. Les habitués de ce restaurant ont demandé un retour aux repas auxquels ils étaient habitués arguant qu’ils avaient envie de bien manger et peu importe si cela devait leur raccourcir leur existence. Ils voulaient profiter de la vie jusqu’au bout de leur vie.

Cette réaction parait très salutaire. En effet la société actuelle s’astreint par tous les moyens à prolonger la vie coute que coute. Et cela coûte très cher. C’est ainsi que les dépenses de santé sont devenues exponentielles et les prélèvements pour y faire face insupportables. Le système actuel menace de s’effondrer sans que les vraies questions soient posées concernant les soins à prodiguer et dans quelles limites. Les recherches sont purement économiques. Tout est question d’argent. Des familles, après avoir élevé leurs enfants se voient contraintes de vendre leur maison pour payer la maison de retraite des parents. Quant aux soins à domicile ils sont devenus souvent impossibles étant donné le prolongement de la vie dans des situations de plus en plus compliquées. Il faut des structures spécialisées pour prendre en charge la personne âgée pour des pathologies de plus en plus lourdes qui durent longtemps.

De plus, et là est la réclamation des clients de ce restaurant social, est-il sage et moral de vouloir prolonger la vie au prix de privation de ce que l’on aimait et qui faisait le bonheur quotidien sans qu’il y ait des excès. Bien manger, bien boire, bien dormir, bien se détendre semble être le minimum nécessaire pour être heureux. Alors, pourquoi se priver et entrer ainsi dans un prolongement de la vie qui sera vécu comme une attente insupportable, sans espoir d’aucune amélioration, l’âge faisant tout simplement son œuvre.

C’est à se demander si l’espérance en une vie au-delà de la mort , dans un lieu où la vie terrestre pourrait indéfiniment se prolonger dans ce qu’elle a de meilleur, n’a pas, avec la déchristianisation, fait place à la tentative désespérée de prolonger le plus possible sur cette terre quelles qu’en soient les conditions. Constatons simplement que dans les deux cas nous sommes dans cette tentation qui est de nier la mort et de la vaincre par nos forces et nos moyens. Au ciel on y allait à coup de repentance et d’expiations, sur terre nous y restons à coups d’opérations et de médicaments. Pourvu que la mort ne nous atteigne pas !

Et si le message de la résurrection était d’abord une invitation à laisser venir la mort lorsque le moment est venu. Jésus lui-même ne s’est pas débattu contre la mort. Il a sué du sang à grosses gouttes tant cette mort était injuste. Il ne s’est pas révolté pour autant. De par la méchanceté des hommes et étant donné son parcours et sa filiation, le moment était venu pour lui. Il l’a accepté dans des circonstances épouvantables de souffrances et d’abandon de tous.

La résurrection a toujours été interprétée comme une porte qui s’ouvrait sur une autre vie. Elle peut être aussi vue comme un encouragement à mourir quand la mort est devenue inéluctable Elle valide le temps de la vie passée sur terre. Elle ne dit plus que tout va continuer ailleurs. Elle dit que tout est advenu sur cette terre comme c’était prévu. Le point final peut être posé sans aucun regret. Un film ou un roman ont besoin d’un tel point pour rendre la liberté au spectateur ou au lecteur. De la même façon, la vie a besoin de la mort pour acquérir toute sa dimension et toute sa force. Ne dit-on pas de la mort qu’elle est délivrance ? Les protestants appellent la cérémonie des obsèques « culte de reconnaissance ». Ce terme peut exprimer en effet qu’une page est tournée comme elle devait se tourner. C’est fini. Nous entrons tous et le monde avec nous dans la vie de celui qui vient de la terminer. Ce n’est plus la sienne. Elle est offerte à tous. Un peu comme nous entrons dans la vie de ces résistants qui ont donné la leur pour notre liberté. Nous sommes au bénéfice de la vie de tous ceux qui sont passés sur cette terre.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 14:22

Bonjour François,

C'est avec joie et reconnaissance que je salue ta déclaration au retour des JMJ de Pologne concernant la violence et les religions. En disant qu'il n'est pas possible de parler de la violence Islamique sans parler de la violence catholique , non seulement tu as donné une parole de réconciliation mais tu nous rappelles que le temps ne peut pas être seulement observé dans l'ici et maintenant. Tu as ainsi très justement défini l' Eternité qui intègre tout ce qu'il y avait avant, ce qu'il y aujourd'hui et ce qu'il y aura demain. Et si aujourd'hui la religion chrétienne semble engendrer moins de violences que l'Islam nous ne pouvons pas nous arrêter à ce seul moment de l'histoire . L'humanité est un tout qui se déploie dans le temps. C'est ce tout que nous devons prendre en compte si nous voulons éviter les erreurs de jugement.

As-tu remarqué combien ta déclaration est venue perturber non seulement l' extrême droite mais aussi une partie de la droite française. C'est d'autant plus remarquable que ces politiciens là s'abritent toujours derrière la religion catholique. Il la prenne à témoin pour justifier leurs attitudes conservatrices quand ce n' est pas leur comportement xénophobe et raciste. Ils se plaisent à montrer que l'injustice et l'inégalité sont des faits naturels donc acceptables. La justification des énormes écarts de salaires en est un exemple. Grâce à ta remarque, leur fond de commerce se révèle au grand jour, un fond basé sur le rejet de l'autre pour diviser et, bien sûr régner, car comme tu le sais, la droite réactionnaire française a beaucoup de mal à accepter l'alternance. Elle cherche à accréditer dans l'opinion, l'idée selon laquelle la gauche est illégitime lorsqu'elle est au pouvoir. Tout est bon chez elle pour reprendre et garder ce pouvoir.

Lors de séjours au Etas Unis, au Canada au Mexique ou même en Espagne et pour y avoir fréquenté les milieux catholiques, j'avais déjà remarqué combien le catholicisme y était beaucoup plus ouvert qu'en France. Les réactions à tes propos des politiciens Français de l'extrême droite et d'une partie de la droite le confirment. Ce faisant, ils ne rendent pas service au catholicisme et à la religion chrétienne en général qu'ils font apparaitre comme une religion ringarde, peu favorable au progrès , à l' intelligence et à la modernité.

De récents sondages montrent que depuis ta mandature la participation aux offices catholiques augmente. Tout cela prouve que de nombreux catholiques ne suivent pas ces politiciens et qu'ils s'ouvrent à la modernité et à l' humanité comme tu le proposes régulièrement. Ils croient à la différence, la respectent et l' encouragent. Ils croient que l'injustice et les inégalités doivent être combattues. Ils font passer les recommandations de l' Evangile avant l'idéologie politique. Cette idéologie que l'on pensait toujours à gauche mais qui depuis quelques années s'est largement glissée à droite tout en laissant croire en se réclamant pour cela du christianisme qu'elle n' existe pas.

Comme tu l'as deviné, je ne me retrouve pas dans la pratique de la religion catholique. Son monothéisme niellé par la place faite au Christ, le culte rendu à la vierge et aux Saints, sa croyance au surnaturel, sa notion du sacré, sa hiérarchisation et la place faite à l'Eglise comme intermédiaire entre Dieu et les hommes, tout cela m'éloigne de cette pratique de la foi chrétienne. Mais il me semble que dans notre pays la communion avec le catholicisme serait plus facile si la réalité de l' Eglise telle que tu la présentes au monde n'était pas travestie par des politiciens qui l'instrumentalisent pour servir leurs propres intérêts. Ils utilisent la religion pour flatter les instincts les plus bas : peur et rejet de l'autre, désir du même et de l'identique, jugement sans appel, demande de toujours plus de sécurité. Ils donnent de l' Eglise une image qui fait peur et éloignent beaucoup de "chercheurs de Dieu et d'humanité". Ils freinent aussi son évolution et son choix pour la modernité parce qu'ils la privent de nouveaux venus, plus jeunes , à l' esprit créatif et inquiet comme tu l'as rappelé. En mettant en exergue ce qu'il y a de plus contestable dans le catholicisme , ils jettent un voile sur ce qu'il a de plus beau, de plus vrai et de plus profond. Plus grave encore, ils portent atteinte à la fraternité et à l'union entre les religions, entre croyants et incroyants, ils désavouent et condamnent ceux qui ne font pas leur choix. Ils mettent notre pays en danger.

Encore merci pour tes paroles de paix qui raisonnent dans la réalité de notre vie à la française.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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