Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 10:31

             Cher François

 

             Comme d' habitude permets moi d'abord de te dire bravo pour avoir encore enfoncé le clou au sujet du besoin de réforme dans l' Eglise. Il y a tant de catholiques qui attendent. Mais, tu as pu voir la réaction des cardinaux conservateurs. Ils sont prêts à tout pour que tu te taises et  t'arrêtes dans ta volonté de changement . Mon conseil serait: "mets toi à l' abri, ne quitte pas ta Papamobile". Ils veulent ta peau et pas n'importe laquelle. Ils veulent la peau du tanneur. Tu vois ce que je veux dire .


            Je crains que le coup de la fessée ne suffise pas à les calmer. Il est vrai qu' ils ne sont pas concernés. Point de paternité officielle chez eux. Par ailleurs qu'est-ce qu'une fessée pour de tels esprits? C'est moins qu'une caresse! Tous les enfants en voudraient.


            Franchement François, ton histoire de fessée est une grosse maladresse. C'est encore une réaction de vieux garçon. Sur le fond, ce n'est pas une bêtise. Je te l' avoue franchement, il m' est arrivé de donner un bonne claque à mes enfants. Ceci dit, je ne suis pas persuadé que c'était la meilleure solution. D'ailleurs le plus jeune en a reçu  bien moins que l' ainé.  Il n' est pas plus délinquant pour autant contrairement à ce qu'écrivent ceux qui t' approuvent. Ils voudraient que la fessée soit le rempart contre toute forme de déviance. Quelle stupidité!


            Note  bien que j' ai  dit "une claque ou une gifle" . Pas une fessée. Les fesses comme dirait le docteur Freud sont une zone érogène. Elles donnent du plaisir lorsqu'on les touche. Or tu le sais ,le plaisir c'est ce que chacun cherche et redoute à la fois. Il arrive que des enfants fassent des bêtises pour avoir une fessée. Il en jouissent sur le mode "sado masochiste". Celui qui la donne aussi. C'est un peu comme si l'enfant disait  je vais faire une bêtise, je recevrai une fessée et j' aurai du plaisir. Quant à celui qui la donne, il pense : qu'il fasse une bêtise, que je puisse lui donner une fessée et j' aurai du plaisir. L'un jouis de la douleur qu'il subit, l' autre de celle qu'il inflige. Toucher les fesses c'est une forme de viol. C'est à proscrire absolument. De plus, lorsque tu les proposes, par père interposé,  en lieu et place du visage  pour ne pas humilier l'enfant et pour que ne se remarquent pas les traces des coups donnés, tu frôles, probablement de manière tout à fait inconsciente, la perversité.


            Comprends -tu alors  le pourquoi d'une telle levée de bouclier? Tu aurais parlé d'autorité parentale  à retrouver ou encore de la place du père dans l' éducation de l' enfant, tu aurais été  considéré comme un sage.  Là tu fais plaisir  aux conservateurs et aux réactionnaires de tous poils. Regarde un peu ceux qui t'approuvent: il y a ceux qui n'ont pas digéré mai 68, qui adulaient Franco et exécraient la république, qui préféraient  Pinochet à Salvador Allende. Il y a ceux qui regrettent la peine de mort et prônent son retour, qui ferment les yeux sur l'économie souterraine de la drogue et de tous ses morts mais refusent une mise au grand jour des réseaux de distribution et leur régularisation.  Ils réclament toujours plus de répression sans voir que celle-ci ne fait qu'aggraver le problème.


            Les réactions spontanées et qui se voudraient sensées ne sont généralement pas bonnes parce que toujours empreintes de violence. C'est la nature même de tout ce qui est réactionnel.  Donner une gifle à son enfant n'est pas catastrophique. Ce n'est pas nécessairement utile. L'autorité sans la violence est un signe de civilisation. Les réactions avec violences ,spontanées ou calculées, font la part belle à tous les conservatismes et laissent croire à leur partisans qu'ils sont forts et ont de l' autorité. 


            Pour terminer, merci tout de même de ne pas avoir justifié la fessée par des paroles tirées de la bible comme s'aventurent à le faire certains .Il n'y a pas de fessée divine.

A bientôt.

              

Repost 2
3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 18:51

 

           La place des religions dans la société Française  se pose avec beaucoup d'acuité  actuellement. Les attentats de Charlie Hebdo et de la superette de Vincennes n'ont fait que rendre plus urgent le débat sur cette question à laquelle il faudra répondre au fur et à mesure des événements.


            On pensait il y a encore à peine  une vingtaine d'année que les questions religieuses étaient définitivement réglées dans notre pays. L' œcuménisme entre catholiques et protestants avait définitivement mis  fin à toutes sortes de conflits. Les conflits larvés qu'avait connu la génération des 80 - 100 ans où dans de nombreux villages les filles catholiques allaient systématiquement  chez "les sœurs" pour que ne se retrouvent à l' école publique que des communistes et des protestants sont bien terminés. Fini aussi ces sorties d' école où les enfants se jetaient des pierres traduisant ainsi le discours de leur parents. Fini ce temps où le paysan catholique traitait ses vaches désobéissantes d'huguenotes et le protestant les siennes de catholicaille.  


            L'arrivée  importante jusqu'aux années 50-60 d'immigrés italiens,  espagnols et portugais a pu laisser craindre l'installation d'un catholicisme plus  réactionnaire. Il n'en a rien été beaucoup étant chassés de leur pays par des régimes politiques soutenus par Rome.  Ces populations se sont fondues entièrement et très vite  dans la société du moment sans que les politiques aient à prendre des décisions particulières favorisant l'intégration. La valise en carton s'est tout naturellement transformée en valise de cuir.


            Il en va tout autrement de l'intégration de l' islam dans la société française. C'est tout à fait compréhensible. Cette immigration est plus récente d'une quarantaine d'année environ. Toute comparaison serait donc prématurée pour évaluer son intégration. Par ailleurs la religion musulmane s'est développée dans des  pays au climat et au relief très différents des nôtres qui demandaient une autre manière de vivre et de s'organiser. Montesquieu avait raison. Par ailleurs, cette religion est porteuse d'une culture tout aussi riche que la culture occidentale mais très différente. Les moments les plus en pointe de cette culture n'ont pas été les mêmes. Il y a eut enfin de la part des pays à dominante musulmane le sentiment d'être asservis aux occidentaux qui n'ont pas hésité à se servir de leurs inventions et de leur techniques pour conquérir le monde.


             D'une certaine manière, aujourd'hui encore, lorsqu'on va en guerre au sein de ces régions où règne l' islam à 90 %  avec des armes surpuissantes, on est en droit de se demander si ce n' est pas encore une supériorité de l'occident  qui cherche à s'affirmer. Certes cette supériorité se donne de bonnes raisons à savoir éviter le massacre d'innocents et l' extension des conflits. Y réussit-on. L'invasion de l' Irak par les américains a apporté plus de morts et de difficultés qu'en a apporté Saddam Hussein lui-même ou encore Kadhafi dont la tyrannie n'est pas à démontrer.  Derrière eux ils ont laissé le chaos que l' occident a provoqué. L'aboutissement d'une histoire harmonieuse ne serait -elle pas arrivé plus vite à travers ces deux tyrans si on les avait laissés en place. L'intervention de l' occident semble avoir fait reculer encore plus tout espoir de paix dans ces régions. Ne faut-il pas laisser les peuples  de même religion et de même culture se débrouiller eux-mêmes?  Aurait-il était imaginable que des forces des Etats musulmans viennent séparer les catholiques et les protestants? Alors notre rôle est-il de séparer les sunnites des chiites pour faire court? L'extension des conflits est-il à craindre quand on sait que ces mêmes conflits affaiblissent les protagonistes au point qu'ils en perdent leurs forces?


            Cette supériorité de l' occident affirmée par des faits de guerre, n'aide pas l'islam à s'intégrer dans la société française existante car celui-ci se sent toujours désigné comme inférieur même si la très grande majorité des musulmans partagent les options de la France contre le terrorisme. Cette religion a le sentiment que toute la place ne lui est pas donnée y compris la place promise par la laïcité. Ce sentiment de frustration est d' autant plus grand que la société sans l' affirmer clairement - et c'est un vrai problème- tient à des traditions que l'on pourrait appeler Judéo- chrétiennes et ne veut en aucun cas que des traditions religieuses musulmanes viennent s'y ajouter ou les supplanter. Les affaires du voile, des salles de prières dans les entreprises ou les lieux publics autre que les mosquées, de la liberté de la presse , du blasphème non reconnu dans notre pays, montrent les limites de ce que l' Etat autorise de la religion.


            Tout ceci doit être dit explicitement et les limites posées avec clarté. Quant aux autres religions, elles ne doivent pas faire de la surenchère. Il est par exemple regrettable que les protestants évangéliques défendent cette femme fonctionnaire dans une mairie et qui distribue à ses collègues des calendriers illustrés d'un verset biblique. Il est regrettable qu'ils confondent liberté de conscience et  prosélytisme.  Il est regrettable que des élus ou des associations installent des crèches dans les lieux publics où toutes les religions doivent se reconnaître. Aucun lieu public ne peut et ne doit être utilisé pour la propagande religieuse. Il n'y a rien de plus désagréable d'aller faire ses courses dans un grand magasin et de se faire  interpeller par une association religieuse, syndicale ou politique. Les lieux  où la propagande est possible doivent être définis et identifiés.


            Pour ce qui est du christianisme il faut tout de même rappeler, que l' évangile ne cherche pas à faire des adhérents. Il ne cherche pas à convaincre. Il ne cherche pas à ramener à lui. Il est une invitation à se soucier de l' autre, de ses maladies, de sa condition sociale.  Là où l'humain retrouve sa liberté, l' Evangile est prêché. Celui qui retrouve sa liberté, va ensuite où il veut. Il se dit croyant ou incroyant.

Repost 0
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 15:50

         

   Deux lettres en trois jours tu vas peut être trouvé ça un peu agaçant.  Mais figures toi que celle-ci, je l' avais écrite avant la première. Puis constatant qu'elle n'était pas très gentille j'avais renoncé à te l' envoyer. La première regrettait que tu condamnes sans les citer, les contraceptifs tels la pilule et le stérilet parce qu'ils sont chimiques et invasifs. Ce qui d'ailleurs, étant donné le peu de fiabilité des méthodes naturelles conduisait directement à  l' avortement ce que l' Eglise a toujours du mal à tolérer. Cette lettre-ci est tout aussi mordante d'où  la raison de mon hésitation à te l' envoyer. Hélas ma décision de bonne conduite à ton égard m' empêche de dormir.  Tu comprendras qu'afin de retrouver le sommeil je puisse te l' envoyer.


            Te dire tout d'abord qu'à mes yeux il est tout à fait possible que tes propos relèvent  de simples maladresses et plus sûrement encore de  la difficulté pour toi d'aller à l' encontre de la tradition et de la curie. Le dogme de l'infaillibilité pontificale ne te facilite pas les choses. Tu es  tenu à un discours type qui n'ouvre qu'en partie seulement l' avenir et les changements pour l' Eglise bien que je ne doute pas  de ton souci de  renouveler la foi chrétienne afin qu'elle  redevienne porteuse d'espérance et de libération pour tous. Voici  mon profond regret:


             Au sujet des caricatures de Mahomet et de la critique des religions, pourquoi cette accusation contre l' esprit des lumières: " C'est un héritage des lumières. Il y a tant de gens qui parlent mal des autres religions, les tournent en dérision" as-tu dit . Disant  cela, tu es dans la ligne des fondamentalistes protestants américains qui ne se gênent pas lorsqu'ils prennent la parole dans les conférences à Paris devant des milliers d' évangéliques pour porter les mêmes anathèmes sur Montesquieu, Voltaire, d' Alembert , Diderot , Rousseau et les autres. Mais les connaissent-ils seulement? Comment peut-on croire que ces philosophes ont décrédibilisé la religion. Bien au contraire, ils ont remis la religion catholique sur les rails en l' engageant dans l' ère de la modernité. Ils ont permis qu'un dialogue entre foi et raison s'installe. Ils sont les pères de la laïcité et la base même de la démocratie qui garantit aux religions le droit d'exister les unes aux côtés des autres tout en faisant la place à ceux qui ne veulent pas de religion. Sans laïcité, les religions se bouffent entre elles. Il n' y a qu'à voir le nombre de conflits religieux dans le monde. Tribus et religions monothéistes pour la plus part sont les principales instigatrices des conflits actuels dans le monde.


            Je comprends tout à fait que Voltaire t'agace lorsqu'il fait remarquer que chez les grecs et les romains, du temps du polythéisme, toutes les croyances, quelqu'en soit le Dieu soient permises et pratiquées librement par ses adeptes. Je comprends parfaitement qu'il te soit difficile d'accepter que les trois religions monothéistes : juive, chrétienne et musulmane aient été très intolérantes, chacune essayant d' écraser l' autre et d'imposer ses convictions à tous. Je comprends qu'il est difficile d'accepter que Voltaire démonte toutes ces légendes qui font des chrétiens des martyrs dus à la barbarie Romaine. Tu devrais cependant être rassuré. D'abord parce que de très grands progrès ont été fait au sein de ces trois religions se réclamant du monothéisme. Rien à voir par exemple avec ce que mes ancêtres cathares ou protestants ont dû subir comme cruauté venant des hommes d' Eglise  qui usaient du   pouvoir politique de l’époque pour mieux arriver à leurs fins cruelles. . Merci à  Voltaire pour son combat dans l' affaire Callas. Certes des progrès sont encore à faire. Croyons à ces progrès et travaillons y. J'ajoute encore, en tout cas pour ce qui est du christianisme, que Celui auquel nous nous référons toi et moi, a été le premier à dénoncer la cruauté du monothéisme en s'opposant à sa propre religion monothéiste. Il en est mort et l' Eglise a eut bien du mal à le comprendre au cours des siècles.  Il y a encore des chrétiens enfermés dans ces positions hégémoniques et intolérantes.


            Les caricatures du journal Charlie Hebdo sont une critique des travers du religieux comme du politique lorsqu'ils ne respectent pas les lois élémentaires de la liberté de penser et d'écrire. A leur manière, ils se battent pour la liberté de conscience et la liberté de la presse. On peut ne pas aimer la manière, comment ne pas partager le projet. Il est peut être dangereux, comme tu le fais, de ramener un combat visant le fonctionnement d'une société à des querelles de personnes. Certes une mère, un prophète ou encore tout autre être humain  doivent être défendus.  Mais ne confondons pas cela avec l'organisation d'une société. Par ailleurs  si toute défense se justifie , les moyens qu'elle utilise ne le sont pas. La violence et ce qui en découle à savoir le meurtre sont condamnables et ne peuvent qu'être très sévèrement punis. Tout doit être fait pour éviter la violence et arrêter ceux qui la pratiquent. Tout doit être fait pour que celui qui voit sa mère insultée par un ami ne donne pas un coup de poing mais "tende l' autre joue" avec bien sûr des modalités à préciser. Ne soyons pas naïfs.


            La question est simple: Voulons-nous que se soit la religion qui modèle la société ou  tenons-nous à ce que ce soit l' Etat à travers ses représentants élus qui décide des règles du vivre ensemble? Les millions de français qui ont défilé dans les rues ont, sans équivoque aucune, confirmé la deuxième option en application dans notre pays depuis la révolution et ce, malgré les oppositions de l' Eglise officielle instrumentalisée par les pouvoirs politiques réactionnaires en place et plus particulièrement la royauté qui voyait dans la théocratie le moyen de perdurer.  


            Enfin François, je te rappelle que chez les protestants bien élevés, le blasphème n' existe pas. Ils n'ont à défendre ni Dieu ni le Christ. C'est Christ qui les défend. Ils n'ont pas à mourir pour le Christ, c'est le Christ qui est mort pour eux. La plupart des catholiques pensent, semble t- il la même chose. Alors pourquoi un discours aussi imprudent qui pourrait donner des ailes à eux qui préparent d'aussi funestes actions que celles que nous avons connues.

 

 

Repost 0
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 11:41

        

Bien cher François,


            Si je me permets de te tutoyer c'est parce que je considère comme on le dit dans notre jargon de chrétiens que tu es un "frère en Christ". Certes , je sais que tu seras d'accord avec moi pour dire que tous les humains sur cette terre sont nos frères mais pour ce qui te concerne,  c'est le Christ qui m'autorise de te tutoyer. Pour les autres je leur demande s'ils sont d'accord puisque nous n' avons pas les mêmes maîtres. De plus, il faut que je te le dise, je t'aime bien. Je te trouve courageux et parfois audacieux tout en respectant ceux que tu es amené à combattre. Tes prédécesseurs ont fait aussi de belles choses mais ils étaient parfois un peu trop "religieux à mon goût". Il me semble plus important de regarder les humains en priorité. La doctrine, les dogmes, le droit canon, tout cela me parait secondaire, ne devant s'appliquer que si les humains y trouvent leur compte et leur bonheur.


            Au sujet de ta déclaration selon laquelle les catholiques ne sont pas des lapins je voudrais te rassurer. Parmi tous ceux que je connais, je n'en connais pas que l'on puisse classer parmi les  léporidés. Ce sont des pères qui assument parfaitement leur paternité. Avec mes quatre enfants je me retrouve souvent plus lapin qu'eux. Et puis, il y a des lapins partout, chez les croyants et chez les incroyants, dans toutes les religions et aux quatre coins de la terre. Il y a des lapins blancs, des noirs, des angoras, des à poils lisses, des gros, des petits. Il y a même des lapins chasseurs et des lapins chassés. Des familles qui ont beaucoup d'enfants parce qu'elles sont catholiques il y en a peu. Celles que je connais seraient plutôt intégristes.  

 

            Ceci dit, tu voudras bien m' excuser d'entrer dans le détail pour la circonstance. Je le fais parce que tu connais par le droit canon ce que j' ai appris par l' expérience. Tu demandes en fait de ne pas faire trop d'enfants  et d'assumer une paternité responsable. Qui pourrait condamner ton appel à la responsabilité de père? On est bien d'accord là dessus. Mais comment limiter le nombre de naissances? Tu proposes une contraception naturelle     excluant toute intervention chimique et mécanique. Si je comprends bien il ne reste plus que trois méthodes:

               La première est appelé" coitus interruptus". Juste avant l' éjaculation, l'homme se retire. La méthode, outre la cruauté puisqu'il faut quitter l'être aimée au moment même où la tension amoureuse est la plus forte, est bien peu fiable. On imagine même pas que tu ais pu y penser tant elle est frustrante. Vient ensuite la méthode "Ogino" ou sa variante" la méthode des températures". On sait là encore, le peu de fiabilité d'une telle méthode et la contrainte qu'elle fait peser sur la femme devant prendre sa température régulièrement. Les thermomètres électroniques facilitent la tâche, pas l'obligation. La méthode de Billings basée sur l'observation, non de la température mais des sécrétions du col de l'utérus (glaire cervicale) à l' approche de l'ovulation s'y apparente. Ici encore peu de résultats. Les pertes blanches ont souvent été suivies d'une belle grossesse.  Enfin, l' Eglise rejetant le "coït anal" qui, il est vrai n'est pas encouragé par les Saintes  écritures ni apprécié par la plupart des femmes, que reste t-il sinon l' abstinence. Alors comment ne pas soupçonner l' Eglise de lutter une fois encore contre le plaisir, assimilé pendant des siècles au péché.


            Certains voient tout de même dans tes propos  un progrès. Pourquoi pas. Il est toutefois si petit que l'on peut se demander si un jour l' Eglise acceptera la pleine jouissance de l' acte sexuel avec le partenaire élu, choisi et aimé avec fidélité.  La question est d'autant plus pertinente aujourd'hui  qu'en période de crise, les attitudes les plus réactionnaires reviennent au galop. L'Eglise ne peut plus oublier que dans le couple, le plaisir de la sexualité ne peut pas être lié à la procréation. Il est aussi la joie et le bonheur du couple.


            Bien cher François, je compte sur Toi. Je sais bien que la curie t'a à l'œil mais je n'oublie pas que celui que nous aimons et adorons, Toi et moi,  nous a eu à l'œil non pas pour nous condamner  mais pour nous donner carte blanche pour répandre l' amour.

 

 

Repost 0
29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 11:40

 

Certains   leaders de la droite française, du centre jusqu’à l’extrême droite ont regretté que le président de la république ne souhaite pas un joyeux Noël aux français.  En effet la France étant selon eux d’abord un pays catholique le chef de l’Etat se devait d’intervenir.

 

Dans un contexte de préparation permanente des élections prochaines, on pourrait penser que ce n’est là qu’une tactique comme une autre pour manifester son opposition tous azimuts. Ce serait oublier que de tels propos sont très dangereux pour la démocratie.

 

Tout d’abord les propos sont irrespectueux de ceux qui, bien que minoritaires ne se sentent nullement catholique. Le protestant que je suis se demande si j’ai encore ma place dans ce pays sans être obligé de me joindre à la religion dominante. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que la droite fait valoir sa domination religieuse dans le pays. Récemment, lors d’un débat télévisé, le journaliste du Figaro faisait référence à la tradition catholique et à l’un de ses penseurs : Paul Ricœur. L’animateur ne lui fit même pas remarquer que le philosophe en question était protestant et de surcroit très engagé. Certes  catholiques et protestants sont des chrétiens que l’essentiel rapproche à savoir la référence première  à Jésus Christ et à la bible. Les protestants ont aussi des points qui les différencient des catholiques et les rapprocheraient des musulmans si chacun s’accordait à confronter sa théologie comme la nature même de Jésus Christ et son mode de filiation à Dieu par exemple.

 

Par ailleurs, de quel droit le président de la république interviendrait dans une affaire religieuse si les lois de la république ne sont pas mises en question dans cette affaire. Président de tous les français, il ne peut être qu’au dessus des religions et s’il en a une, il doit la pratiquer très discrètement pour que celle-ci n’intervienne pas  dans sa gestion de l’état. Certains prétendent qu’il est intervenu dans la fêté de l’Aïd musulman. S’il l’a fait c’est une erreur ; Seule dérogation possible :   rappeler aux musulmans qu’ils font partie de la république au moment où ceux-ci se sentent rejetés à cause de l’intégrisme qui  touche  leur religion à travers le monde.  Dans tous les cas l’intervention dans le champ de la religion se doit d’être exceptionnelle.

 

Certains regrettent que la constitution européenne ne mentionne pas que  L’Europe est de tradition chrétienne. Il paraît évident qu’une telle mention aurait eu pour conséquence  d’une part de diviser le monde selon les religions pratiquées et d’autre part de favoriser « la religion d’Etat ».  Ce type de fonctionnement  s’est avéré  liberticide au cours de l’histoire. La persécution des protestants par Louis XIV et l’alliance du sabre et du goupillon en sont un exemple. Aujourd’hui  les révolutions des printemps arabes traduisent  le rejet par le peuple de la religion d’Etat et l’aspiration à la liberté y compris dans le domaine du religieux. Le malentendu en Egypte et en Tunisie où le peuple avait élu à une large majorité des religieux à partir de leurs promesses et de leur résistance du passé aux tyrans en place  a tourné court. Les régimes autoritaires apparaissent moins liberticides que les régimes qui imposent des lois religieuses.  Ils interviennent moins dans la vie privée des gens. La nécessité d’une éthique de bon sens et d’adaptation à la modernité  y trouve sa place.

 

Ces pays sous la tutelle de lois religieuses, nous montrent sans ambigüité aucune que seule une république laïque (ou une monarchie constitutionnelle) peut assurer la liberté à laquelle tout peuple aspire. Les pays où cette liberté existe semblent l’oublier. Ainsi ils auraient tendance à donner des pouvoirs au religieux au détriment de la laïcité. C’est un danger manifeste. Encore une fois, l’histoire est là pour en témoigner. Que se passera-t-il le jour où l’islam sera majoritaire en France. La seule réponse actuelle donnée par la vox populi est «  espérons que cela n’arrivera jamais » ; Cette réponse est injuste à l’ égard de l’islam, elle ne peut qu’attiser la méfiance et l’opposition à cette religion. Elle durcit les positions des unes face aux autres. Toute religion a le droit de devenir majoritaire dans un pays. C’est un signe de liberté. En même temps toute religion doit être soumise à l’Etat si celui-ci se conforme aux critères de laïcité.  Ces critères devant être clairement définis au fur et à mesure des mutations sociales. Quant aux religions, elles doivent faire l’apprentissage de cette soumission à l’Etat, apprendre à coexister ensemble. Plus encore elles doivent apprendre à exister sans chercher à s’imposer, elles, leurs dogmes et leur vision des choses. Elles n’ont pas à définir l’organisation de la société et les modes de vie.  N’oublions pas que dans notre pays, sans la laïcité et, soumis à l’Eglise catholique, nous n’aurions ni le droit au divorce, ni à la contraception, encore moins le droit  à l’avortement et au mariage pour tous. Nous ne voulons pas qu’une religion puisse un jour nous interdire de manger du porc, boire de l’ alcool, voile les femmes  et rende obligatoire de ne pas manger en public les jour de jeûne. Tout cela peut être possible au sein même d’une religion donnée.  Ce n’est pas possible de l’étendre à l’ensemble des citoyens ;

 

                La laïcité est bien la garantie de notre liberté, des possibilités d’adaptation au monde moderne. Elle est la garantie qu’il n’y ait pas de censure afin que tout le monde puisse s’exprimer et afin que la sagesse l’emporte. Mais la laïcité reste fragile. L’épisode des crèches pour le Noel 2014 en est le symptôme. En effet, pour des raisons purement politiciennes, quelques maires de droite ou d’extrême droite ont voulu dresser une crèche dans la mairie ou les locaux du conseil général. Il s’agissait pour eux d’affirmer que nous sommes une société chrétienne. Bien sûr c’était une provocation et un défi lancé à l’islam. Ce n’était pas un geste de paix. Mais leur provocation va plus loin puisque les protestants dans de nombreuses régions refusaient de mettre des crèches dans leur maison.  Seul  le sapin décoré avait droit d’être là. Ils étaient heureux de ne trouver des crèches ni dans l’école de leurs enfants ni bien sûr dans la mairie. Ils trouvaient normal qu’il y en ait dans l’Eglise et dans les familles se réclamant du catholicisme. Chacun se retrouvait dans les lois de la république ;

 

                Il est à craindre qu’en autorisant la crèche dans des locaux symboles de la république comme la mairie, le Conseil  général et régional ou les tribunaux, les non catholiques ne se sentent pas à l’aise. La crèche devient alors un facteur de division là où théologiquement elle se veut un symbole de cohésion et de fraternité.  Les tribunaux réagissant en fonction de leur sensibilité, ne faudrait-il pas une loi précisant qu’aucun signe religieux ne peut être apposée dans un lieu symbole   de la république. La mairie, l’école… sont pour tous les citoyens et chacun doit pouvoir s’y reconnaitre. Il est urgent de préciser ce que doit être la laïcité.

Repost 0
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 17:43


            Le livre de Piketty "le capital au XXI ème siècle"  s'est vendu contre toute attente à plus d'un million d'exemplaires dans le monde. Ses données sur les inégalités que les milieux financiers comme la city de Londres ont voulu faire passer pour fausses et ridicules dans un premier temps interpellent les états en Europe mais plus encore  l' Amérique (USA, Canada ) et l' Asie ( Chine , Corée). Sa fameuse formule  selon laquelle la rentabilité du capital est supérieure au taux de croissance  ce qui entraine  de  manière implacable les inégalités ( r>g) fait débat dans tous les pays et tout particulièrement auprès des jeunes.


            Selon Piketty, nous sommes en train de revenir au début du XX ème siècle  où les inégalités étaient très grandes  puisque 10% des plus riches captaient 45% des revenus et détenait 90 % du patrimoine.  Comme le propose Vautrin à  Rastignac dans le père Goriot,  pour devenir riche il vaut mieux hériter qu'obtenir des diplômes. C'est grâce aux guerres mondiales de 14-18 et 39-45  que les inégalités ont été réduites de manière importante et que les rentiers ont perdu leur patrimoine. Pendant les  trente glorieuses les inégalités sont restées basses, elles sont reparties à la hausse depuis les années 80 et montent en flèche . Les grosses fortunes grossissent bien plus vite que les petites et le capital privé progresse plus vite que la dette publique.


            Paradoxalement les impôts sur les très gros salaires et sur l' héritage ont été  très réduits et les bonus des "super manager" ont explosé comme on le voit par exemple avec les retraites chapeaux. Cette situation a démarré aux USA et gagne l' Europe. Depuis les années 2000 les 10% des plus riches captent 45 % des revenus. Les détenteurs de biens immobiliers et autres capitaux remplacent les  propriétaires terriens du temps de Balzac.  Ajoutons que ceux-ci sont en train de reconstituer un patrimoine important. L'héritage reprend le pas sur le mérite dû à la compétence et au travail.


            Pour stopper les inégalités, l' économiste propose:


1)  un impôt sur le revenu très progressif avec un taux de l' ordre de 80% pour les revenus supérieurs à 400 000 euros.


2) Un impôt progressif sur les grandes fortunes qui seraient taxées de 1% au-delà d'un million d' euros et 2% au-delà de 5 millions d' Euros. Cet impôt n'étant possible que s'il est mondial ou pour le moins continental. Sans cet impôt, le stock de patrimoine des rentiers grossit sans limite.


            Plusieurs critiques, souvent très techniques ont été émises à l' égard de l'œuvre de Piketty. Nous en retiendrons celle sur la fiscalité.  En effet pour certains économistes , les trente  glorieuses ont montré  qu'il existe au sein  des sociétés capitalistes  des forces qui s'opposent victorieusement aux inégalités. On ne peut pas s'en tenir aux taux de croissance et de profits pour expliquer les inégalités dues au capitalisme. Il faut prendre en compte les institutions régulatrices de l' économie. Malheureusement ces instances régulatrices ne sont pas en mesure de fonctionner. On le voit avec la louable intention du président Hollande qui est de tabler sur des accords entre partenaires sociaux. Les choses n'avancent pas. Les rapports les plus sérieux le  démontrent. Le chômage aussi. Le capitalisme n' a qu'une loi :   le profit. Cette loi ne peut pas être combattue parce qu'elle est inscrite dans le cœur de chaque humain. Les communistes ont cru y échapper. Cela a  donné les apparatchiks, autrement dit une autre forme de pouvoir et de "capitalisme" qui de surcroit appauvrissait tout le peuple par manque de liberté.  La conclusion de Piketty, selon laquelle seule la fiscalité est en mesure d' agir pour stopper la dérive inégalitaire nous parait très pertinente.

 

              N'est-ce pas cette même proposition que l'on retrouve dans ce qui fonde les religions à savoir le danger de l' argent. Certes les institutions religieuses se sont enrichies sans vergogne tout en prêchant la pauvreté. Les écrits fondateurs sont toutefois clairs : l' argent est le plus grand ennemi de l' homme lorsqu'il devient un Dieu. Le jeune homme riche de l' Evangile en fait la triste expérience. Les hébreux pour lutter contre les inégalités avaient mis en place des jubilés où l'on remettait tout à plat afin de redistribuer les richesses. Il semble que cela n'ait jamais bien fonctionné. L'intention  était là. Aujourd'hui non seulement les inégalités s'accroissent mais il n'y a pas de volonté pour les réduire.  Le Dieu argent règne sans partage dans les milieux économiques comme dans les milieux politiques. La proposition de Piketty mérite d' être soutenue ardemment à la fois contre la gauche et contre la droite. Agir sur la fiscalité semble être la façon la plus directe et la plus efficace pour stopper la dérive des inégalités.

              

Repost 0
3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 14:21

 

             Nous étions en mai 68. La plupart des étudiants défilaient dans les grandes manifestations officielles comme dans celles improvisées et souvent non déclarées, parfois même interdites. Face aux CRS , certains , bien que très rares, lançaient parfois des  projectiles tirés le plus souvent de leur sac, la rue au macadam parfait refusant de livrer les siens.

            Ce week-end là, c'était en juin, je retournais dans la famille comme je le faisais une fois par mois.  Je sentis ma mère inquiète. Elle ne m'en dit rien. Nous échangeâmes librement sur ce qui se passait . Elle approuva ma participation aux manifestations affirmant qu'il faut oser dire haut et fort ce qui n'allait pas en vue de l' améliorer.  Puis, au moment où notre conversation se terminait, elle ajouta: " Il y a une chose que tu ne peux pas faire, c'est lancer des pierres sur les CRS parce que sous leurs uniformes, il y a des hommes comme toi. Eux aussi ont été créés par Dieu. Ce sont tes frères".  Le propos me surprit. Il était sans commentaire. C'était un impératif. Il m'impressionna parce que ma mère ne parlait jamais de Dieu sous cette forme. Elle ne le mettait pas à  toutes les sauces. Elle ne lui attribuait ni le bien ni le mal.


            J'aurai aimé répondre: "ne t'inquiète pas Maman, je ne ferais jamais çà". Impossible. Il y avait trop de tendresse dans cette phrase que je n'ai pas pu prononcer. Or dans la relation à ma mère il y avait autant, sinon plus, de respect que de tendresse. Veuve, élevant seule trois enfants, je l' ai vu batailler contre tous les membres de sa famille pour nous envoyer au collège, puis au lycée et enfin à l'université. Ils pensaient qu' étant l' ainé des trois, je devais me mettre à travailler une fois le certificat d' Etudes acquis. Il m'incombait de gagner ma vie  et d'aider ma mère à élever mon frère et ma sœur et mon frère.  Elle rejetait cette proposition avec force. Pour elle, il n'y avait pas d'avenir sans études.  


            Aujourd'hui, je crois pouvoir dire que son combat a engendré chez moi le respect. Ce respect a fait que je ne me suis jamais saisi d'un projectile à lancer sur les forces de l' ordre. Que dis-je: sur mon prochain. La tendresse  m'aurait amené à faire plaisir à ma mère. Mais comment aurai-je pu découvrir que l' autre était mon frère? Comment aurai-je pu éviter de lui lancer des pierres non seulement pour l'instant présent mais pour la vie entière?  Le respect  pour elle  m'a conduit à respecter une loi de fraternité pour tous y compris pour les CRS qui à ce moment là étaient désignés comme les méchants.


            Dans ces manifestations, non seulement autorisées et légales  mais aussi utiles dans un paysage démocratique, la grande absente, ce soir là, à bien  été cette loi de fraternité. De son absence nait la violence vite devenue incontrôlable. La fraternité n'est pas de l'ordre du sentiment. Posée comme un absolu,  elle est de l'ordre de la loi.  Les premiers  à l'enfreindre en sont conscients. Ils le font délibérément. Ce n'est ni par hasard ni par nécessité.  Ils  arrivent armés, cagoulés avec la ferme intention d'en découdre. Par un phénomène de mimétisme, ils en entrainent d'autres qui initialement ne voulaient pas s' associer à cette violence. Il semble que ce soit le cas de Rémi Fraisse. une fois mise en route,  la violence ne s'arrête plus sinon stoppée par une force qui lui est supérieure. C'est l'engrenage. Les forces de l'ordre n'ont plus le choix. La violence résiste, elle ne s'épuise pas. Il faut l' arrêter. Il y a danger de mort. Ce soir là  Rémi est mort. La loi de fraternité  transgressée plus personne ne peut être tenu responsable de ce qui arrive. Un processus de mort s'engage.


            Reste une question essentielle: où les jeunes sont t-ils mis en face de cette" loi de la fraternité"?  A-t-elle était intégrée dans l' Education à leur donner? Plus pertinent encore: a-t-on  pris la mesure de la nécessité de cette loi et de l' urgence à permette à  chacun  de l'intégrer ?  Le temps où l'on se déchargeait de cette tâche sur l' Eglise, sur les religions ou plus paradoxalement sur le service militaire est terminé. La république n'a pas le choix. Elle doit s'en charger en y associant toute sa devise avec la loi de  liberté et la loi d' égalité. Un beau programme pour les petits comme pour les grands.

 

 

Repost 0
29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 17:22

Les maîtres de la loi    

                                                                                  ou de l' écrit au vécu 

                                                                   commentaire de Matthieu 23 verset 1 à 12

 

                  Les scribes et les pharisiens sont les responsables religieux et politiques du peuple d' Israël du temps de Jésus. Tous les pharisiens ne sont pas scribes mais tous ont les plus hautes responsabilités et sont considérés comme chefs du peuple. Nous dirions aujourd'hui que ce sont les cadres de la société. Dire qu'ils sont assis dans la chaire de Moise n'a rien de polémique. C'est la description d'une situation tout à fait normale et Jésus ne remet pas en question leur enseignement et leur référence à la loi de Moise.  Jésus ne les dément pas, il ne conteste pas la loi de Moise "vous devez donc leur obéir  et accomplir ce qu'ils vous disent" dit-il. Il ne demande pas une rupture. Ce que Jésus leur reproche, ce n'est pas la doctrine , c'est leur hypocrisie  car ils disent et ne font pas.. Ils ne mettent pas en pratique ce qu'ils enseignent. La Thora a été donnée pour la mettre en pratique : apprendre/enseigner/garder/accomplir. C'est ce qu'ils ne font pas.


            Cette attitude ne devrait pas nous scandaliser. Elle n'est pas exceptionnelle. En effet, qui de nous n' a pas ressenti cet écart entre ce qu'il voudrait faire et ce qu'il fait . L'apôtre Paul lui-même écrit dans sa lettre aux Romains 7 v19 : " Je ne fais pas le bien que je veux mais je fais le mal que je ne veux pas". N'est-ce pas d'ailleurs un des buts de la confession des péchés de nous faire prendre conscience de l' écart entre ce qui nous est demandé et ce que nous faisons?


            Jésus ne se trompe donc pas . Il constate cet écart. Notre nature  est  ainsi faite! Autrement dit tout cela est normal. Lorsque j' exerçais mon ministère j'avais  l' habitude de dire du haut de la chaire à ceux qui m'écoutaient  " faites ce que je dis, ce que je prêche  et ne faites pas forcément ce que je fais". Cela m' était parfois reproché parce que l'on attend du pasteur qu'il soit sinon  parfait en tout cas un modèle et l'on est déçu lorsqu'il ne l' est pas ou plus exactement lorsque l'on a le sentiment qu'il ne fait pas beaucoup d'efforts pour l' être. Ce qui dit en passant me parait juste. Un pasteur ne peut pas être parfait comme d'ailleurs tous les humains, il ne peut pas se dispenser d'essayer de l' être. Reste ensuite à définir ce que peut être la perfection!


            Mais Jésus me semble ici aller plus loin qu'une reconnaissance de notre nature dans ce décalage entre le dire et le faire. Il est très sévère: "malheur à vous, maîtres de la loi et pharisiens hypocrites" répète t-il. Jésus ne remet pas seulement en cause un comportement humain  somme toute très naturel. Il remet en question l'interprétation et l'utilisation de la loi de Moise. Il le fait par cette remarque: "Ils attachent des fardeaux pesants, les mettent sur les épaules des hommes et ils ne veulent pas les remuer du doigt. . La loi de Moise n'est pas remise en cause.  C'est ce qui en est fait qui est insupportable.  Les scribes et pharisiens la rendent pesante et lourde . Ils ne font rien pour l' alléger. Ils ne tiennent pas compte de la possibilité des humains. Ils sont dans la "sphère Dieu" telle qu'ils la conçoivent. Ils ne sont pas  dans celle des hommes. Ils ne descendent pas sur terre. Ils ne tiennent pas compte des possibilités et des besoins humains. Ce sont des bigots. Ils portent des phylactères qui sont des boites , sortes d'amulettes dans lesquelles sont enfermés des versets de la thora et des franges pour rappeler qu'ils appartiennent à Dieu. En squattant les premières places, en exigeant d'être appelés maitre selon l'usage; ils cherchent à montrer qu'ils sont à Dieu. Ce n'est pas par les bons sentiments qu'ils montrent cette appartenance , c'est par le paraître.  Ce n'est pas par la tendresse du cœur, c'est par la force et la violence de l' apparence. C'est donc une réforme en profondeur qu'apporte ici Jésus en contestant cette soumission faite d'apparences et se traduisant par des mots comme "Maitre"  ou des attitudes  telles les salutations publiques en lieu et place de la fraternité. Jésus qui s'adresse ici à la foule et aux disciples leur dit en substance, vous n' êtes pas liés à des maitres dans un rapport de hiérarchie, vous n'êtes pas soumis à une doctrine, et je ne vous en apporte pas une nouvelle, vous êtes frères par votre appartenance au seul vrai Maître, frère parce que vous avez un seul Père. "Le plus grand parmi vous sera appelé serviteur" non par un classement hiérarchique , par domination de l'un sur l' autre, mais parce que vous vous reconnaissez comme frères.   


            Ce premier dimanche d'octobre est la fête de la Réformation. Permettez moi un parallèle entre la réforme proposée par Jésus ici et celle de Luther, Calvin et autres réformateurs. Revenons à ce qui se passe avant la Réforme. Les chefs religieux font peser sur le peuple de lourds fardeaux. Sur ces fidèles comme sur les autres par le truchement des forces politiques que sont les  rois, les princes…  Pour les réformateurs, ses fardeaux ne sont pas bibliques. Ils sont une vision découlant d'une Eglise qui se veut toute puissante et qui donne une interprétation de la bible  tout à fait partisane. En proposant de revenir à la bible par son fameux "Sola scriptura" Luther n'envisage pas de remplacer le pouvoir de l' Eglise par le pouvoir des textes de l' Ecriture. Il propose une autre interprétation voulue et reconnue par tous. Il ne veut pas substituer la loi de  la bible à la loi de l' Eglise. Il ramène à l' Ecriture pour que puisse s'engager une réflexion. Il ne s'agit pas de remplacer l'ordre de l' Eglise par un ordre biblique . Il s'agit de donner à  chacun la possibilité de réfléchir et de s'engager sur ce qu'il comprend de la bible.


            C'est ainsi qu'aujourd'hui  le "sola scriptura" me parait bien mal compris lorsque pour défendre une cause, les chrétiens partisans de cette cause disent :" la bible dit que". Ou qu'ils veulent s'en référer à une anthropologie biblique pour l'appliquer à notre actualité. Ils ne se rendent pas compte qu'en appliquant une telle anthropologie ils reviennent à des attitudes archaïques comme la place de la femme dans la société ou encore celle donnée à    la violence et à la peine de mort.  Il n'y  a pas, par exemple ,de femmes parmi les douze disciples. C'est en tout cas ainsi que le présentent   les auteurs de l' Evangile. Il faut être cohérent et ne pas choisir le verset qui nous arrange ou l'attitude qui nous convient pour justifier ce qui nous plait et rejeter les autres versets au gré de nos convictions et de nos réactions.


            Le sola sciptura ne renvoie pas à de nouvelles lois. Il renvoie à  Jésus autrement dit à l'humain, Jésus étant le premier d'entre les humains. C'est l' amour apporté à l' autre qui doit dicter les choix de vie. Ce ne sont pas les lois. Les pharisiens croient au prima de la loi.  Jésus leur propose de mettre l' amour au dessus de la loi .  Et aujourd'hui  comme hier il peut arriver que l'intérêt des humains aille à l'encontre de certains passages de la bible qui correspondaient  à une époque donnée mais  qui ne s'adaptent plus à la vie d' aujourd'hui.


            Quand Luther lance son "sola scriptura" c'est dans un contexte particulier. Il dit non à la puissance et au pouvoir de l' Eglise Romaine pour ramener à  Jésus Christ. Il veut conduire chaque être à vivre avec Christ d'abord. C'est  cela le salut: Etre  avec le Christ vivant.  Emboiter son pas y compris lorsqu'il diffère de celui de l' Eglise. Retrouver le Christ à travers la bible voilà le souci de Luther et des réformateurs.


            Ainsi, ce n'est pas un fardeau qui est mis sur la tête des humains comme le faisaient les pharisiens du temps de Jésus, comme l'a fait l' Eglise au moyen âge et avant la réforme, et comme elle le fait encore aujourd'hui. C'est au contraire une libération, un délestage de ce qui  pèse à l'humain sans que la religion vienne ajouter d'autres fardeaux encore. Montrer que l'on est bien dans les clous de la religion ne peut être un but premier. Paraitre encore moins. Mon premier souci ne peut être que reconnaitre en l' autre un frère parce que Jésus est notre  frère ainé à tous et que nous avons le même père.


            La réforme a voulu rendre l'homme libre en lui permettant d'emboiter le pas  au  Messie, un certain Jésus de Nazareth.   Il appartient à cet homme libre de décider en fonction de ce qui lui parait plus juste, plus utile et meilleur pour l'humain . Il y a eut passage de la loi de Moise au Christ Jésus. Ceci tient en une phrase, celle de l' Evangéliste Jean:  "la Parole a été faite chair".

Repost 0
20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 21:37

 

           Réclamer un débat est devenu une habitude de tous ceux qui n'acceptent pas les décisions prises par ceux qui sont en situation de  responsabilité en politique comme en religion.  L'affaire a commencé avec le mariage pour tous. Ces opposants n'avaient de cesse que d'accuser l' Etat de ne pas avoir organisé de débats sur le sujet afin de mieux prendre en compte les avis des citoyens.  Depuis la revendication d'un débat apparait dès que le gouvernement propose une réforme quel qu'en soit le domaine. Les associations familiales regrettent de ne pas avoir été consultées sur la réforme des allocations familiales.  Les syndicats trépignent lorsqu'il est question de revoir le mode d'indemnisation des chômeurs. Le patronat s'égosille parce qu'il veut imposer sa réforme , celle souhaitée selon lui  par tous les français.  Tout récemment les catholiques attachés à la tradition et craignant le synode sur la famille, regrettaient que le débat ne soit pas plus étendu au peuple de l' Eglise. Le synode ayant accouché d'une souris, les voilà rassurés quant à l'aggiornamento des positions cléricales. Elles n'auront pas lieu.  


            Le plus souvent, les partis politiques d'opposition reprennent et amplifient cette demande de débat à quoi ils ajoutent des demandes de démissions de ministres ou un référendum. Peu importe si celui-ci est le contraire même d'un débat puisqu'il suffit de répondre par oui ou par non. Ils montrent ainsi qu'ils confondent débat et barrage. Peu importe le contenu de la réforme. Ils ne visent pas à l' améliorer mais à l'empêcher au nom de leur propre vérité.


            Cette manière de procéder en réclamant un débat alors même qu'il a souvent eu lieu, discrédite totalement une telle demande. En effet,  un débat doit informer, amener à réfléchir et à partager des points de vues. Il ne peut qu' être suivi d'une synthèse. Son but n'est pas de détruire l' adversaire mais de construire une réforme.


            Enfin, Il arrive que le débat conduise à des positions qui ne sont pas majoritaires dans le pays ou qui ne conviennent pas à telle ou telle institution de la société. C'était le cas pour la peine de mort qui n'est d'ailleurs toujours pas majoritaire dans le pays. Le débat avait eu lieu à tous les niveaux de la société. Il a fallu le courage d'un président ne craignant pas l'impopularité pour qu'elle soit supprimée. Il en est de même pour le droit à l' avortement où l' Eglise, institution la plus puissante du pays, s'y opposait et s'y oppose encore .


            Il est clair que lorsque des opposants s'emparent du débat, ce n'est pas pour débattre. C'est pour retrouver et assurer un pouvoir qu'ils n'ont pas afin d'imposer leur point de vue. Dans ce cas le débat s'oppose à l' attitude démocratique qui veut que ce soient les  élus qui gouvernent jusqu'aux prochaines élections.

 

 

Repost 0
15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 14:31

La peur de l' Islam


Oser dire la vérité


           Dire que dans notre pays - mais aussi dans l'ensemble de l’Europe à en croire la montée des partis de l’extrême droite,   l’islam fait peur c'est  affirmer au grand jour ce que le monde politique essai de taire par crainte de faire monter le racisme. Il  oublie que la vérité cachée cherche toujours des chemins détournés pour s'afficher. Elle est alors subtilement captée par ceux qui vont l'utiliser pour accéder au pouvoir. Là est le danger. Il devient alors indispensable de prendre les devants et d'afficher cet état de fait sans crainte, afin de redonner sa place à la chose suscitant la peur. Ce n’est pas adhérer aux thèses de Samuel Huntington selon lesquelles les conflits ont une  origine ni nationaliste, ni idéologique ni économique mais civilisationnelles à fort substrat religieux que d'affirmer que l’Islam fait peur. Il n'existe d'ailleurs pas un islam mais plusieurs et actuellement il y a plus de morts au sein même de cette religion que dans les religions entre elles.  N'oublions pas que dans certains endroits du monde des chrétiens se battent encore entre eux. Ne dressons pas les religions les unes contre les autres en se référant à des thèses qui n'affichent qu'une partie de la réalité. Cette partie ne peut être prise pour le tout. Il n'est pas possible d'affirmer que la progression de l’histoire humaine passe désormais par le combat entre les civilisations.


Les raisons de la peur


               Les  raisons de la peur sont diverses et variées pour ce qui concerne notre pays. Il y a d'abord l'augmentation importante du fait de l'immigration et  de la natalité. Alors que des Eglises et des temples ferment, la construction de nouvelles mosquées explose. Elles sont très fréquentées y compris par des jeunes. Les boutiques halal se multiplient sur l’ensemble du territoire. Dans les cantines, d'enfants comme d'adultes il est demandé de ne plus servir de porc. Dans la rue les jeunes femmes voilées, bien que peu nombreuses, mettent mal à l’aise dans un environnement où le corps est magnifié et où la lutte des femmes pour une place égale à celle des hommes n'est pas encore terminée. A tout cela s'ajoute le chômage. Il  touche en premier les populations issues de l’immigration et dont les emplois sont souvent précaires. Ces populations  font souvent l’objet d’un  rejet et plus particulièrement à l’embauche. Les français dits de" souche " et bien que ce terme ne soit pas pertinent, prétendent que ces populations, souvent  immigrées leur ravissent le travail. Plus encore les conflits menés par les jiadhistes ou tout autre groupe intégriste en Irak, en Syrie, au Mali, en Centre Afrique, au Nigéria contre des chrétiens insécurisent y compris ceux qui ne se reconnaissent plus dans le christianisme et qui s'affranchissent de toute référence à  Dieu. La prise d'otages ou encore les menaces terroristes dans les transports sont de moins en moins supportables jusqu'à transformer la peur en haine. Enfin, ajoutons-y l’intolérance  à l' égard de tout ce qui touche aux symboles sacrés de la religion.  Il est insupportable que les humoristes ne puissent pas s'amuser là-dessus même si on peut comprendre que ce genre d'humour est difficilement accepté par tous. Ironiser sur le Christ en Croix est blessant pour les croyants mais dans une société laïque c'est possible. Il est insupportable que cela ne le soit pas pour toutes les religions.  Cette intolérance culmine dans les fatwas visant à donner la mort. C'est sûr, tout cela fait peur. Le crime entraine le crime et plus particulièrement lorsqu'il est soutenu par un groupe quelque soit sa nature. Il déclenche la guerre qui devient alors une autodéfense généralisée.


            Bien évidemment cette peur n’est pas à généraliser. Il y a d’abord les huit millions de français attachés à l’islam et qui à travers cette religion cherchent la paix, et la justice. Il y a ceux qui se réclament du christianisme et qui mettent tout en œuvre pour une bonne entente des religions. Il y a tous ceux qui sans se réclamer d’un Dieu se battent pour  garantir  la liberté à tous, quelles que soient leurs croyances et leurs convictions. Ainsi, la peur ne concerne qu’une minorité. Il n’en faut toutefois pas davantage pour troubler le vivre ensemble nécessaire à une nation. La peur étant très mauvaise conseillère tout doit être fait pour qu’elle cesse. La première exigence est que tout soit mis sur la table, qu’il n’y ait plus de non dit et de rumeurs. C’est ce que nous essayons de faire. La deuxième est d’entamer un dialogue constructif avec tous ceux qui font peur. Ce dialogue sera la preuve que l’islam n’est pas une religion secondaire dans notre pays. Qu‘il y a toute sa place et qu’il y est utile. Nous proposons dans le paragraphe suivant de poser les bases de ce dialogue. 

 

 

Repost 0

Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

Recherche

Blogs Et Sites Amis