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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 13:58

          Que la campagne pour l’élection du président de la république soit une surenchère de promesses, c’est bien ce qui est à craindre. Après tout n’est-ce pas la nature même d’une campagne dans notre système électoral et tout particulièrement en ce qui concerne l’élection du président de la république au suffrage universel. Osons le dire, c’est une aberration dans un régime démocratique où les pouvoirs du sénat et du parlement, représentants du peuple sont réduits à la portion congrue et où le risque d’élire un incompétent dangereux et manipulateur n’est pas négligeable. En effet que ne ferait pas un élu pour garder son siège et tant pis s’il faut être le godillot d’un fou manipulateur. Oui, la république est en danger de part le fonctionnement même de nos institutions.

 

            Eva JOLY a bien compris qu’il est grand temps de redonner le pouvoir au peuple et en proposant un défilé citoyen pour le 14 juillet, elle commence par le commencement à savoir réunir celui- ci dans toutes ses composantes - y compris la militaire qui pour le moment est la seule représentée - et le motiver pour qu’il puisse élire ses représentants. N’est-ce pas ainsi que se forme un peuple ?

 

            Cette candidate aux prochaines élections a vu juste. La droite, bien consciente qu’elle ne représente pas le peuple et qui n’a aucun intérêt à ce que celui-ci, dans  toutes ses composantes participent au pouvoir s’épuise à chercher les pires méchancetés pour  discréditer la candidate. Beaucoup de ces propos - tenus par ses plus hauts responsables - sont considérés  comme des dérapages graves à connotations racistes et les déclarations du premier ministre n’ont rien à envier à ces chefs africains qui pour écarter une candidature de leur adversaires n’hésitent pas à jouer sur l’appartenance ethnique. On croyait une telle stratégie impossible  en France. Nous avons la preuve du contraire : Madame JOLY ne serait pas que Française !

            Quant aux responsables socialistes ils se montrent plus que décevants refusant même le débat et donnant ainsi raison à ceux qui pensent que droite et gauche c’est à peu près la même chose.

 

            Les propositions d’Eva Joly ouvrent  la voie à une réflexion sur les valeurs auxquelles tout un peuple peut se référer : la paix, la liberté, la fraternité, l’égalité… en s’appuyant sur l’histoire et des faits réels afin d’échapper à une pure théorisation de la pensée. Difficile dans ce cas d’accepter que les grandes formations politiques refusent le débat, voire le combattent. Craignent-elles de perdre des voix lors des prochaines élections ? Si oui, se  pose alors la question de savoir si le but d’un débat préélectoral est de récupérer des voix ou d’éclairer les citoyens sur tel ou tel sujet. De la réponse à cette question dépend l’intérêt de la campagne pour l’élection présidentielle qui s’ouvre devant nous.

 

En attendant, merci Mme JOLY de poser des questions intelligentes qui ne vous mèneront  probablement pas à la victoire électorale mais qui éveillent notre pensée et aident le peuple à sortir de l’obscurantisme dans lequel ceux qui nous gouvernent voudraient nous enfermer.

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 10:08

 

         Adolescents, nous chantions cette année là dans un camp d’été pour les jeunes : « le coq est mort, le coq est mort, il ne dira plus cocodi cocoda, il ne dira plus cocodi cocoda ». Les plus malicieux d’entre nous transformaient les paroles en « Le pape est mort, le pape est mort, il ne dira plus… ». Ils ne savaient pas que cinquante ans plus tard même mort, un  pape pouvait encore chanter. C’est en tout cas ce que l’on nous laisse croire avec la béatification de Jean Paul II. Les médias n’ont parlé que de cela pendant une semaine. C’est ainsi que nous avons eu droit à la grand messe avec le miracle d’une religieuse guérie par le pape défunt, à la procession devant le cercueil de celui disparu déjà depuis cinq ans, à l’ampoule contenant du sang du bien heureux Jean Paul II...et j’en passe.

 

         Loin de moi l’idée de ne pas respecter tous ces croyants rassemblés pour l’occasion à Rome ou devant leur poste de télévision. Je n’apprécie d’ailleurs pas tous ceux qui voudraient contester des traditions religieuses ou nous faire rire en se moquant des fondements même d’une religion quelle qu’elle  soit. Toucher à ces croyances c’est toucher à l’équilibre et à la part la plus intime de l’être de celui qui les partage. C’est pourquoi l’ironie et l’humour y trouvent rarement leur place.

 

         Mais respecter les croyances n’exclue pas de les interroger. Or, il faut bien constater que les médias se sont gardées de tout esprit critique comme si rites et croyances exposés au monde entier allaient de soi. Où est passé le réel et le rationnel dans cette affaire ? Faut-il enfermer des millions de téléspectateurs dans le surnaturel et le magique au mépris de la science ? Que devient la singularité du sujet lorsqu’on le confond ainsi avec une masse d’adorateurs et de pratiquants ? Ah, comme il est loin le siècle des lumières qui  nous avait sorti de l’obscurantisme du moyen âge ! L’inquiétant est que nous sommes peut-être en train d’y revenir  de part le dictat que des esprits religieux semblent imposer de plus en plus aux peuples de par le monde ,piétinant ainsi toute liberté de penser, d’écrire et de s’exprimer mais aussi de par cette illusion de consensus que nous croyons nécessaire pour avoir la paix.

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 14:22

 

         Depuis quelque temps les médias s’intéressent à la sexualité des seniors. Reportages, articles, tribunes, tous vont dans le même sens : «  les vieux ne baisent pas assez ».Médecins, psychologues, infirmières, aides soignantes travaillant, pour la plus part, dans des maisons de retraite, le constatent et l’expliquent :

         Tout d’abord la sexualité des personnes âgées est un  tabou dans notre société. Personne n’ose en parler. Selon eux, celui qui en parlerait serait perçu comme ayant des idées mal placées puisque la plus grande majorité pense que les vieux n’ont plus de sexualité.

         Cette idée pèse sur la sexualité de nos ainés qui de ce fait s’interdisent d’aimer ou n’osent plus déclarer l’amour à un partenaire. Ainsi ils se privent du dernier bonheur de leur vie.

         Les enfants ont une grande responsabilité dans ce frein à l’amour car le plus souvent ils interdisent à leur parent toute relation amoureuse : « ce n’est plus de ton âge, tu as autre chose à faire. »

         Le personnel des institutions d’accueil est aussi réticent, la relation amoureuse de leur pensionnaire leur rappelant trop souvent l’échec de leur propre relation d’amour.

         Enfin les personnes âgées, veuves le plus souvent se culpabilisent car pour elles avoir un autre partenaire après le décès de leur compagnon serait rompre les promesses de fidélité qui ont été tenues tout au long de leur vie à deux. Toujours selon eux, cette position  est ridicule.

 

         C’est ainsi que des psychologues déclarent très sérieusement que l’acte sexuel c’est comme le manger et le boire, l’uriner et le déféquer, autrement dit indispensable à la vie. C’est à croire qu’ils peuvent se priver de toutes ces fonctions naturelles aussi longtemps qu’ils le restent de toutes relations sexuelles.

A moins qu’ils n’aient jamais essayé… parleraient-ils alors sans savoir ce qu’ils racontent !

        

         Je crains que derrière toutes ces affirmation se profilent leurs fantasmes et comme ils le disent parfois leurs propres échecs en amour. C’est ainsi qu’ils sont amenés à ne plus savoir écouter, à entendre et à voir. Ils se positionnent plus en voyeur qu’en accompagnateur. Il est vrai que le climat ambiant ne les aide pas beaucoup. Combien de publicités pour nous proposer du viagra ou ses équivalents bio par exemple, combien de témoignages dans ces mêmes publicités d’hommes plus qu’octogénaires affirmant, grâce à une médicamentation spécifique affirmant faire l’amour régulièrement, jusqu’à deux fois par jour. La publicité essaie d’imposer de nouvelles normes dans tous  les domaines et plus particulièrement dans celui de la sexualité.

         Tout cela est bien regrettable.  En effet, ne peut-on pas entendre, sans y voir une pression morale, qu’une veuve ayant bien souvent vécu de longues années avec son mari dans une fidélité réciproque veuille lui rester fidèle jusqu’à la mort. Elle n’a pas choisi de rester et aurait probablement aimé partir avec lui ou avant lui pour ne pas avoir à souffrir la séparation. Alors pourquoi vouloir la déculpabiliser de je ne sais trop quoi en l’encourageant à trouver un partenaire plutôt que de l’aider à vivre sa fidélité ? De la même manière ne peut –on pas comprendre que des enfants dont l’un des parents dit être tombé amoureux soit prudent quant à la vérité de cette relation comme des parents le sont avec leurs enfants sortant de leur adolescence? Ceci bien sûr ne doit pas  se confondre avec une pression exercée sur les parents par leurs propres enfants. Ces  derniers se doivent de veiller à leur laisser leur liberté jusqu’à se réjouir avec eux s’ils donnent suite à la relation d’amour.

Quant au soi disant tabou n’est-il pas aussi une forme de respect due à nos anciens, respect qui nous conduit à une certaine discrétion quant à leurs relations affectives et à leur sexualité.

Enfin ne faut-il pas protéger les anciens de relations  qui peuvent se révéler intéressées jusqu’à devenir dangereuses. La solitude et /ou le désir de sexualité  -il n’est pas toujours pertinent de séparer les deux-  peuvent conduire à des rencontres avec des partenaires malveillants, peu scrupuleux et intéressés bien au-delà de l’affectif.

 

         En conclusion, demandons-nous si accompagner une personne âgée ce n’est pas lui permettre de vivre jusqu’à la fin les choix qui ont été les siens tout au long de sa vie.  Tout l’art de l’accompagnement sera alors de l’aider afin qu’elle ne cède pas sur son désir tout en sachant  s’adapter à ses possibilités du moment et en restant protégée.

                                          Serge

 


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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 22:21

 

 

Notre gouvernement s'offusque de ce que des responsables européens n'acceptant pas la politique de notre pays concernant les Roms, aient pu rappeler la déportation des juifs et le comportement des nazis.


Certes nos ministres de l'intérieur, des affaires européennes et de l'immigration ne sont pas des nazi mais ils devraient se souvenir - ou apprendre s'ils étaient encore trop jeunes pour s'intéresser à l'actualité - qu'en 1961, lors du procès  d'Eichmann en Israël, la philosophe Hannah Arendt, qui suivait les débats, conclut dans un de ses reportages  que le criminel de guerre nazi n'est nullement un fanatique mais un simple exécutant persuadé de faire son devoir. Et c'est ainsi qu'il pouvait tout naturellement se référer à la morale de Kant ou encore aux Evangiles.


Tout ceci pour dire que le mal n'est pas que l'affaire d'un monstre. Il peut être seulement l'affaire de quelqu'un de policé, bien habillé, respectueux. Depuis nous avons eu l'exemple de Papon.


Messieurs Besson, Hortefeux ou encore Lelouch devraient méditer cette remarque  d' Hannah Arendt et prendre au sérieux le fait que de simple exécutant au départ on peut devenir le pire des monstres  de par les situations ainsi engendrées. Le mensonge est déjà une porte entrouverte sur le pire. On ne nait pas nazi mais on peut le devenir.

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:53

 

 

            L’Eglise catholique se retrouve embourbée dans des problèmes de pédophilie touchant le plus haut niveau de sa hiérarchie pour avoir pratiqué de tels actes ou tout au moins pour les avoir couverts. C’est bien cette dernière attitude qui lui est le plus reprochée, non qu’elle ait fermé les yeux sur de tels comportements, les prêtres en question ayant été interpelés et s’étant vu proposer un accompagnement visant à les sortir de tout penchant pédophile mais parce qu’elle a caché à la société civile ces actes hautement condamnables et parce que son souci de préserver son image semble être passé devant celui de rendre justice aux victimes. Il fallait cacher en priorité de telles ignominies.

 

            Il serait bien maladroit et peu fraternel de jeter la pierre à cette Eglise d’une part parce qu’il faut protéger tous ces prêtres qui chaque jour exercent leur sacerdoce avec dignité et dans l’intérêt de tous, petits et grands ; d’autre part parce que l’ Eglise catholique depuis plus d’un quart de siècle a cherché à se réformer et  être un facteur de paix et de réconciliation dans ce monde, laissant derrière elle et condamnant  les pages les plus noires de son histoire où se trouvaient liés le sabre et le goupillon avec trop souvent le soutien aux pires dictateurs et à leur crimes. Il lui reste à consolider cette voie nouvelle qu’elle semble avoir pris. Telle est en tout cas notre espérance.

 

            Il serait tout aussi maladroit et peu fraternel de ne pas l’interpeller sur ce qui nous paraît utile afin que cessent les comportements déviants  de quelques prêtres, déviances plus subies et pathologiques que volontaires bien évidement. Ce serait une grave erreur pour l’Eglise catholique  que de penser qu’elle doit être la seule à régler ce problème, la parole extérieure, venue d’ailleurs,  étant  toujours souveraine et ayant  plus d’autorité sur le mal que la parole issue du milieu où ce mal a pu se développer.

 

            Et nous touchons là un point essentiel de ce qui l’a conduite à l’erreur : l’image que cette Eglise a d’elle-même. Elle se veut parfaite, sacrée, représentant le royaume de Dieu sur terre. Une telle théologie ne peut qu’être remise en question avec sévérité afin qu’elle puisse entrer dans le monde et ne plus se considérer comme une entité à part de par son magistère, intégrant seulement  quelques éléments du monde dans une forme de syncrétisme. C’est aussi cette attitude qui l’amène actuellement :

- d’une part, à penser que le problème se réglera en sélectionnant par des entretiens et des tests les candidats à la prêtrise. Comment peut-on prétendre déceler toutes ces pathologies et les prévenir ensuite ? Aucune technique ne le permet. Les expertises psychiatriques des criminels en sont une preuve formelle. Par ailleurs il faut bien voir que la personnalité d’un individu n’est jamais figée. Ce qu’elle est aujourd’hui ne préjuge pas de ce qu’elle sera demain. Tout dépendra des facteurs intervenants au fur et à mesure que se déroule son existence : environnement, choc émotionnel, cheminement de la pensée…

- d’autre part, à nier avec insistance que le célibat des prêtres ne changerait quasiment rien. Certes il y a des pédophiles mariés dans toutes les catégories de la population et dans toutes les religions. Cependant, l’ampleur du phénomène parmi les prêtres n’est en rien comparable à ce qui se passe dans d’autres professions ou fonction et les institutions n’ont aucune velléité à cacher de tels agissements, le contrevenant ne se sent pas protégé. Dans la situation actuelle, cette obligation de célibat peut attirer  ceux qui, le plus souvent inconsciemment, veulent fuir la sexualité avec un partenaire. Nous sommes là en présence de situations névrotiques pas toujours décelables par des examens cliniques. L’engagement du célibat leur permet de  trouver des justifications et de supporter l’angoisse qui les taraude. Ils se cachent derrière le statut du prêtre. De la même manière ce célibat imposé fragilise des équilibres vis-à-vis de la sexualité chez des personnes, qui découvrant le plaisir et la satisfaction de la relation sexuelle avec un partenaire, ne seraient jamais passées à l’acte. A cela s’ajoute l’isolement affectif dans lequel se trouve  le prêtre. On pourrait comparer cette situation à un  homme qui, sans alcoolisation,  ne frappera jamais son épouse mais deviendra violent sous l’effet de celle-ci, alors même que tous les alcooliques imbibés ne frappent pas leur conjointe. Nous portons en nous des actes qui ne peuvent se développer que dans des circonstances bien particulières. La pédophilie en est un. Il vaudrait mieux tout faire pour  éviter de telles circonstances plutôt que de les mettre en place.

Pour toutes les professions, dans toutes les fonctions, il me semble qu’il serait sage de laisser chacun libre de choisir ou pas le célibat. L’imposer, c’est déjà enlever la liberté de choix et favoriser des comportements névrotiques qui échapperont toujours en grande partie à toute investigation.

Refuser d’admettre que le célibat favorise grandement le passage à l’acte dans la pédophilie relève du déni et s’est encore une fois défendre les dogmes de l’Eglise au dépend de toute démarche humanisante.                  

                                     Serge SOULIE  

 

 

           

 

 

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 09:34

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            Comme après chaque élection chacun s'efforcera de tirer les enseignements des régionales. Je n'en retiendrai qu'un : l'effondrement, voire la quasi disparition du modem qui se veut au centre, ni de droite ni de gauche.

            Voter au centre est pour certains électeurs une preuve de sagesse et d'équilibre. C'est être raisonnable et échapper à tout esprit partisan. Beaucoup de chrétiens partagent cette manière de penser.  Le bon sens semblerait leur donner raison par comparaison à d'autres domaines  où une position médiane, faite de compromis s'avère être la meilleure solution.

            Il se trouve qu'en politique les qualités de la modération ne sont pas dans un parti du centre mais dans l'alternance au pouvoir de la  droite  et de la gauche dans les différents niveaux de responsabilité.  Les uns corrigeant les excès des autres et voilà l'action politique chaque fois recentrée sans négliger le contre pouvoir représenté par  l'opposition  du moment , tout particulièrement lorsqu'elle est unie et  permet ainsi de tempérer les ardeurs de ceux qui gouvernent.

            Cette attribution de la gouvernance du pays tantôt à un bloc, tantôt à un autre semble être un facteur de stabilité pour la démocratie en place.  C'est bien ce qui se passe aux Etats Unis, et en Angleterre par exemple. La démocratie y parait irréversible . Il en est de même pour  l'Europe avec quelques "accidents" suivant les pays où la démocratie après un temps de dictature, a due être rétablie.(Allemagne, Espagne , Grèce).

            Le nom des blocs - ou des pôles-  en position de gouverner ont des noms  différents suivant les pays : droite /gauche en  France , démocrates/républicains  aux USA, travaillistes / conservateurs en Angleterre, CDU/ SPD en Allemagne. La fixité des termes désignant  les blocs montre bien leur stabilité alors que ces termes sont très variables dans d'autres pays comme  l' Italie ou encore l' Espagne voire la France où le nom du pôle de droite varie.

            Le terme de" blocs" ne désigne pas ici un seul parti mais plusieurs se regroupant le moment venu autour du parti majoritaire de leur camp afin de pouvoir gouverner avec une majorité. Actuellement, en France,  ce regroupement se fait autour du parti socialiste et de l'UMP. Cette variété de partis autour du parti central est un gage de richesse pour chaque camp qui doit ainsi trouver des équilibres en son sein même autour de propositions diverses.   Permettre à la fois que toutes les sensibilités s'expriment et retrouvent ensuite  une unité  de  gouvernement  le moment venu est tout un art.  S'y ajoute l'art de choisir un leader qui saura prendre de la hauteur vis à vis de son propre camp d'abord, de tous les citoyens du pays ensuite s'il est élu.

            Dans quelques pays, le bipartisme est obligatoire, seuls deux partis sont autorisés et enregistrés. C'est une atteinte à la liberté, le besoin de s'exprimer en se regroupant dans des entités politiques diverses  étant un invariant des sociétés humaines .  Par ailleurs ce bipartisme imposé se confond souvent avec des luttes de clans , de religion ou d'ethnie différentes. On quitte le domaine du politique pour celui du racisme et on exacerbe les rivalités. L'alternance de deux camps qui gouvernent chacun à leur tour n'a rien à voir avec ce bipartisme. Celui-ci est dangereux et contre nature, celui-là est un des piliers pour la pérennité de la démocratie.

            La dernière élection nous confirme que la croyance en un troisième parti, en l'occurrence un "parti du centre" n'est pas une utopie mais une illusion. En France le parti centriste a filé pour 80% à droite et le modem qui  persiste à  être ni de droite ni de gauche est en très mauvaise posture. La crise ne vient  ni de son leader, ni de la conjoncture mais de l' impossible existence   d'un troisième parti automne dans un système démocratique.  Si un parti du centre venait à s'imposer, il viendrait remplacer au mieux le parti principal (celui de droite ou celui de gauche) et de ce fait il ne serait plus un parti "du milieu". Le champ politique ne peut se réduire à un polygone à trois angles fût-il équilatéral, il est constamment tiraillé vers la constitution de deux pôles. Vouloir éviter ces tiraillements par un troisième parti c'est favoriser  l'instabilité.    

            Lorsque deux entités politiques de gouvernement sont en présence, elles tendent automatiquement vers le centre autrement dit  vers la modération.  D'une part pour capter le plus possible d'électeurs d'un côté comme de l'autre et par contre coup elles marginalisent les extrêmes qui ne voudraient pas se joindre à elles.   D'autre part, l'entité qui n'est pas au pouvoir représente l'espoir pour tous ceux qui ne se sentent pas représentés et contestent l'action gouvernementale, évitant ainsi tout débordement dans les mouvements sociaux.

            Croire à un " parti du centre" c'est à la fois éviter de faire un choix -attitude difficile dans tous les domaines de la vie- et  se rassurer quant à l'option  prise  dont on n' est jamais tout à fait certain et dont on sait par avance qu'elle est imparfaite. Le " centrisme" dont tout le monde rêve est bien dans l'alternance au pouvoir des partis de gouvernement , jamais parfaits , mais dont la fin de leur gouvernance est  rendu possible par le vote des électeurs  qui prévoient leur remplacement. Mais, comme il est difficile, en politique comme ailleurs, de renoncer à la quête du modèle parfait !

                                                        Serge SOULIE                                                                                                                                                                      
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 10:08

 

            L'alternance est un des piliers de la démocratie . Elle permet que le moment venu les élus en place soient dépossédés de leur pouvoir et des avantages que leur procure ce pouvoir non seulement par les indemnités perçues  et les avantages afférents  selon les postes occupés mais aussi par la place privilégiée que cela leur donne pour faire des affaires.

            C'est ainsi que avidité du pouvoir et cupidité les amènent à tout mettre en place pour conserver leur poste et éviter coûte que coûte l'alternance . Dans de nombreux pays , nous voyons des présidents, élus pour la première fois par voie démocratique changer la constitution afin de se maintenir au pouvoir. Aucune région du monde n'échappe à ce phénomène. Certes l' Europe où les démocraties sont implantées résiste mieux que des   pays d'Afrique ou d'Amérique du sud, mais nous ne pouvons pas passer sous silence certaines réformes en Italie  et en France où les nouveaux types d'élection sont faits pour favoriser le parti au pouvoir.

             Par ailleurs ce maintien au pouvoir se fait aussi par d'autres réformes moins visibles mais tout aussi importantes comme les modes de scrutin, les réformes dans la justice, la police ou encore la recherche et l'éducation nationale. Après tout un peuple peu instruit est bien plus malléable.

            Le peuple souhaite l'alternance . Il n'en fait pas mystère à travers les élections.  Mais Il n'arrive pas à déjouer les pièges qui lui sont tendus. C'est ainsi qu'il  n'a pas d'autre choix que d' élire à des élections locales les uns et aux nationales les autres. Nous sommes sur deux plans différents, ce n'est donc pas une vraie alternance. Il est à noter que ce phénomène est commun à beaucoup de pays européens et la social démocratie est la première à en faire les frais. Pourquoi?

            De nombreuses réponses sont données par des experts et des professionnels. Toutes ont très certainement  une part de vérité . Elles ne doivent pas oublier les réponses qui tournent encore et toujours autour de l'argent et du pouvoir. Ceux ci, ces dernières décennies,  se sont constitués,  grâce à la prospérité, autour de capitaux importants détenus  par les décideurs, ceux qui possèdent les moyens de production, de service, de financement et de création d'emploi.  Ils constituent désormais une "classe" indétrônable qui laisse peu de place aux autres sinon celle qu'ils veulent bien leur accorder. Nous nous rendons compte chaque jour combien il est difficile pour de jeunes actifs de s'insérer dans la société.  Indirectement cette classe de possédants fait et défait les campagnes électorales. Les règlements actuels ne suffisent plus à  les  rendre équitables. Il ne peut donc pas y avoir -ou très difficilement- d' alternance à un même niveau de responsabilité politique.  C'est très préoccupant pour l'avenir de la démocratie et aucune réflexion ne semble s'engager sur ce problème chacun cherchant à conserver sa place. Nous restons sur des acquis qui ne correspondent plus à ce que devrait être une démocratie et un état moderne. C'est un retour aux classes sociales avec une bipolarisation : possédants d'un côté et dépendants d'un autre avec la disparition progressive des classes moyennes.   L'histoire de notre pays serait-elle condamnée à n'avancer que par soubresauts avec toutes les conséquences désastreuses qui en résultent ou peut-on imaginer des avancées linéaires, contrôlées et au profit de tous.

                                                     Serge SOULIE

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 11:51

 

 

            Le débat sur le port de la burqa bat son plein. Dans les journaux, partisans et opposants d’une loi visant à l’interdire s’affrontent.  On voudrait que cette affaire soit spécifiquement liée à l’islam. Les arguments développés par les uns et par les autres sont pour la plupart circonstanciels. Ils  ne vont pas au fond du problème qui pose la question de « comment défendre la liberté de la femme en lui interdisant de se voiler » ? Nous sommes en plein paradoxe.

Cacher la femme est une question inhérente à d’autres  religions, à d’autres cultures, à d’autres civilisations.

 

             Les spécialistes du Coran sont le plus souvent d’accord pour dire que le port du voile, et encore moins de la burqa ou du niquab,  ne sont mentionnés comme une obligation. Pour eux, nous sommes  là en présence de traditions et de coutumes variant d’ailleurs d’un pays à l’autre.

 

            De nombreuses musulmanes ne souhaitent pas porter de voile, et plus particulièrement  la burqa. Il suffit d’écouter par exemple la présidente de l’association « ni putes ni soumises »  ainsi que  la  ministre : Fadela Amara.

 

 

            Enfin, quand bien même Mahomet aurait préconisé le voile, il n’aurait pas été le premier. Il suffit de regarder dans  la Bible une épitre (une lettre) de celui que la tradition chrétienne appelle Saint  Paul - principal auteur du nouveau testament hors des Evangiles-  envoyée aux premiers chrétiens de Corinthe 550 ans avant les premières révélations  du Prophète. Après avoir affirmé que Dieu est le chef du Christ, Christ  le chef de l’homme, et l’homme le chef de la femme (il ne nous dit pas de qui la femme est le chef !) propose que la femme se voile puisqu’il est honteux  pour elle d’avoir la tête rasée ou les cheveux coupés. Le voile est selon lui la marque de l’autorité dont elle dépend à savoir l’homme et il n’est pas convenable que la femme prie Dieu sans être voilée.

            On retrouve dans ce texte clairement affirmé que le voile est le signe pour la femme,  de son appartenance et de sa soumission à l’homme. Il écrira dans une autre lettre : « femmes, soyez soumises à vos maris ». Les signes d’appartenance et de soumission sont bien les griefs faits le plus souvent au port du voile.    

            Certes  Saint Paul  s’intéresse d’abord à la tenue de la femme dans les assemblées religieuses, rien n’est dit sur les lieux publics.  Mais il semble qu’à cette époque la femme était perçue comme devant être soumise et appartenant à son mari. Son statut était proche de celui des esclaves.  C’est ainsi que 5 siècles plus tard, la position  du prophète Mahomet paraît bien plus avancée pour ne pas dire révolutionnaire.  

 

 

            En conséquence, il faut être prudent lorsqu’on parle du voile.  Il  n’est  pas une injonction du Coran,  mais une pratique des époques qui nous précèdent.

Je me souviens d’ailleurs que ma grand-mère, dans les années 50, se couvrait la tête et mettait un voile transparent sur son visage toutes les fois où elle se rendait au temple, reprochant à ma mère (sa bru) de ne pas  en faire autant. La question  prioritaire est  de savoir  ce que la religion garde des traditions et des textes des livres dits « sacrés » comme la Bible ou le Coran. 

Peut-on s’autoriser d’autres interprétations  qui permettraient à chacun de pratiquer sa religion tout en abandonnant ces traditions. Il ne suffit pas d’interdire la burqa pour défendre les droits des femmes,  ce serait pour elles leur retirer des droits religieux. Il me paraît plus important de s’intéresser aux raisons pour lesquelles les femmes la portent. J’ai pu remarquer que des écrivains musulmans posaient la question des coutumes ancestrales dans leur religion ainsi que celle de l’interprétation des textes du Coran, comme s’est posée et se  pose encore  l’interprétation des textes de la Bible.  Je vois dans ces interrogations plus d’avenir que dans de simples interdits toujours près à être exploités par les plus radicaux !


La problématique soulevée par le voile n’est pas à chercher seulement dans l’islam mais dans les profondeurs de l’histoire.

 

            Que l’on me comprenne bien, je ne défends pas la burqa. Je dis seulement que ce qu’on lui reproche, à savoir la soumission et la dépendance, est aussi justifié dans la Bible. Il a fallu des siècles pour s’en émanciper ; et le combat n’est pas terminé, loin s’en faut. Il suffit de regarder aux dogmes du catholicisme et aux pratiques de certaines églises protestantes en particulier aux USA.  Voile, burqa, niquab, ne peuvent être  attribués seulement à la pratique religieuse. Il ne suffit pas de les interdire mais de s’interroger sur ce qui permettra à toutes celles qui  souhaitent pratiquer leur religion, d’évoluer vers des formes de vie  qui n’enferment pas la femme dans la dépendance et la soumission à l’égard de l’homme. Les femmes ont droit à la liberté, condition première de l’amour. Les religions peuvent en être convaincues puisqu’elles se veulent en  être les messagères.

 

            Si une loi interdit le port de la burqa, ce n’est pas seulement parce qu’elle représente  la dépendance et la soumission de la femme,  c’est aussi parce que dans l’organisation de notre société  laïque, il y a des pratiques publiques impossibles  y compris lorsqu’elles sont fondées religieusement. Le religieux reste sous le contrôle de l’Etat pour ce qui est de sa manifestation publique.   Ceci dit nous nous devons de mieux y  réfléchir afin de respecter la même laïcité pour tous. On ne peut pas d’un côté interdire l’appel à la prière du haut d’un minaret et sonner les cloches pour aller à la messe ou au culte.  On ne peut pas avoir comme jours fériés des fêtes chrétiennes et aucun jour pour les autres religions.  On doit cesser de poser des crucifix et des vierges  aux coins  des rues et sur les collines si on  impose aux autres  la plus grande discrétion sur les signes religieux. Une civilisation prometteuse ne se fait pas en excluant  les pratiques des autres mais en harmonisant les apports de chacun. Un juste équilibre est à trouver.  C’est le rôle de l’Etat.  

 

                                                                       Serge SOULIE

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 21:38
 

Trois chercheurs travaillant dans des labos d’université, de polytechnique, normale sup ou science po, médaillés du CNRS, ont envoyé une lettre à leur supérieur pour refuser plusieurs dizaines de milliers d’Euros de « prime d’excellence scientifique ». Pour le plus haut gradé d’entre eux cela représente 15000 euros annuels sur quatre ans renouvelables. Ils demandent que ces fonds soient alloués au recrutement et à la valorisation salariale dans leur secteur ou versés à la Fondation de France. Leurs motifs sont sans ambigüité : ils refusent la politique de différenciation salariale conduisant à un système de compétition systématique où « les capitaines » pourront négocier  leur salaire avec à leur service des contractuels traitables et corvéables à merci.

 

Cette attitude pourrait passer pour un coup de gueule ou, au mieux,  un acte militant parmi d’autres si elle ne remettait pas en cause les plus bas instincts de l’homme qui consistent à gagner toujours plus,  avoir toujours plus de pouvoir pour dominer les autres, ne pas se soucier des autres sinon pour leur laisser quelques miettes. La volonté d’introduire le mérite dans tous les services publics ou des slogans faciles du style « travailler plus pour gagner plus » flattent ces instincts. Le succès électoral le confirme.

 

Les propositions de nos chercheurs nous rappellent  d’une part que tout résultat est le fruit d’un travail collectif dans lequel chacun a sa place .Il n’y a pas de positions serviles.   D’autre part, chacun doit être correctement rémunéré pour son travail  sans que cette rémunération soit sans cesse indexée sur la qualité du résultat, sur la quantité  ou encore  sur le temps passé à la tâche. Il faut savoir tenir compte de la réussite ou des aptitudes de chacun sans leur donner une valeur marchande.  Nous sommes là devant une attitude de bon sens. Tout le monde ne peut pas avoir accès au plus haut grade mais tout le monde doit pouvoir gagner sa vie.  Tout le monde n’a pas les mêmes possibilités mais tout le monde doit trouver sa place dans la société.

 

Leurs propositions sont d’autant plus remarquables que notre société s’est développée sur cette idée selon laquelle tout ne pouvait s’acquérir que par le mérite y compris, ce qui à une époque donnée était le plus important, le  ciel. Notons d’ailleurs ici cette curieuse et ridicule position de l’Eglise qui depuis le moyen âge a tant développé la théologie des mérites jusqu’à en imprégner la totalité des domaines de la société française alors même que Celui qu’elle considère comme son chef -Jésus, le Christ- s’insurgeait contre tous ses contemporains qui voyaient dans ce qui leur arrivait une juste rétribution. En parlant de grâce, il prenait à contre pied toutes les religions et le modus vivendi de l’époque.   Cette idée de mérite ressurgit encore aujourd’hui avec tous ceux qui contestent la solidarité et la répartition dans nos organismes sociaux pour mettre à la place des systèmes de capitalisation qu’ils qualifient de plus équitables et de plus justes.

 

Le 25 février  Serge SOULIE

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
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