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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 21:44

        

           On ne peut qu’être surpris par les propos agressifs tenus par des évêques au sujet du mariage pour tous. En effet les discussions que l’on peut avoir avec la plupart des catholiques sont généralement sereines et apaisées. Certes beaucoup s’interrogent, d’autres sont réticents à un tel mariage mais il faut un intégriste pour tenir des propos aussi peu fraternels, irrationnels, frisant l’homophobie. Assimiler l’homosexualité à la polygamie et au meurtre relève de l’ignorance, de la mauvaise foi, ou de problèmes personnels non résolus vis-à-vis de l’ambivalence sexuelle qui est en chacun de nous. En effet les évêques pourraient se faire les porte-parole de leur hiérarchie sans pour autant tenir des propos aussi déraisonnables. Ils y ont ajouté de l’intime repris d’ailleurs par quelques politiciens tout aussi dérangés.

            Il ne nous reste alors qu’à nous interroger sur les raisons de réactions aussi peu contrôlées. J’en signalerai cinq.


            La première est inconsciente. Dans leur propos ce ne sont pas les évêques qui parlent mais l’inconscient. L’ambivalence sexuelle caractérisant chaque humain s’exprime ici. Le mariage pour tous a entrouvert  une fenêtre, habituellement tenue fermée à grands coups de refoulements. Leur position d’ecclésiastiques bien que choisie se trouve chamboulée par le mariage pour tous et rend ce refoulement insuffisant.  La sincérité ne suffit plus : Ils craquent.


            En second lieu, on sait les difficultés de l’Eglise depuis quelques années avec les comportements de pédophilie avérés chez un certain nombre de prêtres à travers le monde entier. Il y a de sa part une grande nervosité et le souci de « se refaire une santé » comme on dit. Dire non au mariage pour tous est une occasion. A cela vient s’ajouter un certains nombre de prêtres homosexuels et dont l’homosexualité remet en cause –à tort ou à raison- le principe même du célibat imposé pour exercer la prêtrise.


            Tercio, il nous faut mesurer le décalage qu’il y a entre le dogme officiel de l’Eglise et les attentes de la population. Le dogme ne peut plus être dit en terme mesuré au risque d’être étouffé. Alors pour exister il s’affirme dans sa réalité avec en plus toute l’exagération qui vient le soutenir. Il a été dit, tout le monde à pu l’entendre, l’Eglise existe bien.


            Quatrièmement, les mouvements intégristes tenant le haut du pavé, il est compliqué pour l’Eglise de s’opposer à ses membres les plus actifs qui de surcroît fournissent le plus grands nombre de prêtres au moment où la pénurie est catastrophique pour notre pays.


            Enfin, n’oublions pas que l’Eglise catholique tout au long de son histoire a construit toute sa théologie et son histoire sur la famille. C’était vrai   pendant les quatre premiers siècles de notre ère face aux dieux de la mythologie. C’était vrai au moyen âge avec les rois et leur cour. Pour sortir du comportement des dieux de l’antiquité ou des familles royales, qui pratiquaient l’inceste, le viol et le meurtre, l’Eglise a inventé la famille. Cette invention a porté ses fruits et les éléments fondamentaux à notre civilisation. Il est regrettable qu’actuellement cette même Eglise ne poursuive pas sur sa lancée en tenant compte de l’individu et en acceptant que la famille s’ouvre à tous tout en gardant les valeurs de fidélité qui ne sont pas remises en cause dans le mariage pour tous.

           

           

           

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:29

 

            Il est bien loin le temps où le dimanche matin les maisons se vidaient et les Eglises se remplissaient tout particulièrement dans les villages. Il y a une trentaine d'années c'est encore ce que j'ai pu observer au Québec dans un village des Laurentides. Il y avait quatre Eglises, trois protestantes et une catholique. A dix heures toutes les cloches sonnaient et l'on pouvait voir la quasi-totalité des habitants s'acheminer vers la chapelle de leur appartenance. On ne rencontrait pas une âme dans les rues et chemins de ce bourg d'un millier d'habitants.

            De retour en France, mon grand père m'assura qu'il en était de même dans son village des Cévennes jusqu'aux années 1920.  D'après lui, c'est après la deuxième guerre mondiale qu' Eglises, temples et chapelles  commencèrent à se vider. Il s'étonnait que les responsables d' Eglises ne s'interrogent pas davantage sur cette situation. Peut-être souhaitait-il que la question lui soit posée lui qui avait renoncé à  l'office religieux du dimanche sans pour autant perdre la foi disait-il. En bon protestant, il lisait sa bible , chantait des cantiques et faisait référence à Dieu et à Jésus Christ.

            Aujourd'hui la situation s'est encore aggravée. Temples et Eglises ferment et sont vendus pour d'autres utilisations (club de sports, salles culturelles ou locaux commerciaux).  Les édifices fréquentés par les intégristes de toutes les religions résistent mieux . Quant aux mosquées, elles font le plein tous les vendredis  et leur nombre augmente régulièrement. Pour autant les raisons de cette désaffection pour la religion chrétienne classique (catholiques et protestants) ne sont pas abordées. L'Eglise a du mal à se remettre en cause et ne peut envisager de soumettre au feu de la critique ses pratiques, ses dogmes et ses rites. Elle invoque des raisons sociales ou culturelles, elle accuse la modernité et les nouvelles façons de vivre, elle s'aventure parfois à reconsidérer certaines croyances, c'est ainsi que le Dieu punissant, autoritaire et vengeur a été remplacé par un Dieu gentil et plein d'amour, elle n'abandonne pas pour autant la forme des cultes ou des messes. Or pour le plus grand nombre de nos contemporains, liturgies et rites ne font plus loi et semblent avoir perdu tout leur sens. Ils  n'aident plus à la vie quotidienne.  

            C'est regrettable. L'office du dimanche matin pourrait-être le moment où les gens se rencontrent sans intérêt sinon celui de se saluer et prendre des nouvelles les uns des autres. Ce pourrait être aussi un temps où l'on fait silence pour mieux entendre ce qui vient de l' extérieur, un temps où l'on prend en compte une parole désintéressée à la fois réconfortante et questionnante avec peut-être un temps  d'échange et de réflexion à poursuivre dans des groupes plus restreints. Enfin un moment où l'on prend le temps de laisser venir à soi des pensées  nouvelles et où l'on fait confiance  à l'invisible et à  la transcendance.

            Laver sa voiture, faire le ménage, aller à la chasse ou à la pêche,   se planter devant la télé, ou encore aller hurler dans un stade, ce n'est pas plus enrichissant que d'assister à un office qui ne fait plus sens, c'est peut-être plus utile dans l'immédiat mais cela prépare t-il l'avenir de chacun?  Je crains que non. L'humain à l'art, après s'être aliéné à la religion dans sa forme la plus moyenâgeuse, de s'aliéner aux tâches quotidienne et aux loisirs. Quand saura-t-il vivre pleinement et intelligemment?  Et enfin quand l' Eglise osera-t-elle s'affranchir de certaines habitudes pour retrouver la fraicheur et la force de l' Evangile?

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 21:12

          

            Oh quel bonheur ! Après quinze jours sans télé, sans radio et sans journaux, vous vous sentez soulagé comme si un fardeau avait été enlevé de vos épaules et  de votre pensée. C’est un sentiment de liberté qui soudain triomphe. Vous avez l’impression d’être enfin entré dans l’essentiel de la vie et de sa réalité. Vous vous rendez compte alors que les médias sont les supports d’une fiction que vous n’avez pas choisi et qui vous est imposée avec violence.

            Il y a d’abord la répétition de faits plus ou moins fabriqués par les journalistes eux-mêmes à partir  d’événements quasi insignifiants. Il suffit d’un lapsus d’un personnage politique ou d’une apparition de celui-ci à tel ou tel endroit pour que tout cela soit repris de conserve par tous les médias. Et comme chacun craint de voir baisser sa part d’audimat, ils se retrouvent tous  à dire les mêmes choses, à tel point que toute cette insignifiance devient une info principale qui passe en boucle sur les télés, les radios. 

            Au même moment une information qui change la vie de milliers de gens sera à peine signalée et sera considérée par tous comme secondaire et sans importance. Parfois, cette même information capitale sera ignorée  par les journalistes qui donnent l’impression de fabriquer l’information plutôt que d’aller la chercher là où elle se trouve et d’essayer de la comprendre pour ne pas en faire une info partielle et partiale.

            C’est bien là le danger pour notre démocratie. En s’attachant à un mot ou à une expression c’est l’essentiel de l’information qui passe à la trappe ou pire encore qui se transforme en pseudo information. C’est vrai pendant les campagnes électorales, c’est aussi une réalité dans les temps qui s’en suivent.

            Vient  ensuite le choix des événements.  Ce choix se porte le plus souvent sur les faits ou des paroles politiques. Nous avons là probablement la raison principale d’une désaffection ou pire d’un rejet pour la politique en général. A l’usage chacun se rend compte que le fait rapporté était sans intérêt. Reconnaissons un effort au journal du 20h pour diversifier les infos qui incluent des reportages de la vie quotidienne, ou qui font une part significative à la culture (encore faudrait-il discuter de quel type de culture) et sur les recherches scientifiques et médicales.

            Relevons aussi l’attitude de certains journalistes, homme ou femme, dont l’agressivité et la mauvaise foi à l’égard de celui qui est interrogé  dépasse tous les codes de civilité et est à la limite du tolérable dans un monde où l’on aimerait que chacun soit respecté en tant qu’individu.

 Enfin, les faits divers ne sont pas en reste. Les répéter en boucle peut s’avérer dangereux pour des esprits faibles qui s’imaginent pouvoir imiter ce qu’ils ont vu  et passent à l’acte. Il y a là, peut-être, une explication aux séries d’actes de délinquance.    

            Démocratie malmenée, délinquance accrue et désintérêt pour l’information : il serait temps que  les médias se remettent en question.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 22:14

           

             Ce matin à la radio un journaliste présentait une étude américaine selon laquelle si nous arrivions , tout particulièrement dans les grandes villes, à diminuer la pollution nous pourrions gagner quelques mois d'espérance de vie. La question qui vient alors à l'esprit est bien : est-ce bien nécessaire et encore est-ce là la priorité. L'allongement de la vie doit-il être le moteur de la lutte contre la pollution?  

            Il est incontestable qu'il est indispensable de mieux contrôler tout ce qui vient polluer la planète pour l'intérêt de tous.  Subordonner de manière prioritaire,  cette lutte à un allongement de la vie de quelques jours   me paraît être non seulement  non pertinent mais encore dangereux. Que l'on s'efforce de maintenir le plus de gens possible  en bonne santé est une chose, vouloir allonger le temps de la vie en est une autre.

            Combien de personnes très âgées vont jusqu'à  prier pour que Dieu les prenne alors même que beaucoup ne sont pas dans  une souffrance morale et physique prononcées. Elles sont seulement rassasiées de jours et n'attendent plus rien de la vie. A cela s'ajoute celles qui souffrent et dont la fin de vie est difficile. Par ailleurs, il suffit souvent de se rendre dans une maison de retraite pour se rendre compte que ces corps décharnés, ces esprits égarés ne participent plus à la vie. Alors pourquoi vouloir à tout prix allonger la vie.

            Actuellement, la qualité des soins médicaux va bien au delà de la vie programmée pour un humain. Certes ce temps à vivre varie selon les cas et des personnes de 90 ans et plus profitent de la vie, mais d'autres plus jeunes ne sont déjà plus là. Les maintenir en vie à tout prix - et ici le coût pour la société entre en jeu puisque celle-ci ne peut plus le supporter- c'est ne pas respecter la vie et encore moins tenir compte du souhait de la personne. La vie à des priorités, pas celle de la prolonger alors qu'elle est en fait terminée.

            Nos sociétés occidentales ont peur de la mort.

- Est-ce par perte de foi : les doctrines religieuses ne font plus recette?

- Est-ce par manque de sécurité :  prolonger la vie des anciens s'apparente au conservatisme , il ne faut rien changer ?

 -Est-ce par manque d'espérance : gardons toute chose en l'état car l'inconnu est dangereux?

 

            Mon tempérament de bricoleur m' a appris que le premier réflexe est de réparer ce qui ne tient plus. Mais vient un moment où il faut savoir se séparer de ce que l'on a pourtant aimé voire adoré.  Les personnes comme les choses ne sont pas éternelles, elles sont faites pour un temps. Quand ce temps est écoulé ayons la sagesse de laisser mourir ce qui doit mourir avec respect et avec reconnaissance.  

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 21:08

6638216239_be74d60211.jpg          Dans les années 70-75 , je faisais un aller-retour Gare de banlieue/Paris deux fois par semaine, le matin entre  8h et midi. Il était rare que la police ne me demande pas mes papiers d'identité, à l'entrée de la gare ou à la sortie du métro . Ce n'était pas un contrôle au faciès mais à la tenue. Une veste en cuir râpée, une barbe non taillée et des cheveux longs suffisaient pour faire de moi un suspect. La peur de 68 était encore là.

            Il en va ainsi de la police. Elle agit selon le chiffon rouge agité. Aujourd'hui c'est la couleur de peau signe de l'immigré sans cesse fustigé et stigmatisé par une catégorie politique. Alors, comment s'étonner du fossé qui s'est creusé entre elle et la population jusqu'à être trop souvent détestée et vilipendée par les jeunes ,tout particulièrement dans les cités?

            Les gouvernements ont une responsabilité dans ce rejet. Souligner sans cesse son mérite et ses qualités l'enorgueillit et la rend aveugle à la manipulation dont elle est l'objet de la part des politiques. Prisonnière de ces attitudes elle est réfractaire à tout ce qui pourrait la rapprocher de la population . Délivrer un reçu à la personne contrôlée est vécu comme une perte d'autorité, contraire à ce qu'on lui a fait croire: seule la répression et la force portent des fruits.

            Il est grand temps que ce corps d'état comprenne qu'il n'est pas meilleur que les autres et que, si sa tâche est difficile et dangereuse, elle l'est aussi pour d'autres corps de métier. Il est grand temps qu'elle accepte et reconnaisse que dans ses rangs il y a autant de brebis galeuses que partout ailleurs et que les siennes ne sont pas plus exceptionnelles et  plus excusables.

            Plus l'attitude de la police est perçue comme arrogante et plus ses contrôles sont ressentis comme humiliants. En donnant à l'intéressé son numéro de matricule, le policier signifierait par là qu'il n'est pas au dessus des lois et qu'il peut être lui aussi soumis à un contrôle. Il serait amené à plus de rigueur dans la prise de décision de contrôler telle ou telle personne sans raison apparente. On sait par ailleurs que ces contrôles apportent  peu dans la lutte contre la délinquance ou même l'immigration clandestine.

            Contrôler l'identité d'un individu qui n'a pas commis une infraction constatée est une chose trop sérieuse pour qu'elle puisse se faire sans garanties. C'est une porte ouverte à tous les dérapages. Les policiers ont un grand intérêt à accepter de nouvelles façons d'agir s'ils veulent être respectés et pris au sérieux par la population.La sécurité en sortira renforcée.

          

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 09:44

 

 

              Les départs à la retraite ne sont que très timidement fêtés, ce n'est plus comme avant nous dit-on après un certain nombre d'enquêtes. Il fallait s'y attendre. Depuis cinq ans, le gouvernement n'a de cesse que de tirer à boulets rouge sur les retraites. Selon lui, les français la prennent trop tôt, il n'y a pas d'argent pour les payer, elles sont trop élevées -surtout celle des pauvres. Les vieux devraient travailler plus longtemps et toujours un peu sans jamais cesser vraiment leur activité. C'est ainsi par exemple que l'on  a envisagé de demander aux enseignants retraités d'assurer des remplacements.

            Le gouvernement a ainsi en quelques années transformé la retraite  en véritable Waterloo.  Elle est devenue une véritable défaite. Ceux qui la prennent sont des vaincus, ceux qui travaillent sont des vainqueurs.  Aux premiers la honte, la gloire aux autres.

            Bien sûr on pourrait rire de cette façon de gouverner le pays. Ce serait oublier que le discours officiel a toujours  une grande influence sur les concitoyens.  Approuvé ou au contraire désapprouvé un tel discours perturbe et déstabilise parce qu'il culpabilise au maximum. Le retraité se voit obliger d'oublier qu'il a cotisé pour cette retraite et qu'elle n'est que le retour de ce qu'il a versé tout au long de sa vie au travail. Il doit se mentir se disant qu'il n'a pas  terminé sa tâche et qu'il aurait dû la continuer n'ayant pas de relève. Il doit fermer les yeux sur le chômage et sur la place qu'il voudrait laisser pour les jeunes en quête de travail.  Il doit se trouver  chanceux  sans aucun mérite. 

            A cette complication voulue par la politique actuellement menée, s'ajoutent des difficultés classiques comme les sentiments éprouvés par le  retraité après son  retrait de la vie active, les conditions  de la mise  à la retraite ( préretraite, poste de travail devenu inadapté aux moyens du retraité , santé défaillante...) ou encore les modifications conséquentes du niveau de vie.  

            Cette culpabilisation venue s'ajouter à la question  des retraites, le gouvernement l'étend actuellement à la sécurité sociale et aux problèmes de santé. Etre malade est devenu honteux, c'est ruiner la sécurité sociale. La fierté selon un ministre consiste à refuser toute indemnité journalière en cas de maladie. Quel honneur! Vivement un gouvernement qui nous redonnera  l'envie de jouir de notre retraite bien méritée, d'accepter d'être malade si la maladie advient, de retrouver la joie et le bonheur de vivre dans un pays appelé " Ma France" comme le chantait Jean Ferrat.  

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:51

 

            Il est très difficile de saisir la personnalité d'un meurtrier à travers ce que rapporte la presse des enquêtes faites sur les circonstances du meurtre. Il est pourtant des détails qui interrogent sur les hypothèses et les conclusions qui semblent évidentes pour tous.

             Agnès , collégienne au Chambon sur Lignon aurait été tuée par Matthieu, 17 ans après qu'il l'ait violée. Rien a dire sur les faits qui ont été constaté et avoués par le meurtrier lui même. Les conclusions qui en sont tirées par les divers ministères semblent bien plus contestables. Pour la justice il s'agit d'une récidive de viol qui cette fois se termine par le meurtre de la victime comme c'est souvent le cas. Or que relève-t-on?

            Tout d'abord  l'idée première de Matthieu.   Dans les deux cas il envisage de tuer sa victime et il prépare le matériel qui lui sera nécessaire à savoir des objets pouvant aider au meurtre, des attaches et dans le cas d' Agnès de l'essence et un briquet.

            Ensuite sa jeunesse : 16 ans pour le premier viol. Certes il est possible de violer une fille à cet âge là , peut-être pas dans les mêmes conditions qu' à l'âge  adulte. Matthieu ne s'est attaqué qu'à des jeunes adolescentes. Quant aux  tournantes elles caractérisent  un autre type de viol  qui ne peut avoir lieu que parce qu'il est collectif.

            Enfin, la préméditation semble porter sur le meurtre avant tout sans que l'on puisse postuler une pulsion sexuelle présente ou à venir.

            Ainsi, la problématique de Matthieu parait être de l'ordre du meurtre plus que du viol. Ce qui est fantasmé ce n'est pas le sexe de la jeune fille mais son corps mort et détruit. Matthieu ne semble pas jouir parce qu'il se prépare à satisfaire une pulsion sexuelle mais parce qu'il prépare un meurtre. Là réside sa jouissance entière. Le viol n'apparaît alors que comme une autorisation, un passeport pour se donner le droit de tuer.

            Cette jouissance attachée au meurtre et non au sexe expliquerait en partie les raisons pour lesquelles les experts psychiatres et psychologues ont échoué dans leur diagnostic. Ils ont essayé de comprendre Matthieu à travers les lunettes du viol alors que ce grand adolescent avait besoin de tuer. Il y a là, me semble -t-il une porte qui s'ouvre sinon pour une guérison de Matthieu, en tout cas pour un réaménagement de son espace psychique. 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 21:58

             

 

             Force est de constater que l' Etat d' Israël se délite de jour en jour.  A l'intérieur monte une contestation de la jeunesse qui ne supporte plus la situation sociale. Les politiques sont en panne de projets aussi bien pour la conduite des affaires intérieures que pour une vision de la place d'Israël dans le monde. Les maisons démolies, les arbres abattus sous prétexte de lutter contre le terrorisme ne convainquent plus personne. La désolation des paysages ou des villages comme à Gaza met mal à l'aise . Sur le plan international les Etats Unis sont de plus en plus isolés pour soutenir Israël et la récession laisse craindre que ce soutien faiblisse.

            On peut se demander si cet affaiblissement de l' Etat d' Israël où aucune majorité ne se dégage étant donné le nombre de partis représentés, ce qui peut expliquer qu'il n'y ait aucune vision à moyen et long terme, n'est pas une  chance pour cette partie du monde afin qu'elle retrouve la paix. Il semble en effet qu'Israël soit condamné soit à se retirer soit à former un gouvernement commun avec tous les palestiniens qui retrouveraient toute la liberté.

            Qui peut croire encore qu'il existe un processus de paix et que deux états peuvent subsister à côté à coups d'attentats, de représailles, de murs et de fils barbelés. Qui peut croire qu'une bande de terre comme Gaza à un avenir comme état fut-elle reliée par un couloir au reste de la Cisjordanie couverte de colonies juives?

            Oui la fin de l' Etat d'Israël en tant que tel semble être la seule porte ouverte et donner un espoir à la paix; Mais depuis plus de soixante ans maintenant, que de morts, que de haines que de secousses pour le monde entier. La création quasi artificielle d'un état d'Israël créé par l'occident comme pour se faire pardonner la Shoa a été la plus malheureuse des décisions pour le 20 ème siècle . Il est temps maintenant de mettre en place des lois strictes pour qu' aucun juif ne puissent être rejeté d'un pays. C'est justement parce qu'il n'aurait plus de terre à lui qu'il ne pourrait pas être pourchassé. Il y a du boulot pour l'ONU. Depuis le moyen âge les juifs sont pourchassés en occident, brimés. Cette situation à conduit a une catastrophe planétaire qui se continue à travers le conflit israélo-palestinien. Il est temps que cela cesse.

 

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 22:37

 

            Chaque été les hebdomadaires en manque d’actualité politique publient des dossiers dont on ne sait trop comment ils sont choisis. Cet été le Nouvel observateur a-t-il publié son dossier sur les cathares en pensant aux rencontres des jeunes catholiques autour du pape à Madrid ?  Probablement pas. Des rapprochements peuvent toutefois être faits.

            Les cathares se sont développés dans le sud de la France sans manifestations visibles, uniquement par le bouche à oreille. Leur succès tient à leur indépendance refusant toute hiérarchie et tout encadrement. Ils pensent et décident seuls sans être tenus de se soumettre à une autorité religieuse quelconque. Ils aiment confronter leurs idées, s’interdisent tout prosélytisme laissant à chacun sa liberté de conscience. Les femmes sont au même rang que les hommes et peuvent exercer les mêmes fonctions sacerdotales qu’eux. Dans la vie quotidienne se sont leurs comportements, conséquence directe de ceux qu’ils prônent, qui font la différence. Enfin des gens qui vivent ce qu’ils prêchent ! On comprend la rage de l’Eglise catholique qui les a  excommuniés et exterminés jusqu’au dernier sans jamais revenir sur ces pages sombres de son histoire y compris  huit cents ans après.

 

            Aujourd’hui on pourrait penser que les mouvements dits « évangélistes » ont quelque chose de la tradition cathare puisqu’ils n’obéissent à aucune hiérarchie et qu’ils se retrouvent par petits groupes dont la « théologie » dépend uniquement du charisme du leader. Ce serait une erreur semble-t-il. Dans la plus part de ces groupes les femmes n’ont pas leur place en tant que leader et elles sont tenues à de nombreuses réserves qui ne concernent pas les hommes. Le prosélytisme est la base même de leur expansion, ils méprisent le dialogue puisqu’ils détiennent une vérité toute dogmatique. Leur comportement ne tranche en rien avec les habitudes sociales. Nous sommes bien loin des cathares.

 

            Qu’en est-il alors de ces jeunes catholiques qui semblent éprouver tant de joie à se retrouver et à se compter ? Tout d’abord ils ont une idole : le pape, C’est autour de lui qu’ils se retrouvent.  Voir le pontife justifie à leur dire tout déplacement. Ils suivent la doctrine de l’Eglise bien loin de toute critique et de toute contestation. Ils pensent comme l’Eglise. Enfin, l’important pour eux est de se sentir forts lors de ces rassemblements comme le désirent tous ceux qui adhèrent à une même idéologie qu’elle soit religieuse ou politique. Il n’y a pas le projet de vivre autrement sur tel ou tel point de société. Ici encore nous sommes loin des cathares !

              Mais que faudrait-il pour qu’un mouvement s’étende avec autant de force, de rapidité et d’énergie et touche toutes les classes sociales comme cela a été le cas avec les cathares ?

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 13:58

          Que la campagne pour l’élection du président de la république soit une surenchère de promesses, c’est bien ce qui est à craindre. Après tout n’est-ce pas la nature même d’une campagne dans notre système électoral et tout particulièrement en ce qui concerne l’élection du président de la république au suffrage universel. Osons le dire, c’est une aberration dans un régime démocratique où les pouvoirs du sénat et du parlement, représentants du peuple sont réduits à la portion congrue et où le risque d’élire un incompétent dangereux et manipulateur n’est pas négligeable. En effet que ne ferait pas un élu pour garder son siège et tant pis s’il faut être le godillot d’un fou manipulateur. Oui, la république est en danger de part le fonctionnement même de nos institutions.

 

            Eva JOLY a bien compris qu’il est grand temps de redonner le pouvoir au peuple et en proposant un défilé citoyen pour le 14 juillet, elle commence par le commencement à savoir réunir celui- ci dans toutes ses composantes - y compris la militaire qui pour le moment est la seule représentée - et le motiver pour qu’il puisse élire ses représentants. N’est-ce pas ainsi que se forme un peuple ?

 

            Cette candidate aux prochaines élections a vu juste. La droite, bien consciente qu’elle ne représente pas le peuple et qui n’a aucun intérêt à ce que celui-ci, dans  toutes ses composantes participent au pouvoir s’épuise à chercher les pires méchancetés pour  discréditer la candidate. Beaucoup de ces propos - tenus par ses plus hauts responsables - sont considérés  comme des dérapages graves à connotations racistes et les déclarations du premier ministre n’ont rien à envier à ces chefs africains qui pour écarter une candidature de leur adversaires n’hésitent pas à jouer sur l’appartenance ethnique. On croyait une telle stratégie impossible  en France. Nous avons la preuve du contraire : Madame JOLY ne serait pas que Française !

            Quant aux responsables socialistes ils se montrent plus que décevants refusant même le débat et donnant ainsi raison à ceux qui pensent que droite et gauche c’est à peu près la même chose.

 

            Les propositions d’Eva Joly ouvrent  la voie à une réflexion sur les valeurs auxquelles tout un peuple peut se référer : la paix, la liberté, la fraternité, l’égalité… en s’appuyant sur l’histoire et des faits réels afin d’échapper à une pure théorisation de la pensée. Difficile dans ce cas d’accepter que les grandes formations politiques refusent le débat, voire le combattent. Craignent-elles de perdre des voix lors des prochaines élections ? Si oui, se  pose alors la question de savoir si le but d’un débat préélectoral est de récupérer des voix ou d’éclairer les citoyens sur tel ou tel sujet. De la réponse à cette question dépend l’intérêt de la campagne pour l’élection présidentielle qui s’ouvre devant nous.

 

En attendant, merci Mme JOLY de poser des questions intelligentes qui ne vous mèneront  probablement pas à la victoire électorale mais qui éveillent notre pensée et aident le peuple à sortir de l’obscurantisme dans lequel ceux qui nous gouvernent voudraient nous enfermer.

 

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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