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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 10:24

 

           On apprend qu’un chef d’entreprise signe avec ses salariés une convention selon laquelle il n’y aura sur le lieu de travail ni signes ni pratiques religieuses. Le personnel est soumis à un devoir de neutralité comme dans le service public.


         Cet accord est en contradiction avec les règles observées par le Conseil économique et social comme avec l’observatoire de la laïcité qui prévoit une résolution au cas  par cas. Le chef d’entreprise ne s’attend pas à une approbation de conformité avec la loi mais une jurisprudence sur ce cas pourrait faire avancer les choses.


        Pour toute défense ce chef d’entreprise met en avant son athéisme qui doit être respecté. Ses détracteurs voient dans son attitude une atteinte à la liberté.


         Aucun des deux arguments ne parait convainquant. En effet si la religion ne doit pas s’immiscer dans l’entreprise ce n’est pas pour respecter l’athéisme qui peut être qualifié d’autre forme de religion, mais plus simplement parce qu’il y a des lieux pour l’expression de la religion et des lieux pour travailler. De la même manière, il y a un temps pour pratiquer les rites de la religion et un temps pour le travail. Quant à la liberté, on ne voit pas en quoi elle serait atteinte par la demande selon laquelle les choses doivent se faire les unes après les autres, dans des temps et des lieux différents. En arrivant sur le lieu de travail beaucoup d’employes doivent mettre des tenues professionnelles qu’ils abandonnent la journée terminée pour reprendre leurs habits. Pourquoi les religieux, hommes ou femmes ne déposeraient-ils pas dans un vestiaire leurs habits et leur insigne religieux pour une tenue neutre.


          Restent quelques points plus épineux comme le problème du porc dans les cantines ou encore le temps du ramadan. Lorsque je dirigeais une institution j’ai été confronté à la situation d’une femme qui dès deux heures de l’après midi ne pouvait plus assurer son travail malgré les aménagements que nous avions pu lui consentir et qui gênaient et les malades et ses collègues. Elle se trouvait mal sans manger et sans boire.


           Les politiques doivent réfléchir sur ces questions. Il me semble toutefois que laisser la religion envahir tous les domaines de la vie comme celui de l’entreprise, c’est dangereux pour la démocratie et la liberté. C’est aussi prendre le risque de voir monter les oppositions aux religions et voir renaitre des conflits inter religieux. Chaque religion a ses exigences souvent incompatibles avec celles des autres. Avant de s’engager dans un travail -ou dans une tout autre activité- chaque personne doit s’assurer qu’elle pourra l’assumer tel qu’il est défini. L’activité n’a pas à se soumettre à ses croyances. C’est elle qui doit s’adapter au travail proposé. J’ai passé le bac avec un cousin qui a refusé d’aller passer l’oral un samedi matin parce que sa religion le lui interdisait. Il n’a pas eu son bac et a redoublé. Il a assumé les conséquences de ses croyances. C’est respectable. Que chacun assume les conséquences des siennes.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:54

 

       Le débat actuel sur la fin de vie se concentre essentiellement autour de personnes malades pour lesquelles il n’y a plus aucun espoir de rémission ou de guérison. Le plus souvent ces personnes éprouvent de la douleur .Envisager la fin de leur vie c’est faire cesser leurs souffrances. Dans le cas de personnes grabataires après un grave accident il s’agit de mettre fin à une situation qu’ils ne veulent plus supporter tant elle est dure et ne ressemble en rien à la vie telle que chaque humain peut l’envisager.

 

        Ces situations, aussi graves et importantes soient-elle, confisquent la part du débat concernant le vieillissement. Un tel allongement de la vie était totalement inespéré il y a encore une vingtaine d’années. La société ne s’y est pas préparée. Or, n’en déplaise à la médecine, là est la grande question. En effet, trouver des solutions pour alléger les grandes douleurs est plus facile, parce que plus technique, que d’encadrer et porter le vieillissement. Celui-ci peut conduire à des solutions contraires à une éthique privilégiant la vie. Ici, l’économique prend le pas sur le médical. Dans un futur proche, il déterminera les comportements face à une mort qui tarde à venir.


        Plusieurs facteurs sont déterminants pour les attitudes de demain à l’ égard de ce vieillissement.  Il y a d’abord la place dans les maisons d’accueil pour ceux qui ne peuvent plus rester seuls. Leur nombre grandit avec l’avancée de l’âge qui lui-même ne cesse de se prolonger de par la situation sécurisante et les soins adaptés prodigués par les équipes soignantes  dans ces lieux d’accueil.  Immédiatement après se pose la question de qui va payer. De nombreuses familles sont à bout de souffle. Peuvent-elles payer pendant vingt ou trente ans la pension de leurs parents  ou grands parents. Est-il raisonnable d’asservir ainsi des  familles en charge de leurs enfants en leur demandant de payer pour des parents figés sur un fauteuil, vivant à minima et dont beaucoup se feront plus que centenaires. Pour vouloir à tout pris prolonger leur vies ne risque t-on pas de provoquer le suicide de ceux qui ne peuvent pas choisir entre abandonner leur parents et négliger l’éducation des enfants. Ne risque-ton pas de détruire l’avenir de ces enfants et petits enfants qui ne pourront pas prétendre à des études, les parents n’en n’ayant plus les moyens une fois les factures de la maison de retraite acquittées. Enfin jusqu’où ira-t-on pour maintenir la sécurité sociale à flot. Pourra-t-on encore longtemps puiser dans le revenu du travail de chacun et le revenu de l’entreprise ? Une société qui n’a en tête que l’allongement de la vie est une société qui court à sa perte.

 

Les deux acteurs principaux doivent s’interroger :


            Tout d’abord la médecine. Quel but poursuit-elle ? Vouloir repousser sans cesse les limites de la vie a-t-il un sens ? Est-il bien nécessaire de travailler à un cœur artificiel  ou  à un cerveau ?  N’y a-t-il pas là une volonté « babélique » ?  Ici la recherche devient aussi dangereuse que la recherche sur le nucléaire. A long terme elle peut détruire l’humanité au lieu de la sauver. Il ne s’agit pas bien sûr de laisser mourir les gens de faim, de soif, de souffrance. Il s’agit d’accepter que l’homme est mortel et qu’il y a de la déraison à vouloir le rendre quasi immortel.  Laisser un humain retourner à la terre dont il a été sorti selon le mythe biblique, ce n’est pas l’abandonner, ce n’est pas le laisser mourir, c’est respecter le cycle de la nature, le vieillissement, la création.


            L’autre acteur à prendre sa part de responsabilité dans le vieillissement c’est bien sûr l’état. Il lui appartient d’organiser le « bien vieillir » pour qu’il ne pèse pas  sur les équilibres sociaux à l’image de la sécurité sociale qui dévore tous les budgets et brise l’économie.  Il s’est laissé déborder. Les progrès scientifiques, dans de nombreux domaines, sont allés plus vite que la pensée politique. La société s’en trouve désorganisée. Il est temps que ces acteurs se mettent au travail pour que chaque être puisse s’assumer financièrement jusqu’à sa mort sans peser sur ses descendants. A l’état et à la médecine de définir ce qui est possible et raisonnable tout en se coordonnant pour le mettre en place.


            On le voit, il est urgent d’élargir le débat sur la fin de vie. Il doit être étendu au domaine de l’économie, à celui du sens de la vie posé par le religieux et la philosophie.

           

           

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 10:57

 

            L’Eglise catholique ne s’y est pas trompée. L’amendement concernant le droit à l’avortement qui remplace l’expression « détresse de la femme » par « qui ne veut pas poursuivre la grossesse » est d’une grande importance. Il modifie en profondeur les raisons qui donnent droit à l’avortement. Si jusque là la détresse justifiait un tel acte, désormais c’est le libre choix de la femme sans raison à fournir. D’une manière générale les journaux chrétiens, catholiques ou protestants s’en émeuvent et regrettent que le gouvernement ait remis sur le tapis cette affaire. Comme la droite politique de ce pays, ils soupçonnent le gouvernement de diversion voire de manipulation politicienne. Ce n’est pas impossible. Il serait toutefois regrettable que les chrétiens ne s’interrogent pas  davantage lorsqu’ils défendent bec et ongle la loi telle qu’elle a été promulguée du temps où Simone Veil était ministre.


              En cause ici, le moment à partir duquel on peut considérer qu’il y a « vie » pour un embryon. Pour la théologie catholique, la vie nait avec la rencontre de  l’ovule et du spermatozoïde.  Elle  est instantanée. Dès lors, elle doit être protégée. L’avortement est une atteinte à la vie. Un meurtre. Cohérente avec elle-même l’Eglise catholique reste opposée à l’avortement. On se demande alors  comment, depuis le temps, elle accepte cette loi sans rien dire comme si la détresse des uns justifiait le meurtre des autres, même sous la forme de l’embryon.   Quant aux protestants, favorables à l’interruption de grossesse  du temps de Simone Veil  et très actifs au planning familial,  ils se rangent aujourd’hui sous la bannière des opposants à cet amendement donnant ainsi le sentiment de s’opposer plus à un gouvernement qu’à une loi. Il est vrai que depuis la loi Veil, les positions de la Fédération protestante se sont raidies se rapprochant de l’éthique catholique pour ce qui est des mœurs  en particulier. Ses positions timides sur le mariage pour tous en témoignent.


            Ne serait-il pas plus sage de considérer que la vie est un processus qui se met en route dans le temps et qu’il ne suffit pas que deux gamètes se rencontrent pour qu’un être soit là instantanément. Certes, dans  cette manière de voir, le moment à partir duquel on peut considérer que l’embryon est un être humain est arbitraire. Peut-on faire autrement ? Le temps de 12 semaines, moment à partir duquel l’embryon   prend   la forme d’un enfant, parait raisonnable.  C’est le temps minimum adopté par plusieurs pays. Alors pourquoi ne pas considérer que toute femme a le droit de mettre un terme à sa grossesse durant ces douze semaines. C’est bien ce qui se passe actuellement malgré la mention de « détresse ». Cette mention est d’autant plus culpabilisante qu’elle oblige à poser sur cette situation un qualificatif de détresse qui n’est pas forcément vrai et reconnu. A l’acte d’avorter s’ajoute ainsi celui de mentir.


          On peut se demander si en refusant à la femme la liberté de choix d’avoir un enfant,  l’Eglise ne reste pas empêtrée dans ses dogmes et ses doctrines concernant  la sexualité qu’elle continue à subordonner à la procréation.  Le plaisir semble faire peur aux religieux lorsqu’il n’est pas caché. Là est le danger. Le combat acharné contre le mariage pour tous va dans ce sens lorsqu’on sait combien l’homosexualité est cachée y compris dans le rang des religieux.


          Il n’est pas demandé aux chrétiens et autres religions d’approuver toutes les décisions de l’Etat. Celui-ci légifère par le biais de la représentation nationale après avoir été informé des positions des uns et des autres. La loi votée, chacun se doit de l’appliquer y compris lorsqu’elle ne convient pas. Ceci dit, et sans forcément approuver toutes les lois votées par l’Etat, les chrétiens devraient se demander s’il est bon de cacher et d’interdire ce qu’ils désapprouvent.  L’Evangile ne les invite -t-ils pas à le mettre en pleine lumière sans pour autant vouloir arracher l’ivraie si ivraie il y a ! Entre les deux positions extrêmes qui consistent à arracher l’ivraie ou à l’inverse à l’entretenir, il y a la position de l’attente durant laquelle chacun peut témoigner.

 

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 12:05

 

            La droite et la gauche viennent de voter à l’unanimité une loi interdisant Amazon de pratiquer la réduction de 5% sur les livres et le port gratuit à domicile. C’est une bien triste loi qui va pénaliser la culture dans ce qu’elle a de plus noble et de plus utile à savoir la lecture de livres. D’abord parce que tous les citoyens français n’ont pas la possibilité de se rendre dans une librairie. En campagne il faut parfois faire plus de 100km pour en trouver une. De surcroit, il faudra y revenir le livre devant être commandé. En ville, les librairies s’installent  de plus en plus à la périphérie. Avec le port payant, ceci veut dire que tous livres coutera au moins 10% de plus qu’actuellement. Autrement dit tout lecteur utilisant les services d’Amazon devra se priver de 10% de livres pour une somme équivalente à dépenser.


            Il est évident qu’encore une fois, un lobby vient de gagner, celui des trois mille libraires qui devraient se poser la question des raisons pour lesquelles leurs librairies sont désertées. A quelques exceptions prés  ils vendent des livres comme d’autres vendent des pots de confiture. Et s’il arrive qu’ils soient pertinents dans un domaine, comment pourraient- ils  l’être dans tous les domaines représentés par leurs lecteurs. Pour avoir des informations sur un livre chacun sait qu’il vaut mieux aller consulter Amazon que demander à un libraire. Par ailleurs plusieurs avis sont donnés, les commentaires sont souvent  variés et contradictoires ce qui ne peut que faciliter les raisons d’acheter le livre. Enfin, Amazon demande régulièrement les avis de ses lecteurs qui sont libres de commenter ou pas. Cette forme d’interactivité ne manque pas d’intérêt. Or y en a-t-il une dans les librairies ?


            Parait-il que la culture coûte cher à l’Etat. Je pose la question : qu’appelle -t-on   culture ? Le ministère devrait peut-être réfléchir à cette question afin de mieux distribuer les aides et de faire en sorte que la culture soit un épanouissement et non un abrutissement comme c’est le cas trop souvent aujourd’hui. Il est regrettable que culture soit confondu avec loisirs ou distractions.  S’il est normal que ces  derniers soient payants, il est tout aussi normal que la culture soit subventionnée. La loi anti Amazon fait l’inverse, elle impose la culture et plus particulièrement le livre.

    
            Nos politiques devrait savoir que faire une loi pour contrer une entreprise est contre productif. Certes, il est scandaleux qu’Amazon ne paye pas  - ou très peu-  d’impôts en France. Dans ce cas changeons les lois du commerce afin que les conditions dans lesquelles celui-ci s’exerce soient équitables. Cessons de pénaliser encore une fois le consommateur lorsque celui-ci veut se rendre intelligent.  S’Il est vrai aussi que les conditions de travail de cette  entreprise sont déplorables, faisons respecter les lois sur le travail. Mais là encore, pourquoi déplacer le problème et faire porter le chapeau aux clients d’Amazon et aux futurs chômeurs que cette situation ne manquera pas d’engendrer ?    C’est à se demander si nos gouvernants ne cherchent pas à maintenir le peuple sinon dans une situation d’ignorance tout au moins dans la docilité de celui qui se tait parce qu’il ne sait pas. Tout ceci dans un consensus parfait droite-gauche. Il paraît évident aujourd’hui que  les uns comme les autres, cherchent a travers leurs décisions à plaire d’abord à leurs électeurs et peu importe l’intérêt général. La culture est la première victime de ce travers de la démocratie. Que ne ferait-on pas pour sauver une poignée de voix qui permettront la réélection !


            Enfin, ne perdons pas de vue que ce type de loi  visant à protéger quelques uns (ici trois mille libraires) contre une marche en avant inéluctable de l’histoire est une loi contre le progrès. Mais elle ne fera que le retarder tout en coutant très cher. Nous l’avons vu avec les tentatives faites pour sauver le petit commerce ou les pompistes indépendants. Ils ont disparu. Il me semblerait sage d’accepter que certains modes de distribution disparaissent. De nouveaux modes apparaîtront. Ne nous accrochons pas au passé et essayons de mieux encadrer l’avenir pour que chacun trouve sa place. Cette loi se trompe de cible. Elle ne pénalise pas Amazon mais le lecteur et les salariés d’Amazon. Quant aux libraires elle ne les empêchera pas de disparaître.

           

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 15:55

 

            Une équipe médicale française vient de réussir la première implantation d’un cœur artificiel. On peut se réjouir des progrès dont est capable la médecine. On comprend la satisfaction de ceux qui ont œuvré pour une telle réussite. Se pose toutefois la question de savoir si ce qui est incontestablement une prouesse technique est pour autant un progrès pour l’humanité.


            Nous sommes en plein débat sur la fin de vie. Dans ce débat l’option d’un suicide assisté recueille de nombreuses voix. L’intérêt d’un allongement de la vie à n’importe quel prix pose question. Les moyens pour abréger cette vie suscitent de nombreuses interrogations, de l’angoisse  et des craintes souvent inavouées. Mettre en place de tels moyens pour prolonger la vie au-delà de soixante quinze ans apparaît  alors en contradiction avec les sentiments exprimés dans ce débat.


            Bien sûr, ce n’est pas dit et ce ne peut l’être. L’homme  ici sert de cobaye pour une telle expérimentation. A son âge on peut considérer, comme le prétend la vox populi, qu’il a vécu. Si la greffe ne réussit pas, la mort restera un moindre mal. Comme se plaisait à le remarquer un ami dès qu’il eut fêté quatre vingt ans, on peut considérer que cet homme fait du rab. Notons d’ailleurs que cet ami se référait, de par sa foi, à la bible où on peut lire au psaume  90  que l’homme vit soixante dix ans, quatre vingt pour les plus robustes. Dans ce cas l’ami faisait partie des forts. Il est mort à quatre vingt cinq ans. Notre opéré, ayant besoin d’un cœur artificiel se classe dans la moyenne de durée de vie selon le psalmiste. Pourquoi alors l’inviter, par une greffe aussi onéreuse, à vivre plus longtemps ?


            On peut répondre qu’une telle expérience permettra à l’avenir de sauver des enfants (ce sera difficile tant que la croissance n’est pas terminée) ou de jeunes adultes. C’est pertinent. On peut se demander aussi, si vu le déficit de la sécurité sociale et vu le nombre de jeunes adultes qui pourraient bénéficier d’une telle intervention, il est bien raisonnable d’engager de telles dépenses qui manqueront ailleurs et qui auraient pu tout autant sauver des vies. Nous sommes placés ici devant un choix vital dans les deux cas. La réponse doit alors dépendre du nombre de vie à sauver. Le plus difficile est d’accepter de ne pas pouvoir sauver tout le monde. Telle est pourtant la dure réalité que l’on retrouve dans d’autres domaines sans que la vie soit en jeu directement. Prenons l’exemple de ces entreprises qui pour maintenir l’activité doivent se séparer d’un certain nombre d’employés. Certains syndicats préfèrent leur fermeture totale plutôt que le licenciement partiel. Certes, les arguments syndicaux sont souvent justes car in fine, il s’agit d’augmenter le profit pour quelques un seulement au détriment des autres. Ceci dit, il n’est pas moins vrai que faire le deuil des êtres et des choses est toujours très difficile.  Perdre des emplois pour en sauver d’autres est une rude réalité qui s’impose parfois de manière inéluctable. Perdre un parent , un ami qui aurait pu vivre encore une dizaine d’années pour sauver ou mieux soigner des dizaines de malades parait tout à fait inhumain.


            L’acharnement qui consiste à vouloir prolonger la vie par le progrès fait partie de cette difficulté de faire le deuil des jours supplémentaires qui pourraient nous être accordés  sur cette terre. Aujourd’hui, on ne parle d’acharnement thérapeutique que dans l’accompagnement de fin de vie. La question est alors de savoir si on débranche ou pas tel ou tel appareil. Subordonner le progrès au prolongement de la vie est aussi une forme d’acharnement thérapeutique. N’est-il pas souhaitable d’orienter le progrès vers un confort de vie toujours plus grand tout en abandonnant la volonté de prolonger encore la vie? Sauver la vie c’est savoir la laisser mourir quand le temps est venu. Vie et mort sont inséparables. Les séparer, c’est tuer la vie et faire de la mort un épouvantail. De cet acharnement et parce qu’on veut faire de la vie une chose éternelle sont nées toutes les machineries sur une vie après la mort. Ces hypothèses sur le  «post mortem» sont considérées encore aujourd’hui comme des autorisations à supprimer la vie à ceux qui ne demandent qu’à vivre. Elle engendre la violence, les guerres, la banalisation des meurtres quels qu’ils soient. Les vies qui seront sauvées par un cœur artificiel, seront toujours insignifiantes par rapport à celles qui pourraient l’être par l’absence de guerres, d’accidents évités, de bonne hygiène de vie  et de meurtres en tout genre.

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 14:56

 

          Au moment où le paysage culturel et religieux français se recompose, il devient nécessaire de rappeler les grands principes de la laïcité et de réfléchir à une adaptation de celle-ci aux nouvelles situations.

                 

              Les premières lois laïques sont apparues sous la troisième république. Elles précisent que l' Etat ne s'adosse à aucune religion officielle, le pouvoir politique et administratif restant séparés du pouvoir religieux.

             Ces lois sont pour notre pays une première concrétisation du concept même de laïcité tirant ses origines des écrits des philosophes grecs et romains puis des penseurs des lumières et enfin des pères fondateurs des Etats Unis. La laïcité apparait comme  un moyen d'accéder à la liberté, étouffée et contestée par les pouvoirs en place qu'ils soient religieux ou politique. L'alliance du sabre et du goupillon en sont un bon exemple.  Pour se justifier ces pouvoirs invoquaient le droit divin et n'hésitaient pas à s'allier pour la circonstance.  C'est ainsi que la laïcité n'a pu s'imposer que de manière progressive  et selon différentes modalités  variant selon les pays.  Aujourd'hui encore , dans de nombreux pays d' Afrique ou d' Asie les lois de l’état  sont les lois de la religion dominante et souvent la seule autorisée. Seule leur interprétation varie. C'est le cas de la charia par exemple.

 

               En France, la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation de l' Eglise et de l' Etat introduit le principe de non ingérence de l' Eglise dans les affaires de l' Etat et réciproquement. Pour respecter toutes les croyances l' Etat ne doit  reconnaitre aucune religion y compris l' athéisme. Un Etat laïc n'est pas un Etat athée.

 

               Aujourd'hui la laïcité est essentielle dans l'organisation de la société:

 

                 - Elle assure la liberté de conscience individuelle et permet  aux options spirituelles de s'affirmer sans s'imposer.

                         - Elle garantit l' égalité de droits de tous les hommes sans distinction.

                         - Elle définit la loi commune à tous, visant le seul intérêt général, universellement partageable.

                          - Elle assure l'instruction publique, gratuite et obligatoire à  tous.

 

             La société civile peut s'exprimer auprès d'un gouvernement à travers des organisations religieuses et leurs responsables. Ces organisations peuvent ,et c'est   souhaitable,  participer au débat. Elles ne peuvent pas imposer leur point de vue. Seul l' Etat par consensus à travers des élections démocratiques décide des lois à adopter qui s'appliquent ensuite à tous les citoyens sans exception.

 

                La laïcité à la française  s'applique à tout le territoire français à l'exception de l' Alsace Lorraine sous le régime du concordat qui est une autre forme de laïcité. Mayotte à un droit d'application de la charia dans certaines conditions, Walis et Futuna délèguent à l' Eglise catholique l'instruction publique.

 

NB:  Ne pas confondre laïcité et laïcisme. La laïcité ne consiste pas à combattre la religion mais à garantir sa juste place en empêchant une influence déterminante sur le pouvoir politique et administratif. Actuellement la laïcité a toute sa place dans l'organisation de notre société. Notons toutefois qu'elle est menacée par tous ceux qui voudraient l'utiliser à des fins politiques et s'arroger un pouvoir dont le but est de la détruire. Elle est menacée aussi  par ceux qui se servent de la liberté dont elle jouit pour en faire un prétexte à la violation des droits de l' homme et plus particulièrement à la place et aux droits des femmes : droit à l'avortement,  salaire égal,  tenue vestimentaire…

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 21:14

 

           Selon des statistiques récentes, plus de trente pour cent des obsèques sont civiles et leur nombre est en constante augmentation tout particulièrement en région parisienne. A cette constatation, il faudrait ajouter que la plupart du temps, les familles ne sollicitent pas des obsèques religieuses à cause de leurs convictions mais par respect pour le défunt qui étant donné son âge dans la plus part des cas manifestait un attachement à la religion y compris s'il était non pratiquant.  Par ailleurs l' Eglise ou le temple restent le lieu pratique et organisé où l'on peut rendre un dernier hommage au défunt. C'est ainsi que pendant les cérémonies prêtres et pasteurs sont sollicités pour de nombreuses interventions de la famille, d'amis ou encore d'associations dont était membre le défunt, le moment strictement religieux devenant ainsi secondaire.

            Il est à remarquer aussi qu'étant donné l'âge avancé des défunts, très souvent entre 90 et 100 ans ou plus, l'intensité émotionnelle n' a rien à voir avec le temps où l'on avait le sentiment que la personne décédée n'avait pas terminé sa vie terrestre. On aurait bien voulu la garder encore sur cette terre. Aujourd'hui et la personne très âgées souhaite très souvent que la fin arrive y compris si elle ne souffre pas, elle est rassasiée de vie. Il en va de même pour la famille et plus particulièrement lorsque l'accompagnement de la personne âgée se fait exigeant, presque impossible pour cause de maladie ( Alzheimer , grabataires ) ou charges financières (maison de retraite, EPHAD).

            Nul doute qu'à l'avenir les pompes funèbres proposeront une salle pour rassembler les participants aux obsèques ainsi que des préposés au discours qui ne sera pas religieux. Ces préposés seront des journalistes ou des psychologue ayant obtenu une licence. Avec un master ce sera plus cher et seul les riches pourront se payer un doctorant.  Le prix  n'aura rien à voir avec les 20 ou 30 euros que de nombreuses familles donnent si celui-ci n'est pas fixé. Ici, elles trouvent que c'est bien trop cher, là elles s'inclineront sans rien dire.  Aujourd'hui certaines ne demandent même pas si elles doivent quelque chose. Un coup de chapeaux aux réalistes qui ont conscience des frais engagés et qui ne cotisent pas  habituellement à l' Eglise. Leur participation significative est un signe de respect et une marque de reconnaissance.

             Récemment un chauffeur des pompes funèbres me montrait un goupillon,  de l'eau bénite, un crucifix et l'encens qu'il avait dans la boite à gant du corbillard au cas où il n'y aurait pas de prêtre. Il ajoutait que le mort devait partir honorablement. Pas de discours mais au moins des rites. Il oubliait à mon avis que les rites comme les croyances ne correspondent plus au monde actuel. Mais rassurons nous le marché de  la mort saura trouver la parade pour répondre aux attentes de ceux qui sont touchés pas le deuil.  

            Devant cette situation, l' Eglise devrait s'interroger sur le pourquoi d'une telle désertion pour les cérémonies religieuses comme pour les offices (messes, cultes…) Les gens souhaitent toujours se retrouver,  honorer la personne qui les quitte, entendre des mots pour rompre le silence en de telles circonstances . Ils veulent aussi poser des symboles parlant . Les rites actuels de l' Eglise qui sont apparus entre le 3eme et le 15eme siècle ne correspondent plus à l'attente de l'homme moderne; les croyances  et les dogmes  lui paraissent désuets. N'est-ce pas suffisant pour que l' Eglise se remette à penser l' Evangile autrement et qu'elle l'exprime différemment avec de nouvelles images, de nouveaux récits et de nouveaux symboles la bonne nouvelle de la grâce. Nous pourrions dire au mieux que le christianisme dans ses formes actuelles a vécu et que les formes qui résistent sont celles qui asservissent l'homme là où l' Evangile dans son état premier le libère.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 18:00

 

           Léonarda a une chance inouïe. Non seulement elle se retrouve au cœur de l' agitation médiatique ce qui un jour ou l'autre peut tourner à  son profit, mais voilà que lui sont offertes les études auxquelles elle aspirera sans que ni elle ni sa famille n'aient un centime à débourser.

            Bien évidement tout cela ne réglera pas le problème de l'immigration en France et en Europe et chacun pourra apprécier différemment cette situation et militer pour que les choses changent d'une manière ou d'une autre. Mon propos n'est pas de rentrer dans cette polémique. Disons simplement que la jeune fille aurait bien tort de ne pas profiter de cette aubaine. Certes, quitter sa famille à quatorze ans pour suivre des études à des milliers de kilomètres peu paraître risqué et brusqué pour les sentiments qui lient l'enfant aux parents. Mais osons regarder les choses autrement qu'à travers les sentiments et de manière rationnelle. D'une part, Léonarda n'abandonne pas sa famille, elle pourra la rejoindre aux vacances. Dans un pays comme la France il est à peu près sûr qu'elle trouvera de quoi payer son voyage au moins deux fois par an. D'autre part et dans la mesure où l'état pourra garantir l'accueil, la sécurité et le suivi de son long séjour en France, la réussite de ses études est quasi garantie si elle y met un tant soit peu de volonté. Beaucoup de mineurs et, dans des conditions bien plus précaires, ont su tirer profit de telles situations.

            Plutôt que de chercher le scoop en allant au Kosovo interroger la jeune fille à qui l'on ne peut pas reprocher ses réactions tant elle est loin de pouvoir imaginer l' avenir, les médias feraient mieux de l'aider à se positionner par rapport à sa vie future et faire  ainsi le bon choix. A ces médias pourraient s'ajouter ceux qui instrumentalisent, pour leurs intérêts politiques, cette affaire. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'assument pas la pédagogie que tout adulte responsable  se doit d'avoir avec une adolescente. Ils sont responsables de l' avenir sombre qu'ils préparent ainsi à Léonarda.

            L'histoire nous apprend qu'il faut avoir des idées, militer et combattre selon ses convictions. Elles nous apprend aussi qu'il faut savoir saisir sa chance lorsqu'elle se présente y compris si ce n'est pas tout à fait ainsi que nous avions prévu les choses .

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 21:21

         Récemment un grand quotidien rapportait que des professeurs occupaient leur collège pour convaincre leur administration de la nécessité de reloger temporairement deux familles dans des logements de fonction inoccupés. Ces deux familles qui avaient des enfants inscrits au collège venaient de perdre leur logement et se retrouvaient momentanément à la rue. Le temps de leur hébergement devait permettre de trouver une solution durable.

            On pourrait penser que cet acte de solidarité, qui de surcroît ne coûtait rien puisque les logements sont vides, trouverait grâce auprès des lecteurs de ce journal proche de la gauche. Il n'en est rien. Dans les commentaires, les lecteurs se déchainent contre ces professeurs qui feraient mieux de renoncer à une partie de leur salaire pour payer le logement à  ces familles, qu'ils pourraient chercher un travail pendant leurs 6 mois de vacances et j' en passe. Nous ne sommes pas ici devant de l'ignorance pour les auteurs de ces commentaires mais devant de la haine des professeurs. C'est aussi les commentaires des gens de la rue ou  du café du commerce. Les mêmes réactions se retrouvent dans tous les journaux quelles que soient leur tendance.

            Alors on peut s'interroger sur les motifs de cette haine. Est-ce  un règlement de compte décalé aux professeurs qu'ils ont dû supporter dans leur enfance? Est-ce le résultat d'une politique menée par le dernier quinquennat montrant trop souvent du doigt ces mêmes professeurs pour raison d'économie ?  Est-ce le statut de fonctionnaire très envié en temps de crise? Certainement toutes ces raisons à la fois et bien d'autres encore. Le plus grave est que ce genre d'attitude  est directement responsable de la crise que traverse l' éducation nationale. Comment un enfant, un adolescent, qui entend   ses parents et la société toute entière discréditer ainsi ses professeurs peut-il  leur accorder la moindre autorité, la moindre compétence et s'adapter à l' école. Il met en acte le discours qui l'environne dont celui des parents . J'ai souvent attiré l'attention des parents qui critiquaient les professeurs de leurs enfants en leur faisant remarquer que par leur attitude ils barraient  la route au savoir de leur enfant  parce que celui-là passe toujours par un transfert de l'enfant au professeur. Or lorsque la critique  est négative ce transfert devient impossible. La suite a, le plus souvent, montré que cette critique avait conduit l' enfant à l'échec y compris au niveau de l' université où les enfants son majeurs.

            C'est aussi l' échec du professeur qui non seulement n' a pas d'autorité et subit le chahut dans sa classe mais voit le savoir qu'il veut transmettre  s'échouer au point de la non- relation qu'il a avec l' élève.

               Il serait illusoire de croire que la revalorisation du salaire des professeurs  suffira à  changer la situation actuelle.  Certes cette revalorisation est semble-t-il nécessaire  mais seul un changement de discours à leur égard peut apporter un changement. Une profession décriée perd de son efficacité. Elle s'isole. Elle s'appauvrit. Il n'est pas certain que les professeurs actuels soient enclins à la recherche qui reste un de leur domaine important parce que le savoir se renouvelle régulièrement. Il n'est pas certain qu'il y ait beaucoup de candidats motivés. Lorsqu'ils le sont, la motivation pourra- t-elle s'inscrire dans le temps?  

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 14:27

        

          Les médias auraient tort de minimiser l'importance de la charte sur la laïcité affichée dans les écoles. Après la loi de 1905, elle est une étape importante dans les rapports qui gèrent l' Etat et la religion. Ces dernières années, notre pays a pu constater l'impact des religions sur l' organisation de la société.  Dans la  religion musulmane, la question du voile, la mise en place de salles de prières dans les entreprises ou les lieux publics, l'interdit du porc et la viande halal avec le type d'abattage pour les animaux  font l'objet de débats très vifs. Chez les chrétiens, la question  de l' enseignement du genre dans les écoles avec les prises de position à l’égard des droits des homosexuels posent de réels problèmes. Il y a dans la population le sentiment très fort que les religions voudraient imposer à l'ensemble leurs points de vue et leur choix de vie.

            Certes ce n'est pas nouveau . Les protestants gardent encore le sentiment que la religion catholique conserve de nombreux privilèges comme l' entretien des édifices religieux par l' Etat, la présence quasi automatique du clergé dans de nombreuses institutions de la république, un enseignement en concurrence avec l' école de la république . Il leur semble que l' Eglise catholique leur impose ses points de vue dans de nombreux domaines avec le soutien des politiques classés plutôt à  droite. Prenons l' exemple de toutes ces vierges et de tous ces saints qui bénissent les villages depuis la plus haute colline ou qui sillonnent nos routes et nos places. Que dirait-on aujourd'hui si   l' on inscrivait des versets du Coran au centre d'une place publique?  C'est évident, le catholicisme reste implicitement la religion d' état.

            Les protestants ne s'en plaignent plus. Ils ont appris à  vivre avec. Ils ont intégré dans leur culture les spécificités catholiques et sont prêts à les défendre comme les catholiques sont prêts à défendre des positions protestantes. Pour en arriver là, il a fallu des siècles. Or, cette réalité n'est pas celle de la religion musulmane dans notre pays, cette religion étant relativement récente. Il faudra du temps pour que ses habitudes, sa manière de vivre s'intègrent dans une harmonie culturelle.

            Cette charte sur la laïcité est là pour mettre en route cette intégration. C'est pourquoi elle peut être comparée à la loi de 1905. Son application ne sera pas simple. Elle créera parfois des polémiques. Des décisions -tout en restant dans le cadre de la loi- pourront parfois être différentes d'une école à une autre, d'un collège à un autre, d'un lycée à un autre. Cette diversité d'approche sera le signe pour les uns et les autres de bonne volonté et à long terme d'harmonie dans la différence. Quoiqu'il en soit, la charte reste indispensable pour  éviter la montée de l'islamophobie. Il ne s'agit pas de mettre une religion de côté ou d'enfermer les religions dans un monde privé sans communication avec l' extérieur mais au contraire d'imprégner toute une culture qui s'en trouvera ainsi enrichie dans le domaine de la pensée, des arts et de la vie de tous les jours. L'islam deviendra aussi bon que le couscous!

            Si les religieux auraient tort de se plaindre de cette charte, il en va de même pour tous ceux qui ne veulent avoir aucune attache religieuse. Tentés parfois par l' anticléricalisme par peur d'être envahis et à long terme soumis au religieux, elle pose des limites aux uns comme aux autres, elle devrait les rassurer.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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