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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 22:14

           

             Ce matin à la radio un journaliste présentait une étude américaine selon laquelle si nous arrivions , tout particulièrement dans les grandes villes, à diminuer la pollution nous pourrions gagner quelques mois d'espérance de vie. La question qui vient alors à l'esprit est bien : est-ce bien nécessaire et encore est-ce là la priorité. L'allongement de la vie doit-il être le moteur de la lutte contre la pollution?  

            Il est incontestable qu'il est indispensable de mieux contrôler tout ce qui vient polluer la planète pour l'intérêt de tous.  Subordonner de manière prioritaire,  cette lutte à un allongement de la vie de quelques jours   me paraît être non seulement  non pertinent mais encore dangereux. Que l'on s'efforce de maintenir le plus de gens possible  en bonne santé est une chose, vouloir allonger le temps de la vie en est une autre.

            Combien de personnes très âgées vont jusqu'à  prier pour que Dieu les prenne alors même que beaucoup ne sont pas dans  une souffrance morale et physique prononcées. Elles sont seulement rassasiées de jours et n'attendent plus rien de la vie. A cela s'ajoute celles qui souffrent et dont la fin de vie est difficile. Par ailleurs, il suffit souvent de se rendre dans une maison de retraite pour se rendre compte que ces corps décharnés, ces esprits égarés ne participent plus à la vie. Alors pourquoi vouloir à tout prix allonger la vie.

            Actuellement, la qualité des soins médicaux va bien au delà de la vie programmée pour un humain. Certes ce temps à vivre varie selon les cas et des personnes de 90 ans et plus profitent de la vie, mais d'autres plus jeunes ne sont déjà plus là. Les maintenir en vie à tout prix - et ici le coût pour la société entre en jeu puisque celle-ci ne peut plus le supporter- c'est ne pas respecter la vie et encore moins tenir compte du souhait de la personne. La vie à des priorités, pas celle de la prolonger alors qu'elle est en fait terminée.

            Nos sociétés occidentales ont peur de la mort.

- Est-ce par perte de foi : les doctrines religieuses ne font plus recette?

- Est-ce par manque de sécurité :  prolonger la vie des anciens s'apparente au conservatisme , il ne faut rien changer ?

 -Est-ce par manque d'espérance : gardons toute chose en l'état car l'inconnu est dangereux?

 

            Mon tempérament de bricoleur m' a appris que le premier réflexe est de réparer ce qui ne tient plus. Mais vient un moment où il faut savoir se séparer de ce que l'on a pourtant aimé voire adoré.  Les personnes comme les choses ne sont pas éternelles, elles sont faites pour un temps. Quand ce temps est écoulé ayons la sagesse de laisser mourir ce qui doit mourir avec respect et avec reconnaissance.  

 

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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