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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 11:27

 

           Un sondage nous montre que 60% des français sont opposés à une intervention de la France en Syrie. Les commentateurs font valoir qu’il faut en chercher la raison dans ce qui s’est passé en Irak où semble-t-il les américains se sont fait l’écho de fausses informations pour justifier les actions militaires que l’on sait, avec de surcroit un succès très relatif si l’on compte le nombre de soldats tués et la situation actuelle du pays avec des attentats à répétition et de nombreux morts.

            Comme d’habitude les médias se gardent bien d’avancer les raisons les plus probables de ce refus d’intervention. Il suffit d’écouter les propos de l’homme de la rue pour s’apercevoir que la réalité est bien différente de celle qui court dans les journaux et sur les ondes. Une majorité pense et dit que si les arabes veulent se tuer entre eux, c’est leur affaire et que nous n’avons pas à nous en mêler. Disent-ils la même chose lorsque les catholiques et les protestants se battent en Irlande du Nord ? Pas si sûr. C’est clair, ces propos concernant les syriens dont certains sont chrétiens  -mais le français  « lambda » l’ignore-  sont clairement teintés de racisme. Il est d’ailleurs très regrettable que des politiques,  principalement dans un souci de conquérir le pouvoir, exacerbent par leur déclaration ce racisme. L’adversité politique devrait avoir comme règle de ne pas faire monter la haine dans des domaines comme celui-là. Ce principe devrait être respecté par tous les partis sans exception.

            Reste maintenant à se demander pourquoi en France mais aussi en Europe et semble-t-il aux USA , il ya autant de gens refusant de s’engager pour sauver des vies humaines dans les pays à majorité musulmane. Trois raisons  paraissent s’imposer.

Il y a tout d’abord le relatif échec des printemps arabes en Tunisie, Egypte et Lybie. Les tentatives par les gouvernements élus d’imposer la charia et autres préceptes religieux est  intolérable pour un occidental qui a une autre définition de la démocratie. Par ailleurs, y compris dans les pays modérés,  la fermeture à toute autre religion que l’islam quasi obligatoire, l’interdiction de s’afficher incroyant, l’obligation  de suivre le ramadan et autres prescriptions religieuses, est  pour un occidental un déni de démocratie.

Viennent ensuite les menaces et les actes terroristes avec  enlèvements  qui bien qu’étant l’apanage d’al Qaeda  et de quelques groupes combattus  par les gouvernements en place  font peur et sèment un peu partout dans le monde l’insécurité.

Enfin, la place de la femme dans ces pays, caractérisée par le port du voile, par la séparation homme /femme dans de nombreux lieux ou encore par un accès impossible au travail et à l’éducation est d’autant plus inacceptable que cette place reste encore un combat dans les pays occidentaux qui le vivent sur le mode de la culpabilité.

            L’Amérique, la France et l’Europe on ainsi beaucoup de mal à convaincre les peuples de la nécessité d’une intervention en Syrie pour arrêter les massacres. Si les gouvernements de ces pays tergiversent pour intervenir c’est parce qu’ils n’ont pas le soutien d’une majorité, bien au contraire.

            Faut-il pour autant laisser faire ? Laisser couler le sang n’est-ce pas dans des pays où le sang du Sauveur reconnu, le Christ, a été versé une bonne fois pour toute,  faillir à une tradition porteuse de vie et de paix ? ? On en revient toujours à la question fondamentale, comment arrêter le méchant ? Lors de la guerre 14-18 de grands théologiens comme le pasteur Bonhoeffer n’avaient  pas hésité à s’engager pour éliminer Hitler. Beaucoup l’ont payé de leur vie.  

            Il est regrettable que l’ONU ne soit pas en mesure de réunir la force nécessaire pour arrêter des  désastres comme l’utilisation d’armes de destructions massives. C’est bien la volonté qui manque. Les forces sont là. Le Mali en est l’illustration parfaite. La France pouvait s’engager convaincu qu’il fallait arrêter le pire. La situation est différente en Syrie, plus complexe. Aucun pays ne peut prendre le risque de s’engager seul.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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