Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 14:40

 

             Depuis déjà plusieurs années j'étais devenu  allergique à l'expression " Le Christ" employé sans retenue par les prêtres et les pasteurs, tout particulièrement pendant les offices. Pourquoi une telle révolte au fond de moi en entendant ces deux mots? J'ai cru  pendant longtemps que l'article mis devant le nom "Christ" en était la cause. En effet ne dit-on pas de manière un peu péjorative "le Pierre ou le Jacques".  Dans le midi toute mise d'article devant un prénom indique un certain dédain de la personne mentionnée.

            Ces jours-ci,  pendant une cérémonie de mariage œcuménique prêtre et pasteur n'ont pas manqué de parler du Christ comme à leur habitude.  C'est alors que sur la grande croix vide derrière eux m'est apparu un Christ tel que le représente les crucifix et ce Christ si grand et si haut perché écrasait tout le monde depuis l'assemblée présente dans les rangs jusque la foule que j'entendais crier au dehors. J'ai compris alors pourquoi je n'aimais pas cette expression. Au plus profond de moi , celui qui est appelé le Christ est un homme au milieu de la foule portant le nom de Jésus, il est comme les autres mis à part que je cherche à me frayer un chemin pour le rencontrer. Mais, il n'est pas au dessus des autres , il est avec les autres. Il ne trône pas; il marche à côté, il n'est pas tout puissant , il reçoit comme moi la pression de la foule, du peuple de l'humanité. Il est un parmi les autres mais il sait où il va ce qui donne envie de le suivre sans jamais s'imposer, obliger ou encore faire peur.

            A la sortie je m'ouvrais de mon expérience et de ma découverte à un homme que je savais très fidèle à l' Eglise dans laquelle nous étions. Il me dit que je me trompais, que  Le Christ signifiait qu'il était au dessus de nous, que nous devions vivre dans sa crainte et qu'il ne pouvait être comparé à personne.

            Je compris alors que ma raison avait saisi le vrai. Derrière ces deux petits mots se cache le pouvoir des Dieux dont les hommes ont tant besoin. Ce qu'ils ne peuvent atteindre eux-mêmes ils le projettent sur Dieu et sur Jésus- Christ. Forbach ne se trompait pas. Le discours de l' Eglise me semble s'éloigner de plus en plus de l' Evangile. Dans les religions les croyants se préoccupent de Dieu, Jésus se préoccupe des hommes. Il devient dur d'aller à l'Eglise.  

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

Recherche

Blogs Et Sites Amis