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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 13:48

 

             Il y a des moments , au cœur de l'hiver ou de l'été, où le  froid et la chaleur sont sans pitié et emportent les plus faibles d'entre nous. C'est ainsi  que la même semaine il peut  arriver d'assister par amitié à trois ou quatre enterrements. La plupart du temps ils ont lieu à l' église ou au temple. En effet si la pratique religieuse n'est plus de mise la demande pour les enterrements ne faiblit pas.

            Sans vouloir prendre parti où porter un jugement quelconque sur le contenu des messages transmis pendant ces cérémonies , il n'est pas inintéressant de les comparer. Par ailleurs le fossé n'est peut-être pas aussi grand entre une cérémonie catholique et une cérémonie protestante qu'il ne parait dans le descriptif suivant. Ajoutons aussi que pour avoir assisté à des cérémonies laïques, elles ressemblaient sur de nombreux points à des cérémonies protestantes. Enfin, y compris à l' Eglise ou au temple, toutes les cérémonies ne se ressemblent pas.

            Notons tout d'abord que si les cérémonies catholiques  se passent  généralement à l' église, les protestantes ont souvent lieu dans des salles communales prêtées pour l'occasion ou directement au cimetière. La rareté des temples où leurs exigüité peut l'expliquer.

            Si dans l' église il arrive que l' Eucharistie soit célébrée pendant l'office, autrement dit que la cérémonie soit aussi une messe, cela est exclu pour un enterrement protestant. La Sainte cène n'y est jamais célébrée.

            Si certaines habitudes peuvent parfois être considérées comme des rites dans les milieux protestants , elles n'apparaissent jamais comme rituelles ou obligatoires et ne se définissent comme telles. Il n'y a pas d'encens, pas d'eau bénite, pas de cierge. Le cercueil n'est béni ni par le pasteur ni par ceux qui assistent au service funèbre. Il n'y a pas de rappel de l'eau du baptême reçue en son temps par le défunt. Il est d'ailleurs tout à fait possible qu'il n'ai jamais été baptisé. Personne ne le lui demande.  

            Lors d'un enterrement catholique, l'officiant insiste beaucoup sur tout ce que le défunt a fait de bien et au service des autres.  Les points noirs de sa vie ne sont pas abordés volontairement ce qui choque  parfois l'assistance lorsqu'ils sont connus sur la place publique.  Dans les cérémonies protestantes, à l'exception des responsables d'associations lorsqu'ils prennent la parole, l'officiant n'aborde pas le bien ou le mal qu'à pu faire le défunt au cours de sa vie.

            Dans les deux types de cérémonie, le soutien à la famille, aux amis et à tous ceux qui souffrent de cette séparation imposée par la mort est largement exprimé.

            D'une manière générale et pour résumer, on peut dire que dans l' église catholique la cérémonie des obsèques est un rite de passage, de cette vie terrestre à une autre vie avec Dieu. C'est pourquoi l'officiant insiste sur ce qu'a pu faire le défunt qui lui permette d'entrer dans le nouveau royaume d' Eternité. C'est aussi la raison pour laquelle il demande à prier pour le mort et demande à Dieu de le recevoir.

              La cérémonie protestante n'est pas un rite de passage mais un temps pour dire merci (à Dieu) pour la vie du défunt sur cette terre. C'est un culte d'action de grâce.  Il n'y a aucune interrogation sur l'accueil que Dieu réserve au défunt. Tout au plus il est remis à Dieu. Il ne semble pas y avoir de séparation radicale entre la vie terrestre et la vie dans un ailleurs qui n'est jamais précisé.

            Notons enfin que l'œcuménisme d'une part et les demandes des familles favorisent des attitudes semblables de part et d'autres quant à la forme et au déroulement de la cérémonie. Seules quelques données théologiques fondamentales résistent à une assimilation totale des contenus des deux cérémonies. Ces points fondamentaux marquent les différences existantes.

            Les enterrements rassemblent beaucoup de monde. Pris par l'émotion, les gens écoutent avec attention. Il serait dommage pour l'officiant de ne pas apporter des paroles qui réconfortent ceux qui sont dans la peine. Mais au delà même du réconfort ces paroles doivent faire du bien aux vivants qui sont présents, donner un sens à la vie qui s'écoule. Faut-il pour autant parler de la mort puisqu'elle est de circonstance, d'une vie après la mort et d'un au-delà dont on ne sait rien ou encore de Dieu lui même? Rien n'est moins sûr. Ce n'est en tout cas pas la démarche de celui qui est objet premier de la foi chrétienne à savoir Jésus, celui que l'on appelle le Christ. Dans ses rencontres avec les gens, il s'interressait à leur vie et à ce qui venait la perturber : maladies de toutes sortes, injustices, mises à l'écart et mépris de ceux qui ne se comportent pas selon la norme définie...En axant ces moments de cérémonie sur une vie qui existerait  après la mort, je crains que l'on ne soit pas très utiles aux vivants et que l'on s'écarte sérieusement de la mission réalisée par Jésus-Christ lui même!



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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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