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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:31

 

             Il est de bon ton de souhaiter un bon anniversaire à ses parents comme à ses amis. Ses souhaits sont généralement bien reçus. Ils sont la preuve que ceux que nous aimons et apprécions pensent à nous. De quoi être flatté !

             La vie pendant laquelle il est possible de souhaiter un bon anniversaire, se divise en quatre

quarts de siècle :


  

            8355725866_40ae558da9.jpgDe 0 à 25 ans l’anniversaire est la confirmation que l’enfant grandit. Il est heureux de voir qu’il grimpe l’échelle des âges et tout le monde s’en réjouit ; « Comme tu es grand » dit-on à l’enfant qui vient de proclamer son âge. A 10 ans il voudrait en avoir 15 et à 15 il voudrait en avoir 20. Mais ici le souhait de l’écart entre l’âge réel et l’âge souhaité  commence à se réduire sérieusement. Ah si comme le dit la chanson, on pouvait avoir tous les jours 20 ans !

 

 De 26 à 50 ans l’âge est considéré comme celui de la force. Bon anniversaire est perçu comme une félicitation pour ce que l’on est. C’est le temps du bel homme et de la belle femme. Le corps  se présente dans toute sa plénitude. Les signes d’un vieillissement ne sont pas encore perceptibles. Les responsabilités sont là, les professionnelles comme les familiales. C’est aussi le temps où l’on se fait une place dans la société jusqu’à être connu et regardé pour ses compétences.

 

De 51 à 75 ans l’anniversaire commence à être perçu comme une manière de souligner le vieillissement ; Les forces diminuent. Les premiers ennuis de santé se manifestent. Les femmes laissent croire qu’elles préfèreraient que l’on ne leur souhaitât pas cet anniversaire. Par coquetterie bien sur. Quant aux hommes, une fois fêtée la cinquantaine, ils oublient la date de leur anniversaire.  « Je n’y pensais plus s’esclaffent-ils ». Il leur est insupportable de voir leur pouvoir s’amenuiser, les plus jeunes les supplanter et  la place occupée se réduire.

 

De 76 à 100ans pour ceux qui vont jusque là, le temps est venu de penser à la mort. Derrière le souhait d’anniversaire, il y a cette lancinante question : « serai-je encore là pour le prochain «  ? Alors, on n’aime pas être oublié. On s’accroche d’une manière ou d’une autre pour repousser la mort.  Il arrive même, que certains mettent fin à leurs jours afin que la mort ne vienne leur ravir la vie. Quel paradoxe !  


Dans un centre de vacances les enfants des familles «  témoins de Jehova » arrivaient avec dans leur dossier une lettre demandant de ne pas autoriser les transfusions sanguines et de ne pas fêter les anniversaires. L’équipe dirigeante ne s’attardait pas sur la première recommandation qui ne relevait pas  directement de sa responsabilité mais  elle respectait la seconde comme elle respectait l’interdiction de manger du porc pour les enfants musulmans en veillant de leur laisser le choix pour les repas où la viande de porc était au menu. Les enfants de famille «  témoins de Jehova » s’arrangeaient toujours pour faire savoir à leurs camarades que c’était leur anniversaire. Ces derniers réclamaient alors qu’il soit fêté comme les autres ce qui obligeait la direction à expliquer le pourquoi de cette « non fête ». Ceci n’empêchait pas le cuisinier de régaler toute la colonie d’un bon gâteau ajouté au menu sans pour autant chanter « bon anniversaire ».

 

Sur un plan strictement théologique, la position des témoins de Jehova peut s’entendre. Avec la résurrection de Jésus Christ, le temps est aboli. Nous sommes entrés dans l’Eternité dès aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire de fêter les anniversaires. C’est même un contre temps. Dans la réalité, il en va autrement. L’anniversaire invite  l’enfant à grandir encore.  Il encourage l’adulte et le reconnait dans ce qu’il est. Il rassure la personne âgée qui a le sentiment de ne pas être oubliée. Fêter les anniversaires ne nous empêche pas de reconnaître que nous sommes entrés dans le temps de l’Eternité. Nier  les besoins terrestres de l’enfant, de l’adulte ou du vieillard, n’est-ce pas refuser cette éternité qui nous demande de nous adapter aux circonstances du moment afin de vivre continuellement?

 

               

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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