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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 12:05

 

            La droite et la gauche viennent de voter à l’unanimité une loi interdisant Amazon de pratiquer la réduction de 5% sur les livres et le port gratuit à domicile. C’est une bien triste loi qui va pénaliser la culture dans ce qu’elle a de plus noble et de plus utile à savoir la lecture de livres. D’abord parce que tous les citoyens français n’ont pas la possibilité de se rendre dans une librairie. En campagne il faut parfois faire plus de 100km pour en trouver une. De surcroit, il faudra y revenir le livre devant être commandé. En ville, les librairies s’installent  de plus en plus à la périphérie. Avec le port payant, ceci veut dire que tous livres coutera au moins 10% de plus qu’actuellement. Autrement dit tout lecteur utilisant les services d’Amazon devra se priver de 10% de livres pour une somme équivalente à dépenser.


            Il est évident qu’encore une fois, un lobby vient de gagner, celui des trois mille libraires qui devraient se poser la question des raisons pour lesquelles leurs librairies sont désertées. A quelques exceptions prés  ils vendent des livres comme d’autres vendent des pots de confiture. Et s’il arrive qu’ils soient pertinents dans un domaine, comment pourraient- ils  l’être dans tous les domaines représentés par leurs lecteurs. Pour avoir des informations sur un livre chacun sait qu’il vaut mieux aller consulter Amazon que demander à un libraire. Par ailleurs plusieurs avis sont donnés, les commentaires sont souvent  variés et contradictoires ce qui ne peut que faciliter les raisons d’acheter le livre. Enfin, Amazon demande régulièrement les avis de ses lecteurs qui sont libres de commenter ou pas. Cette forme d’interactivité ne manque pas d’intérêt. Or y en a-t-il une dans les librairies ?


            Parait-il que la culture coûte cher à l’Etat. Je pose la question : qu’appelle -t-on   culture ? Le ministère devrait peut-être réfléchir à cette question afin de mieux distribuer les aides et de faire en sorte que la culture soit un épanouissement et non un abrutissement comme c’est le cas trop souvent aujourd’hui. Il est regrettable que culture soit confondu avec loisirs ou distractions.  S’il est normal que ces  derniers soient payants, il est tout aussi normal que la culture soit subventionnée. La loi anti Amazon fait l’inverse, elle impose la culture et plus particulièrement le livre.

    
            Nos politiques devrait savoir que faire une loi pour contrer une entreprise est contre productif. Certes, il est scandaleux qu’Amazon ne paye pas  - ou très peu-  d’impôts en France. Dans ce cas changeons les lois du commerce afin que les conditions dans lesquelles celui-ci s’exerce soient équitables. Cessons de pénaliser encore une fois le consommateur lorsque celui-ci veut se rendre intelligent.  S’Il est vrai aussi que les conditions de travail de cette  entreprise sont déplorables, faisons respecter les lois sur le travail. Mais là encore, pourquoi déplacer le problème et faire porter le chapeau aux clients d’Amazon et aux futurs chômeurs que cette situation ne manquera pas d’engendrer ?    C’est à se demander si nos gouvernants ne cherchent pas à maintenir le peuple sinon dans une situation d’ignorance tout au moins dans la docilité de celui qui se tait parce qu’il ne sait pas. Tout ceci dans un consensus parfait droite-gauche. Il paraît évident aujourd’hui que  les uns comme les autres, cherchent a travers leurs décisions à plaire d’abord à leurs électeurs et peu importe l’intérêt général. La culture est la première victime de ce travers de la démocratie. Que ne ferait-on pas pour sauver une poignée de voix qui permettront la réélection !


            Enfin, ne perdons pas de vue que ce type de loi  visant à protéger quelques uns (ici trois mille libraires) contre une marche en avant inéluctable de l’histoire est une loi contre le progrès. Mais elle ne fera que le retarder tout en coutant très cher. Nous l’avons vu avec les tentatives faites pour sauver le petit commerce ou les pompistes indépendants. Ils ont disparu. Il me semblerait sage d’accepter que certains modes de distribution disparaissent. De nouveaux modes apparaîtront. Ne nous accrochons pas au passé et essayons de mieux encadrer l’avenir pour que chacun trouve sa place. Cette loi se trompe de cible. Elle ne pénalise pas Amazon mais le lecteur et les salariés d’Amazon. Quant aux libraires elle ne les empêchera pas de disparaître.

           

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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