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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 14:31

 

        Nul besoin d’être un fin observateur de la vie publique pour constater qu’en France les hommes et les femmes politiques souffrent d’un discrédit considérable. Les raisons en sont diverses et très certainement accentuées par la crise. En premier lieu il semble que la  gauche comme la droite  soit aux yeux des français incapable d’améliorer leur sort et de remettre en marche la croissance. De là le sentiment que demain ne sera pas meilleur qu’aujourd’hui. Il n’y a plus d’espérance. Vient ensuite cette idée selon laquelle les politiques cherchent, là encore à gauche comme à droite, leurs intérêts avant  celui des citoyens. Enfin la guerre que se mènent les partis parait tout à fait dérisoire et irresponsable face au sérieux et à la responsabilité de la gestion du pays.


            Nous pourrions penser que rien de tout cela n’est grave et que les choses s’arrangeront. C’est d’ailleurs très certainement vrai. Comme le dit la maxime, il y a des hauts et des bas en politique comme ailleurs. Ce qui tout de même paraît plus grave, c’est l’idée selon laquelle la démocratie n’est plus le régime adéquat aux temps modernes. Dans leur folie, certains se mettent à rêver au retour de la royauté, à celui du pouvoir de la religion ou encore à un pouvoir qui se transmettrait par succession. Nous connaissons déjà cela pour certains partis où leur direction se transmet de père en fille par exemple. Dans de nombreux pays  comme la Syrie, l’Egypte, cette situation aboutit à la guerre civile.


          

         Il semble donc urgent d’apprendre à respecter et à aimer notre démocratie. Certes elle n’est pas parfaite. Le régime des partis sur laquelle elle s’appuie agace. Beaucoup d’énergie et d’argent dépensés là seraient mieux utilisés ailleurs. Le peuple serait plus uni si chaque parti apprenait à reconnaître ce qu’il y a de bon chez l’adversaire et si en lieu et place d’une critique massive selon l’étiquette à laquelle on adhère , nos politiques s’attachaient à critiquer le contenu des décisions les unes après les autres. N’oublions pas que les esprits faibles, distraits, très occupés ou encore insouciants se laissent entraîner par les critiques les plus stupides qui soient. On aurait souvent envie de souffler à nos politiques, trop souvent plus préoccupés par leur réélection que par l’intérêt général, cette remarque d’ Hannah Arendt : « Les hommes qui ne pensent pas sont comme des somnambules».


            Nous devrions mieux prendre en considération les propos de William James  selon lequel la démocratie n’est pas une forme de gouvernement mais une manière de vivre. Elle exige des transformations sans fin. Elle est une expérimentation constante. Cette expérimentation donne naissance à de nouvelles lois à repenser sans cesse et à reformuler. C’est pourquoi, elle exige la participation de tout le peuple et pas seulement des élus, des présupposés compétents et des médias auxquels si peu de gens ont accès sinon au titre de consommateurs. Dans notre pays, la méthode permettant une telle participation est à inventer. Le danger serait de dénigrer la démocratie elle-même sous prétexte qu’elle ne fonctionne pas alors que l’on n’ a pas su la faire vivre. Elle n’obéit pas à des lois immuables et rigides. Elle s’élabore au fur et à mesure de l’expérience. Une politique démocratique est toujours en train de se faire.


            Chez William James la démocratie relève du pragmatisme qui n’est pas, comme le pensent les politiques et les milieux d’affaires une adaptation réaliste afin d’obtenir de meilleurs résultats et plus d’intérêt mais un processus de transformation découlant de l’expérience. Le pragmatisme n’est pas une idéologie du résultat. Il est une tournure  d’esprit  qui déconstruit  ce qui est dépassé et se tourne vers la dynamique induite par l’expérience. A partir de là la démocratie s’affiche comme une création continue prenant en compte les vérités du moment.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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