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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:38

 

             Je lis que Madame Boutin, présidente du parti démocrate chrétien aurait déclaré: "Ceux qui m'insultent, je prie pour eux". Malheureusement elle n'est pas la seule personne, se disant chrétienne, à tenir ce genre de propos. Je l'ai   entendu de la bouche "d'amies chrétiennes" opposées à l'avortement et n'arrivant pas à dissuader celle qu'elles accompagnaient. D'une manière générale, c'est lorsque celui qui  est en face vous n'est pas d'accord qu'il vous balance ce genre de remarques.

            Certes Mme Boutin n'a pas à être insultée et ses positions doivent être respectées. Il en est de même pour tous les chrétiens - et autres religions- ainsi que tous ceux qui ne sont pas d'accord avec telle ou telle position. Dans un état laïque on respecte l'autre et le maître mot doit être tolérance et défense de cette tolérance. Je rappellerai la phrase de Voltaire:" Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire".

            Ceci dit, l'ancienne ministre et tous ceux qui avec elle tiennent de tels propos devrait prendre conscience que renvoyer  l'autre à Dieu relève du mépris et du rejet. C'est comme si on lui disait: "puisque je ne peux pas vous faire entendre raison et que je n'ai aucun pouvoir sur vous, (ici on peut dire merci à la séparation de l' Eglise et de l' Etat)  je m'adresse à une puissance supérieure qui elle prendra les décisions qui conviennent à votre égard". c'est  aussi une formule très culpabilisante qui signifie  "vous êtes un pauvre type ou une pauvre femme! Dieu va s'occuper de vous".

            C'est une formule qui positionne celui qui la prononce sur le piédestal de la sagesse, de la raison, de la morale... bref de la supériorité. L' interlocuteur ne    ne peut que se sentir écrasé, immoral et marginalisé par rapport à la totalité du monde s'il croit qu'il y a un dieu maître du monde, qui le désapprouve.

            II peut, il est vrai, paraître sympathique de confier l'autre à la grâce de Dieu. Mais ici s'agit-il bien de cela? N'est-ce pas plutôt un esprit de vengeance qui s'exprime à l'égard de celui qui me contrarie? Par ailleurs peut-on recommander ouvertement et devant lui, quelqu'un à la grâce de Dieu sans avoir son accord ? N'y a -t-il pas une sorte de vol de conscience?

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commentaires

Marcel MAGNON 12/02/2013 08:22

Je me sens tout à fait en accord avec cette analyse.
Amicalement.

Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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