Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 13:39

 

          Lorsque la retraite arrive, on ne peut pas s'empêcher de penser avec ou sans nostalgie selon le cas, au vécu qui est derrière nous , au travail bien sûr mais aussi aux différents lieux, pays, régions et villes où nous a conduit ce travail .  Il y a bien sûr le logement, appartement ou maison. Il dépend de la condition sociale de chacun. Plus le salaire est élevé,  plus il sera confortable et situé dans un quartier tranquille, bien exposé avec des voisins raisonnables !


            C'est de la ville et de la façon dont elle est gérée dont je voudrais parler ici. Sans hésiter je dirai que ce sont les villes administrées par des communistes qui nous ont offert le plus de possibilités et plus particulièrement pour les enfants. Les équipements sportifs nombreux, bien équipés permettaient à chacun de choisir son sport. Au centre culturel, les activités diverses et variées ne manquaient pas d'intérêt. On pouvait y applaudir les grandes vedettes du moment: Nougaro , les frères Jacques, Brassens pour n' en citer que quelques uns, des pièces de théâtre de tous horizons. La bibliothèque était bien fournie. On y trouvait tous les journaux, de toutes les opinions. Comme l'école de musique  et de nombreuses autres activités elle était gratuite. Le centre Social offrait de nombreux services et la collaboration avec les associations était bonne. L'école publique était privilégiée. Les sommes attribuées à chaque élève importantes au regard d' autres communes. Les classes vertes ou de neige étaient nombreuses et très largement subventionnées par la mairie  qui possédait des centres de vacances dans les Alpes ou au bord de la mer. De nombreux enfants pouvaient ainsi partir en vacances avec seulement les bons vacances  des allocations familiales.


            A ce moment là, l' équipe municipale était élue avec plus de 70% des voix. Les commerçants, les artisans, plutôt classés à droite n'hésitaient pas à voter pour la liste communiste. Pour eux les communistes savaient gérer et s'efforçaient d' être justes. Ils appréciaient les efforts fait pour la culture, l' école et les services sociaux.


            Aujourd'hui, la plupart des ces mairies ont changé de bord politique et celles qui restent ont du mal à offrir les avantages d'il y a  vingt ou trente ans. Il y a de quoi s'interroger sur les raisons qui ont conduit à la disparition des communistes. Elles sont nombreuses. Je citerai celles qui m'ont paru venir le plus souvent sur le devant de la scène.


            Il y a d'abord l'urbanisation. Persuadés que tout le monde à droit à un logement et soucieuse de voir disparaître les bidonvilles de la ceinture parisienne, les mairies communistes ont laissé se développer sur leur territoire des cités dont le contrôle leur a progressivement échappé. L'arrivée massive d'étrangers, très mal contrôlée par les gouvernements successifs y a fortement contribué. La vie y devenait de plus en plus difficile. Les premières familles installées, plus stables, ont déménagé laissant place à des populations mal intégrées et sans travail.


         Viennent ensuite les positions officielles du parti communiste français et tout particulièrement son inféodation totale à l' URSS. C'est ainsi qu'il a approuvé plus ou moins implicitement le mur de Berlin, les chars en Tchécoslovaquie. Il n' a pas vu que l'économie soviétique était malade , que le régime était rejeté par le peuple. et que le système allait s'écrouler.


            Tout aussi grave, est l' exclusion des intellectuels dès qu'ils se montraient critiques à l' égard des positions du parti. Il fallait adhérer, se taire. ou partir Cette attitude dont le secrétaire général, Georges Marchais s'était fait le champion à l' époque a été d'autant plus regrettable qu'à la fin de la guerre le parti communiste jouissait d'une grande reconnaissance de par ses positions contre le nazisme. Les plus grands intellectuels y étaient encartés ou étaient sympathisants.


            Enfin, il faut considérer "l'union de la gauche". Elle a permis à la gauche d'accéder au gouvernement ce qui était indispensable pour l'alternance nécessaire au maintient de la démocratie dans notre pays. Mais, elle a laminé complètement le parti communiste qui se retrouve à 1 ou 2 % des voix là où il y a trente ans il représentait près du quart de l' électorat. De plus, le système de l' URSS s'effondrant, il a perdu sa capacité à proposer une nouvelle organisation de la société. On pourrait comparer cela à l' œcuménisme, indispensable lui aussi pour la réconciliation entre protestants et catholiques mais ayant eu pour conséquence d'éliminer les protestants issus de la réforme. Ces derniers sont passés d'un statut d'opposants aux traditions du catholicisme à celui d'assimilés. Ils n'ont plus grand-chose qui les distingue ,aux yeux du peuple, des positions de Rome. Ainsi leur nombre se réduit d' année en année sans grand espoir de retournement, les jeunes étant absents des temples.


            Des raisons plus générales peuvent s'ajouter à ce tableau comme la fin des trente glorieuses autrement dit la fin d'une période de prospérité pour notre pays ou encore les changements géopolitiques et les nouvelles découvertes et les progrès de la science. Mais ces raisons affectent l' ensemble des partis et pas seulement le parti communiste.


            Le problème aujourd'hui est que, sur l' échiquier politique, le Front National est le parti qui aux yeux de la population représente une autre politique possible même si au vu de la réalité elle ne tient pas la route et mettrait la France dans une position catastrophique sur le plan économique comme sur le plan de son fonctionnement démocratique. Avec le parti communiste il y avait peu d'espoir que la France devienne un satellite de l' URSS et s'engage dans un système communiste. Avec le Front National on n'est pas assuré que le pays ne puisse pas basculer dans  un chaos dont il serait difficile de sortir. L'histoire de France est pleine d'exemples (Napoléon III, Pétain…) où ce chaos redouté est devenu possible. Le pays l'a payé très cher.


            Les choses vues ainsi il n'est pas sot de souhaiter au parti communiste de redevenir une force politique importante dans notre pays où se retrouveraient ceux qui ne croient plus aux politiques  de la droite comme de la gauche.  Dans une démocratie, il est normal que des citoyens ne se retrouvant  dans aucune des politiques qui disent-ils "se ressemblent" se retrouvent dans un parti. Il est indispensable qu'ils puissent s'organiser, réfléchir, s'exprimer et se présenter aux élections. Ils ont beaucoup à apporter à la république. Ils peuvent aussi lui éviter le pire.

             

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

Recherche

Blogs Et Sites Amis