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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 21:37

 

           Réclamer un débat est devenu une habitude de tous ceux qui n'acceptent pas les décisions prises par ceux qui sont en situation de  responsabilité en politique comme en religion.  L'affaire a commencé avec le mariage pour tous. Ces opposants n'avaient de cesse que d'accuser l' Etat de ne pas avoir organisé de débats sur le sujet afin de mieux prendre en compte les avis des citoyens.  Depuis la revendication d'un débat apparait dès que le gouvernement propose une réforme quel qu'en soit le domaine. Les associations familiales regrettent de ne pas avoir été consultées sur la réforme des allocations familiales.  Les syndicats trépignent lorsqu'il est question de revoir le mode d'indemnisation des chômeurs. Le patronat s'égosille parce qu'il veut imposer sa réforme , celle souhaitée selon lui  par tous les français.  Tout récemment les catholiques attachés à la tradition et craignant le synode sur la famille, regrettaient que le débat ne soit pas plus étendu au peuple de l' Eglise. Le synode ayant accouché d'une souris, les voilà rassurés quant à l'aggiornamento des positions cléricales. Elles n'auront pas lieu.  


            Le plus souvent, les partis politiques d'opposition reprennent et amplifient cette demande de débat à quoi ils ajoutent des demandes de démissions de ministres ou un référendum. Peu importe si celui-ci est le contraire même d'un débat puisqu'il suffit de répondre par oui ou par non. Ils montrent ainsi qu'ils confondent débat et barrage. Peu importe le contenu de la réforme. Ils ne visent pas à l' améliorer mais à l'empêcher au nom de leur propre vérité.


            Cette manière de procéder en réclamant un débat alors même qu'il a souvent eu lieu, discrédite totalement une telle demande. En effet,  un débat doit informer, amener à réfléchir et à partager des points de vues. Il ne peut qu' être suivi d'une synthèse. Son but n'est pas de détruire l' adversaire mais de construire une réforme.


            Enfin, Il arrive que le débat conduise à des positions qui ne sont pas majoritaires dans le pays ou qui ne conviennent pas à telle ou telle institution de la société. C'était le cas pour la peine de mort qui n'est d'ailleurs toujours pas majoritaire dans le pays. Le débat avait eu lieu à tous les niveaux de la société. Il a fallu le courage d'un président ne craignant pas l'impopularité pour qu'elle soit supprimée. Il en est de même pour le droit à l' avortement où l' Eglise, institution la plus puissante du pays, s'y opposait et s'y oppose encore .


            Il est clair que lorsque des opposants s'emparent du débat, ce n'est pas pour débattre. C'est pour retrouver et assurer un pouvoir qu'ils n'ont pas afin d'imposer leur point de vue. Dans ce cas le débat s'oppose à l' attitude démocratique qui veut que ce soient les  élus qui gouvernent jusqu'aux prochaines élections.

 

 

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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