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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:55

 

Concernant la place Dieu dans la société, nos contemporains ont le plus souvent des positions tranchées, sans nuances et peu réfléchies.

Pour les croyants, Dieu a trop peu de place dans la vie des humains comme dans la société en général. Pour eux Dieu reste la garantie d’une bonne morale, de bonnes mœurs et d’une meilleure protection. Lorsque leur vie tourne mal à cause de la maladie, des accidents et autres déboires en tous genre, ils s’auto-accusent convaincus qu’ils ont été infidèles à leur devoir de croyant et qu’ils méritent bien ce qui leur arrive. Dieu ne fait que les corriger. Ils s’inclinent. Si les malheurs touchent les autres, ce sont bien ces autres les responsables de leur propre situation. Il faut qu’ils s’en prennent à eux mêmes. Enfin, si les malheurs sont collectifs ils cherchent des boucs émissaires, le plus souvent parmi les incroyants, qui de par leur comportement auraient attiré les foudres de Dieu sur le pays tout entier. Pour eux tous, il n’y a pas assez de Dieu dans notre monde. Dieu n’est pas suffisamment prié, invoqué et représenté. Il ne reçoit pas suffisamment d’offrandes quelles que soient la nature de ces offrandes, matérielles ou spirituelles.

L’incroyant est agacé par les références à Dieu. Les signes religieux lui paraissent inutiles voire néfastes. Pour lui religion est synonyme de superstition. Croire en Dieu enferme l’homme dans une fausse espérance et dans l’illusion. Moins il y aura de Dieu et plus l’humain sera libre et responsable. Dieu ne peut qu’être un obstacle au bon déroulement de la vie. Tout ce qui le représente aliène l’homme et fait son malheur. Il déplore les richesses de l’Eglise qui sont pour lui le signe de la supercherie de la religion toujours au service des riches et des puissants au détriment de la plus grande majorité des peuples.

Enfin vient l’indifférent, appelé parfois agnostique pour qui la question de Dieu ne se pose pas. S’il ne nie pas son existence, il ne croit pas pour autant à celle-ci. Il veut tout ignorer des questions spirituelles. S’il croit à la chance, il ne l’attribue à aucune puissance. Elle est un pur hasard dû à la main des hommes ou au logiciel sollicité pour tirer le bon numéro. Il reste superstitieux sans croire au ciel. L’opinion, voire les sondages voudraient que les indifférents soient le plus nombreux dans la société actuelle. Rien n’est moins sûr tant la pensée de l’homme peut changer devant l’échec et devant la mort. L’indifférent se met alors, sinon à penser Dieu, tout au moins à lui trouver des substituts.

Croyants, incroyants ou agnostiques ont en commun de se référer pour l’adorer, le rejeter ou l’ignorer au même Dieu. Un dieu extérieur au monde. Agissant selon son bon plaisir. Cherchant à se faire aimer et adorer. Punissant ou récompensant l’homme à sa guise. Bref, un Dieu qui ressemble en tout point au Roi le plus puissant disposant de tous les pouvoirs et n’ayant de compte à ne rendre à personne. Si ce dieu là satisfait un certain nombre de croyants, on comprend que dans la société moderne, la plupart des humains le rejettent ou l’ignorent. Faire le vide de ce Dieu c’est conquérir une liberté et une responsabilité auxquelles aspirent le plus grand nombre aux vues des moyens et des possibilités dont le monde moderne dispose. Ce Dieu « imperator » a perdu sa place avec les nouvelles découvertes, les progrès de la science et plus particulièrement de la médecine qui place l’homme devant la mort et lui rappelle sa finitude.

La question se pose alors de savoir s’il n’y a pas une autre conception de Dieu qui serait bonne pour l’homme et la gestion du monde dans lequel il vit. Un Dieu qui ne serait pas l’objet de croyances mais une réalité, non vérifiable par nos sens, sans pour autant échapper à notre pensée parce qu’il est esprit. Nous pourrions reprendre la formule se Spinoza : « Dieu, c’est comme la nature ». Il reste alors, comme la nature, une réalité présente quelle que soit notre décision d’y croire ou de ne pas y croire. Dans ce cas la question de savoir s’il y a trop de Dieu ou pas assez ne se pose plus. Il est une présence pleine et totale, indépendante de notre croyance. Chacun en bénéficie. Celui qui le reconnait et l’accepte en jouit pleinement en toute conscience. Là est la différence avec celui qui ne fait pas la démarche de reconnaissance. Il bénéficie de la présence divine tout en l’ignorant comme il bénéficie de la nature qui l’entoure. La grâce divine n’obéit pas à un marchandage. Elle est pour tous. Pas besoin d’aller à Dieu pour en bénéficier, elle est inscrite dans la création. Le croyant comme l’incroyant ne peuvent ni maitriser ni limiter la présence de Dieu dans le monde. Dieu ne relève pas de leur décision.

 

 

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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