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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 15:02

Bonjour François,

Tout d'abord bravo pour tous ces évêques et autres responsables catholiques qui après ce terrible drame de Saint Etienne du Rouvray ont appelé à lutter contre la barbarie par la prière et la fraternité. Cette attitude m' a fait penser aux premiers temps du christianisme. Il est reconnu que le christianisme a pu dès le IV siècle s'étendre en Europe et dans le monde par la volonté de l'Empereur Constantin qui l'a imposé à travers conciles , synodes et forces militaires. On oublie trop facilement que de nombreux chrétiens sont morts parce qu'ils étaient avant tout des apôtres de la paix comme l'avait montré le Christ, ce Christ, qu'ils ne voulaient pas défendre mais suivre. Ils ont refusé de répondre à la violence par la violence comme Jésus lui-même l'avait fait . Ils ont opté pour l'amour contre la haine au prix de leur vie. N'en faisons ni des saints ni des martyrs, n'exaltons pas leur courage. Plus simplement faisons d'eux des disciples, autrement dit des hommes et des femmes qui ont suivi Jésus Christ et qui n'ont pas craint la mort tellement ils étaient pleins de Dieu. Ils ne criaient pas Dieu, ils ne le proclamaient pas. Ils le vivaient. Cette force qui était en eux à plus contribué à l'extension du christianisme que ne l'ont été la force et la ruse du pouvoir politique en place et du pouvoir religieux qui s'installait.

Devant une aussi belle attitude, je ne peux que regretter les propos du Cardinal André XXIII au sujet des valeurs. Je n'entrerai pas dans la polémique selon laquelle il condamne ici le mariage homosexuel. Il est contre avec toute son Eglise. C'est son droit. Mais pourquoi se rapprochement avec ce drame. Le cardinal Barbarin lors des débats sur le mariage pour tous avait lui aussi fait du mariage entre homosexuel, la porte ouverte à l'autorisation de l' inceste. Comment de tels hommes à la fois réfléchis, respectables et soucieux de l'humain peuvent-ils revenir sur ce sujet touchant à la sexualité et tenir des propos pour le moins contestables en dehors même de toute appréciation morale. N'y aurait -il pas là la conséquence d'un célibat devenu la norme pour être prêtre?

Certes les vœux de chasteté ne sont pas imposés. Ils sont choisis et demandés par celui qui aspire à la prêtrise ou par celles et ceux qui veulent vivre une vie monastique. Mais un tel choix peut-il être lié à une fonction d'une part, peut-il durer toute une vie d'autre part? Autrement dit le célibat peut -il être un état? Des hommes et des femmes peuvent choisir d' être célibataire un temps sans qu'ils puissent en déterminer la durée puis, au cours de la vie, il peut y avoir des changements importants au plus profond d'eux même qui les conduisent à rencontrer un partenaire. Ils découvrent alors qu'ils n'ont plus la liberté de suivre le courant de leur vie. Ils ne leur reste plus que deux solutions: la transgression, légale ou pas, qui engendre inévitablement de la culpabilité qu'elle soit cachée ou officielle. L’auto-justification de leur célibat qui les amène à rejeter tout ce qui ne va pas dans ce sens. Ceci aux prix de défenses rigides et hors de toute raison. C'est ce que semble illustrer les propos de ces deux prélats.

Par le passé l'Eglise a beaucoup contribué au fondement du couple et de la famille. La sexualité pouvait ainsi s'y épanouir et trouver un équilibre. Le désir d'être père ou mère devenait possible. Aujourd'hui, la sagesse serait, me semble t-il, que cette situation soit une possibilité offerte à tous, religieux y compris. L'obligation d'un célibat ne prend pas en compte la nature de l'humain. La sexualité y est niée alors qu'elle est constitutive de sa personne. Les désirs qui peuvent naitre au cours d'une vie ne sont pas reconnus. Il reste encore à l'Eglise de nombreux progrès à faire pour prendre en compte l'humanité de chacun et faire passer cette humanité avant les dogmes et les traditions que l'on voudraient immuables dans la plupart des religions. L'humain n'a pas à craindre les revendications de son corps et de son âme . Il ne peut que les reconnaitre. Les regarder en face et s'assurer que ces revendications ne portent préjudice à personne .

Encore une fois, bravo pour l'attitude de paix prise part l'Eglise au milieu de la tourmente. Je m'y associe pleinement.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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