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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 14:46

Les anglais viennent de voter la sortie de l’Europe. Nombreux sont, semble-t-il, ceux qui regrettent un tel choix et si le référendum était à refaire les résultats en seraient inversés nous dit-on. Nous disons aux anglais, ne désespérez pas ! A cela il y a plusieurs raisons.

Tout d’abord constatons que les référendums à l’échelle Nationale ne sont que très rarement appliqués quel que soit le pays où ils ont lieu. Ils le sont plus facilement à l’échelon local. Comme nous l’avons déjà écrit, ce type de consultation est un instrument dont les hommes politiques se servent pour conquérir ou asseoir leur pouvoir et se débarrasser d’un problème lorsqu’ils se refusent à trancher ouvertement. Si le référendum ne va pas dans leur sens, ils s’arrangent pour en détourner le résultat tout en laissant croire au peuple que ses choix sont respectés. C’est ce qui va se passer pour le « brexit » et ceci d’autant plus qu’au Royaume Uni le référendum n’est que consultatif. Le premier ministre ou celui qui lui succédera (et qui sera du même parti) peut moyennant quelques tours de passe- passe et quelques aveux d’excuse s’en débarrasser. Pour l’instant, les anglais freinent des quatre fers pour retarder la sortie de l’union, demain ils négocieront comme si de rien n’était pour garder les avantages actuels et en obtenir d’autres.

Pour ce qui est des vingt-sept pays restants, on voit combien ils sont divisés. Le plus fort d’entre eux, osons le dire clairement, l’Allemagne, tient à garder les avantages qu’elle tire de la place occupée actuellement par la Grande Bretagne. Elle fera tout pour que rien ne change. Les vingt-six autres pays y compris la France, et quels que soient ceux qui les gouvernent, sont bien trop faibles pour prétendre imposer un véritable « Brexit ». Soulignons aussi qu’ils ne mesurent ni les avantages ni les inconvénients à voir sortir la grande Bretagne de l’UE et qu’ils ont bien peu d’idées sur ce que doit devenir l’Europe. Une telle incertitude ne peut que les rendre passifs et muets ! Le statut quo les rassure et plus particulièrement le rôle de « la city » en tant que place financière. Y toucher leur semble très aventureux puisqu’ils n’ont pas d’autres plans. Ils s’accommodent parfaitement de la situation actuelle.

Enfin, n’oublions pas le rôle de la grande Bretagne dans l’inconscient collectif français et peut-être aussi allemand. Elle est le pays qui a accueilli le Général De Gaulle et la résistance, le pays qui nous a libéré du nazisme et de ses horreurs. Elle n’a perdu aucune guerre y compris la guerre de cent ans. Par sa position insulaire elle représente dans l’imaginaire une position imprenable et le point de départ d’une liberté toujours possible qui peut s’étendre dans le monde entier et dans tous les pays. Sa reine de par la longévité de son règne va dans le sens de cet imaginaire. Elle est une sorte de mère protectrice toujours présente parce que sans pouvoir. Elle ne peut donc pas le perdre.

C’est ainsi que le Royaume Uni saura surmonter les obstacles qui vont se présenter à lui pour effacer le brexit, les deux plus grands étant :

  • l’acrimonie qu’il suscite de par ses revendications vis-à-vis de l’Europe pour des privilèges que d’autres pays n’ont pas. Les européens sont fatigués de céder aux anglais. Ils ont le sentiment que les anglais ne pensent qu’à tirer profit de l’Europe sans pour autant s’engager et faire corps avec elle. Leur revendication d’indépendance énerve. Ils sont souvent perçus comme hautains et méprisants.
  • En France la question des immigrés regroupés dans la région de Calais, est devenue insupportable. Il est significatif qu’au lendemain du brexit, les élus locaux demandent que la frontière ne soit plus déplacée sur le territoire français mais reste en Angleterre. La France à tort ou à raison ne veut plus servir de bouclier pour protéger l’Angleterre de tous ceux qui veulent la rejoindre. A contrario elle se sent reconnue et valorisée lorsqu’elle accueille des anglais. Elle est fière d’avoir été choisie par ceux qu’elle perçoit si importants et fiers d’eux-mêmes. A travers eux, c’est Nelson, le vainqueur de Trafalgar qu’elle accueille. Elle l’associe à Napoléon pour ne plus célébrer que des victoires !

Résumons-nous : Le brexit n’aura pas lieu. L’Europe n’y tient pas parce qu’elle ne sait pas où elle veut aller. Elle n’a ni la force ni la volonté de le faire appliquer. Le Royaume Uni n’en veut pas. Il cherche à travers le brexit des accords plus avantageux et il les obtiendra. Le brexit ne sera pas annulé. La chose serait trop visible et trop crispante. Disons simplement que les accords seront tels qu’il disparaitra tout en donnant l’illusion à ses partisans qu’il a bien eu lieu. Les anglais ont tiré les premiers. Rien en face. La guerre s’est aussitôt arrêtée. C’est peut-être bien ainsi !

Un référendum, c’est comme un coup de canon. Un grand bruit. Puis plus rien. Le bruit s’évanouît. Tout reste et continue comme avant.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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