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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 12:12

L’engagement social et citoyen est l’essence même du protestantisme. Celui-ci n’a rien à défendre autre que la préservation de la nature, l’organisation des sociétés et la place que les êtres et les choses y occupent. Gérer le monde qui lui a été confié, telle est la mission de chaque être se réclamant du protestantisme. Il n’est pas attaché à des dogmes ou des doctrines qu’il voudrait pérenniser. Il ne juge pas en leur nom. Il ne cherche pas à se transformer en une institution qui aurait du pouvoir et commanderait au monde. S’il se réfère à Dieu c’est pour élargir le champ de ses investigations et ne pas laisser l’humanité s’enfermer dans l’espace fini et connu. S’il regarde à Jésus- Christ c’est parce qu’il est le symbole de la pleine humanité en l’homme. Cette humanité est semble-t-il, enviée aujourd’hui par tous les peuples y compris avec violence contre les oppresseurs dont l’intérêt est de la confisquer. A travers les guerres de religion, le protestantisme réclamant sa place dans la société a connu cette violence dans notre pays. L’immigration en Allemagne, dans les pays du nord de l’Europe et aux États Unis a souvent été pour les protestants la seule réponse possible pour avoir le droit de vivre.

Cette vision des choses où la pensée et la raison passent avant le dogme, explique la surreprésentation des protestants au sein des ministères de la troisième république. Celle-ci s’est d’abord attachée à mettre en place l’école qui permettant à l’homme de sortir de l’illusion et de la superstition à travers l’instruction et l’acquisition des connaissances. Elle a donné à l’école obligatoire pour tous, les moyens de sa mission en instaurant la laïcité. C’est ainsi qu’elle a permis à toutes les classes sociales l’accès à la culture, aux formations diverses et variées et à une organisation sociale prenant en compte les besoins de l’homme en séparant le temps du travail de celui des loisirs. En sortant l’homme de l’ignorance elle l’a placé sur la route d’une liberté qu’il n’avait jamais eue. Cette route est aujourd’hui suivie par la cinquième république. Elle fait consensus malgré les différentes approches politiques et les maladresses des uns et des autres.

Au-delà de l’école, le protestantisme s’est attaché à donner une place à ceux pour qui il était difficile d’en avoir une. C’est ainsi que de nombreux orphelinats ont vu le jour, des institutions pour handicapés mentaux mais aussi des cliniques. Si de telles réactions sont le propre de la plupart des religions, le protestantisme a affirmé avec force que ces institutions n’étaient pas à son service. Il ne cherchait pas par ce biais de nouveaux adeptes. C’est ainsi, qu’après s’être assuré que l’école publique et laïque pourvoyait à l’instruction de tous sans distinction il a cédé à l’état tous ses établissements scolaires. Il en est de même aujourd’hui pour de nombreux établissements de santé ou à caractère social. Avec une légère pointe d’orgueil, on pourrait dire que le retrait dans certains domaines des institutions à initiative protestante est un signe positif de l’attention que la république porte à ses citoyens.

Le protestantisme veut tenir un rôle de veilleur dans la société. Non seulement pour alerter, encore moins pour critiquer ou faire le procès de ce qui ne va pas mais pour expérimenter les nouvelles nécessités à mettre en place. A travers l’expérience il ne cherche pas à prouver qu’il fait les bons choix ; il accompagne les mouvements et l’évolution de la société à travers lesquels il descelle les nouvelles avancées utiles au progrès social. Le protestantisme n’est pas révolutionnaire. Il est attentif et ouvert pour mettre en place la société de demain qu’il refuse de voir comme la répétition de celle d’aujourd’hui. A travers ses initiatives, il poursuit la vocation qui l’a fondé : sortir de l’ignorance, des dogmes, des idées reçues et des peurs paralysantes pour que chaque citoyen, dans tous les pays puisse jouir d’une liberté ainsi acquise. Il croit que le désir des peuples va toujours dans le sens de ce qui leur apporte le plus de bonheur. S’il croit que Dieu reste un domaine infini à explorer sans fin, il sait que le cœur et la pensée de l’homme indiquent le chemin vers ce Royaume dont parlait celui qui, à tort ou à raison- est appelé fils de Dieu. Le protestantisme issu de la Réforme ne remet pas à plus tard cette espérance. Il s’exerce à éveiller puis écouter et comprendre le désir de chaque être afin de permettre à cette vitalité de s’exprimer dès maintenant. Telle est sa définition de la foi : faire confiance en l’homme dans un contexte où la nature de Dieu ne peut pas être absente. Comme l’univers, il est une donnée universelle.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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