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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 13:47

Il n'est pas rare qu'au cours d'une vie allant jusqu'à 80 ou 90 ans au moins, un être humain ait consulté un représentant de toutes les spécialités médicales. Notre corps est ainsi fait qu'il est sujet à des dysfonctionnements ou des atteintes organiques. L'allongement de la vie même s'il n'est pas dû qu'à la médecine, il est incontestable que celle-ci y contribue en grande partie. Commençons donc par être reconnaissant à la médecine et à ses spécialistes.

Les médecins ne sont pas pour autant exempts de toute critique. Il y a bien sûr les critiques dans le cadre des sciences de leur spécialités. Certains sont plus aguerris, peut être plus attentionnés que d'autres. Ici la critique ne peut que relever des professionnels de la spécialité en question. Notre critique portera sur leur attitude vis-à-vis des patients que nous sommes à un moment donné ou à un autre.

Commençons par les généralistes. D'une manière générale ils sont débordés étant donné le manque de médecins d'une part et la population vieillissante d'autre part. Contrairement aux spécialistes, ils sont tenus de recevoir tout le monde et ils diffèrent d'un jour ou deux maximum la consultation demandée. C'est ainsi que certains assurent plus de 50 consultations par jour. Est-ce bien raisonnable ? Dans ce contexte là pourrions nous encore leur reprocher de manquer d'écoute, de disponibilité ou parfois de pertinence dans le diagnostic? Bien sûr que non. Malgré cela, et selon notre expérience , ils sont ceux qui écoutent le plus leurs patients. Ils en sont aussi les plus proches, ceci expliquant cela. On les sent parfois fatigués et certains , si les patients s'y prêtent, éprouvent le besoin de parler, de se dire, bref de se raconter. Au moment de régler la visite, nous nous sommes parfois demandé qui avait été le patient et qui devait être payé!

Les spécialistes, c'est clair, sont ceux qui écoutent le moins leurs patients. Ils ne les laissent pas s'exprimer alors qu'il est difficile de dire sa douleur. Ils ne retiennent qu'une toute petite partie de ce qui leur est dit, partie qu'ils déforment par leur interprétation hasardeuse. S'ils perçoivent l'angoisse de leur patient, ils ne savent pas la gérer. Leurs encouragements sont maladroits quand ils ne se réduisent pas à de simples remontrances. Ils ne savent pas répondre à leur patient qui a le sentiment de ne pas avoir été entendu. Bref ils manquent d'empathie. Cette attitude est d'autant plus incompréhensible qu'ils gèrent le planning des consultations à leur guise ce qui explique qu'il faille parfois attendre plus de six mois quand ce n'est pas un an et plus pour avoir un rendez-vous. La plupart pratique le dépassement d'honoraires ce qui explique peut être qu'ils n'aient pas à surcharger leur emploi du temps pour bien gagner leur vie. Rien à voir avec les 23 euros des généralistes. Ceci dit, nous ne pouvons pas ignorer que par souci d'économie, les pouvoirs publics n'ont pas su gérer le besoin de médecins toutes spécialités confondues et qu'il en manque beaucoup sur notre territoire.

Nous voyons deux causes essentielles à ce manque d'écoute chez certains spécialistes :

D'abord le manque de formation. Écouter l'autre , cela s'apprend. Il y a certes des techniques utiles et indispensables . Il y a aussi un travail sur soi nécessaire. Ce travail est long et demande du temps et de la disponibilité pour prendre du recul par rapport à soi, à son vécu, à ses réactions, à ses convictions. Le temps manque souvent et plus particulièrement pour les médecins hospitaliers.

Enfin il y a l'esprit que véhicule la formation de toutes ces professions. Le médecin spécialiste se laisse parfois enfermer dans sa science. Il est très compétent. Toutefois, il ne doit pas oublier que l'efficacité de la science dépend de l'accueil que lui fait le patient qui doit se sentir en confiance. Or pour un tel accueil, le patient a besoin d'explications qui l'instruisent sur sa situation et le rassurent. Il a besoin de conseils pour s'adapter à sa nouvelle situation de malade et pour la dépasser. Dans ce domaine, l'interaction du malade et du médecin est capitale. C'est elle qui conduit vers la guérison qui est pour chacun de nous, ne l'oublions pas, accès à l'indépendance et à la liberté.

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Qui suis-je ?

     Titulaire d'une maitrise de théologie et d'un DESS de psychopathologie clinique, j'ai été amené à exercer plusieurs fonctions  et plus particulièrement la mise en place d'un centre socio- culturo- spirituel protestant puis la direction pendant 12 ans d'un centre de cure pour malades alcoliques. J'y ai découvert l'importance d'apprendre à écouter l'humain dans toutes les dimensions qui le constituent. Aujourd'hui, inscrit au rôle des pasteurs de l' Eglise Réformée de France, j'essaie de mettre des mots sur mes expériences et de conceptualiser mes découvertes.
serge soulie

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